domingo, 2 de septiembre de 2012


" LA  VIE  C’EST  TA  PAROLE ”  -  Introduction
Lecture  populaire  de  la  Bible  depuis  l’Amérique Latine

 

 

 

Saint Hostien, juin 2012. PR.

Original en espagnol. Traducteur : Julien S.

 

CONTENU

 

Présentation: Nous situer face à la Bible (3 schémas de réunion). PR.

 

Première partie: L'exode comme clé de lecture de la Bible (6 schémas de réunion - Original : CLAR).

1.     Avec l'exode est né un nouveau Peuple.

2.     La conquête de la Terre Promise à la lumière de l'exode (Josué 24.1 à 28).

3.     L'exode a permis au prophète Élie de se mettre à jour avec Dieu (1 Rois 19,1-18).

4.     Les exilés de Babylone entreprirent un nouvel exode (Isaïe 52,1-12)

5.     Jésus a accompli l’exode définitif (Jean 6).

6.     La vie chrétienne est un exode permanent (Apocalypse 7).

 

Deuxième partie: Les 8 étapes de la Bible (8 schémas de réunion - Original : CLAR).

1.        La Bible a concrétisé le rêve de Dieu

2.        Durant l'Exode, Moïse a lancé le projet de Dieu

3.        Les prophètes convoquèrent le peuple afin de reconstruire l'alliance: 1000-6 A.C.

4.        La Parole est faite sagesse afin de préserver l'harmonie et la foi du peuple

5.        En Jésus, la Parole est venue confirmer le plan de Dieu, le Royaume

6.        Les premières communautés chrétiennes nous ont légué le projet de Jésus

7.        L’extension de l'Eglise dans l’ensemble du monde connu

8.        L'espérance indestructible qu’ont léguée les premières communautés

 

Annexe: Jésus Christ est le Seigneur. PR.

Introduction

1.        Jésus l’homme : son identité et sa vie

2.        Jésus le Crist : le prophète du Royaume

3.        Jésus-Christ est le Seigneur ressuscité

Conclusion

 

 

Notas : « CLAR » est Conférence Latino-Américaine de Religieux/ses.

« PR » c’est Pierre Riouffrait.

 

 

 PRÉSENTATION: Comment nous situer face à la Bible, PR.

 

 

A. LA BIBLE EST SEULEMENT UNE PARTIE DE LA PAROLE DE DIEU

Commençons par nous demander : Où rencontrons-nous la Parole de Dieu? Voici 5 « lieux » où nous pouvons la rencontrer.

 

1.    Dans l'univers en général, en tant que création de Dieu, c’est-à-dire, dans la nature et les personnes, parce qu'elle porte la marque et l’empreinte de Dieu. C’est ce que veut dire « Dieu est partout ».

2.    Dans la nature, plus proche de nous: la beauté de la création est le reflet de Dieu.

 

3.    Chez les personnes, prise individuellement et collectivement.

a). Individuellement, parce que chacun de nous sommes «image et ressemblance de Dieu»:

̵            En chacun de nous: dans le miracle qu’est le corps humain.

̵            Chez chacun des autres, comme nous, « temples de Dieu ».

b). Collectivement, c’est-à-dire au sein des groupes humains:

-          Dans la famille: dans l'amour du couple dont la vocation est, comme Dieu, de « créer » la vie. Pour cette raison, le mariage est un sacrement, c'est-à-dire un signe de la présence aimante de Dieu.

-          Dans les organisations qui promeuvent la vie, la fraternité, la justice, les droits de l´homme, la protection de l'environnement...

-          Dans les évènements qui construisent le Royaume.

-          Chez les peuples, pour leur sagesse, en particulier, pour l’Amérique Latina, dans les communautés indigènes.

-          Plus particulièrement dans les pauvres, dans le peuple des pauvres.

 

4.    Dans les religions

a). Les religions indigènes et afro-américaines, parce que la religion est la recherche de Dieu qui se laisse rencontrer.

b). La religion chrétienne, où l’on est né, avec ses principales caractéristiques :

̵            La foi: l’appel et l’accueil de Dieu.

̵            La prière: la communion avec Dieu.

̵            La Communauté chrétienne ou Église, centré sur la fraternité et les sacrements, comme lieu de discernement.

̵            La construction du Royaume, c’est-à-dire la création de nouvelles relations.

 

5.    Dans la Bible qui nous raconte l'histoire d'un peuple qui a reconnu la présence de Dieu au milieu de lui.

 

B. LES 3 ECRITS OU LIVRES QUI SOUTIENNENT NOTRE FOI CHRÉTIENNE

 

1.       "Avant-hier," le premier livre: la Bible.

-          Abraham et Sarah furent nos ancêtres dans la foi. Ils cherchaient plus de liberté, de justice et de fraternité et reconnurent Dieu était présent dans cette recherche (Genèse 12). D’eux, proviennent 3 religions: le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam (ou religion musulmane).

-          Avec Moïse, le projet de Dieu devient une réalité. Dans le sillage d’Abraham et Sarah, leurs descendants, esclaves en Egypte décident d’être un peuple libre (sans esclavage), fraternel (grâce à une organisation sociale égalitaire ou mieux équitable) et croyant en Yahvé le Dieu libérateur avec eux (Exode).

-          Jésus est le centre de notre foi, car il est le Prophète du Royaume, le Messie d’un nouveau peuple (libre, fraternel et croyant) et le Seigneur ressuscité. Il est le visage de Dieu et le modèle de l'humanité. L'Ancien Testament doit être interprété à la lumière de Jésus.

 

2.       "Hier", le 2e livre : le livre des Saints.

-          Les Saints furent ceux qui furent plus radicalement fidèles au projet du Royaume.

-          Marie a collaboré de façon étroite au projet de Dieu en l’accompagnant son fils Jésus tout au long de sa vie et en collaborant à la naissance de l’Église. En Amérique Latine cela est particulièrement vrai avec la dévotion à Notre-Dame de Guadeloupe, apparue à un indien aztèque depuis 1533.

-          Saint Juan Diego, témoin l’apparition de Notre Dame de Guadeloupe, est le premier saint indigène d'Amérique latine, béatifié le 31 juillet 2002 par le pape Jean 23, le pape du Concile Vatican 2.

 

3.       "Aujourd'hui,", le 3e livre : les documents de notre Église.

-          Les documents du CELAM sont les plus importants pour nous en Amérique Latine : c’est notre « Magistère ». Le «CELAM» est le «Conseil Épiscopal Latino-Américain» fondé en 1955. Grâce à ce Conseil, nos évêques se sont réunis à Medellín (Colombie, 1968), Puebla (Mexique, 1979), Saint-Domingue (République dominicaine, 1992) et Aparecida (Brésil, 2007).

-          “Dieu parle aujourd'hui”: tel est le sens fondamental de ces 4 documents latino-américains.

 

C. BIEN SITUER LA BIBLE

 

1.   La Bible est d'abord l'histoire d’un Peuple de taille limitée et pauvre qui connut l'expérience de Yahvé comme Dieu libérateur avec eux.

2.   La Bible est une Parole de Dieu, qui possède une importance particulière car Jésus a confirmé, en personne, la présence de Dieu libérateur des pauvres.

3.   La Bible est devenue la référence obligée des chrétiens pour reconnaître Dieu aujourd'hui. Elle est à lire en communauté et pas seulement individuellement.

4.   La Bible (d’avant-hier) est l'un des 3 livres du christianisme, avec le livre des Saints (d’hier) et le Livre des Documents de l'Église Latino-Américaine (d’aujourd’hui).

 

D. AVEC QUELLE INTENTION DIEU NOUS COMMUNIQUE-T-IL SA PAROLE?

 

1.       Dieu est reconnu comme Père et Mère, ami et compagnon à travers Jésus, force invincible dans l'Esprit.

2.       Il alimente un projet de vie pour les personnes, les organisations, l’environnement et le cosmos. Il s’agit du Royaume inauguré par Jésus. «Le Royaume est le seul absolu» (Paul VI, 1975). Cela nous encourage à le construire et à détruire tout ce qui le détruit.

3.       Ce cheminement avec Dieu nous permet de mieux connaître le sens de l’existence, du bonheur, de l’amour, du travail, de la mort...

 

E. NOTRE PROPRE FAÇON, EN TANT QUE PAUVRES, DE LIRE LA BIBLE

 

1.       Nous reconnaissons qu'elle a été écrite par un Peuple de pauvres.

2.       Noua nous identifions avec ce peuple de l'Ancien Testament.

3.       Nous mettons en relief les événements historiques de cette époque de l'histoire du Peuple de la Bible.

4.       Nous insistons sur l’aspect humain de Jésus.

5.       Nous lisons la Bible en Communauté.

6.       Nous la mettons en relation avec la réalité d'aujourd'hui.

7.       Nous reconnaissons que Dieu est le libérateur des pauvres, hier et aujourd'hui, si nous nous organisons en Communautés et Organisations Populaires.

8.       Nous affirmons que toutes les grandes religions ont leurs “Paroles de Dieu ».

9.       Nous soulignons qu'aujourd'hui, nous le Peuple des Pauvres, nous sommes Parole de Dieu: Dieu nous charge de révéler son visage maternel, son nom libérateur et son projet de vie.

 

E. ENGAGEMENTS

 

1.       Avoir une Bible à notre disposition de façon permanente, par exemple la Bible des Peuples, dont la traduction est en relation avec l’Amérique Latine.

2.       Lire la Bible personnellement, mais surtout en groupes et en Communautés.

3.       La lire en famille:

-          Avant les repas: avec par exemple «Le pain de la Parole», 100 prières bibliques pour bénir la nourriture.

-          En couple, en particulier en soirée.

-          En famille, avec les enfants: Pourquoi ne pas avoir dans la maison un petit espace pour la prière ?

-          Dans les dévotions: retrouver les intuitions des origines et les mettre en relation la Bible et la réalité…

 

 

TRAVAUX DE GROUPES

 

Groupe 1:

  1. Qu’est ce qui nous paraît le plus important de ce que nous venons d’écouter?

Parole de Dieu. Deutéronome 30,11-16 : «Ma parole est dans ton cœur et tes paroles».

  1. Qu’évoque pour nous la Parole de Dieu dans cette lecture?
  2. Quels sont les messages et les engagements que nous en tirons pour nous, notre vie, notre foi?

 

Groupe 2:

1.        Qu’est ce qui nous paraît le plus important de ce que nous venons d’écouter?

Parole de Dieu. Jérémie 1,4-10: «Je mets mes paroles sur tes lèvres».

2.        Qu’évoque pour nous la Parole de Dieu dans cette lecture?

3.        Quels sont les messages et les engagements que nous ressortons pour nous, notre vie, notre foi?

 

Groupe 3:

1.        Qu’est ce qui nous paraît le plus important de ce que nous venons d’écouter?

Parole de Dieu. Romains 1:19-21: «A travers la création, nous pouvons connaître Dieu».

2.        Qu’évoque pour nous la Parole de Dieu dans cette lecture?

3.        Quels sont les messages et les engagements que nous ressortons pour nous, notre vie, notre foi?

 

 

 


Première partie (Original : CLAR).

 

 L’EXODE  EST  UNE  CLÉ  DE  TOUTE  LECTURE  DE  LA  BIBLE.

 

 

OBJECTIF: Entreprendre à une lecture systématique de la Bible, à partir de notre expérience quotidienne. Nous découvrirons que, comme dans la Bible, notre vie est une expérience « d’exodes » continus.

 

 

INTRODUCTION

 

                L'exode de Moïse est l’évènement constitutif du Peuple hébreu. C’est le fil invisible qui traverse et unit tous les autres événements du peuple de Moïse. En regardant bien dans toute la Bible, nous pouvons découvrir 5 exodes supplémentaires qui rythment l’histoire du Peuple de Jésus.

 

CONTENU

Présentation

7.     Avec l'exode est né un nouveau Peuple.

Nous sommes les disciples de « la saga » de Moïse.

8.     La conquête de la Terre Promise à la lumière de l'exode (Josué 24.1 à 28).

La Bible est un modèle d'interprétation historique.

9.     L'exode a permis au prophète Élie de se mettre à jour avec Dieu (1 Rois 19,1-18).

La nouveauté de la «douce brise» comme manifestation de Dieu.

10.  Les exilés de Babylone entreprirent un nouvel exode (Isaïe 52,1-12)

Le Peuple de Dieu renait sans cesse de ses difficultés.

11.  Jésus a accompli l’exode définitif (Jean 6).

Le nouvel exode, selon Jésus.

12.  La vie chrétienne est un exode permanent (Apocalypse 7).

Les premières Communautés ont assumé l’exode comme actuel, de leur propre époque.

 

 

PRÉSENTATION

 

 

MESSAGE: Pour le Peuple des Pauvres, les luttes de libération sont le lieu de la révélation de Dieu. Nous sommes les héritiers des esclaves qui quittèrent l'Egypte avec l'aide de Moïse et firent à travers tout cela l’expérience de Dieu.

 

                Nous allons découvrir dans ce livret l'exode permit la constitution d’un nouveau peuple qui cherchait plus de liberté, de fraternité et de justice. Dans cet événement, qui fut un long processus, ils ont reconnu la présence de Dieu que faisait avancer leur projet et leur rêve: faire que l’humanité soit une grande famille.

 

  1. Avec l'exode, un nouveau peuple est né...

Nous approfondirons l'expérience fondamentale de l'exode dans la deuxième partie. Dans ce premier volet, nous allons voir comment cet événement de l'exode fut la source de plusieurs réveils pour le Peuple de Moïse. L'événement de l’exode a généré toute une ligne de pensée et d'action pour le Peuple de la Bible, tandis qu’il faisait face à certaines situations. Cet évènement a donné naissance au Peuple de Jésus. L’exode a ensuite été repris et relu par les générations postérieures, leur permettant, d'une part, de rester fidèle aux intuitions initiales, et, d'autre part, d'apprendre à affronter le présent et l'avenir d'une façon créative.

 

  1. … pour vivre en plénitude.

Nous, en combinant l'expérience du Peuple de la Bible avec notre réalité actuelle, nous pouvons discerner plus clairement des critères d'action. Ainsi nous purifierons notre mode de vie afin de rester fidèles au projet de Dieu: nous le rendrons plus réel, c’est-à-dire efficace et créatif. Tous ces efforts nous aideront à découvrir l'immense valeur de la Bible. L'approfondissement de l'Exode et la marche du Peuple de Dieu représentent une sagesse millénaire dont nous sommes aujourd'hui les héritiers, pour le bien de tous.

 

  1. Nous appellerons ce nouveau peuple, le Peuple de la Bible.

 

A. IMPORTANCE DU PREMIER EXODE

 

                Il y a 3200 ans, le Peuple de Moïse était une masse d’esclaves. Leur rébellion -« l’exode »- les projette comme un peuple nouveau, différent, par son origine, sa structuration et sa relation avec Dieu. Tout au long de son histoire, l'événement de l'exode a non seulement empêché ce Peuple de s’écrouler et disparaître ; il lui a permis de toujours avancer et progresser. Les chrétiens d’aujourd’hui en sommes la continuité. Jésus est venu confirmer ce projet et l’ouvrir à tous les peuples.

                Le Peuple de la Bible a commencé à se conformer pendant un processus de libération. Certains opprimés et asservis en Egypte décidèrent rompre avec leur situation ; ils gardaient en mémoire l’expérience d’Abraham et Sarah, leurs ancêtres épris de liberté et de justice. Dans cette expérience ils ont reconnu une présence plus forte, Dieu, qui les aider à se libérer et à préserver collectivement cette liberté à laquelle ils avaient accédé.

Durant le processus de l’exode, ils reconnurent que Dieu était leur compagnon de route et de libération. Ils l’appelèrent «Yahvé», «JHW» en hébreu (en hébreu, on n’écrit pas les voyelles), qui signifie« Dieu libérateur avec nous» (Exode 3,14-15). Ce Peuple perçut Dieu comme une présence amicale, fidèle et libératrice qui marchait à leurs côtés. Cette histoire a donné naissance à un nouveau Peuple, le Peuple de la Bible.

 

B. L'EXODE EST UN PROCESSUS PERMANENT

 

                Ce qui est merveilleux c’est que l’exode fut l’acte de « création » d’un nouveau peuple, qui a eu lieu environ en 1250 avant JC. Mais cette nouveauté n’en est pas restée là: l’exode a eu lieu, a lieu et aura lieu aussi longtemps que, au sein de l’Humanité, des groupes d’hommes et de femmes opprimés, esclaves ou en errance feront appel à leur dignité et reconnaîtront dans leur de libération la présence de ce même Dieu du premier exode. Et Dieu “descendra” toujours à leurs secours, pour les aider à se libérer et à devenir un Peuple libre et responsable de sa liberté. Dieu se manifestera comme Libérateur, remettant à jour l’évènement de l’exode et recréant toujours un Peuple nouveau et fidèle aux intuitions de ce commencement.

Aujourd'hui, nous, les chrétiens d’aujourd’hui, nous nous réclamons de cette origine: ici sont les sources de notre foi et de nos actions. Nous sommes appelés à vivre notre exode -sans doute avec les Peuples indigènes- en étant sûr que Dieu est présent comme libérateur parmi nous, les pauvres. Nous sommes cette présence.

 

C. LES RÉNOVATIONS CRÉATIVES DU PROCESSUS DE L’EXODE

 

Selon la même Bible, l'événement de l'exode illumina, au moins, 5 autres moments cruciaux qu’a connus le Peuple de Moïse et que nous allons approfondir ci-après:

  1. La conquête de la Terre Promise (Josué 24)
  2. La dénonciation prophétique des erreurs de la monarchie (1 Rois 19)
  3. L'utopie des exilés de Babylone (Isaïe 52)
  4. La découverte du mystère de Jésus mort et ressuscité, par les premières Communautés chrétiennes (Jean 6)
  5. L’espérance solide d’Églises persécutées par l'Empire romain, (Apocalypse 7)

                L'exode est le fil invisible qui lie et conforte tous les livres bibliques. C’est un livre «fondamental», c’est-à-dire « fondateur »: il est la base, le fondement du projet du Peuple de Moïse, mais aussi celui de Dieu, de Jésus, de la fondation de l'Eglise, de notre espérance et de notre foi, de notre compréhension des autres religions. L’exode est la pierre angulaire de la révélation de Dieu. Ce processus de l'Exode soutient et encourage notre propre marche en avant.

 

 

Premier thème

AVEC LE PREMIER EXODE, EST NÉ UN PEUPLE NOUVEAU

 

DIALOGUE

1.        Racontons une expérience de libération collective (groupale) ou de changement social à laquelle nous avons participé.

Parole de Dieu. Exode 3,1-22: La triple mission de Moïse.

2.        Quelle mission Dieu a-t-il confié à Moïse, et quelles en sont les différentes étapes?

3.        Quelles conclusions pouvons-nous en extraire pour nos engagements dans la société?

 

 

Commentaire 1: NOUS SOMMES LES DISCIPLES DE LA SAGA DE MOÏSE.

 

                Pour comprendre la mission et le projet de Moïse, nous devons nous rappeler de l'expérience d'Abraham et de Sarah, ancêtres des esclaves d’Egypte.

 

1.   Abraham et Sara sont nos père et mère dans la foi

      Avec Abraham et Sara a commencé un nouveau processus social et religieux. Voyons quelle a été l’expérience qu’il a vécue.

̵            Abraham, Sara et leur clan ont rejeté l'exploitation sociale et religieuse dont ils étaient victimes.

̵            Lorsqu’ils ont quitté leur région, ils étaient à la recherche d’un nouveau mode de vie, de travail et d'organisation qui était plus égalitaire et ouvert à la transcendance.

̵            Durant cette expérience, Abraham et Sarah reconnurent la présence de Dieu qui confirmait leur recherche et se révélaient à eux comme le Dieu unique et comme leur ami.

Cette double initiative, d'Abraham-Sarah et de Dieu, offre d'une part, une nouvelle possibilité d'organisation sociale et, d'autre part, une nouvelle religion, la religion monothéiste, c'est-à-dire, d’un Dieu unique. Elle est le point de départ d'un Peuple nouveau que Dieu ne cessera d’accompagner, afin de révéler sa présence libératrice dans l'histoire et son projet de vie pour l'humanité.

 

2.   Moïse fut l'organisateur d'un peuple égalitaire

      Avec Moïse, un nouveau pas en avant est fait. Il ne s’agit pas seulement de l’expérience de quelques personnes de l’entourage d’Abraham, Sarah et leur clan, mais de la conformation d’un peuple qui développe leur projet. Rappelons-nous leur histoire.

-          A cause de la famine, les descendants d'Abraham-les hébreux- furent convertis en esclaves en Égypte.

-          Afin de limiter la croissance démographique de ce Peuple qui maintenait sa cohésion et son identité, le Pharaon décida de tuer tous leurs nouveau-nés mâles.

-          Moïse, dont le nom signifie «sauvé des eaux», était l’un de ces nourrissons qui échappa à la mort par un artifice de sa mère. Elle le cacha dans un panier à l'endroit où la fille de Pharaon se baignait. Adopté par cette dernière, Moïse fut élevé dans la cour de Pharaon avec tous les privilèges de la famille royale.

-          Mais Moïse n'oublia pas ses compatriotes. Il alla jusqu’à tuer un égyptien qui maltraitait des hébreux. Obligé à fuir dans le désert, Moïse, en plus de se marier, continuait à rêver à la possibilité d’aider ses compatriotes. C’est dans cette situation qu’il fit l’expérience du Dieu d’Abraham qui confirmait sa décision de secourir les hébreux esclaves en Égypte.

 

3.   L’expérience du buisson ardent

      Moïse vivait avec une tribu nomade du désert du Sinaï, préoccupé par le sort de ses compatriotes restés en Egypte.

̵            Un jour, il reconnut la présence de Dieu à travers l’expérience du feu, symbole de proximité et d’attraction mais également de distance et de puissance.

̵            Moïse reconnut dans cette expérience l’appel de Dieu de libérer le peuple des Hébreux. A ce moment, Moïse comprit que Dieu serait solidaire de cette libération.

̵            En même temps commença à s’ébaucher le nom de ce Dieu libérateur: “Yahvé”, c’est-à-dire « Je suis celui que tu expérimenteras » comme Dieu libérateur avec les pauvres qui se rebellent et décident de se libérer.

 

4.   Le long processus de l'exode

      L'exode ne se réalisa pas du jour au lendemain. Moïse aura beaucoup de mal à convaincre ses compatriotes de quitter l'Egypte. Il lui fallut également avoir recours à beaucoup de ruses, de subterfuges et parfois de violence avec le Pharaon. Son séjour dans le désert lui sera d’une grande aide pour se lancer dans cette aventure.

Ce processus se compose de trois étapes complémentaires: l'exode d'Egypte, l'alliance avec Dieu et de l'organisation égalitaire afin de survivre dans le désert. Ces 3 caractéristiques seront les pierres angulaires de l’identité de ce Peuple de la Bible:

̵            Rester libre, c’est-à-dire, ne pas tomber en esclavage, ni interne ni externe,

̵            Reconnaître la présence libératrice de Dieu en faisant alliance avec lui et

̵            Structurer une organisation sociale basée sur le partage des responsabilités et l'équité dans les relations.

      Cette triple expérience -liberté, alliance et équité- constituera la référence permanente de ce nouveau Peuple né de l'Exode d'Égypte, de l'expérience de purification du désert et de la foi en un Dieu libérateur. Bien que regroupant peu de membres et vivant dans une région sujette à de nombreux conflits, ce Peuple préserva les enseignements de l’exode et survivra aux grandes difficultés, aussi bien internes qu’externes. Il découvrit, des siècles plus tard, qu’il était chargé d’une mission spéciale : révéler à l’humanité le visage et le projet de ce Dieu qui le guidait et le protégeait.

 

Cette double expérience est parvenue jusqu’à nous:

̵            Tout d'abord, l'exode provoqua la renaissance permanente du Peuple de la Bible, malgré les pires crises qu’il puisse connaître.

̵            Ensuite, Dieu est proche et solidaire de ceux qui se libèrent, qu'il s'agisse d’individus ou de peuples, et qui l’invoquent pour réussir cette libération.

̵            Disons enfin que la triple mission de Moïse est aussi la nôtre : collaborer à la libération de tous les opprimés, sceller une alliance avec Dieu et mettre en route une organisation sociale équitable.

        Nous devons rendre grâce pour faire partie de cette expérience, mais nous devons également l’approfondir et la partager avec toutes les personnes et tous les Peuples qui aspirent à une vie meilleure.

 

        Les thèmes suivants développent cette vérité : l'exode provoqua la renaissance permanente du peuple de de la Bible. Nous le verrons avec la nouveauté de la conquête et la division de la Terre Promise, avec la crise du prophète Elie avec les rois, avec le Peuple des exilés de Babylone, avec Jésus, le nouveau Moïse, et dans la confrontation des premières communautés chrétiennes avec l'Empire romain. Aujourd’hui, c'est à nous de renaître personnellement et collectivement et de manifester le Royaume de Dieu dans notre monde.

 

 


 

Deuxième exode

LA CONQUÊTE DE LA TERRE PROMISE A LA LUMIERE DE L'EXODE

 

DIALOGUE

1.        Possédons-nous notre propre maison? Si non, pourquoi ? Si oui, comment l’avons-nous obtenue?

Parole de Dieu. Joshua 24,1-28: la réunion du peuple de Moïse à Sichem.

2.        Comment les tribus réunies en Assemblée générale se répartirent-elles la Terre Promise?

3.        Quel lien peut être fait entre cette Assemblée et l'Alliance scellée après l'Exode d'Egypte?

4.        Quels arguments nous apporte cette façon de répartir la terre afin d’aider chaque famille à avoir sa propre maison?

 

 

Commentaire 2: LA BIBLE EST UN MODÈLE D’INTERPRÉTATION HISTORIQUE

 

                L'expérience du peuple de Dieu nous offre un moyen de lire notre propre histoire et d'orienter notre mode de vie selon le projet de Dieu.

 

  1. La référence à partir de laquelle le peuple de la Bible observait et relisait les faits importants de son passé

-          Il partait toujours de sa réalité en tant que Peuple.

-          Il conservait la mémoire de l’exode comme une référence obligatoire.

-          L’exode lui `permettait de formuler des lignes d’action afin de surmonter les difficultés.

 

  1. Les objectifs que le peuple de la Bible se donnait à partir de l'exode

-          Percevoir Dieu et sa présence libératrice dans leur vie.

-          Trouver une illumination pour le présent de telle sorte qu’il les entraîne vers le futur.

-          Parvenir à continuer leur marche en suivant la ligne de l'Exode.

 

  1. Les conditions qui parurent nécessaires au peuple de la Bible pour interpréter correctement les luttes à entreprendre

-          Se sentir comme le même Peuple né de l’exode.

-          Être unis dans les difficultés en s’identifiant à l’espérance des ancêtres,

-          Avoir foi dans le fait que le Dieu de l’exode était à leurs côtés, présent et libérateur.

-          Être ouvert à la nouveauté qui pouvait se présenter.

 

  1. Les découvertes du Peuple de la Bible au long de son chemin, grâce à cette relation constante avec l'exode.

-          Ils découvrirent la grandeur d’être un peuple libre et fraternel.

-          Ils réalisèrent que leur Dieu était Yahvé, c’est-à-dire une présence libératrice parmi eux.

-          Ils assumèrent la mission de révéler collectivement que Dieu est libérateur.

-          Ils réalisèrent que l'exode n'était pas un évènement isolé et terminé, mais un processus de libération qu’ils devaient perfectionner sans jamais se décourager.

 

  1. Le résultat obtenu

-          Récupérer la mémoire du passé comme source de sa propre identité et dignité.

-          Considérer l’alliance avec Yahvé-Dieu comme un engagement continu de fraternité

-          Anticiper le futur, c’est-à-dire représenter, à travers leur mode de vie, l’exemple de ce que Dieu souhaite pour l’ensemble de l’humanité.

 

Conclusions

-          L’interprétation de l'exode était la clé de lecture du présent qui ouvrait la porte du futur.

-          L’étude de la Bible n'est pas d’abord une curiosité intellectuelle, mais l'apprentissage à discerner le sens du présent à partir d’une interprétation créative de notre propre passé.

-          En comparant l'expérience des communautés chrétiennes, nous découvrons une grande similitude entre notre façon de penser et d'agir et l'expérience du peuple de la Bible.

Nous nous rendons compte que la vie d'aujourd'hui éclaire la Bible et que la Bible illumine la vie actuelle dans un processus incessant d'enrichissement mutuel.

 

 

Troisième exode

L’EXODE AIDE LE PROPHETE ÉLIE À SE METTRE AVEC DIEU

 

DIALOGUE

1.   Qui, dans notre pays et sur notre continent, ont été persécutés pour avoir défendu le Peuple des pauvres?

Parole de Dieu. 1 Rois 19,1-18: La conversion du prophète Elie.

2.   Que fît et que dît Dieu au prophète Elie pour l'aider à surmonter ses difficultés?

3.   Quelles sont les similitudes entre le pèlerinage d’Elie et le pèlerinage du peuple de Dieu dans le désert du Sinaï?

4.   De quelle façon peut-on considérer les expériences de l'Exode et d’Élie comme notre boussole lors des moments de crise et d’obscurité?

 

 

Commentaire 3: LA NOUVEAUTÉ DE LA «DOUCE BRISE" COMME MANIFESTATION DE DIEU.

 

                « Que fais-tu ici, Élie? – Je déploie mon zèle pour l'Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d'Israël ont abandonné son alliance avec lui... ». Il existe dans cette réponse d’Élie à Dieu une contradiction entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.

-          Élie pense qu’il est le dernier à lutter, résister et être fidèle à l’Alliance. En réalité, ils étaient beaucoup plus nombreux : Abdias et les cent prophètes, tous appelés par Dieu (1 Rois 18,12; 19,18).

-          Élie se sentait plein de zèle pour la cause de l'Éternel, capable d'affronter jusqu’à la mort. En fait, il avait peur de mourir et fuyait les menaces de la reine Jézabel, ne pensant qu'à sauver sa vie (19,3).

-          Elie savait analyser la situation du Peuple, mais n'était pas en mesure d'analyser son propre échec. Il ne se rendait pas compte que la situation de défaite et de mort dans lequel il se trouvait, était le lieu où Dieu voulait le rencontrer.

-          Élie pensait qu'il était en parfaite communion avec Dieu, mais en réalité, son sentiment de sécurité erroné ne pouvait le conduire à une réelle rencontre avec lui. Il se laissait guider par des critères du passé, -tels que la tempête, la foudre ou le tremblement de terre-, qui n’étaient pas exclusivement les manifestations de la présence de Dieu (19,11-12).

 

A. DIEU EST TOUJOURS NOUVEAU

                L’expérience qu’a vécue le prophète Élie est basée sur le fait qu’il ne pouvait pas percevoir la réalité telle qu'elle est, et qu’il n’était pas capable de se connaître lui-même. Sa vision était perturbée par le fait de se considérer comme le seul dépositaire de la lutte contre les divinités étrangères. Quel était le défaut d’Élie qui entraînait cette distorsion entre la réalité et son discours? La réponse réside dans l’histoire de la “douce brise”. Ce fut cette expérience-là, nouvelle et contradictoire avec les précédentes, qui ouvrit les yeux à Élie. En effet, à cet instant, “il se couvrit le visage de son manteau” (19,13), signal par lequel il reconnaissait la présence de Dieu.

En quoi consista donc cette “douce brise”? Le texte hébreu précise, littéralement : “voix calme et douce”. Sur la montagne du Sinaï, après une forte tempête avec des éclairs et des tremblements de terre -comme auparavant avec Moïse-, la nature se calma soudain et Elie entendît le « murmure d'une douce brise ». Il s'attendait à rencontrer Dieu dans la tempête, comme ce fut le cas pour Moïse, mais Dieu n'était pas là. Elie ne s'attendait pas à le reconnaître dans le calme et la douceur. Cela ne signifie pas que la présence de Dieu devrait être associée uniquement à l'expérience tranquille, douce et silencieuse. Cela signifie que Dieu est présent dans l'inattendu: là où on l’attend le moins. Celui qui pense qu'il est sûr de sa capacité à contrôler les signaux de la présence de Dieu au cours de sa vie personnelle, des événements et de l'histoire en général, se trompe et court le risque de ne pas savoir lire les faits et « interpréter les signes des temps ».

 

B. LA SIGNIFICATION DE LA «DOUCE BRISE»

                Le mot utilisé pour caractériser «le calme» vient d'une racine signifiant «s’arrêter, rester immobile et muet». La douce brise caractérise quelque chose qui tout à coup rend muet, provoque le silence, rend immobile, créé le vide. En conséquence, cette situation permet d’être à l’écoute et dans l’attente de ce qui va se dérouler. En d'autres termes, la douce brise caractérise un processus interne, déclenché par l'impact d'un événement, qui obligea le prophète à un changement radical: cela lui l’obligea à une nouvelle vision des choses.

La «douce brise » peut symboliser des faits, des événements, des individus qui interviennent sans grand bruit dans la vie de chacun, qui modifient des sécurités établies et ouvrent une brèche. C'est quelque chose de nouveau qui surgit dans la conscience et révèle une nouvelle dimension importante de la vie, à ce jour inconnue. La «douce brise» est une tendresse qui imprègne profondément l’âme. C’est l’idée que transmet un chant populaire:

« Face à sa vie de souffrance, le Peuple ne savait plus parler : il se taisait, il se taisait.

Soudain, ses yeux brillèrent : le Peuple oublia ses idées du passé,

Il devînt humble et recommença à penser. Une nouvelle vie commençait pour lui ».

Il s’agit de l’expérience de la «douce brise» : grâce à elle, Élie a vécu l'expérience de Dieu. Il a reconnu la présence toujours nouvelle et renouvelée du même Dieu qui accompagnait toujours son peuple. C'est là qu'il ouvrît les yeux et retrouva le courage de continuer sa mission.

 

C. UNE NOUVELLE EXPÉRIENCE DE DIEU

Soulignons 3 aspects de cette expérience de Dieu à travers la «douce brise», car aujourd'hui, la même chose se reproduire :

 

  1. Elie expérimenta que «Dieu est libre"

        Dieu n’obéit à personne, ni à Élie. Dieu ne se sentait pas obligé d'obéir à des critères que la «tradition» avait établis afin qu’Elie puisse le reconnaître. Élie devait découvrir que Dieu est libre de se manifester dans une tempête, à travers la foudre, le tremblement de terre… et également en dehors d'eux. Cette liberté de Dieu est la base de notre liberté et de notre libération. Dieu ne peut pas être utilisé par n'importe qui, ni par les prophètes de Baal, ni par le prophète Élie : « Tu n’utiliseras pas en vain le nom de Dieu ». Dieu est libre de se communiquer comme il l’entend. Il attend que nous soyons ouverts à sa nouveauté.

 

  1. Élie expérimenta que Dieu n’avait pas besoin qu’on le défende

Malgré les autels détruits, l'alliance brisée et les prophètes assassinés, la cause de Dieu n'était pas perdue : Dieu ne cesse jamais d'être Dieu. Ce n'est pas Élie qui « défendait » le sort de Dieu. Bien au contraire: c’est Dieu lui-même qui accueillait, soutenait et défendait le pauvre Élie. Lorsqu’il découvre la sécurité qu’apporte Dieu, à lui-même et à son peuple, Elie renaquit et retrouva le courage de continuer sa mission: il retrouve le sens de la vie et de la lutte.

 

  1. Élie expérimenta la totale gratuité de Dieu et de sa présence continue parmi son peuple

Si Dieu se manifesta par la douce brise, ce ne fût pas par mérite d'Élie. Au contraire: Élie reconnût la présence libératrice et renouvelée de Dieu au moment précis où il reconnaissait son propre néant. Il laissa Dieu agir comme Dieu, de façon gratuite et inattendue.

Elie découvre le Dieu de toujours: Yahvé, le Dieu des Anciens -les Pères et Mères du peuple-, celui de l'Exode, hier, et celui des pauvres de son époque. Son pèlerinage -son « exode »- lui avait apporté une nouvelle vision de Dieu, de nouveaux horizons pour le Peuple et la capacité de reprendre confiance en lui : il vainquit la peur et découvrit pleinement sa liberté d'action. Sa volonté se raffermît, de même que sa capacité à continuer la lutte pour la cause de Dieu afin de défendre la vie de son peuple. Dans le même temps, il prît clairement conscience qu’il n’était pas le meneur, le dépositaire, ni de cette lutte ni de la cause de Dieu. Au cours de cette expérience, Élie découvrit de nouveaux critères afin de relire et de comprendre la signification de l’exode pour sa propre situation actuelle: être ouvert pour entreprendre un nouvel exode avec son Peuple, soutenu par la présence renouvelée de Dieu à ses côtés.

 

 

Quatrième exode

LES EXILÉS DE BABYLONE ENTREPRIRENT UN NOUVEL EXODE

 

DIALOGUE

1.        Au cours des 10 dernières années, quels sont les signes de l'éveil des Peuples indigènes?

Parole de Dieu. Isaïe 52,1-12: «Réveille-toi et relève-toi!"

2.        A qui était adressée la Bonne nouvelle qu’annonçait le prophète?

3.        Comment l'expérience de l'exode a-t-elle remotivé les exilés de Babylone?

4.        De par notre passé biblique et le présent de nos luttes, comment allons-nous nous motiver pour construire un avenir meilleur?

 

 

Commentaire 4: SANS CESSE LE PEUPLE DE DIEU RENAÎT

 

                La captivité du Peuple de Dieu de Babylone dura environ 50 ans. Ce fut la plus grande crise que le peuple de la Bible connut au cours de son histoire. En un instant, ils perdirent tout ce qui avait été, jusque-là, le soutien et l'expression de leur foi :

-          La Terre, dont la possession était l'expression de la fidélité de Dieu à la promesse faite à Abraham,

-          Le Temple, signe de la présence de Dieu parmi eux,

-          Les Prêtres, qui guidaient le peuple au nom de Dieu.

Avec l’exil, il douta de sa propre identité comme Peuple de Dieu. Il avait perdu tout espoir de revenir sur sa terre, la terre de Dieu. Il paraissait se déliter sans parvenir à se recomposer, comme une assiette qui tombe et se brise en mille morceaux. La pensée traditionnelle issue de leur glorieux passé ne leur permettait pas d’interpréter positivement la situation dans laquelle ils se trouvaient. Au contraire, ils s’exclamaient : «Mes forces m’ont abandonné et j’ai perdu espoir dans le Seigneur» (Lamentation 3.18), «Je ne me souviens plus du bonheur” (3,17), « Le Seigneur m’a abandonné» (Isaïe 49,14), « La fille de Sion (c’est-à-dire le Peuple de Jérusalem) est veuve» (Lamentations 1,1), «elle a perdu son mari, elle a perdu Dieu» (Isaïe 40,27 ; 54,8 et Psaume 22, 2).

 

A. «A DIEU, RIEN D’IMPOSSIBLE »

Cependant, au sein de ce Peuple battu et désagrégé, un groupe parvint à développer une pensée nouvelle. Cet état de fait est présenté dans les chapitres 40 à 66 du livre d'Isaïe, comme un élément novateur. Grâce à une nouvelle expérience intérieure de Dieu -analyser le passé sous une nouvelle optique-, ils avaient acquis un nouveau regard sur les faits du présent. C’est pour cela qu’ils réussirent à surpasser l’immédiateté de leur situation et découvrir en elle les nouveaux signes de la présence de Dieu et la nouvelle direction qu'ils devaient adopter en tant que Peuple de l'Exode : Dieu était toujours là, le même et différent, Dieu libérateur des pauvres, qui leur demandait de continuer le chemin de l’alliance en faisant preuve de créativité. Ils furent capables de découvrir, au milieu de la rupture violente qu’ils vivaient, la continuité avec le passé et la porte de sortie vers le futur. Ils avaient besoin de dépasser les limites de l’expérience antérieure, caractérisée à un lieu et un temps limités -l’exode-, afin d’entreprendre un nouveau chemin qui n’avait pas encore été emprunté au cours de l’histoire passée. Ils parvinrent à se préparer à l’aventure d’un nouvel exode.

Étudions certains signes propres à ce nouveau chemin, un œcuménisme incroyable et courageux, qui nous fait ressentir l’atmosphère propre à cette époque pendant laquelle le texte d’Isaïe apparut (40-66).

-          Le Peuple de Dieu ne se limite pas à une seule race -celle de la Bible- ; les étrangers en constituent une autre partie, ce dont ils doivent prendre consciente grâce au peuple de la Bible (56,3-6).

-          La Terre va être redistribuée à nouveau mais, cette fois, les étrangers qui y résident auront leur part (Ezéchiel 47.22 à 23).

-          Le Temple n'appartient pas aux seuls Juifs ; el est de tous les peuples (56,7).

-          Le Culte est universel, parce tous vont y participer (56,7 et 66,20).

-          Le Sacerdoce n'est pas seulement de Lévi, les étrangers y participent également (66,21).

-          Le Royaume n'est pas la propriété exclusive de la dynastie de David ni se limite à un territoire : Yahvé règne sur la terre entière (40,1 ; 52,7 et 43,15).

-          Etre un Peuple appelé ne doit pas être considérée comme un privilège, mais un service: le peuple de Moïse doit être le modèle du «serviteur» de Dieu pour toutes les nations (42,1-9).

-          La mission à laquelle ce Peuple est appelé, est un ministère de justice et de «lumière pour tous les Peuples”, car tous ont les mêmes droits (42,6 et 49,9).

-          Les messagers de cette Bonne Nouvelle ne seront pas seulement les Juifs, mais également les païens convertis qui proclameront la gloire de Dieu auprès de toutes les nations (66,19).

-          La Loi sera recherchée et observée par tous les peuples, parce qu'ils y trouveront la lumière pour éclairer leur chemin ; elle surgira de leur propre cœur (2,1-5 et Zacharie 8,23).

-          La pureté de cœur et de race ne vient pas d’abord du respect de la loi, mais de l'acceptation de Dieu qui considère comme purs les sacrifices des païens, si ceux-ci sont le fait d’un cœur sincère (66,20, voir Matthieu 1,11).

-          La Prophétie n'est pas un don réservé à une personne en particulier sinon que tous, hommes et femmes, seront prophètes comme communauté de croyants (Joël 3:1-3).

-          La ville de Jérusalem est le centre symbolique de tous les Peuples (60,1 à 7).

-          Yahvé ne sera pas seulement le Dieu des Juifs, mais il dirigera les destinées de tous les peuples de la terre (40,15 et 41,4).

Ces éléments sont quelques-uns des signes de ce chemin d'ouverture, difficilement inimaginable à cette époque. A travers ces textes, transparaît tout le courage dont les disciples d’Isaïe firent preuve afin de repenser toute la vie en se basant sur la mémoire vivante de l’exode. Ils franchirent les frontières de la connaissance et de la tradition (monarchie, temple, sacerdoce, loi, territoire, race, etc.) et ouvrirent des perspectives totalement nouvelles. Cela leur permît de construire un projet qui n’était pas inscrit dans les prémisses du premier exode. Ils surent être créatifs, ils voulaient que tout soit nouveau, de par la nouveauté même de Dieu. Ils voulaient un ciel nouveau, une terre nouvelle, une nouvelle création (66, 17), un nouvel exode (41, 18-20 et 43, 16-20), une nouvelle alliance (54,10; 55,3 et 61,18), un nouveau Peuple (43, 21), un nouveau cœur et un nouvel esprit (Ezéquiel, 36, 26), une nouvelle loi imprimée dans le cœur de chacun (Jérémie 31:33)… Ceci constituait la mystique et l’utopie qui guidaient le chemin et donnaient le courage d’innover : “Quand arrivera le jour de la paix, tout sera possible…”.

 

B. LA GRANDE AVANCÉE QUALITATIVE DU PEUPLE DE DIEU

Face à cela, nous pouvons nous demander comment expliquer une nouveauté aussi importante : d'où vient cette nouvelle conscience, cette nouvelle façon de lire le passé pour affronter l'avenir avec autant de créativité. Voici ci-après 3 brèves réflexions:

 

  1. La nouvelle expérience de Dieu

Une nouvelle création est toujours possible. La captivité a été l'obscurité (Lamentations de 3,2 à 6), l'expérience du néant. Le chaos était comparé aux eaux destructrices, au désert comme lors de la création du monde (Genèse 1,2). Dieu semblait avoir rejeté son Peuple pour toujours (Lamentations 3.43-45), mais ce n'était pas vrai (3,31). Dieu était toujours présent, faisant preuve du même amour que toujours (Isaïe 49,15). Yahvé ne souhaite pas le vide, le chaos (de 45,18-19), mais il s’y confronte et le vainc par la puissance de sa parole (Genèse 1,3). Il est plus grand et plus fort que la puissance qui écrase le peuple (Isaïe 40,12-31). Il sauve, libère et conduit son peuple grâce à sa puissance créatrice éternelle. Notons que c'est à ce moment-là que le livre de la Genèse commença à prendre forme.

L'exode est une expérience permanente. Le nom de Yahvé reprend une fois de plus toute sa force : il est Père (Isaïe 63,16 et 64,7), Mère (49,15, 46,3), parrain, c’est-à-dire protecteur et sauveur (41,14 ; 43,14 ; 44,6), il est le fiancé du Peuple (62,5 et 54,5), qui lui apporter de la joie (62,5). Dieu ressemble à un vendeur ambulant (de 55,1-3) qui porte la photo du peuple (49,16). Il est une présence fidèle. En un mot Dieu est Yahvé, qui est, «toujours proche et libérateur». C'est cette nouvelle expérience de Dieu en tant que créateur (Genèse) et libérateur (Exode), vécue à partir du néant de l'exil, qui donne la liberté aux premiers disciples du prophète Isaïe. Elle leur apporte la créativité et le courage de réfléchir sur le passé et de rêver à un nouvel exode.

 

  1. La nouvelle Jérusalem

Jérusalem était détruite, avec ses murs en ruine, sans portes : une ville en ruine, incapable d’accueillir autrui. Le pays avait été dévasté et occupé (Jérémie 39,10). D’autres personnes pratiquaient d'autres religions sur l’ancien site du temple (41,5). Les Juifs qui étaient restés n'avaient pas de pouvoir, ni politique ni militaire, pour changer cette situation. Qu'ils le veuillent ou non, les circonstances ont forcés les disciples d’Isaïe à réfléchir sur l'avenir à partir de nouveaux points de vue, à la fois en Palestine et au sein de la diaspora. N'y avait-il pas d’autre solution ? En analysant cette situation désastreuse, à la lumière des grands prophètes, les disciples d'Isaïe virent le début heureux d'une nouvelle étape. Ils ne restèrent pas à se lamenter sur le passé. Ils souhaitèrent la bienvenue à l’avenir, né d’un accouchement très douloureux. De la même façon que le vent de la tempête agite la fleur mûre et éparpille sa semence, les évènements violents de l’exil secouèrent le Peuple et l’entrainaient vers de nouvelles situations afin qu’il devienne la “lumière des Peuples” du monde entier. Dieu le libèrerait de sa captivité et l’enverrait dans le monde afin qu’il devienne la Bonne Nouvelle de Dieu (Isaïe 40,9, 52,7, 61,1) et son Serviteur (42,1 à 9, de 49,1 à 6) auprès de tous les peuples.

 

  1. La pédagogie d’Isaïe

Le prophète de l'exil, un disciple du grand Isaïe, a pu, en premier lieu, aider le Peuple démoralisé afin qu’il puisse percevoir que les signes de Dieu se manifestaient au milieu de l'échec et, ensuite, transformer cet échec en un chemin menant à la victoire. Ainsi, cette pédagogie basée sur la lecture du présent à la lumière du passé, ne fut pas seulement une question technique, mais plutôt une manière de transmettre une expérience spirituelle pour recréer le présent et s’ouvrir au futur. Le Prophète a obtenu du Peuple qu’il commence à percevoir le progrès et l’amélioration apportés par la Bonne Nouvelle de Dieu au cours et au cœur des événements défavorables qu’il connût à ce moment-là. Il annonça une Bonne Nouvelle en proclamant que Dieu ne s’arrêterait pas sur le chemin de la libération de son Peuple et de la réalisation de son projet universel. Il est intéressant de procéder à une lecture attentive de Isaïe 40-66 afin de découvrir et systématiser tous les aspects de sa pédagogie de libération, et pour la confronter à notre propre pédagogie ainsi qu’à celle de nos Communautés.

 

 

Cinquième exode

JÉSUS ACCOMPLÎT L’EXODE DÉFINITIF

 

DIALOGUE

  1. Quels sont les changements personnels provoqués en nous du fait d’intégrer une CEB ?
  2. Quel lien faisons-nous entre tout cela et l’Exode : libération, alliance et organisation égalitaire?

Parole de Dieu. Jean 6: Jésus est la nouvelle «manne».

  1. Quels sont les points communs que nous identifions entre cette lecture et l'expérience de l'Exode?
  2. Comment l'Eucharistie nous pousse-t-elle à expérimenter l’Exode une nouvelle fois : libération, alliance et organisation communautaire ?

 

 

Commentaire 5 : LE NOUVEL EXODE SELON JESUS.

 

Les chercheurs divisent l'évangile de Jean en plusieurs grandes sections. L'une d’entre elles est celle qui va du chapitre 5 au chapitre 12. Dans chaque section, nous retrouvons presque toujours le même schéma :

-          Jésus se manifeste par les signes qu’il laisse et les prodiges qu’il accomplit.

-          Malgré le fait qu’ils prennent connaissance des signes laissés par Jésus et des prodiges qu’il réalise, les juifs ne croient pas en lui.

-          Au contraire, ils entrent ouvertement en conflit avec lui.

Ces signes que Jésus laisse sont toujours associés à une fête juive (Jean 5.1, 6.4, 7.2, 10.22, 11.55). En réalité, toutes les fêtes juives étaient associées à l’Exode. Notre chapitre 6 de Saint Jean était associé à Pâques. Pâques était la fête familiale pendant laquelle on célébrait le processus de l’Exode : libération, alliance et organisation égalitaire. A travers sa mort et sa résurrection, Jésus a mené ce processus à son apogée, pour nous et pour l’ensemble de l’humanité.

 

A. SENS DE LA LECTURE D’AUJOURD’HUI

Nous pouvons diviser cette lecture en plusieurs étapes.

 

  1. La multiplication des pains (6,1-15)

        Le parallèle avec l'Exode est très clair : Jésus gravit la colline (v. 3), l'approche de Pâques (4). La foule affamée et le défi que représente le fait de tous les alimenter (5-7) évoquent un épisode similaire qui a eu lieu lors des pérégrinations du Peuple dans le désert (Nombres 11.18-23). La reconnaissance de Jésus comme le seul vrai prophète (14 b) nous rappelle la loi de l’Alliance (Deutéronome 18.15 à 22).

 

  1. Jésus marchant sur la mer (6,16-11)

        Dans l'esprit du Peuple de la Bible, la mer était le symbole de l'abîme, du mal. Durant l'Exode, Dieu, en ayant recours à un vent fort, sécha la Mer Rouge et les Israélites purent passer à sec (Exode 14-15). Dans d'autres textes de la Bible également, nous découvrons les victoires de Dieu face à la mer (Genèse 1 ; Psaume 104,6-9 ; Proverbes 8,27 et suivants). Vaincre la mer signifiait imposer une limite au mal et l’empêcher de tout envahir. Dans ce passage, Jésus contrôle la mer et l’empêche d’engloutir ses disciples.

 

  1. Le discours sur le Pain de la Vie (6, 22-58)

        Ce discours et ce débat ressemblent à l'épisode de la manne. Il est intéressant de lire ce chapitre 16 de l'Exode pour comprendre certaines phrases et expressions utilisées par Jésus, comme la «nourriture d’une journée» (v. 27 = Exode 16,2), qui évoque l'individualisme et le matérialisme. Lorsque le texte évoque le fait que les Juifs commencèrent à parler à voix basse et à critiquer (41), il établit un parallèle avec le moment où les hébreux complotèrent contre Dieu et Moïse dans le désert (Exode 16,2; 17.3; Nombres 11,1), en raison du manque de nourriture.

 

  1. Les disciples rejettent Jésus (6, 59-66)

        Jésus est présenté comme un aliment qui comble la faim et étanche la soif. A ce niveau, il existe un parallèle avec les chapitres 16 et 17 de l'Exode, lorsque la nourriture et l’eau vinrent à manquer. La sensation de faim et de soif suscita au sein du Peuple la tentation de douter de la présence du Dieu libérateur à leurs côtés. Certains disciples de Jésus succombèrent même à cette tentation lorsqu’ils entendirent ses paroles relatives à la vraie nourriture : “ils firent un pas en arrière et ne le suivirent plus” (66).

 

  1. La profession de foi de Pierre (6, 59 -66).

Face à la crise provoquée par ses paroles, Jésus demanda au groupe de ses disciples les plus fidèles s’ils souhaitaient l’abandonner (67). Pierre répondit, accomplissant sa profession de foi dans le Pain et la Parole : “Jésus est la Parole et le Pain qui nourrit le Peuple Nouveau”, et il n’existe personne d’autre qui puisse donner la vie éternelle (Deutéronome 8,3).

 

B. JÉSUS EST LA NOUVELLE “MANNE” QUI MET L’EXODE FINAL À LA PORTÉE DE TOUS

 

  1. La signification de la «manne» pour le Peuple de la Bible (Éxode 16,18)

̵            Ce fût la nourriture du le désert qui permit de satisfaire la faim du Peuple de Moïse, pour qu'il puisse continuer son périple vers la Terre Promise : Ce signe fut perçu comme la présence protectrice de Dieu aux côtés de son peuple.

̵            C’était une nourriture frugale, mais suffisante pour répondre aux besoins quotidiens de chaque famille : Dieu voulait enseigner à vivre de peu et à partager ce qui n’était pas nécessaire, afin que personne ne souffre de l’excès ou du manque.

̵            Ce fût un symbole de Communauté et d’Égalité (ou mieux Equité) : on ne pouvait la conserver, car la nourriture pourrissait. De plus, « pour celui qui avait ramassé beaucoup, rien ne débordait, et pour celui qui avait ramassé moins, la mesure était complète ». Il s’agissait de l’expérience du partage selon les besoins (donc sans accumuler) afin de survivre dans le désert, précepte qui deviendrait une règle de vie du Peuple de Dieu.

Suivre Dieu n’était pas chose aisée, bien au contraire, mais il assurait la fourniture aussi bien de la nourriture nécessaire que de la façon de la partager afin que tous y aient accès. C’est ainsi que le processus de l’Exode pouvait suivre son cours.

 

  1. Jésus a donné tout son sens à la notion de «manne» (Jean 6,32)

̵            Jésus représente lui-même le cadeau que Dieu fît à l’humanité afin qu’elle puisse satisfaire sa soif, aussi bien matérielle que spirituelle. La “manne” est, par excellence, l’aliment nécessaire à la construction du Royaume de Dieu, la nouvelle Terre Promise, Jésus représentait la manifestation efficace de la présence protectrice de Dieu aux côtés des hommes et des femmes de son temps et de tous les temps.

̵            En nous offrant Jésus, Dieu nous a donné ce «pain quotidien», et en quantité suffisante pour tous et pour toutes. Si le pain manque aujourd'hui, c’est parce qu’il n’existe pas de véritable Communauté : certains meurent de faim parce que d'autres engrangent et accumulent. L'accumulation détruit la Communauté et représente la négation du projet de Dieu.

̵            Jésus a atteint le point culminant du processus de l’Exode : il l’a fait lors de son “passage réussi” de sa mort à sa résurrection. C’est ainsi que nous avons la certitude de pouvoir, à la suite de Jésus, vaincre le mal et la racine de tous les maux, le péché. C’est de cette façon que nous pouvons développer une nouvelle et éternelle alliance avec Dieu. Jésus créa un Peuple Nouveau destiné à vivre dans l’amour, la justice et l’égalité.

̵            Jésus a continué l'épopée libératrice de Dieu. L'Eucharistie est la «nouvelle manne», c'est-à-dire la nourriture nécessaire pour que nous continuions à vivre le processus de l’Exode vécu expérimenté par Jésus, mais pas encore terminé : le Royaume.

Les premiers chrétiens avaient très bien compris la signification de la “manne” ainsi que celle du compromis qui était le leur envers le nouveau Peuple qu’ils commençaient à former. Ils s’appliquèrent les objectifs de l’exode: s’unir pour se libérer de tout mal, se réunir en Communautés afin de s’allier avec Dieu, et vivre dans l’équité afin d’être le Peuple que Dieu désirait qu’ils soient (Actes 2.42 à 47 et 4,32 à 35).

La voie est libre afin que nous aussi puissions entreprendre notre exode : l’Eucharistie est l’aliment indispensable afin que nous puissions nous libérer de tout esclavage, développer une alliance avec Dieu et conformer ce Peuple nouveau, témoin du projet de Dieu pour tous les Peuples.

 

 

Sixième exode

LA VIE CHRÉTIENNE EST UN EXODE PERMANENT

 

DIALOGUE

  1. En même temps que les persécutions dont nous sommes victimes en tant que CEBs, quel exode libérateur sommes-nous en train d’expérimenter?

Parole de Dieu. Apocalypse 7: Un recensement qui prend en compte tous et toutes.

  1. Quels étaient les motifs de la persécution menée par l'Empire romain?
  2. Quels points communs pouvons-nous établir entre la situation des premières communautés et l'expérience de l'exode?
  3. De quelle façon devons-nous continuer à concevoir et vivre l'expérience de l’Exode en tant qu’Église des pauvres?

 

 

Commentaire 6

LES PREMIÈRES COMMUNAUTÉS ADAPTÈRENT LE CONCEPT D’EXODE À LEUR ÉPOQUE

 

  1. Le recensement dans le désert, afin de s'organiser de façon égalitaire

Ce chapitre traite de la vision du sixième sceau. Jean accroche un tableau de plus sur le mur de l'Apocalypse (cap. 7). C'est un joli tableau, antique, datant de l’exode. Dans le passé, après la fuite d’Égypte, un recensement des tribus fut organisé (Nombres 1, 20-43). Cette liste de personnes appartenant au Peuple, réalisée dans le désert, fut le début de la nouvelle organisation égalitaire et fraternelle du peuple, suivant la loi de Dieu. Il représentait l’antithèse de l'organisation oppressive du Pharaon d'Egypte.

Par la suite, avec le sixième sceau, Dieu ordonna un nouveau recensement des «serfs ou serviteurs de notre Dieu» (7,3), qui endurèrent la persécution et ne cédèrent pas aux sirènes des faux dieux de l'Empire (14,5). Un ange fût envoyé afin de les identifier. (7,3). Ils reçurent tous la marque de Dieu, qui est un signe de protection (9,4). Leur nombre atteignît 144.000 personnes. (7,6). 12 000 pour chaque tribu (7,5-8). Le nombre nécessaire avait donc été atteint : Il ne manquait personne ! (6.11).

En fait, avec le sixième sceau, la situation changea complètement. Les oppresseurs fuirent, pris de terreur (6,15-17). Le Peuple qui vivait auparavant sous le joug de l’oppresseur et qui s’était dispersé (6,9-10) apparaissait désormais au regard de tous comme une organisation parfaite, unie (7,5-8). Quel est donc le sens de tout cela?

 

  1. La leçon du recensement: imiter le Peuple du premier exode

Le peuple des communautés découvre son futur en regardant dans le miroir du passé. Grâce à la «colère de Dieu» (6,17), le sixième sceau va détruire le pouvoir des puissants. Avec la « marque de Dieu» (7,3), il protègera la vie du petit peuple. C’est pourquoi le petit peuple n’a à craindre ni la calamité qui s’abat sur les puissants (6,12-15) ni le pouvoir qui opprime les communautés. Au lieu de perdre son énergie en combattant le pouvoir dominant, le peuple des humbles doit focaliser ses efforts sur la préparation de l’avenir, de la même façon que le fît le peuple de l’exode initial. Cela signifie qu’ils doivent s’organiser rapidement, fraternellement et égalitairement, en suivant la Loi de Dieu, c’est-à-dire l’exemple de l’exode. Ainsi, quand, lors du sixième sceau, le pouvoir des puissants s’effondrera, détruit par les plaies de l’histoire (6,15-17), le peuple des humbles doit être prêt à se présenter au monde, unis entre eux au sein d’une organisation qui s'oppose à celle, oppressive, de l'Empire romain.

 

  1. La multitude que personne ne pouvait recenser (7,9-17)

Voici la vision : Jean vit "une foule immense dont le nombre était impossible à estimer" (7,9). Vêtus de blanc, avec des palmes dans les mains, ils faisaient chorus avec les anges du ciel (7,9-12). Jean ne sait pas qui ils sont. Il trouve cela étrange et demande des explications (7,13-14), car cette foule immense n’appartient pas aux douze tribus marquées du sceau de Dieu (7,3-8). Elle est issue de toute l’humanité, "de toute nation, race, peuple et langue" (7,9). Il s’agissait de ceux qui venaient de la tribulation (7,14), qui avaient subis la persécution de l'Empire. Ils ont lavé leurs vêtements avec le sang de l'Agneau (7.14). Comme les douze tribus, ils avaient quitté l'Egypte et étaient maintenant dans le désert devant le trône de Dieu (7,15) qui étend sa tente sur eux (7,15) et essuie toutes leurs larmes (7,17). Sous la protection de l'Agneau, ils ne souffriront ni de la faim ni de la soif ni de la chaleur du soleil (7,16), car l'Agneau les conduira aux sources de la vie (7,17). Le sens de leur vie est la louange quotidienne de Dieu (7,15).

Cela signifie que le nouvel exode n'est pas le fait des seules Communautés mais de toute l’humanité : tous les groupes et associations populaires, tous les peuples qui ont entrepris une nouvelle vie vivent l’exode. Les membres des Communautés ne peuvent penser être le seul groupe qui résiste face à l’Empire, ni prétendre représenter exclusivement l’action de Dieu dans le monde. Yahvé, le Dieu Libérateur, n’est pas la propriété des Communautés. Au contraire, les Communautés sont la propriété de Yahvé (Exode 19,5). Elles doivent représenter le signe de Dieu au milieu de l’humanité opprimée, qui résiste à l’empire de la mort, qui lutte face à l’oppression, et qui construit une vie nouvelle. Elles doivent se présenter au monde comme un service, au travers de leur organisation fraternelle, née de la volonté de Dieu, comme une alternative possible en faveur de la liberté et de la justice, aux côtés de ceux qui luttent pour ces mêmes idéaux. C’est pour cela que, aussi longtemps que dure la persécution du cinquième seau, les Communautés doivent tenir bon (Apocalypse 2,13 à 25, 3.11, 6.11). Elles doivent résister jusqu’à la mort (2.10). Grâce à leur résistance, leur lutte et leur martyre, elles préparent le futur que le monde abordera avec le sixième seau. Il est temps de réaliser cette mission (6,11), qui est celle prophétisée par le message du Serviteur souffrant d’Isaïe (52,13-53,12).

 

 

Deuxième  partie

 

 LES  8  ETAPES  DE  LA  BIBLE  (Original : CLAR).

 

 

                Voici une présentation plus « classique » de la Bible qui suit le déroulement historique du Peuple de Jésus. Celle-ci a été divisée en 8 étapes qui représentent les moments les plus importants de l'histoire du Peuple de Jésus. Pour des réflexions en groupes, ces 8 étapes sont accompagnées par 8 schémas de réunion agrémentés de leurs commentaires respectifs.

 

CONTENU

  1. La Bible a concrétisé le rêve de Dieu
  2. Durant l'Exode, Moïse a lancé le projet de Dieu
  3. Les prophètes convoquèrent le peuple afin de reconstruire l'alliance: 1000-6 a.C.
  4. La Parole se fait sagesse afin de préserver l'harmonie et la foi du peuple
  5. En Jésus, la Parole est venue confirmer le plan de Dieu, le Royaume
  6. Les premières communautés chrétiennes nous ont légué le projet de Jésus
  7. L’extension de l'Eglise dans l’ensemble du monde connu
  8. L'espérance indestructible qu’ont léguée les premières communautés

 

 

Première  étape :  Introduction

LA  BIBLE  CONCRÉTISE  LE  RÊVE  DE  DIEU.

 

« A travers le Christ, Dieu nous a choisis avant qu'il ait créé le monde

 pour que nous soyons saints et immaculés devant lui » (Ephésiens 1,4).

 

Le livre de la Genèse nous explique la signification du monde, de l’être humain, de la vie, de la souffrance, de la mort, du bonheur. Il a été écrit à partir de l'an 1000 avant Jésus-Christ.

 

Message: Dieu rêve pour nous toutes et tous un monde d'harmonie.

 

Dialogue : Rêves d’un monde harmonieux.

  1. Comment est ce monde auquel nous rêvons et pour lequel nous nous battons?

Parole de Dieu. Genèse 2.4-25: Le rêve de Dieu.

  1. Selon cette lecture, comment sont présentés le monde et l'humanité auxquels Dieu rêve ?
  2. De quelle façon commençons-nous à réaliser le rêve de Dieu dans notre vie quotidienne?

 

Commentaire

Cette harmonie universelle voulue par Dieu dispose de nombreuses facettes:

̵            Dieu nous a donné la nature afin que nous « en prenions soi et que nous la cultivions » (Genèse 2,15). Les biens de la création sont destinés au bien-être de tous et de toutes en fonction de leur besoin : le but est le partage; le péché réside dans l'accumulation de biens.

̵            Dieu nous a créés « à son image et à sa ressemblance ”: notre dignité en est issue. En tant qu’hommes et femmes, nous sommes différents mais égaux. De notre dignité divine naissent tous nos droits personnels, collectifs, sociaux, économiques, politiques, religieux; le péché réside dans la négation ou la destruction de ces droits.

̵            Dieu nous a donné une intelligence, une volonté et un cœur afin de les mettre au service de notre dignité, du bien-être de nos frères et du développement du projet de Dieu. Nous devons nous exprimer dans la vérité et le respect mutuel; le péché réside dans le fait de tromper et de nous induire en erreur.

 

 

Deuxième  étape

DURANT  L’EXODE,  MOÏSE  A  LANCÉ  LE  PROJET  DE  DIEU

 

«Quand Israël était jeune, je l'aimais et j’ai emmené mon fils hors d'Egypte"

(Osée 11,1).

 

Cet épisode se déroule sur plusieurs siècles, entre 1650 et 1000 avant JC. C'est le moment de l'Exode (esclavage, libération, traversée du désert) et des Juges (expérience égalitaire) ou Chefs du Peuple de Moïse.

 

Message: Dans le même temps, Dieu a confié une mission à Moïse et s'est révélé à lui en tant que «Yahvé», c’est-à-dire, en tant que Dieu libérateur des pauvres qui s’organisent pour vivre mieux.

 

Dialogue : Un Dieu qui s’unit à ceux qui se libèrent.

  1. Que découvrons-nous quand nous nous organisons?

Parole de Dieu. Exode 3,7-15: «J'ai vu ... Je t’envoie ... Je suis Yahvé».

  1. Dans cette lecture, quelles sont les différentes attitudes et manifestations de Dieu ?
  2. Quels sont les messages et conclusions que nous pouvons en tirer pour nous tous et toutes ?

 

Commentaire

La mission de Moïse était triple:

1.    Libérer son peuple du joug de l'esclavage de l’Egypte,

  1. Sceller une alliance avec Dieu
  2. Mettre en place une organisation équitable, afin de bannir l'esclavage.

C’est ainsi que Moïse et son Peuple montrèrent qui est Yahvé, le Dieu de ce Peuple:

-      Dieu est libérateur avec les pauvres; il est le détenteur d’un projet de vie.

-      Dieu est ami et proche; il est le détenteur d’un projet de fraternité.

-      Dieu est Père et Mère; il est le détenteur d’un projet d'égalité équitable.

Dans la foi, nous célébrons cette présence aimante et libératrice de Dieu. En tant que Peuple des Pauvres, conscient, organisé et croyant, nous sommes chargés de faire prospérer le projet de Dieu.

 

 

Troisième  étape

LES  PROPHÈTES  CONVOQUÈRENT  LE  PEUPLE  A  LA  FIDÉLITÉ  À  LA  ALLIANCE

 

"Plus je les appelais, plus ils s'éloignaient de moi.

Mais je les attirais vers moi en tissant des liens humains et d'amour "(Osée 11.2 et 4).

 

                Vers l’an 1000 avant JC, au cours d’une époque confuse, les rois arrivèrent : Saül, David... dont la majorité gouverna mal pendant environ 5 siècles. L'infidélité et la corruption des rois provoquèrent l'émergence des prophètes afin que le projet de Dieu ne disparaisse pas. Cette époque des rois a pris fin avec l'exil du peuple vers un pays étranger, Babylone.

 

Message: Avec l’arrivée des prophètes, Dieu a permis que son projet, incarné par les juges, aille de l'avant. Ils furent les gardiens du projet de Dieu : Héraults de la liberté, prédicateurs de l'alliance et défenseurs des pauvres.

 

Dialogue : Les prophètes furent les gardiens du projet de Dieu.

  1. Aujourd’hui, qui considérons-nous comme prophètes ? Expliquons pour quelles raisons.

Parole de Dieu. Jérémie 1,4-10: La mission confiée au prophète.

  1. Selon cette lecture, quelle fut la mission que Dieu confia au prophète Jérémie ?
  2. Quels messages et enseignements pouvons-nous en tirer pour nous tous et toutes ?

 

Commentaire

Les prophètes furent les «sentinelles de l'Alliance» : ils nous préparent à comprendre le Royaume de Dieu.

-      Jérémie fut le prophète de la vérité.

-      Osée fut le prophète de la tendresse de Dieu.

-      Amos fut le prophète de la justice sociale.

-      Ezéchiel fut le prophète de l'espérance.

-      Isaïe fut le prophète du Messie.

-      Deborah fut une grande prophétesse, leader de son peuple.

-      Daniel était le prophète du Royaume de Dieu.

Depuis notre baptême, Dieu nous a fait "prophètes, prêtres et pasteurs (rois) du Royaume". Aidons-nous à remplir cette triple mission. Nos communautés doivent collectivement être des «prophéties vivantes du Royaume, un sacerdoce grâce à notre religiosité et un témoignage exemplaire du Royaume de Dieu”.

 

 

Quatrième  étape :  LA  PAROLE  SE  FAIT  SAGESSE  

AFIN  DE  PRÉSERVER  L’HARMONIE  ET  LA  FOI  DU PEUPLE.

 

«La sagesse qui vient d'en haut est droite et pacifique, capable de comprendre les autres ...»

(Jacques 3, 17).

 

Les manifestations de sagesse se multiplièrent au cours de l'histoire du Peuple de Jésus. Par contre, le temps où les sages furent les plus actifs fut après l'exil (587-538 a.C.) et jusqu'à l'arrivée de Jésus. Ce fut un temps où le Peuple de la Bible dût faire face à de nombreuses invasions militaires, mais aussi culturelles et religieuses. Pour aider le Peuple à préserver son identité et à résister à ces invasions, les livres de la Sagesse furent écrits et rédigés à partir des pratiques et des expressions du Peuple lui-même. Les sages renforcèrent l’identité et la capacité de résistance du Peuple.

 

Message : La sagesse de Dieu est dissimulée dans la sagesse du peuple des pauvres. En nous identifiant à nos racines et notre religiosité populaire, nous apprendrons à valoriser notre sagesse, à défendre notre identité et à résister aux invasions culturelles opposées à notre coexistence.

 

Dialogue : La sagesse des gens simples.

  1. Remémorons-nous des proverbes, des refrains, des poèmes ou chants populaires, des contes, des symboles, des chansons... qui reflètent notre sagesse populaire.

Parole de Dieu. Siracide 24,1-29: Chanson de la sagesse.

  1. Dans cette lecture consacrée à la sagesse, quel est le passage qui attire le plus notre attention ? Expliquons pourquoi.
  2. Quels sont les messages et conclusions que nous pouvons en tirer pour nous tous et toutes ?

 

Commentaire

Dans la Bible, la Sagesse et la Poésie du Peuple de la Bible sont réunies au sein de 2 séries de livres : les livres « de la Sagesse »et « les contes populaires ».

̵            Les livres de la Sagesse. Ils sont appelés ainsi parce qu'ils sont nés à une époque où l’on « cultivait » la sagesse. Ces livres sont au nombre de 7: Job, les Psaumes, l'Ecclésiaste ou Quohélet, le Cantique des Cantiques, la Sagesse et Siracide ou l'Ecclésiastique.

̵            Les contes populaires. Outre les livres de la sagesse à proprement parler, il existe un certain nombre d’histoires ou contes populaires, pleins de poésie et de sagesse, qui trouvent leur origine dans la même époque. Il s’agit des 5 livres de Judith, Esther, Ruth, Jonas et Tobias.

Curieusement, Dieu a voulu que, dans la Bible, apparaisse la sagesse d’autres peuples. Dans le livre des Proverbes, les spécialistes ont identifié des textes des livres de la sagesse d'Egypte et d'Arabie. De la même façon, dans les livres de Job et de Jonas, des étrangers enseignent au prophète comment prier (1,5-6).

Pour nous aujourd´hui, il s'agit d'une invitation de Dieu afin de sauver notre propre sagesse, celle des Indiens et des Noirs en particulier. C’est ainsi que nous préserverons notre identité et que nous serons en mesure de construire un monde plus digne et heureux.

 

 

Cinquième  étape :  LE  ROYAUME

EN  JÉSUS,  LA PAROLE  EST  VENUE  CONFIRMER  LE  PROJET  DE  DIEU

 

«Cherchez d’abord le Royaume de Dieu, le reste suivra»

(Matthieu 6,33).

 

                Avec la venue de Jésus, le projet de Dieu que Jésus dénomma “Le Royaume de Dieu”, se confirme et se purifie. Nous savons que Jésus a vécu seulement 33 ans et que les Evangiles ont été écrits environ 50 ans après sa mort et sa résurrection. Dans les Évangiles, Jésus a été révélé en tant que prophète du Royaume.

 

Message: Le Royaume de Dieu est notre but et notre travail commun, le legs que Jésus nous a laissé. «Seul le Royaume est absolu» (Pape Paul VI).

 

Dialogue : Jésus fut le Messie du Royaume.

  1. Expliquons-nous, d’une part, où grandit le Royaume en nous et, d'autre part, où il est détruit.

Parole de Dieu. Matthieu 13.44 à 50: Deux comparaisons de Jésus pour nous faire comprendre comment est le Royaume de Dieu.

  1. Pourquoi Jésus a comparé le Royaume à un trésor, une perle et un filet de pêche ?
  2. Quels messages et enseignements pouvons-nous en tirer de cette réunion pour nous tous et toutes ?

 

Commentaire

Jésus est venu pour inaugurer le Royaume de Dieu en sa personne, ses paroles et ses actes. C’est la parole que les évangélistes lui attribuent le plus.

1.        Jésus considérait clairement que le Royaume appartient aux pauvres (Luc 6,20) et de ceux qui choisissent d'avoir l'esprit des pauvres et de défendre leurs causes (Matthieu 5.3). Ils sont les héritiers et les successeurs de ce Royaume (1 Corinthiens 1.22 à 29).

2.        La loi du Royaume est l'amour personnel et collectif (Jean 13,34 et 15,17). Seuls ceux qui se mettent au service des autres peuvent y entrer (Jean 13,6 à 17).

3.        Le Royaume possède trois dimensions: il est en nous, entre nous et il se manifestera dans sa plénitude. Il s'agit d'une manière harmonieuse de vivre avec soi-même, entre êtres humains, avec la création et avec Dieu :

-          Pour les personnes prises individuellement et collectivement, le Royaume est dignité,

-          Vis-à-vis de la création, au travers du partage équitable des biens: le Royaume est justice,

-          Entre nous, en vivant ensemble comme des frères et sœurs, le Royaume est fraternité,

-          Par la célébration sa présence parmi nous, le Royaume est beauté.

4.        Le Royaume est décrit dans l'Apocalypse est comparable au triomphe d'une femme -l'Eglise des pauvres- sur le mal (12,1 à 10) et à une ville de fraternité et joie -la nouvelle société dont nous sommes la semence- dont le centre est Dieu (21,1 à 8).

        Nous sommes le Royaume quand nous vivons ce que Jésus a inauguré, personnellement et collectivement, « en commençant dès maintenant la fête qui viendra en plénitude».

 

 


Sixième  étape :  LES  PREMIÈRES  COMMUNAUTÉS  CHRÉTIENNES  

NOUS  LÉGUÈRENT  LE  PROJET  DE  JÉSUS

 

«Vous êtes une race élue, un royaume de prêtres,

un peuple que Dieu a fait sien afin de proclamer ses merveilles» (1 Pierre 2:9-10).

 

                Les premières communautés chrétiennes furent les nouveaux fidèles qui intégrèrent le projet de Dieu initié par Moïse. Ils surent reconnaître en Jésus l’envoyé de Dieu, l'inaugurateur de son Royaume, le libérateur des pauvres. En Communautés, ils continuèrent l'œuvre de Jésus. Tout au long des siècles, grâce à la Bible et à sa fidélité à Jésus, l'Eglise nous a transmis ce témoignage. Aujourd’hui, nous sommes toutes et tous chargés de sa transmission aux futures générations.

 

Message: Les premières communautés chrétiennes naquirent dans le grand Peuple des pauvres qui sut accueillir le Royaume. Aujourd’hui, nous sommes les héritiers du projet de Dieu, les protagonistes du Royaume, les responsables chargés de manifester le visage libérateur de Dieu.

 

Dialogue : Les intuitions des commencements.

  1. Quelles sont les principales nouveautés que nous avons découvertes au sein de nos communautés ?

Parole de Dieu. Actes 2.42-47: Le témoignage de l'Église primitive.

  1. Selon cette lecture, comment vivaient les premiers chrétiens ?
  2. Quels messages et enseignements pouvons-nous en tirer pour nous tous et toutes ?

 

Commentaire

Les premières communautés chrétiennes représentent pour nous tous et toutes le modèle de ce que nous avons à vivre aujourd'hui en tant qu’Église des Pauvres. Nous avons à actualiser aujourd’hui le projet du Royaume de diverses manières.

-          La vie de foi. Il y a 4 devoirs liés à notre foi: l'approfondissement de la Parole de Dieu, la participation aux sacrements, la pratique de la prière personnelle et communautaire, la célébration de la croissance du Royaume.

-          La vie de compagnonnage entre chrétiens. Notre engagement commun est de renforcer l'unité, le partage, la participation, l'égalité à l’intérieur des Eglises chrétiennes...

-          La vie de solidarité avec les autres. Nous devons faire nôtres les besoins d'autrui ; en nous organisant, nous luttons pour un projet de vie et contre tout projet de mort, aussi bien chez les personnes et dans les organisations et les institutions.

-          La vie de communion avec la nature. Nous venons de la Nature, et nous en dépendons pour la vie, la nourriture, le bonheur. Nous avons non seulement à la cultiver pour la production, mais aussi à en prendre soin (Genèse 2,15).

Dans cette Église vivante que Jésus est venu fonder, nous sommes ses membres actifs pour le bien-être et le salut de tous.

 

 

Septième  étape

L’EXTENSION  DE  L’ÉGLISE  DANS  L’ENSEMBLE  DU  MONDE  CONNU

 

«L'Évangile se développe et porte ses fruits partout dans le monde»

 (Colossiens 1,6).

 

                A partir de 70 après JC, les premiers chrétiens se chargèrent la Bonne Nouvelle du Royaume aux peuples voisins de la Palestine et dans tout l’empire romain autour de la Méditerranée. Saint-Paul fut le grand missionnaire chargé de cette tâche. Ses nombreux écrits nous en laissent le témoignage et l'exemple à suivre. Saint-Paul a encouragé les premiers chrétiens à affronter les puissances de la mort.

 

Message: L'Empire romain a été, au début de l'ère chrétienne, la principale puissance de mort : il vivait de l'esclavage, des impôts et de la religion ; la répression était sans pitié pour tous ceux qui remettaient en cause l’ordre injuste qui était le sien. Les chrétiens trouvèrent dans leur foi la force et le chemin pour faire face et, d’une certaine façon, vaincre cet empire.

 

Dialogue : « Le Royaume est l’unique absolu » (pape Paul VI).

  1. Comment se manifestent aujourd'hui les puissances de la mort parmi nous tous et toutes ?

Parole de Dieu. Ephésiens 6.10 à 17: « Nous faisons face aux forces obscures de ce monde ».

  1. Selon Paul, quelles étaient les forces de la mort qu’il fallait combattre et les “armes” qu’il fallait utiliser ?
  2. Quels messages et enseignements pouvons-nous en tirer pour nous tous et toutes ?

 

Commentaire

-          Les lettres du Nouveau Testament sont le trésor de l'Eglise primitive qui sont parvenues jusqu’à nous tous et toutes. Ces lettres sont principalement celles de Saint-Paul, mais également celles de Pierre, de Jean, de Jacques, de Judas et de certains auteurs inconnus.

-          Saint Paul se considérait lui-même comme l’«Apôtre des Gentils», c'est à dire des Peuples non-juifs. Pierre se chargea principalement d’évangéliser les juifs, présents non seulement en Palestine, mais également jusqu’à Rome, la capitale de l'empire.

-          Aujourd'hui, nous continuons à écrire de nouvelles lettres afin de transmettre notre propre témoignage. Saint Paul l’écrivait déjà : « Nul ne peut nier que vous êtes une lettre du Christ, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit de vie, une lettre non enregistrée sur des tablettes de pierre, mais dans le cœur de l'homme » (2 Corinthiens 3.3). Cela nous encourage à poursuivre notre ouvrage au service du projet de Dieu.

 

 

Huitième  étape

L’ESPÉRANCE  INDESTRUCTIBLE  QU’ONT  LÉGUÉE  LES  PREMIÈRES  COMMUNAUTÉS

 

« Enfin, le salut, la puissance et le royaume de notre Dieu sont acquis à notre Dieu »

 (Apocalypse 12.10).

 

                L’écriture du Nouveau Testament se prolongea jusqu’à la fin du premier siècle (et peut-être plus tard), souvent après la mort des apôtres et de ceux qui avaient connu personnellement Jésus de Nazareth. L’écriture de la Bible avait commencé environ 1000 ans auparavant. Ainsi se terminait une étape très importante de la communication de ce que nous appelons « la Parole de Dieu ». En même temps que la Bible s’écrivait, Dieu se communiquait avec chacun des Peuples de la planète et il continua à le faire après que cette dernière ait été achevée, et ce de multiples façons. Pour les chrétiens, la Bible est devenue la référence obligatoire de leur foi. Aujourd’hui Dieu continue de nous parler et tout au long de notre vie, en accord avec ce qui est écrit dans la Bible et en complémentarité avec ce qu’on découvert les autres religions. L’Apocalypse nous révèle que le Royaume de Dieu, le grand message de la Bible, aura le dernier mot.

 

Message: L’Apocalypse nous donne la révélation finale du projet de Dieu : le triomphe définitif du Royaume. Le témoignage qu’il apporte est d’espérance. Au milieu d'innombrables difficultés, les premiers chrétiens voulurent nous léguer un témoignage d'espoir: le Royaume ne s’arrêtera pas ; au contraire, il vaincra tous les empires et même la mort.

 

Dialogue : Le rêve fou est déjà là devant nous

  1. A court terme, quel est notre plus grand espoir ?

Parole de Dieu. Apocalypse 21.1 à 8: Le nouveau ciel et la nouvelle terre.

  1. Selon cette lecture, comment nous est présenté le Royaume de Dieu ?
  2. Quels messages et enseignements pouvons-nous en tirer pour nous tous et toutes ?

 

Commentaire

Cette étape de l'Apocalypse est pour nous tous et toutes une grande source d'espoir et de motivation.

-          C’est une étape d’espérance. Le Royaume de Dieu nous est décrit comme une ville sainte, c’est-à-dire une grande assemblée autour de Dieu. Cette belle ville, fraternelle, de paix et de joie est le rêve que Dieu a semé dans l’humanité entière. Là, les pleurs, la douleur, la mort auront disparus. D'une part, nous aspirons à tout cela, et, d'autre part, nous avons déjà commencé à en profiter, même si ce n’est que partiellement. «Nous avons déjà commencé la fête à venir».

-          Il s'agit d’une étape de motivation. Ce Royaume est une promesse inachevée de Dieu. Nous en profitons dès demain si nous avons déjà commencé à construire ce Royaume, dans nos vies, nos communautés grâce à nos luttes avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté qui participent à ce projet de vie.

Gardons courage face à cette noble tâche qui est celle de nos communautés chrétiennes : Nous sommes le nouveau Peuple des Pauvres, la nouvelle Bible, la véritable manifestation du visage de Dieu ! Telle est la mission que Dieu nous confie. Continuons, unis, afin de jouir des bienfaits cette utopie.

 

 

 


A N N E X E

 

 JESUS CHRIST EST LE SEIGNEUR. PR.

 

 

CONTENU

Introduction

1.        Jésus l’homme : son identité et sa vie

2.        Jésus le Crist : le prophète du Royaume

3.        Jésus-Christ est le Seigneur ressuscité

Conclusion

 

 

 

INTRODUCTION

 

                Notre expérience de Jésus se déroule avec Jésus ressuscité, comme ce fut le cas pour Saint-Paul : Paul n'avait pas connu le Jésus humain, en terre de Palestine, mais il le reconnut sur le chemin de Damas. « Pourquoi me persécutes-tu ? - Qui êtes-vous, Seigneur ? » (Actes 9:4-5) Pour Paul, Jésus était le Seigneur ressuscité qu’il identifia avec ses disciples. Aujourd'hui, nous vivons notre expérience de Jésus-Christ avec les personnes que nous rencontrons. Il ne s’agit pas simplement de le connaître comme l’on peut connaître un personnage historique du passé mais plutôt de le reconnaître, vivant à travers les autres, et plus spécialement à travers les pauvres et les Peuples marginalisés. C’est cela être chrétien : nous sommes ceux qui suivons Jésus car nous le découvrons vivant parmi nous aujourd’hui. A partir de là, nous nous interrogeons et nous cherchons à savoir qui était ce Jésus de Palestine, humain comme nous, ce que fît et dît comme Christ, Prophète du Royaume, pourquoi est-il mort et ressuscité et pourquoi a-t-il envoyé ses disciples afin qu’ils continuent son œuvre. Nous y parvenons grâce à l’éclairage que nous apporte l’Esprit, à travers la lecture de l’Évangile, individuellement et ensemble dans la construction du Royaume, en communautés, mais également grâce à l’aide de spécialistes. Maintenant, nous allons suivre trois étapes afin d’accéder à cette connaissance et reconnaissance de Jésus : l’homme, le prophète du royaume et le Seigneur ressuscité.

 

 

A. JESUS, L’HOMME: SON IDENTITÉ ET SA VIE

 

                Afin de connaître le Jésus historique, nous devons observer comment les Évangiles nous le présentent, afin d’y découvrir  son visage humain. Avec l'aide de spécialistes, nous trouvons ce qui suit.

 

  1. Sa famille était originaire de Galilée

        La Galilée est située au nord de la Palestine : c’était une région marginalisée par les habitants de la capitale située au sud. Ses terres étaient fertiles et son peuple rebelle et turbulent. La famille de Jésus était de condition humble : Marie était une femme de la campagne et Joseph un artisan charpentier, un travailleur manuel. Jésus n'est pas né ni ne vécut dans la capitale ou dans une famille riche ou reconnue, il a passé sa vie dans « la périphérie », en toute simplicité et durant plus de 15 ans comme charpentier ambulant.

 

  1. Jésus est né au cours d’un voyage

Jésus est né à Bethléem, loin de Nazareth et de Jérusalem, dans la campagne, parmi les bergers, des personnes peu recommandables à cette époque. La tradition chrétienne nous raconte qu’il reçût la visite de « Mages », des sages et prêtres étrangers, qui avaient détecté dans le ciel le signe de sa naissance. Elle raconte aussi qu’en raison de la volonté du roi Hérode de tuer Jésus enfant, sa famille dût fuir et vivre dans un pays étranger, l'Egypte. Jésus a souffert très jeune les conséquences de la pauvreté et de la réalité des pauvres.

 

  1. À 12 ans, il a pris sa première initiative en tant que jeune homme

Au cours d’un pèlerinage, Jésus resta plusieurs jours à Jérusalem, la capitale, sans l'autorisation de ses parents. Il avait, nous dit-on, à peine 12 ans. Le Temple était le centre de toute la vie nationale : aussi bien de l’organisation du pays que de la foi de son Peuple. Toutes les décisions étaient prises en son sein : les prêtres assumaient les fonctions de gouvernants, de faiseur de lois ; ils géraient la police, les finances... Jésus avait beaucoup à apprendre à Jérusalem: une simple visite de passage s’était pas suffisante.

 

  1. Ensuite, vinrent 18 années de silence bien remplies

        Jésus s'incarna dans la vie de son peuple et de son pays, afin de tout apprendre et de tout savoir.

̵            Il découvrit la nature, les couchers de soleil, les montagnes, les rivières, la mer, les oiseaux, les fleurs...

̵            Il découvrit les différentes professions exercées par son peuple : celle de paysan, d’artisan, de pêcheur, mais aussi les travaux des femmes...

̵            Il connut la domination des Romains, du simple soldat aux capitaines, leurs impôts, leurs sévices inhumains...

̵            Il découvrit les mouvements religieux de son temps, chacun avec sa propre vision du Royaume:

. Pour les prêtres, le Royaume se confondait avec le pouvoir sous toutes ses formes,

. Pour les Pharisiens et les Sadducéens, le Royaume consistait à appliquer la loi: eux étaient chargés de l'expliquer,

. Pour les Zélotes, le Royaume appartenait aux Juifs, et c’est pour cela qu’il fallait chasser les Romains du pays, en ayant même recours à la violence,

. Pour les Esséniens, le Royaume consistait à prendre retraite dans le désert et à se limiter à la spiritualité monacale,

. Pour Jean-Baptiste, le Royaume exigeait un changement de vie afin d’échapper à la condamnation divine. C’est à ce dernier que Jésus s’est le plus identifié.

̵            Il a également découvert le projet de Dieu, en allant, samedi après samedi, à la synagogue, et chaque année -à partir de 12 ans- à Jérusalem... Jésus intégra et fit sien l'Ancien Testament, découvrit le projet de Moïse, le message des Prophètes, la force des Sages, l'espoir des pauvres...

 

Homme, Jésus le resta toute sa vie : il ressentit la soif, comme dans le puits de Jacob, où il demanda à une Samaritaine un peu d'eau; fatigué, il s'endormit dans la barque alors qu'une tempête faisait rage sur le lac de Galilée; il savoura l'amitié de ses 12 amis les plus proches et celle d'autres amis tels que Lazare, Marthe et Marie, Marie-Madeleine et les femmes qui l’accompagnèrent jusqu’au pied de la croix; il découvrit peu à peu sa mission et les moyens de l'accomplir; il tressaillit de joie en voyant comment les pauvres accueillaient son message; il pleura la mort de Lazare ainsi que pour Jérusalem qui n’avait pas «su entendre le message de paix» qu'il apportait; il sua même du sang au jardin de Gethsémani, avant d'affronter les mauvais traitements, les humiliations, les tortures et la mort sur la croix ; jusqu’au bout il resta fidèle à sa mission d’être solidaire des pauvres : la croix était le prix à payer pour cette solidarité; il se sentît abandonné par son Père quand il était crucifié, mais il termina par lui faire confiance : «J'ai rempli ma mission. Je laisse mon esprit dans tes mains».

 

                Jésus, humain jusqu’au bout, est aujourd'hui notre compagnon de voyage.

 

 

B. JÉSUS LE CHRIST: LE PROPHÈTE DU ROYAUME

 

                Ce Jésus, homme comme nous, est devenu le Christ, le Messie, l'Oint de Dieu, la Parole de Dieu, le Maître, le Bon Pasteur, le Fils de l'Homme... Jésus fut Emmanuel, c’est-à-dire «Dieu avec nous», et Emmanuel fut Jésus, c’est-à-dire, le «Sauveur». Son ministère itinérant dura seulement 3 ans parce que les grands de son temps ne lui laissèrent pas plus de temps pour parler, faire des miracles et s’opposer à tout ce qui détruisait la vie, c’est-à-dire tout ce qui n'était pas en faveur du Royaume.

 

  1. Trois ans de discussions à la fois simples et profondes

        Jésus a voulu révéler le vrai visage de son Père, manifester son projet de vie, son rêve : que son Royaume devienne réalité. Il voulut aussi montrer comment les êtres humains doivent vivre afin d’être heureux dès aujourd’hui et pour toujours. Jésus aimait rencontrer tous ceux qui ont croisé sa route, en particulier les pauvres, abandonnés des autorités religieuses, les femmes discriminées, les enfants marginalisés, tous les condamnés de son pays... Il a encouragé tous ceux qui cherchaient la lumière et il les invitait à faire un pas de plus en avant. Il parla de la vie, de ses problèmes, de la nature, des événements... afin que chacun puisse le comprendre et le suivre.

 

2.    Trois ans de miracles afin de montrer que le Royaume est déjà présent

        Pour Jésus, le rêve de Dieu n'était pas une tromperie ou une promesse faite pour demain : ce rêve était déjà présent à travers lui. Ses miracles prouvaient qu'un nouveau mode de vie était possible et que le mal n’avait pas le dernier mot. Pour lui, Dieu a voulu un monde sans faim, sans maladies, sans larmes, sans mort. Avec lui, Dieu a cherché à établir l'harmonie de l'homme avec lui-même, avec les autres, avec la nature, afin que la communion avec son Père soit une réalité. En lui et pour tous, Dieu a voulu faire triompher la vie, l'amour, le bonheur. Les miracles de Jésus ont anticipé cette réalité.

 

3.    Trois années de conflit qui ont abouti à sa mort injuste

        Le péché et le mal ne renoncèrent pas pour autant à faire leur chemin. Jésus dût passer par de nombreux conflits au cours de sa mission: le mal se mettait sur sa route sans arrêt, car il fait partie de la vie toute entière.

-          Conflits avec sa propre famille : cette dernière le croyait fou et ils envoyèrent sa mère Marie afin que Jésus revienne à la maison et reste tranquille. «Qui est ma mère, qui sont mes frères? Quiconque accomplit la volonté de mon Père est ma mère et mes frères ».

-          Conflits avec les gens de sa région, Nazareth : ils ne croyaient pas en lui et voulurent même le jeter dans un ravin. «Mais lui, passant au milieu d’eux, continua son chemin ».

-          Conflits avec ses apôtres : ils se disputaient la première place, ils doutaient de lui et ne comprenaient ni la notion de Royaume, ni sa mort, ni sa résurrection ; Pierre lui bloqua la route de Jérusalem et il le renia 3 fois ; Judas le trahît ; tous s'endormirent quand on vînt l'arrêter, puis tous s’enfuirent de peur.

-          Conflit avec les autorités religieuses et militaires de son temps: Jésus venait présenter un Dieu libérateur du peuple et promoteur de relations d'égalité et de justice. Les prêtres avaient pris le contrôle de la religion et du peuple pour en tirer pouvoirs et privilèges : Jésus remettait en question leur autorité et leurs privilèges. La solution des chefs religieux et civil (Hérode) fût de le supprimer, en manipulant le peuple et en faisant pression sur Pilate, le gouverneur romain, envahisseur et exploiteur sans pitié. Pilate était bien content de se débarrasser, grâce aux chefs juifs, d’un gêneur ami des pauvres.

 

Pour Jésus, ces 3 années de relations, de miracles et de conflits prirent fin avec sa mort, en un échec apparent.

 

 

C. JÉSUS CHRIST EST LE SEIGNEUR RESSUSCITÉ

 

                Dieu ne laissa pas le mal triompher de l'amour, ni le mensonge de la vérité, l'injustice du service, la haine du pardon, la mort de la vie. Alors il ressuscita Jésus. A partir de là, tout changea: le désespoir, la peur, la tristesse disparurent et la mort affrontait son premier échec. Les portes de l'espoir, la fenêtre de la confiance et le chemin du bonheur s’ouvraient. Tout pouvait recommencer à nouveau : la vie et l’amour désormais l’emporteraient.

 

  1. Jésus ressuscité passa 40 jours supplémentaires avec ses apôtres

Il fallait finaliser le travail afin que le projet du Royaume aille de l’avant. Jésus allait rétablir la confiance de ses apôtres en pleine confusion: le temps d’un nouvel exode pour ses disciples.

-          Jésus dût marcher 30 kilomètres avec deux disciples d'Emmaüs afin qu’ils comprennent que «le Messie devait souffrir et mourir pour entrer dans sa gloire», comme le Serviteur souffrant du prophète Isaïe.

-          Jésus dût continuer à manifester son amitié et sa tendresse à ses amis : à Madeleine qui, la première, le vit ressuscité, afin que les apôtres découvrent la valeur des petites gens, la force de la ténacité grâce à une nuit de pêche en vain qui termina bien, afin que le déjeuner sur la plage scelle un engagement sans faille.

-          Jésus dût demander 3 fois à Pierre s’il l’aimait vraiment afin qu’il puisse conforter des frères dans la foi et être la Pierre angulaire de l’Eglise…

 

  1. Jésus ressuscité envoya l'Esprit

        Avant de quitter ses disciples il leur dit : «N'ayez pas peur. Je serai avec vous jusqu'à la fin des temps. Je ne vous laisserai pas orphelins, mais je vous enverrai l’Esprit ». L'Esprit allait incarner la nouvelle présence de Jésus auprès de ses disciples. Chacun d'eux le recevra afin d'accéder à la lumière, la force et la sagesse nécessaires afin de continuer la tâche de la construction du Royaume. Cet Esprit ne sera pas l’apanage d’aucun groupe en particulier. Au contraire, il sera le moteur du bien qui est fait dans le monde entier. L'Esprit précéda Pierre quand il allait prêcher l'Évangile aux Gentils et il précéda Paul quand il évangélisait les étrangers afin que leurs cœurs s’ouvrent à l'Évangile.

 

                Aujourd'hui, le ressuscité continue à marcher à nos côtés grâce à son Esprit afin que nous collaborions à l'œuvre du Royaume.

 

 

CONCLUSION: NOUS SOMMES LES TÉMOINS DU RESSUSCITÉ.

 

                En tant que nouveaux disciples de Jésus, nous devons communiquer la présence du ressuscité et aider les autres à la percevoir afin de poursuivre ensemble son œuvre : la continuation du Royaume. Désormais, nous sommes sa Parole, nous actualisons ses miracles, nous complétons à travers nos souffrances “ce qui manque à sa passion”, nous faisons que sa résurrection soit réelle et vivante, par la force de son Esprit. Notre tâche est donc triple : le reconnaître en tant que ressuscité, manifester sa présence vivante, et le célébrer dans la joie.

 

  1. D'abord reconnaître Jésus, comme Paul le fît sur le chemin de Damas

        Paul n'a jamais connu l'homme Jésus comme les autres apôtres, mais il l’a reconnu ressuscité. A nous, de la même façon, Jésus se révèle non seulement dans la prière, la Parole de Dieu et les sacrements, mais surtout dans les événements et les personnes qui nous entourent, en particulier les pauvres et les organisations humaines qui vivent les valeurs du Royaume. Aidons-nous à percevoir cette présence constante du Christ ressuscité avec nous et nourrissons notre prière de cette présence vivifiante.

 

2.    Ensuite, communiquer cette reconnaissance du Ressuscité

        Nous ne pouvons pas nous limiter uniquement à reconnaître Jésus ressuscité. Nous devons le confesser, le communiquer, d'abord entre nous, ensuite à ceux qui nous entourent. Cela nous permet de renforcer notre espérance et nos efforts pour vivre suivant l'Evangile de Jésus, et cela aidera nos frères et sœurs à revivre dans leur foi et leur engagement.

 

  1. Enfin, célébrer Jésus, humainement et chrétiennement

C'est cette troisième étape qui donne à notre vie chrétienne sa pleine dimension : celle de la fête et des célébrations à partir de notre foi. Spontanément, notre peuple humble sait comment célébrer les réalisations des petites réussites et des petits succès de leur vie, de leurs efforts et de leurs luttes. Et lors de ces célébrations, il est fréquent que la prière et la Parole de Dieu soient présentes. C’est une façon de faire qui doit être mise en valeur et  qui doit devenir une habitude. Ces célébrations donnent une dimension transcendantale à ce que nous faisons, à ce que nous cherchons et à ce que nous sommes: comme si nous touchions du doigt le ciel et le Ressuscité. Il nous sera plus facile ensuite de prier, de discerner la vocation et la mission qui est la nôtre, de nous intégrer en tant que communauté vivante et de continuer à travailler pour le Royaume.

 

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