miércoles, 22 de agosto de 2018

Nous détruisons notre planete...


ENSEMBLE, ARRETONS L’EXTINCTION DE LA VIE SUR NOTRE PLANÈTE
Si nous ne faisons rien, nous sommes assurés de la catastrophe !

Pedro Pierre, Paris, juillet 2018.

INTRODUCTION
Le plus grand drame actuel est l’extinction de la vie sur notre planète. Depuis 10 ans, les humains, nous jouons un rôle de premier plan pour cette 6ème extinction. Car nous consommons et détruisons plus que terre peut reconstituer. Nous sommes tous responsables de cette catastrophe, par action ou par omission, car notre mode de vie actuel augmente l’effondrement progressif de la vie. Nous devons non seulement arrêter au plus vite ce processus mortel, mais surtout l’inverser.

A. NOUS SOMMES DÉJÀ DANS LA 6e EXTINCTION DE LA VIE PLANÉTAIRE
Les spécialistes nous disent qu'il y a eu 5 extinctions de la vie sur terre pour des raisons naturelles. Aujourd'hui, c'est l'être humain qui provoque sa propre destruction.

1.       Réchauffement climatique et surexploitation de la nature
-          La pollution de l’air, de l’eau et de la nature par l’environnement provoque un réchauffement global de l’atmosphère et des océans.
-          Cette contamination provient principalement de l'émission de deux gaz: le dioxyde de carbone produit par la combustion des carburants tels que le pétrole et le charbon et l'azote généré par les engrais ; celui-ci est 300 fois plus nocif que le premier ! Ces gaz réchauffent l'atmosphère et y réduisent la couche d'ozone qui protège les êtres vivants des rayons solaires nocifs.
-          La déforestation supprime la production d'oxygène qui diminue le réchauffement de l'atmosphère. L'élevage du bétail est l’activité qui contribue le plus à la déforestation.
-          Les pays les plus industrialisés sont les plus grands pollueurs à commencer par la Chine, des États-Unis et de l'Union européenne en plus des pillages, la famine et la mort des pauvres, en particulier sur le continent africain.
-          Les Etats excluent de leurs programmes la défense et la promotion du bien commun universel. Ils favorisent les grandes entreprises destructrices de la nature, des peuples, des cultures… Elles entretiennent des guerres permanentes pour la préservation de leur hégémonie et privilèges, dont les conséquences sont fatales.
-          Les grands médias de la désinformation cachent les conséquences dramatiques du réchauffement climatique, car ils sont aux mains des multinationales de la finance, de l’industrie, de l’agriculture et des armes.

2.       Les conséquences du réchauffement climatique et de la surexploitation de la nature
-          De nombreuses espèces végétales et animales ne survivent pas à l'augmentation de la chaleur de l'eau et des océans. Une chaîne de mort irrémédiable s'ouvre. Durant les 50 dernières années, 80% des oiseaux ont disparus en Europe !
-          L’agriculture industrielle à grande échelle, d’une part, multiplie les ravages : désertification, empoisonnement des terres par les chimistes, et, d’autre part, rend de plus en plus impossible une agriculture respectueuse de la nature. En raison des changements de saisons et de la destruction des cycles de vie, une agriculture amicale a plus de difficultés à survivre.
-          Les glaciers polaires diminuent, ce qui augmente le niveau de la mer et les inondations qui en résultent. Un seul vol en avion aller-retour de Paris à New York fait fondre 4 mètres cube de la banquise du pôle nord ! La diminution des glaciers de montagne signifie que les réserves en eau pour l’irrigation et les besoins urbains sont éliminées.
-          Les cycles climatiques deviennent plus violents avec les fortes inondations, les ouragans, la chaleur, les sécheresses, le froid...
-          Les inégalités et la pauvreté augmentent parce qu'il n'y a pas de limites au capitalisme alimenté par la surexploitation, la surconsommation et le gaspillage. Le capitalisme accentue le patriarcat et rend invisibles les atrocités commises contre les femmes et la nature aux autres groupes humains.
-          Cet ensemble de conséquences met la vie en danger absolu. La multiplication des cancers, une vraie pandémie, en est le signe flagrant. La consommation et la destruction actuelles ont dépassé les possibilités de reconstitution de notre planète. La consommation dépasse déjà de 40% la capacité de remplacer les biens et services que peut nous donner la nature.

B. REFLEXION CHRÉTIENNE ET PROFONDEUR

1.       L'exhortation papale sur "La sauvegarde de la maison commune" (2013): Le pape François a lancé l’alerte rouge de l’autodestruction planétaire!
Voici quelques 8 propositions du pape tirées de son exhortation.
-          Une écologie intégrale. L’environnement englobe tout parce que la Terre est une unité unique de la vie: il y a interdépendance entre les êtres humains, les animaux, les végétaux et le cosmos.
-          L'évangile ou la bonne nouvelle de la création se révèle dans le message de Jésus et des grandes religions : ‘La Vie surgit partout’.
-          Le cri de la terre et le cri des pauvres sont ‘un cri à deux voix’: les deux sont intrinsèquement liés, car l’homme ne peut survivre sans la nature. La destruction de la nature entraine le suicide de l’humanité, lentement et certainement dans quelques décennies.
-          Les causes de ce mal mortel sont à la fois le péché individuel et collectif et la perversité des structures capitalistes.
-          Cette exhortation papale est la plus forte dénonciation du système capitaliste parce qu'il «transforme notre planète en lune morte» (monseigneur Leonidas Proaño, Équateur).
-          Le protagonisme des pauvres construit la civilisation du bien-vivre et de la coexistence. Faire un choix pour les pauvres, c'est assumer leur sagesse, les causes, leurs spiritualités et leurs luttes.
-          La situation est à la fois tragique et pleine d'espoir : nous pouvons limiter la destruction planétaire si nous inversons le processus de réchauffement climatique et la surexploitation des terres: il s’agit de diminuer la plaie de la consommation, des déchets, du pillage, de la pollution...
-          L'inspiration et l’exemple de saint François d'Assise nous donnent en même temps le chemin et le courage de lutter ensemble afin de vivre en paix entre humains et en communion avec, la Terre Mère, notre Maison Commune.

2.       D'autres documents confirment et nous encourager dans la même tâche
Exemples, la Bible, l’Ubuntu, en Afrique du Sud (« L'humanité au service des autres: Je suis qui je suis parce que nous sommes ensemble », Desmond Tutu), les Zapatistes au Mexique, la COP 21 (Conférence internationale 2015, pour éviter que le réchauffement dépasse 2 degrés), les constitutions de certains Etats (les droits de la nature, l'Equateur, la Bolivie, l’Inde…), la Charte de la Terre (UNESCO, 2000), les propositions d’ONG (Greenpeace, Villes écologiques…)…

C. ENGAGEMENTS COLLECTIFS INDIVIDUELS ET ALTERNATIFS

1.       Deux chemins de solution opposés
-          Celui de ceux qui disent: Il n'est pas nécessaire de faire quelque chose car, à long terme, la technologie trouvera une solution… égoïste prévue seulement pour un tiers de la population mondiale ! Les 2 autres tiers sont condamnés à disparaître, comme cela a commencé. Cette position est majoritaire aux Etats-Unis.
-          Ceux qui se consacrent à protéger et à promouvoir la vie sous tous ses aspects. Le temps est court car nous sommes proches du point de non-retour à la 6e extinction. Cela ne peut plus attendre.

2.       Commentaires
-          Absolument tous les êtres vivants avons le droit de vivre aujourd'hui et dans la dignité.
-          C'est maintenant que nous nous préparons demain. Si nous voulons une terre encore minimement habitable et conviviale pour tous, cela sera le résultat de notre engagement actuel.
-          Il faut remarquer que les peuples autochtones de tous les continents prennent soin de la nature comme ils l'ont toujours fait; pour cette même raison, ils prennent soin de l'humanité.
-          Autour de nous, de nombreuses initiatives existent si nous prenons le temps d’ouvrir les yeux.

3.       Les exigences de changement: Une sobriété heureuse!
-          Changements mentaux: Prendre conscience de la gravité de la situation et décider de vivre plus sobrement.
-          Changements dans la façon de vivre comme personne et en famille: Prendre une nouvelle façon de manger, de recycler et de guérir ensemble, de vivre ensemble (il y a en France plus de 600 expériences d’habitat collectif !).
-          Changements dans l'organisation sociale: Nous sommes trop individualistes, consuméristes et prédateurs. Aidons-nous les uns les autres à entreprendre des pratiques communautaires et équitables.
-          Changements dans l'activité industrielle et agricole: L'industrie et l'agriculture ont besoin de changements radicaux pour être amicales avec l’environnement.
-          Changements par rapport à la nature: Nous devons respecter ses droits.
-          Changements religieux essentiels: Oublions les interprétations littérales de la Bible. Croyons en un Dieu sur terre. Sachons que le Royaume est le seul absolu. Vivons la dimension politique de la foi.

4.       Alternatives en marche: "Soyons le changement dont nous rêvons!"
-          Les actions personnelles qui vont vers plus de simplicité et d'austérité de la vie.
-          Des actions collectives qui construisent la joie, la fraternité et l'espoir.
-          Actions nationales qui nous ouvrent des chemins vers la vie respectée et protégée.
-          Des actions internationales articulées pour surmonter la mondialisation capitaliste.

Mais ces propositions ne peuvent pas faire face seules à la crise. Ils doivent se compléter, se renforcer, s'articuler et se multiplier. Par exemple, «Alternatives systémiques» en Asie, ATTAC (Un autre monde possible) et le CCFD en France, la Fondation Solon de Bolivie, Fastenopfer, DKA…

CONCLUSION
Il existe de nombreuses alternatives partout dans le monde pour une nouvelle mondialisation qui crée une intégration mondiale centrée sur les peuples et la nature. Un autre processus de vie plus humaine, fraternelle et amicale avec la nature est en cours. Si nous ne nous joignons pas à ce processus et si nous ne nous articulons pas, nous construisons notre propre enfer sur la terre. En tant que chrétiens, nous savons que Dieu est avec nous dans cette entreprise mondiale pour sauver ensemble notre seule planète...


GUIDE DE RÉFLEXION: Prenez soin de notre maison commune.

1.       Voir.
-          Dans notre environnement, quels sont les plus grands abus contre les pauvres et les plus grands outrages à la nature?
-          Quelles sont les causes et les principaux responsables de cette situation?
2.       Eclairer.
-          Quels documents nous motivent à nous fraterniser et à respecter la nature?
-          Quelles Paroles de Dieu et Paroles d’hommes nous confirment dans une vie plus fraternelle et plus amicale avec la nature?
3.       Agir.
-          Quelles alternatives pour mieux vivre connaissons-nous et pratiquons-nous?
-          Quelles organisations s'engagent à nous unir et à nous encourager à transformer la société et ses structures?
-          Quelles expériences ecclésiales nous conduisent à construire le Royaume dans la réalité d'aujourd'hui?
-          À quels engagements nous sentons-nous appelés?
4.       Célébrer.
Partageons des exemples de célébrations humaines et religieuses qui fêtent des expériences réussies de conversion personnelle, d'organisation fraternelle, de réalisations sociales et culturelles, de présence du Royaume, de la réalité d’un monde nouveau parmi nous.

POUR CONCLURE
Dans les années 1940, Georges Bernanos, célèbre écrivain français, écrivait: «J'affirme que le monde sera sauvé pour les pauvres, à savoir par ceux que la société moderne élimine... Tôt ou tard, leur ingénieuse ténacité aura raison de leur férocité. Je répète que les pauvres sauveront le monde ».
                Belle vie ensemble et réconciliée avec le cosmos !

lunes, 7 de mayo de 2018

Lettre d'un ami sur la situation de l'Equateur, mars 2018


LA FIN DE LA REVOLUTION CITOYENNE.



Elu président de l’Equateur en 2006 après 10 ans d’instabilité pendant lesquels 7 présidents se sont succédés, Raphaël Correa s’est présenté comme un réformateur progressiste avec un programme de "Révolution citoyenne" pour permettre un "changement radical" du système politique, économique et social.

L’attente était grande dans ce petit pays de 16 millions d’habitants dont la moitié vivait sous le seuil de pauvreté privée de soins et d’instruction. Les ressources du pays dont le pétrole, allaient en grande partie au remboursement de la dette au détriment des investissements et services publics. La population indienne était marginalisée non reconnue dans ses droits et ses territoires.

Pendant les 10 ans de sa présidence il a mené de nombreuses réformes. :

  1. Sur le plan institutionnel : une nouvelle constitution a été adoptée par 64% des votants. Elle apparaît comme une des plus démocratiques et progressistes du continent américain. « La Carta magna » inscrit dans le droit constitutionnel :

·         le droit de tous aux soins médicaux, à la nourriture, à la sécurité sociale et à l'éducation ; de fait les soins médicaux et l’éducation sont gratuits

·         la gratuité des soins pour les personnes âgées ;

·         le renforcement du contrôle de l'État sur les ressources essentielles, tels le pétrole et les minerais ;

·         la possibilité d'exproprier et de redistribuer les terres arables inusitées ;

·         la légalisation des mariages homosexuels ;

·         la possibilité pour le président de se présenter pour un second mandat.

En outre, la Constitution  comportait une section sur la reconnaissance d'une autonomie juridique pour les peuples autochtones.

Parmi les « dépenses sociales », il y a eu la sécurité sociale universelle, des aides financières aux handicapés, aux retraités, aux mamans seules, aux familles sans maison… et la construction de très nombreux centre éducatifs et sanitaires-

  1. Sur le plan financier : le service de la dette publique a été réduite de 32% à 15% ce qui a permis de faire passer les dépenses sociales de 12% à 25% du budget et ainsi d’améliorer les conditions de vie de la population ;
  2. Sur la protection de l’environnement des territoires d’indiens : une initiative de protection a été lancée avec le gel de l’exploitation pétrolière dans le parc naturel Yasuni, qui devait être compensé par la contribution financière des pays industrialisés acheteurs de pétrole.

Au cours de ces 10 dernières années le pays a connu un développement économique et social important : infrastructures, éducation avec notamment la création de quatre pôles publics d’enseignement supérieure et technologiques, santé (l’Equateur obtenant une des meilleures notes de gestion efficace des ressources de santé), réduction de 50% de la pauvreté.

Dans l’amélioration des « conditions de vie », on peut ajouter l’absence de coupures d’électricité (il y a même exportation), la rénovation complète du système routier, l’aménagement touristique…

Financée par le prix élevé du pétrole et des ressources minières, cette politique anti néolibérale a été appréciée par la majorité de la population qui a vu ses conditions de vie, écoles, hôpitaux s’améliorer et a élu Raphael Correa en 2013 comme président pour la 3ème fois avec 57% des suffrages.

La chute du prix du pétrole passé de 120 $ le baril en 2008 à moins de 50 $ en 2015 a remis en cause cette politique. Elle a amené l’Equateur à souscrire un emprunt important auprès de la Chine. En 2013, le prêt accordé par les chinois avait permis de couvrir 61% des besoins financiers du gouvernement équatorien. La Chine participe ainsi à la plus grande expansion de dépenses publiques qu’a connue le pays dans son histoire moderne. En échange, elle demande le remboursement en pétrole de cet emprunt qui représente 13 % du PIB de l’Équateur. La dette qui avait fortement diminuée a triplé. En conséquence, la croissance équatorienne s'est effondrée, passant de 4,5 % en 2013 à -2,2 % en 2016. Le taux de chômage a bondi de 1,3 point entre 2015 et 2016 pour s'établir à 6,1 % de la population active qui ne prend pas en compte les 45% de gens non-salariés. Le pays est ainsi en pleine crise économique.

C’est dans cette conjoncture que s’est déroulé en 2017 l’élection présidentielle. Correa décidant de présenter comme candidat de son parti Allianza Pais son vice-président Lenin Moreno pour poursuivre la révolution citoyenne, lui-même se retirant en  Belgique (le pays de sa femme) là où il a été nommé professeur d'économie.

Elu le 24 mai 2017, Lenin Moreno prend ses distances avec la politique de son prédécesseur. Il nomme dans son gouvernement certains hommes politiques conservateurs et annonce une réorientation partielle de la politique économique52. Qualifiant Moreno de « traitre », Rafael Correa  entre en conflit avec lui ce qui provoque l’éclatement du mouvement Allianza Pais.

Pour conforter sa légitimité, Lenin Moreno six mois après sa victoire à l'élection présidentielle, convoque un référendum1. qui porte  sur plusieurs des réformes de Rafael Correa, dont celle supprimant la limitation du nombre de mandat interdisant ainsi son retour  pour l’élection présidentielle de 2022. Ce référendum a été approuvé le 4 février 2018 par 67,50 % des 13,6 millions d’électeurs.  Les députés et les militants fidèles à Corréa ont été le seul groupe à faire propagande pour le ‘NON’, sans aides gouvernementales ni médiatiques. ‘Seul contre tous’ les autres partis, ils ont eu presque autant de vote (34,50%) qu’au premier tour de l’élection de Moreno (38%) : ‘Alianza PAIS’ de Corréa, est toujours le premier parti du pays.Jorge Glas le vice-président élu ayant dénoncé dans une lettre publique des irrégularités dans la gestion de Lenin Moreno a été relevé de ses fonctions et poursuivi pour corruption dans l’affaire Obrecht, une gigantesque affaire de pots de vin qui concerne Lula au Brésil et Kirchner en Argentine. Condamné à 6 ans de prison, Jorge Glas proteste de son innocence et dénonce un procès politique monté de toutes pièces sans preuves véritables.

Rafael Correa analysant les causes de ces défaites met en avant la récession économique qui a provoqué l’arrêt voire la réduction du pouvoir d’achat d’une nouvelle classe moyenne sortie de la pauvreté qui aspire à la société de consommation. Ce sentiment a été exploité et développé par des mass médias aux mains des grandes entreprises hostiles depuis toujours à sa politique. Une autre erreur de Corréa a été son incapacité de travailler avec ses opposants ‘de gauche’, autant les petits partis de l’Alliance comme les syndicats et les Organisations populaires (inclus les Indiens)



Aujourd’hui Rafael Correa envisage de promouvoir une Assemblée nationale constituante, puis de rentrer en Équateur afin d'être candidat5. Il a annoncé la création d’un nouveau parti politique, le Parti de la révolution citoyenne. Cette démarche risque d’être très longue  semée d’embuches juridiques.

Après 10 ans de stabilité et de progrès l’Equateur est rentré dans une période d’instabilité.



François Dubin 2 Mars 2018.


domingo, 25 de febrero de 2018

Breve présentation de Jesús de Nazareth


JESUS :  L’AMI  DES  PAUVRES  ET  DE  DIEU
Un  modèle  pour  être  heureux  en  plénitude.

Guayaquil. PR. Janvier 2018.

Contenu
1.       Jésus fut l’ami des pauvres
2.       Jésus fut l’ami de Dieu
3.       Jésus nous apporte la joie de vivre

Note. Brouillon de travail, dans un premier temps, pour présenter Jésus a des jeunes loin de l’Eglise et de la foi…

Jésus fut une personne normale d’une famille normale. Il fut l’ami des pauvres jusqu’à mourir pour eux. Il passa sa vie à construire le Royaume de Dieu car il avait découvert que Dieu nous aime comme un Père et une Mère. Son message et son témoignage durent jusqu’à aujourd’hui. Ils ont fait le bonheur de beaucoup de gens.


A. JÉSUS FUT L’AMI DES PAUVRES

1.       Jésus enfant et adolescent

a)       Jésus fut une personne normale dans une famille normale
-          Son père s’appelait Joseph et était charpentier-maçon.
-          Sa mère s’appelait Marie et s’occupait de la maison.
-          Les textes évangéliques nous parlent de ses frères et sœurs.

b)       Jésus grandit dans un village appelé Nazareth
-          Nazareth était un petit village perdu et inconnu dans la région nordique de Palestine appelée Galilée.
-          La pauvreté était le signe commun de tous ses habitants.
-          La synagogue était le centre du culte, de réunion, d’éducation scolaire et de l’organisation du village et des environs. Les samedis étaient les jours de prière et de conversation entre les gens et les familles.

c)        L’organisation sociale de Palestine
-          La Palestine était un pays occupé par les Romains. Ceux-ci vivaient, d’une part, des impôts que devait payer chaque famille et, d’autre part, du recrutement de soldats de chaque ville et villages.
-          L’oppression, très dure, provoquait des révoltes continuelles qui étaient réprimées dans le sang et les cendres. A 7 ans Jésus avait vu un bourg voisin, appelé Séphoris, brulé totalement et ses habitants massacrés dans leur totalité.
-          Les autorités religieuses juives avaient une certaine indépendance dans la mesure où elles collaboraient avec les autorités romaines.
-          La synagogue était le centre religieux, juridique et social. Les prêtres enseignaient l’histoire du pays et les lois religieuses et sociales qu’il fallait accomplir. Les autorités religieuses vivaient également d’impôts que payaient toutes les familles.

2.       Jésus jeune homme
-          Jusqu’à 30 ans Jésus vécut comme charpentier-maçon à Nazareth et dans les environs.
-          Les Evangiles ne nous disent nulle part si Jésus forma une famille. Ils le présentent toujours seul.
-          Vers les 30 ans, Jésus décide de devenir prophète itinérant après une rencontre avec son cousin Jean Baptiste.
-          Jean Baptiste prêchait au bord du fleuve Jourdain et invitait à un changement de vie au niveau personnel, religieux et social. Un baptême était le signe des gens qui s’engageaient à une vie nouvelle.

3.       Le projet de Jésus prend son point de départ dans la fraternité
-          Apres l’assassinat de Jean Baptiste par Hérode, le roi de la Galilée, Jésus décide continuer son témoignage : doivent changer les gens, la religion et la société.
-          Pour Jésus, le bonheur de l’humanité réside dans la fraternité à tous les niveaux : Jésus appelle ce projet le Royaume de Dieu, car il croit qu’il a sa source en Dieu.
-          Ce projet sera le résultat de personnes conscientes, organisées et décidées. De petites communautés fraternelles seront le moteur d’un tel projet.
-          Ce projet commencera à partir des gens simples : les pauvres, les marginaux, les oubliés, les exploités…

4.       Jésus et sa communauté d’amis
-          Jésus commence par former une communauté d’amis avec ceux qui décident de le suivre : ils seront une douzaine d’inconditionnels, qu’on appelle les ‘apôtres’, qui font bourse commune.
-          Cette petite communauté va mettre en pratique ce que Jésus veut à grande échelle : la fraternité, la justice et une nouvelle vision de Dieu.
-          Avec eux Jésus parcourt toute la région de Galilée et les alentours pour faire connaitre son projet et en faire partie. C’est le sens des paraboles, ces exemples imagées, et des ‘miracles’, nom donnés aux signes particuliers que réalise Jésus : majoritairement les guérisons.
-          Jésus pratique tout particulièrement le partage, spécialement le partage des repas.
-          La prière pour le Royaume est le ‘Notre Père’.

5.       Les 4 niveaux de réalisation du Royaume

a)       La conversion personnelle : Jésus invite à faire du Royaume le centre de toute la vie individuelle, collective, sociale et religieuse.
b)       Les relations fraternelles : La fraternité est la base de toutes les relations humaines. Cela suppose l’égalité entre les personnes, le partage, la justice, le pardon… Le service est le mot clé de ces relations.
c)        Des structures sociales justes : La fraternité doit se construire au niveau de l’organisation sociale, c’est-à-dire, du travail, du pouvoir, de la justice…
d)       Une vision nouvelle de Dieu et un culte différent :
-          Jésus appelle Dieu son ‘père’ que a un cœur maternel.
-          La relation avec lui sera de confiance.
-          Le culte sera fait d’intimité, de remerciements, de pardon, de demande, en particulier d’une ‘cène fraternelle’ en son honneur.

6.       Les conflits de Jésus terminent avec sa crucifixion

a)       Conflits avec sa famille que croit qu’il a perdu la tête.
b)       Ses voisins de Nazareth veulent le jeter dans un précipice.
c)        Les autorités religieuses le dénoncent comme possédé du démon.
d)       Ses apôtres ne comprennent rien au Royaume et en restent à des relations de pouvoir et de privilèges.
e)       Les foules se laissent manipuler para les autorités religieuses et militaires (romaines).
f)        L’autorité romaine le condamne à être crucifié comme un rebelle subversif.

7.       Le résumé du message de Jésus se trouve dans les ‘Béatitudes’
-          Selon Matthieu (8) :
« 1. Heureux ceux qui ont l’esprit des pauvres, le Royaume des Cieux est à eux.
2. Heureux les doux, ils auront la terre en héritage.
3. Heureux ceux qui pleurent, ils seront réconfortés.
4. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés.
5. Heureux les miséricordieux, ils auront droit à la miséricorde.
6. Heureux ceux qui ont le cœur pur, ils verront Dieu.
7. Heureux ceux qui sèment la paix, ils seront appelés enfants de Dieu.
8. Heureux ceux qui sont persécutés quand ils agissent en toute droiture, le Royaume des Cieux est à eux. »
-          Selon Luc (4) :
« 1. Heureux, vous les pauvres, parce que le Royaume de Dieu est à vous !
2. Heureux, vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés !
3. Heureux, vous qui pleurez maintenant, parce que vous rirez !
4. Heureux êtes-vous lorsque les hommes vous haïssent, lorsqu’ils vous chassent, et vous insultent, et vous mettent au rang des malfaiteurs à cause du Fils de l’Homme !
Mais :
1. Malheureux, vous, les riches, car vous avez reçu votre consolation !
2. Malheureux, vous, les nantis d’aujourd’hui, parce que vous aurez faim !
3. Malheureux, vous qui riez aujourd’hui, parce que vous serez dans les pleurs et les larmes !
4. Malheureux êtes-vous si tout le monde parle bien de vous : c’est de cette manière que leurs pères ont traité les faux prophètes ! »

Réflexions.
-          Jésus parle ‘des pauvres’, au pluriel, comme collectif : le peuple des pauvres. Les ‘béatitudes’ s’adressent à une communauté de pauvres.
-          Les pauvres dont parle Jésus, selon Luc, ne sont pas les ‘miséreux’, mais ceux qui ont faim et soif, ceux qui sont sans abri, sans vêtements, ceux qui sont malades et emprisonnés, ceux qui ne peuvent satisfaire leurs besoins élémentaires de santé, d’éducation, de travail…
-          Ces ‘pauvres’ selon Jésus, ce sont ceux qui choisissent de vire ensemble dans la sobriété comme un peuple conscient et organisé.
-          Avoir « l’esprit des pauvres » signifie le choix effectif de vivre, penser et croire comme eux : dans la dignité, la conscience collective, la construction d’un projet de société fraternelle…
-          « Pleurent » ceux qui souffrent de la misère, l’injustice, l’humiliation, la marginalité, la méchanceté…
-          « Faim et soif de justice » : le Royaume est le résultat de luttes permanentes sur soi, les uns avec les autres, contre une société injuste…
-          La ‘pureté’ de cœur est la transparence des relations : ‘transparentes’ comme de l’eau pure.

8.       Mort et résurrection de Jésus

a)       La mort de Jésus est le résultat d’un assassinat
-          Les autorités religieuses (juives) et militaires (romaines) se rendaient compte que le mouvement de Jésus affectait leur pouvoir et leurs privilèges. Le système de l’esclavage ne pouvaient changer ni le système de domination religieuse.
-          Jésus s’identifiait avec le peuple des pauvres et voulait pour eux un changement socio-politique et économique, ainsi que religieux.
-          Pour cette raison elles décidèrent de le supprimer en le condamnant à mort. Il avait environ 33 ans.
-          Le supplice de la croix, venu des autorités romaines, était réservé aux rebelles subversifs qui voulaient changer le statu quo existant.

b)       La résurrection de Jésus est un acte de foi
-          Le groupe des apôtres et des disciples de Jésus découvrirent qu’après sa mort, le message de Jésus et le mouvement du Royaume ne pouvaient mourir avec lui.
-          Ils se rendirent compte que la présence de Jésus restait très vive au milieu d’eux. Ils sentirent qu’il continuait de les inspirer et de les animer de l’intérieur avec son esprit de foi et de courage.
-          Pour ces raisons ils décidèrent de continuer à former des communautés qui seraient le témoignage de la vie de Jésus, de son message, du Royaume et de sa présence.


B. JÉSUS FUT L’AMI DE DIEU

1.       Jésus ne nous explique pas qui est Dieu mais comment il agit et ce qu’il attend de nous.
-          Jésus nous dit que Dieu agit comme un père ou une mère qui nous aime, nous pardonne, nous accompagne…
-          Il nous explique que sa volonté est de construire le Royaume, c’est-à-dire, une manière heureuse de vivre personnellement, en société et en communion avec lui.
-          Jésus nous dit que le Royaume est en nous, entre nous et en marche vers sa plénitude : c’est secret des pauvres et de ceux qui s’identifient avec eux pour travailler pour une vie différente, une société fraternelle et un culte de remerciement.

2.       Jésus s’est nourri de la religion de ses compatriotes
-          La religion juive est la religion de l’Ancien Testament de la Bible.
-          L’origine de cette religion est la libération d’un peuple d’esclave en Egypte qui fait, dans cet évènement, l’expérience d’un Dieu ami et libérateur avec eux.
-          Une des bases de l’organisation sociale de ce peuple est le refus de l’esclavage : personne ne doit dominer personne, ce qui oblige à une organisation sociale participative, une organisation économique équitable et une organisation politique solidaire des plus pauvres.
-          La religion juive est composée de lois, comme les 10 commandements de Moises, et de rites, en particulier des sacrifices d’animaux, reconnus immuables.
-          Jésus participait de cette religion, en particulier tous les samedis dans son village et avec les fêtes nationales. Il en dénonçait ses déviations et en révélait son vrai sens : la recherche de la fraternité.

3.       Jésus témoigna jusqu’à l’extrême de l’amour de Dieu
-          Dans la prière, Jésus cherche la communion avec Dieu : sentir son amour et comprendre sa volonté.
-          La vie de Jésus est la manifestation de l’amour de Dieu envers tous, avec une priorité pour les plus pauvres. Jésus est un des sommets l’expression humaine de Dieu, c’est-à-dire, la traduction suprême de la force invincible de la vie et transformatrice de l’amour.
-          Pour Jésus le projet du Royaume de Dieu s’enracine dans l’histoire et la religion de son peuple : l’Ancien Testament. Il a une dimension non seulement individuelle, mais aussi collective, religieuse, économique et politique.
-          Jésus comprit assez vite que son mouvement pour le Royaume allait rencontrer l’opposition mortelle des autorités religieuses et militaires. L’appréhension de sa mort violente le fit suer jusqu’au sang. Jusqu’au bout Jésus manifesta sa confiance en Dieu.
-          Les disciples de Jésus parlent de sa résurrection comme un signe de Dieu. Jésus, sa vie, son message et son mouvement pour le Royaume ne sont pas engloutis par la mort, mais survivent victorieux : Dieu a ‘ressuscité’ Jésus pour toujours.


C. JÉSUS NOUS APPORTE LA JOIE DE VIVRE

1.       Le cœur du message de Jésus est le Royaume
-          Jésus n’est pas venu pour nous dire qui est Dieu mais pour nous intégrer à cette nouvelle manière de vivre e de croire qu’il a appelé le Royaume de Dieu.
-          Jésus n’est pas venu pour créer une nouvelle religion ni sans doute pour fonder un Eglise. Il est venu principalement pour réaliser la naissance du Royaume de Dieu. C’est nous, ses disciples, qui avons transformé le mouvement de Jésus en Eglises.
-          La tendance actuelle est de dépasser les religions et les Eglises pour revenir aux origines du christianisme : nous centrer sur la Royaume.
-          Si l’on parle, depuis le pape Jean XXIII (1961) de ‘l’Eglise des pauvres’, c’est pour manifester que le mouvement de Jésus appartient aux pauvres et à ceux qui assumons les options des pauvres dignes, organisés et croyants.
-          L’option prioritaire pour les pauvres répond au message et au témoignage de Jésus pour transformer l’Eglise tout autant que la société dans la ligne du Royaume.
-          Selon l’écrivain français, Georges Bernanos, « j’affirme que le monde sera sauvé par les pauvres » (‘Les enfants humiliés’, Gallimard, 1949).

2.       Le Royaume est un chemin de bonheur individuel, collectif et socio-politique

a)       Bonheur individuel
-          Le Royaume nous centre sur la dignité personnelle : toute personne est unique et sujet de respect et d’amour.
-          Le Royaume est orienté vers la fraternité qui est la clé du bien vivre ensemble.
-          Le Royaume nous promeut à une dimension spirituelle qui nous ouvre à la plénitude.

b)       Harmonie collective
-          Le Royaume est une invitation à vivre en harmonie les uns avec les autres et avec la nature.
-          Le Royaume qui est pour tous, exige d’être les serviteurs les uns des autres pour la croissance heureuse de chacun.
-          Le Royaume n’exclut personne puisqu’il part des plus pauvres.
-          Le Royaume suppose une nouvelle organisation sociale basée sur la personne : l’égalité de chacun (les droits de l’homme), l’équité dans el partage (économie), la participation à tous les niveaux (politique), la liberté d’opinion et d’expression (idéologie), la dimension spirituelle (transcendance).

c)        Paix planétaire
-          Le Royaume est la fraternité sans frontière.
-          La fraternité est source de respect, de justice et de paix
-          Le Royaume est l’utopie de conformer une seule famille humaine et une seule unité avec la nature et le cosmos.

En 1975, le pape Paul VI écrivait : « Seul le Royaume est absolu ; tout le reste est relatif » (Lette encyclique ‘L’annonce de l’Evangile’ 8, 1975). Vivons donc en conséquence à la suite de Jésus de Nazareth.