viernes, 15 de marzo de 2019

Comprendre et défendre le Venezuela


Venezuela :  Eric  Toussaint
SUSPENDRE LE PAIEMENT DE LA DETTE ET CREER UN FONDS D’URGENCE HUMANITAIRE

ALAI - 13/03/2019


Il ne fait aucun doute qu’il faut s’opposer activement à la politique de Donald Trump, à celle du groupe de Lima [1] et aux puissances européennes qui veulent imposer le putschiste Juan Guaidó à la présidence du pays et qui sont prêts à recourir à différentes formes d’ingérence pour y parvenir. Il est clair qu’une fois de plus, Washington et plusieurs de ses alliés invoquent un prétexte humanitaire pour provoquer les conditions d’une intervention militaire dans un pays dont ils convoitent les importantes ressources naturelles. La manœuvre est grossière et il faut la dénoncer. Cette dénonciation est d’autant plus importante que les médias dominants apportent sciemment de l’eau au moulin de la propagande visant à justifier une intervention étrangère. La situation est décrite en noir et blanc, sans aucune nuance : un régime dictatorial ayant mené le pays à la catastrophe refuse l’aide humanitaire dont le peuple a besoin alors qu’un nouveau président veut la liberté pour son peuple et demande aux pays amis de l’aider à mettre à la disposition des masses populaires l’aide humanitaire qui est bloquée à la frontière.
Il ne fait aucun doute qu’il faut s’opposer activement à la politique de Donald Trump, à celle du groupe de Lima et aux puissances européennes qui veulent imposer le putschiste Juan Guaidó à la présidence du pays. Il faut dénoncer cette représentation mensongère de la situation. Le régime de Maduro n’est pas une dictature : les opposants au régime ont la possibilité de s’exprimer et de convoquer des manifestations de protestation et Maduro a été élu président au suffrage direct alors qu’il y avait des candidats d’opposition en lice [2].
Pour autant il ne faut pas tomber dans l’autre extrême qui consiste à dire que ce qui ne va pas au Venezuela résulte uniquement de la guerre économique menée par les États ennemis du processus bolivarien. Bien sûr, il est indéniable que les mesures financières et économiques prises par Trump depuis 2017, s’ajoutant à celles, moins agressives, prises par B. Obama [3], causent de véritables difficultés aux autorités et à l’économie du pays. Mais il y a également une part de responsabilité du gouvernement de Maduro et de la nouvelle bourgeoisie bolivarienne qui est née et a prospéré ces dernières années dans le sillage du gouvernement et du parti de Maduro, le PSUV. La racine des problèmes remonte loin.
Au-delà des discours sur le socialisme du 21e siècle, de véritables mesures anticapitalistes n’ont pas été appliquées au Venezuela, et le gouvernement a permis à la classe capitaliste locale de conserver largement son contrôle sur un secteur majoritaire de la production, de la finance et de la distribution. Il a aussi maintenu un espace important pour le grand capital étranger états-unien, canadien, européen, russe, chinois et brésilien. L’effort de diversification de l’économie n’a pas été suffisamment développé et le pays est dès lors resté totalement dépendant de l’exportation du pétrole brut et d’autres matières premières. La participation de la population aux orientations politiques économiques a été insuffisante et un secteur privilégié et parasitaire s’est développé dans le sillage du pouvoir : le secteur identifié comme la boli-bourgeoisie [4].
Dans un précédent article publié le 28 janvier, 5 jours après la tentative de coup de Guaidó au cours duquel celui-ci s’est autoproclamé président à la place du président Maduro, étaient mentionnées plusieurs critiques :
-          « La poursuite du paiement de la dette externe au lieu de déclarer un moratoire et d’utiliser les ressources financières ainsi épargnées pour faire mieux face à la crise humanitaire qui accable le peuple vénézuélien. Le CADTM dès 2016 avait exhorté le gouvernement vénézuélien à procéder à un audit de la dette avec la participation des citoyens et citoyennes (http://www.cadtm.org/Le-CADTM-AYNA-exhorte-le).
-          D’autres critiques de gauche de la politique du gouvernement Maduro sont également justifiées : l’absence de combat contre la fuite des capitaux organisée avec la complicité des plus hautes autorités de l’administration et du gouvernement,
-          la poursuite du modèle extractiviste exportateur favorisant l’épuisement des ressources naturelles du pays,
-          la répression contre des délégués syndicaux et d’autres activistes,
-          le développement de politiques clientélistes et un fonctionnement de l’assemblée constituante qui ne répond pas aux espoirs que son élection avait suscités. » (http://www.cadtm.org/Emmanuel-Macron-Pedro-Sanchez-Angela-Merkel-Theresa-May-n-ont-aucun-droit-de)
Pour autant il ne faut pas tomber dans l’autre extrême qui consiste à dire que ce qui ne va pas au Venezuela résulte uniquement de la guerre économique menée par les États ennemis du processus bolivarien. Ces critiques sont importantes et pour qu’il y ait une solution favorable au peuple du Venezuela, il faut immanquablement y apporter des réponses.
En même temps, il est absolument clair que tant l’action que les propositions de Guaidó et de ses partisans sont antinomiques par rapport aux solutions qu’il faudrait appliquer au Venezuela dans le respect de sa souveraineté. Guaidó veut donner aux entreprises privées nationales et internationales plus de pouvoir et de marge de manœuvre pour exploiter les ressources naturelles et la force de travail du pays. La victoire de Guaidó signifierait la poursuite de l’enchaînement du Venezuela au système de la dette en faveur des créanciers nationaux (les fractions de la bourgeoisie ancienne qui appuient Guaidó et celles de la boli-bourgeoisie qui ont investi des capitaux dans l’achat des titres de la dette interne et externe afin d’en tirer une rente sur le dos du peuple) et des créanciers étrangers (des sociétés financières états-uniennes comme Goldman Sachs et des fonds d’investissement, des banques européennes mais aussi des sociétés russes, chinoises et autres). Guaidó ne mettrait pas fin à la corruption, à la fuite des capitaux, à la spéculation sur les prix des médicaments et des aliments. Guaidó représente la bourgeoisie traditionnelle vénézuélienne qui n’a jamais voulu investir dans la diversification de l’économie du pays et qui se comporte comme une bourgeoisie rentière dont les intérêts sont totalement contraires à ceux de l’écrasante majorité de la population du Venezuela. Une bourgeoisie qui se contente largement d’exporter des matières premières et d’importer à peu près tout le reste. Une bourgeoisie qui est favorable à l’endettement extérieur et intérieur car elle en tire une rente parce qu’elle achète des titres de la dette.
Mais au-delà de cela, il y a un autre élément fondamental à prendre en compte : Guaidó ne réussira son coup que si des puissances étrangères interviennent directement, réussissent à acheter une partie de l’armée (ce qu’annonce haut et fort Trump) et en combattent une autre partie. Ce qui arrivera si cette intervention en préparation n’est pas arrêtée sera dramatique pour le peuple du Venezuela, pour l’ensemble du continent et sur le plan international. Les gouvernements latino-américains alliés à Washington contre le Venezuela sont ultra-réactionnaires. Il suffit de mentionner les chefs d’État comme J. Bolsonaro du Brésil, M. Macri d’Argentine, I. Duque de Colombie, J. Morales du Guatemala, M. Vizcarra du Pérou, J.C. Varela du Panama, S. Piñera du Chili. Il faut ajouter que les puissances européennes, au premier rang desquelles on trouve la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne, qui avaient peur de rater une occasion de mettre la main sur une partie des richesses naturelles du Venezuela, se sont précipitées derrière les États-Unis pour reconnaître Guaidó. Il faut dénoncer cette politique des anciennes puissances coloniales qui, par ailleurs, n’hésitent pas à soutenir de véritables dictatures comme celles d’Abdel Fattah al-Sissi en Égypte, d’Idriss Déby au Tchad, ou de Mohammed Ben Salman en Arabie saoudite qui martyrise la population du Yémen et fait découper en morceaux dans son ambassade à Istanbul un journaliste d’opposition. Le gouvernement de l’État d’Israël, responsable de crimes de guerre contre le peuple palestinien, soutient également Guaidó. Les médias dominants mentionnent sans cesse que la communauté internationale soutient Guaidó sans préciser que les pays qui ont annoncé qu’ils continuaient à reconnaître le gouvernement de Maduro sont au nombre de 60. Ceux qui soutiennent Guaidó sont 50. A noter que les gouvernements de centre-gauche du Mexique et d’Uruguay refusent d’emboîter le pas des pays du groupe de Lima et proposent leurs bons offices pour tenter une médiation, ce qui est très rarement mentionné dans la presse.
Pour ces différentes raisons, les forces populaires doivent refuser tout contact avec Guaidó et ses partisans. Il faut clairement dénoncer et combattre Guaidó comme putschiste, comme représentant du grand capital et comme traître à la nation car il en appelle à l’intervention armée de Washington et de ses alliés. Et, face aux menaces d’une intervention étrangère qui est loin d’être imaginaire, il n’y a pas d’autre choix que de chercher à organiser le front le plus large possible pour s’y opposer. Bien sûr, pour éviter une escalade du conflit, les deux camps qui s’affrontent doivent négocier, mais pour les forces populaires il ne peut pas être question de rencontrer Guaidó car cela est utilisé par lui pour trouver une apparence de légitimité. Il s’agit aussi de maintenir une autonomie et une capacité de critique par rapport au gouvernement de Maduro. Il faut clairement dénoncer et combattre Guaidó comme putschiste, comme représentant du grand capital et comme traître à la nation car il en appelle à l’intervention armée de Washington et de ses alliés
Face aux mesures d’agression de différentes natures adoptées par Washington et ses alliés d’une part, et afin d’améliorer les conditions de vie de la population d’autre part, le gouvernement devrait appliquer les propositions avancées dans cet article par l’économiste vénézuélien Simón Andrés Zúñiga : « Le blocus et le piratage des fonds du gouvernement imposent un moratoire sur la dette » (http://www.cadtm.org/Venezuela-Debat-Le-blocus-et-le-piratage-des-fonds-du-gouvernement-imposent-un)
L’auteur de l’article commence par affirmer : « Le stratagème de ‘l’aide humanitaire’ ne doit pas être sous-estimé, car c’est l’une des cartes politiques les plus puissantes de la manipulation idéologique, à la disposition de forces qui sont prêtes à balayer toute expression de souveraineté et d’indépendance. Ils veulent convaincre la population, ou une grande partie de la population, que le gouvernement viole les droits humains en empêchant le passage des envahisseurs »
L’auteur avertit : « Cacher sous le tapis les conditions objectives dont souffre la population active est une attitude suicidaire, équivalant à fuir la réalité. C’est simple, le prix d’un médicament acheté en pharmacie peut dépasser de loin la quinzaine ou le mois de salaire du travailleur ou de la travailleuse, tel que l’indique le reçu de la caisse enregistreuse. »
Comme le propose l’article : « Face au cheval de Troie de l’‘aide humanitaire’, promu par les États-uniens et leurs alliés pour justifier la violation et le contrôle du territoire vénézuélien, tout en bloquant frauduleusement l’accès aux dépôts et aux biens souverains du Venezuela, le gouvernement devrait organiser une mobilisation populaire de solidarité impliquant toutes les organisations et communautés pour répondre aux besoins sanitaires et alimentaires prioritaires, ainsi que pour s’organiser afin de résister au siège délictueux.
Devant la gravité de la situation vécue par le peuple du Venezuela il ne faut pas hésiter à se saisir des propositions de suspension du paiement de la dette afin d’alimenter un fonds d’urgence d’acquisition de médicaments et d’aliments. Cette étape devrait se faire par le biais d’un large appel à la participation de tous les secteurs à la détermination des priorités, à l’utilisation et au contrôle des ressources existantes. Ce serait l’agenda du soutien solidaire avec une large participation populaire contre la tromperie de l’agenda cynique de « l’aide humanitaire ».
Grosso modo, les propositions contenues dans la suite de l’article, que nous pouvons rejoindre, peuvent être résumées de la manière suivante (voir la version traduite en français grâce au lien mentionné plus haut : http://www.cadtm.org/Venezuela-Debat-Le-blocus-et-le-piratage-des-fonds-du-gouvernement-imposent-un). Nous avons ajouté certains éléments tout en respectant le contenu des propositions. Évidemment leur application implique de prendre un tournant et dépend de la volonté ainsi que de la capacité des forces populaires de s’en saisir et de les faire appliquer. Il est malheureusement peu probable qu’elles se concrétisent mais elles méritent de montrer qu’une sortie de la crise humanitaire est possible.
1.       Face aux mesures agressives prises par des puissances étrangères qui n’hésitent pas à saisir des biens de la République du Venezuela déposés à l’étranger et nécessaires au maintien des échanges commerciaux, le gouvernement doit déclarer une suspension de paiement de la dette extérieure. Ajoutons que le droit international permet à un pays confronté à une situation d’urgence, par exemple une crise humanitaire, de décréter un moratoire unilatéral sur le paiement de la dette (sans accumulation d’intérêts ou de pénalités de retard). Si en plus il est confronté à des mesures du type de celles prises par Washington sans aucune concertation avec l’ONU, un acte unilatéral de suspension du remboursement de la dette est d’autant plus justifié.
2.       Plutôt que d’utiliser les faibles réserves de devises au paiement de la dette, le gouvernement doit utiliser celles-ci pour satisfaire les besoins fondamentaux de la population. Comme l’affirme l’article : « La santé et l’alimentation du peuple doivent avoir la priorité sur le paiement de la dette extérieure. »
3.       Le moratoire s’accompagnerait d’un audit public ouvert et détaillé qui, sans aucun doute, fera la clarté sur les nombreuses manœuvres et fuites illégales de capitaux qui se sont développées sous la protection du système financier privé et d’une partie des autorités du pays.
4.       Il y a des raisons politiques, économiques et un fondement juridique pour soutenir une décision de cette ampleur. La déclaration unilatérale du moratoire sur la dette et la réalisation d’un audit seraient la preuve d’une volonté d’inverser les priorités dans le bon sens. Les ressources de la nation ne doivent pas servir en premier lieu au paiement de la dette, elles doivent permettre d’améliorer les conditions de vie dramatiques vécues par une grande partie de la population. En suspendant le paiement, le gouvernement du Venezuela retrouverait une position de force dans la relation avec les créanciers.
5.       La suspension du paiement de la dette concernera toutes les dettes émises par le gouvernement national et celles émises par PDVSA [l’entreprise publique de d’exploitation des ressources pétrolières].
6.       Il est inévitable d’élaborer et de mettre en œuvre d’urgence un plan d’acquisition de nourriture et de médicaments au profit de la population. Simultanément, il faudrait investir des moyens financiers pour développer la production nationale d’aliments et de médicaments. Il s’agit de donner la priorité aux producteurs locaux.
7.       Mettre en œuvre immédiatement un plan de soutien solidaire pour la distribution de médicaments et la prise en charge des personnes atteintes de maladies graves telles que le diabète, le cancer, l’insuffisance rénale, la maladie de Parkinson, le VIH/SIDA, entre autres, qui nécessitent un traitement permanent et stable. De même, avec les médicaments de base dont la population a besoin. Il faut un effort spécial pour les populations de l’Amazonie qui sont affectées par une épidémie de malaria.
8.       Le gouvernement et un front des forces s’opposant à l’ingérence étrangère doivent assumer cette tâche de manière massive, en intégrant les personnes affectées et les organisations populaires. Cette stratégie inclusive et unificatrice signifie rompre avec la culture paternaliste, mystificatrice, clientéliste et électoraliste qui caractérise bien des pays, y compris le Venezuela. Appeler les forces s’opposant à l’ingérence étrangère sans exception à se réunir. Une mobilisation populaire est possible et nécessaire, si elle est animée par un large front, avec des résultats immédiats et efficaces, pour faire face à l’urgence sanitaire et alimentaire ainsi qu’à la menace bien réelle d’agression extérieure.
9.       Les décisions et la mobilisation doivent et peuvent être soutenues par un programme qui aura multiplié les ressources pour mettre à nu la mascarade et l’arnaque de l’aide humanitaire pour un montant misérable de 20 millions de dollars.
10.    Dans le cas de certains médicaments, le plan doit surmonter la dépendance à l’égard des importations et s’orienter vers la substitution des importations à de nombreuses exigences de base pour lesquelles des conditions existent pour la production nationale. Dans ce secteur, l’accent devrait être mis non seulement sur les produits finis, mais aussi sur l’acquisition des substances actives et leur production nationale, ce qui permettrait de faire progresser la substitution des importations.
11.    Éliminer le ministère de l’Alimentation, qui est devenu un nœud d’importations aveugles (et de fuite des devises étrangères) en plus de contribuer à la destruction de la production nationale. L’idée est de centraliser dans un seul lieu les politiques de promotion et de soutien au secteur agricole végétal et animal. Cet organisme doit avoir une vision cohérente, coordonnée et intégrale du secteur agricole.
12.    Le commerce extérieur doit être contrôlé publiquement et les informations qui sont liées aux divers échanges doivent être rendues transparentes.
13.    Les communes [structures de base du pays depuis 2006 [5] ] doivent jouer un rôle de premier plan dans la production agricole. En fait, il y a des expériences de communes qui ont réalisé un développement important dans ce qui est productif et dans le niveau de la conscience politique.
Dans un autre contexte, plusieurs des propositions mentionnées plus haut avaient été avancées par la Plateforme d’audit citoyen de la dette du Venezuela en 2016-2017. La plateforme proposait de suspendre le paiement de la dette et de réaliser un audit public et citoyen de la dette avec le soutien du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) et la participation des mouvements sociaux et du peuple organisé. Paulino Núñez et Oly Millán Campos expliquaient : « L’objectif est de déterminer la partie odieuse et illégitime devant faire l’objet d’une annulation avant toute restructuration. A l’encontre de la priorité donnée au service de la dette par le gouvernement, il s’agit de répondre aux multiples problèmes de santé et d’alimentation que traverse le peuple vénézuélien. » http://www.cadtm.org/Venezuela-la-dette-comme Les militants du CADTM au Venezuela mènent campagne depuis 20 ans pour l’audit de la dette et depuis 2016-2017 pour la suspension du paiement vu la crise humanitaire qui affecte la majorité de la population du pays.
Devant la gravité de la situation vécue par le peuple du Venezuela il ne faut pas hésiter à se saisir des propositions de suspension du paiement de la dette afin d’alimenter un fonds d’urgence d’acquisition de médicaments et d’aliments.

Notes
[1] Le groupe de Lima est actuellement composé principalement des pays suivants : Argentine, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Panama, Paraguay et Pérou. Le Mexique s’est mis en retrait de ce groupe informel depuis que celui-ci a décidé de soutenir le putschiste Guaidó.
[2] En même temps, il est clair que la vie démocratique qui a prévalu pendant le gouvernement d’Hugo Chavez a été progressivement réduite. Lorsque le gouvernement de Maduro a décidé de convoquer l’élection d’une nouvelle assemblée constituante, il n’a pas appliqué ce qui avait été fait auparavant pendant la gestion de Chavez. Il n’y a pas eu de référendum pour décider s’il fallait ou non ensuite convoquer une élection générale pour élire une assemblée constituante. La sélection des candidats/tes à la constituante a été marquée par une intervention autoritaire du Parti et du gouvernement de Maduro pour établir les listes. Au cours des dernières années, en plusieurs occasions des protestations populaires ont été réprimées.
[3] Les sanctions financières et économiques ont commencé avec Trump en août 2017 : https://www.bbc.com/mundo/noticias-america-latina-41055728 Sous l’administration Obama, des sanctions ciblées ont été prises contre des fonctionnaires en décembre 2014 : https://apnews.com/16e5cb67ca184b7aaa32ded6c777c72a Elles sont entrées en vigueur en février 2015 : https://www.reuters.com/article/us-venezuela-usa-visas/u-s-slaps-visa-restrictions-on-current-former-venezuelan-officials-idUSKBN0L620D20150202 Le 8 mars 2015, Obama déclare que le Venezuela constitue une menace pour les États-Unis : https://www.hispantv.com/noticias/ee-uu-/23336/obama-ordena-nuevas-sanciones-contra-venezuela
et Trump prolonge le décret :
https://www.dw.com/es/extiende-trump-decreto-que-declara-a-venezuela-amenaza-para-ee-uu/a-42808304
[4] J’ai analysé de manière critique les limites de la politique du gouvernement vénézuélien dans une étude publiée en 2009 : http://www.cadtm.org/Changements-en-cours-au-Venezuela J’ai également analysé l’échec de la révision de la constitution en 2007 : « Transformer l’échec du 2 décembre 2007 en un puissant levier pour améliorer le processus en cours au Venezuela d’Hugo Chavez », http://www.cadtm.org/Transformer-l-echec-du-2-decembre
[5] L’institution des Conseils communaux en 2006, sous l’impulsion du Président Hugo Chavez, a été fortement marquée par la volonté d’instaurer la participation dans la conception et la réalisation de la politique locale. La loi sur les conseils communaux, Ley de los consejos municipales (LCC) a été adoptée le 7 avril 2006 (http://www.tecnoiuris.com/venezuela/gaceta-oficial/administrativo/ley-de-los-consejos-comunales.html) Le gouvernement d’Hugo Chavez plaçait de grands espoirs dans ces Conseils qu’il concevait comme des « unités territoriales de base de la participation populaire et de l’autogouvernement ». Le pouvoir attribué aux Conseils communaux n’est pas négligeable, puisqu’il donne le droit à une « communauté » de proposer et d’exécuter un projet pouvant, dès la première année, atteindre 30 millions de bolivars (c.à.d, environ 10 millions d’euros). Les Conseils communaux ont perdu peu à peu de leur dynamisme et aujourd’hui, il faudrait leur redonner vie.

https://www.alainet.org/es/node/198686


sábado, 16 de febrero de 2019

Defendre le peuple des pauvres de Venezuela contre l'invasión nord-américaine


VENEZUELA  EN  CRISE :  UNE  DIPLOMATIE  CANADIENNE  BIEN  PREOCCUPANTE !

Opinión - 31/01/2019.

S’il y a bien, à propos des événements préoccupants qui secouent actuellement le Venezuela, une question qu’on est en droit de se poser comme Québécois, c’est celle de l’orientation prise par la diplomatie canadienne. Tout comme d’ailleurs celle du silence du gouvernement du Québec à ce propos.
On le sait le Venezuela vit actuellement une crise sans précédent touchant à tous les aspects de la vie : déliquescence des services publics, effondrement de l’industrie pétrolière, chute extraordinaire du PIB, inflation phénoménale, augmentation vertigineuse de la pauvreté, exode de millions de personnes ; une crise exacerbant toutes les tensions sociales existantes, chambardant autant l’État de droit que les conditions minimales du vivre-ensemble, mais surtout touchant en premier lieu les secteurs populaires les plus vulnérables.
Or dans quoi s’est embarqué toutes voiles dehors le Canada de Justin Trudeau, loin de toutes ses prétentions passées à favoriser, au nom des vertus de l’État de droit, la paix, la démocratie ou encore le multilatéralisme ?
Il n’a en effet rien trouvé de mieux que d’emboîter aveuglément le pas au groupe de Lima et de reconnaître Juan Guaido comme président intérimaire du Venezuela, endossant ainsi une stratégie jusqu’au-boutiste et va-t-en guerre ? Car quel que soit le diagnostic que l’on peut poser sur les multiples raisons de cette crise (et Nicolas Maduro y a sa part de responsabilité !), il faut tout de même rappeler que Juan Guaido —député jusqu’alors peu connu du grand public et juste devenu président de l’Assemblée nationale en janvier 2019— est membre du parti Mouvement populaire, une des formations les plus extrêmes de l’opposition vénézuélienne de droite, n’ayant pas hésité par le passé à se déclarer prêt à agir ouvertement dans l’illégalité.
Il n’est donc aucunement un homme qui aurait quelque chance de pacifier la situation actuelle. Tout au contraire, il est dans cette affaire (soigneusement orchestrée), l’homme de paille des USA dont on ne peut pas ne pas rappeler les incessantes volontés d’intromission et de déstabilisation active dans la politique vénézuélienne, notamment lors du coup d’État raté d’avril 2002. Il est en quelque sorte cet homme providentiel qui permet aujourd’hui au président Trump et à ses alliés droitiers du groupe de Lima (Jaïr Bolsonaro du Brésil, Mauricio Macri de l’Argentine, Sebastian Pinera du Chili, etc.), de faire monter les enchères, en renforçant leurs partis-pris partisans sur toute l’Amérique latine.
En ce sens il est étonnant que Chrystia Freeland et Justin Trudeau —eux qui donnaient l’impression par le passé de vouloir se distinguer de leurs adversaires conservateurs et qui ont pourtant tant d’ennuis récurrents avec le président actuel des USA— n’aient pas profité de l’occasion pour prendre leurs distances avec de telles orientations, par exemple en tentant de travailler avec le Mexique progressiste de Manuel Lopez Obrador sur une solution de sortie pacifique de la crise. Une solution qui aurait pour premier objectif de pousser à la négociation entre les parties, tout en préservant l’État de droit ainsi qu’en mettant en place des mesures d’urgence pour protéger les secteurs de la population les plus vulnérables. Et surtout qui n’aurait pas l’arrogance –à l’instar de la position prise par la France - de fixer une date butoir d’une dizaine de jours pour l’organisation d’élections libres !
Car en ne se désolidarisant pas de la stratégie états-unienne –-elle qui s’emploie désormais à détourner les recettes du pétrole vénézuélien dans le but de financer un État parallèle—, la diplomatie libérale canadienne participe précisément à ce qu’au nom de ses valeurs elle prétend pourtant ne pas faire : aider à mettre en place des conditions du déchaînement d’une guerre civile avec participation internationale ; ramenant le Venezuela (et ses formidables réserves pétrolières) à être le théâtre –comme malheureusement bien d’autres régions du globe— des appétits prédateurs de grandes puissances impériales en mal de rivalité grandissante.
Depuis le Québec, nous faudra-t-il endosser passivement une telle orientation, sans au moins oser lever la voix et se faire entendre ?

30 janvier 2019

- Pierre Mouterde est sociologue et essayiste. Auteur (avec Patrick Guillaudat) de : Hugo Chavez et la révolution bolivarienne, Promesses et défis d’un processus de changement social, Montréal, M Éditeur, 2012

ALAI : América Latina en movimiento. Agencia de prensa, Quito, Ecuador.


miércoles, 23 de enero de 2019

Comprendre Jésus aujourd'hui


JESUS :  L’AMI  DES  PAUVRES  ET  DE  DIEU
Un  modèle  pour  être  heureux  en  plénitude.

Guayaquil. PR. Janvier 2018.

Contenu
1.       Jésus fut l’ami des pauvres
2.       Jésus fut l’ami de Dieu
3.       Jésus nous apporte la joie de vivre

Note. Brouillon de travail, dans un premier temps, pour présenter Jésus a des jeunes loin de l’Eglise et de la foi…

Jésus fut une personne normale d’une famille normale. Il fut l’ami des pauvres jusqu’à mourir pour eux. Il passa sa vie à construire le Royaume de Dieu car il avait découvert que Dieu nous aime comme un Père et une Mère. Son message et son témoignage durent jusqu’à aujourd’hui. Ils ont fait le bonheur de beaucoup de gens.


A. JÉSUS FUT L’AMI DES PAUVRES

1.       Jésus enfant et adolescent

a)       Jésus fut une personne normale dans une famille normale
-          Son père s’appelait Joseph et était charpentier-maçon.
-          Sa mère s’appelait Marie et s’occupait de la maison.
-          Les textes évangéliques nous parlent de ses frères et sœurs.

b)       Jésus grandit dans un village appelé Nazareth
-          Nazareth était un petit village perdu et inconnu dans la région nordique de Palestine appelée Galilée.
-          La pauvreté était le signe commun de tous ses habitants.
-          La synagogue était le centre du culte, de réunion, d’éducation scolaire et de l’organisation du village et des environs. Les samedis étaient les jours de prière et de conversation entre les gens et les familles.

c)        L’organisation sociale de Palestine
-          La Palestine était un pays occupé par les Romains. Ceux-ci vivaient, d’une part, des impôts que devait payer chaque famille et, d’autre part, du recrutement de soldats de chaque ville et villages.
-          L’oppression, très dure, provoquait des révoltes continuelles qui étaient réprimées dans le sang et les cendres. A 7 ans Jésus avait vu un bourg voisin, appelé Séphoris, brulé totalement et ses habitants massacrés dans leur totalité.
-          Les autorités religieuses juives avaient une certaine indépendance dans la mesure où elles collaboraient avec les autorités romaines.
-          La synagogue était le centre religieux, juridique et social. Les prêtres enseignaient l’histoire du pays et les lois religieuses et sociales qu’il fallait accomplir. Les autorités religieuses vivaient également d’impôts que payaient toutes les familles.

2.       Jésus jeune homme
-          Jusqu’à 30 ans Jésus vécut comme charpentier-maçon à Nazareth et dans les environs.
-          Les Evangiles ne nous disent nulle part si Jésus forma une famille. Ils le présentent toujours seul.
-          Vers les 30 ans, Jésus décide de devenir prophète itinérant après une rencontre avec son cousin Jean Baptiste.
-          Jean Baptiste prêchait au bord du fleuve Jourdain et invitait à un changement de vie au niveau personnel, religieux et social. Un baptême était le signe des gens qui s’engageaient à une vie nouvelle.

3.       Le projet de Jésus prend son point de départ dans la fraternité
-          Apres l’assassinat de Jean Baptiste par Hérode, le roi de la Galilée, Jésus décide continuer son témoignage : doivent changer les gens, la religion et la société.
-          Pour Jésus, le bonheur de l’humanité réside dans la fraternité à tous les niveaux : Jésus appelle ce projet le Royaume de Dieu, car il croit qu’il a sa source en Dieu.
-          Ce projet sera le résultat de personnes conscientes, organisées et décidées. De petites communautés fraternelles seront le moteur d’un tel projet.
-          Ce projet commencera à partir des gens simples : les pauvres, les marginaux, les oubliés, les exploités…

4.       Jésus et sa communauté d’amis
-          Jésus commence par former une communauté d’amis avec ceux qui décident de le suivre : ils seront une douzaine d’inconditionnels, qu’on appelle les ‘apôtres’, qui font bourse commune.
-          Cette petite communauté va mettre en pratique ce que Jésus veut à grande échelle : la fraternité, la justice et une nouvelle vision de Dieu.
-          Avec eux Jésus parcourt toute la région de Galilée et les alentours pour faire connaitre son projet et en faire partie. C’est le sens des paraboles, ces exemples imagées, et des ‘miracles’, nom donnés aux signes particuliers que réalise Jésus : majoritairement les guérisons.
-          Jésus pratique tout particulièrement le partage, spécialement le partage des repas.
-          La prière pour le Royaume est le ‘Notre Père’.

5.       Les 4 niveaux de réalisation du Royaume

a)       La conversion personnelle : Jésus invite à faire du Royaume le centre de toute la vie individuelle, collective, sociale et religieuse.
b)       Les relations fraternelles : La fraternité est la base de toutes les relations humaines. Cela suppose l’égalité entre les personnes, le partage, la justice, le pardon… Le service est le mot clé de ces relations.
c)        Des structures sociales justes : La fraternité doit se construire au niveau de l’organisation sociale, c’est-à-dire, du travail, du pouvoir, de la justice…
d)       Une vision nouvelle de Dieu et un culte différent :
-          Jésus appelle Dieu son ‘père’ que a un cœur maternel.
-          La relation avec lui sera de confiance.
-          Le culte sera fait d’intimité, de remerciements, de pardon, de demande, en particulier d’une ‘cène fraternelle’ en son honneur.

6.       Les conflits de Jésus terminent avec sa crucifixion

a)       Conflits avec sa famille que croit qu’il a perdu la tête.
b)       Ses voisins de Nazareth veulent le jeter dans un précipice.
c)        Les autorités religieuses le dénoncent comme possédé du démon.
d)       Ses apôtres ne comprennent rien au Royaume et en restent à des relations de pouvoir et de privilèges.
e)       Les foules se laissent manipuler para les autorités religieuses et militaires (romaines).
f)        L’autorité romaine le condamne à être crucifié comme un rebelle subversif.

7.       Le résumé du message de Jésus se trouve dans les ‘Béatitudes’

Selon Matthieu (8)
Selon Luc (4)
« 1. Heureux ceux qui ont l’esprit des pauvres, le Royaume des Cieux est à eux.
2. Heureux les doux, ils auront la terre en héritage.
3. Heureux ceux qui pleurent, ils seront réconfortés.
4. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés.
5. Heureux les miséricordieux, ils auront droit à la miséricorde.
6. Heureux ceux qui ont le cœur pur, ils verront Dieu.
7. Heureux ceux qui sèment la paix, ils seront appelés enfants de Dieu.
8. Heureux ceux qui sont persécutés quand ils agissent en toute droiture, le Royaume des Cieux est à eux. »
« 1. Heureux, vous les pauvres, parce que le Royaume de Dieu est à vous !
2. Heureux, vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés !
3. Heureux, vous qui pleurez maintenant, parce que vous rirez !
4. Heureux êtes-vous lorsque les hommes vous haïssent, lorsqu’ils vous chassent, et vous insultent, et vous mettent au rang des malfaiteurs à cause du Fils de l’Homme !
Mais :
1. Malheureux, vous, les riches, car vous avez reçu votre consolation !
2. Malheureux, vous, les nantis d’aujourd’hui, parce que vous aurez faim !
3. Malheureux, vous qui riez aujourd’hui, parce que vous serez dans les pleurs et les larmes !
4. Malheureux êtes-vous si tout le monde parle bien de vous : c’est de cette manière que leurs pères ont traité les faux prophètes ! »


Réflexions.
-          Jésus parle ‘des pauvres’, au pluriel, comme collectif : le peuple des pauvres. Les ‘béatitudes’ s’adressent à une communauté de pauvres.
-          Les pauvres dont parle Jésus, selon Luc, ne sont pas les ‘miséreux’, mais ceux qui ont faim et soif, ceux qui sont sans abri, sans vêtements, ceux qui sont malades et emprisonnés, ceux qui ne peuvent satisfaire leurs besoins élémentaires de santé, d’éducation, de travail…
-          Ces ‘pauvres’ selon Jésus, ce sont ceux qui choisissent de vire ensemble dans la sobriété comme un peuple conscient et organisé.
-          Avoir « l’esprit des pauvres » signifie le choix effectif de vivre, penser et croire comme eux : dans la dignité, la conscience collective, la construction d’un projet de société fraternelle…
-          « Pleurent » ceux qui souffrent de la misère, l’injustice, l’humiliation, la marginalité, la méchanceté…
-          « Faim et soif de justice » : le Royaume est le résultat de luttes permanentes sur soi, les uns avec les autres, contre une société injuste…
-          La ‘pureté’ de cœur est la transparence des relations : ‘transparentes’ comme de l’eau pure.

8.       Mort et résurrection de Jésus

a)       La mort de Jésus est le résultat d’un assassinat
-          Les autorités religieuses (juives) et militaires (romaines) se rendaient compte que le mouvement de Jésus affectait leur pouvoir et leurs privilèges. Le système de l’esclavage ne pouvaient changer ni le système de domination religieuse.
-          Jésus s’identifiait avec le peuple des pauvres et voulait pour eux un changement socio-politique et économique, ainsi que religieux.
-          Pour cette raison elles décidèrent de le supprimer en le condamnant à mort. Il avait environ 33 ans.
-          Le supplice de la croix, venu des autorités romaines, était réservé aux rebelles subversifs qui voulaient changer le statu quo existant.

b)       La résurrection de Jésus est un acte de foi
-          Le groupe des apôtres et des disciples de Jésus découvrirent qu’après sa mort, le message de Jésus et le mouvement du Royaume ne pouvaient mourir avec lui.
-          Ils se rendirent compte que la présence de Jésus restait très vive au milieu d’eux. Ils sentirent qu’il continuait de les inspirer et de les animer de l’intérieur avec son esprit de foi et de courage.
-          Pour ces raisons ils décidèrent de continuer à former des communautés qui seraient le témoignage de la vie de Jésus, de son message, du Royaume et de sa présence.


B. JÉSUS FUT L’AMI DE DIEU

1.       Jésus ne nous explique pas qui est Dieu mais comment il agit et ce qu’il attend de nous.
-          Jésus nous dit que Dieu agit comme un père ou une mère qui nous aime, nous pardonne, nous accompagne…
-          Il nous explique que sa volonté est de construire le Royaume, c’est-à-dire, une manière heureuse de vivre personnellement, en société et en communion avec lui.
-          Jésus nous dit que le Royaume est en nous, entre nous et en marche vers sa plénitude : c’est secret des pauvres et de ceux qui s’identifient avec eux pour travailler pour une vie différente, une société fraternelle et un culte de remerciement.

2.       Jésus s’est nourri de la religion de ses compatriotes
-          La religion juive est la religion de l’Ancien Testament de la Bible.
-          L’origine de cette religion est la libération d’un peuple d’esclave en Egypte qui fait, dans cet évènement, l’expérience d’un Dieu ami et libérateur avec eux.
-          Une des bases de l’organisation sociale de ce peuple est le refus de l’esclavage : personne ne doit dominer personne, ce qui oblige à une organisation sociale participative, une organisation économique équitable et une organisation politique solidaire des plus pauvres.
-          La religion juive est composée de lois, comme les 10 commandements de Moises, et de rites, en particulier des sacrifices d’animaux, reconnus immuables.
-          Jésus participait de cette religion, en particulier tous les samedis dans son village et avec les fêtes nationales. Il en dénonçait ses déviations et en révélait son vrai sens : la recherche de la fraternité.

3.       Jésus témoigna jusqu’à l’extrême de l’amour de Dieu
-          Dans la prière, Jésus cherche la communion avec Dieu : sentir son amour et comprendre sa volonté.
-          La vie de Jésus est la manifestation de l’amour de Dieu envers tous, avec une priorité pour les plus pauvres. Jésus est un des sommets l’expression humaine de Dieu, c’est-à-dire, la traduction suprême de la force invincible de la vie et transformatrice de l’amour.
-          Pour Jésus le projet du Royaume de Dieu s’enracine dans l’histoire et la religion de son peuple : l’Ancien Testament. Il a une dimension non seulement individuelle, mais aussi collective, religieuse, économique et politique.
-          Jésus comprit assez vite que son mouvement pour le Royaume allait rencontrer l’opposition mortelle des autorités religieuses et militaires. L’appréhension de sa mort violente le fit suer jusqu’au sang. Jusqu’au bout Jésus manifesta sa confiance en Dieu.
-          Les disciples de Jésus parlent de sa résurrection comme un signe de Dieu. Jésus, sa vie, son message et son mouvement pour le Royaume ne sont pas engloutis par la mort, mais survivent victorieux : Dieu a ‘ressuscité’ Jésus pour toujours.


C. JÉSUS NOUS APPORTE LA JOIE DE VIVRE

1.       Le cœur du message de Jésus est le Royaume
-          Jésus n’est pas venu pour nous dire qui est Dieu mais pour nous intégrer à cette nouvelle manière de vivre e de croire qu’il a appelé le Royaume de Dieu.
-          Jésus n’est pas venu pour créer une nouvelle religion ni sans doute pour fonder un Eglise. Il est venu principalement pour réaliser la naissance du Royaume de Dieu. C’est nous, ses disciples, qui avons transformé le mouvement de Jésus en Eglises.
-          La tendance actuelle est de dépasser les religions et les Eglises pour revenir aux origines du christianisme : nous centrer sur la Royaume.
-          Si l’on parle, depuis le pape Jean XXIII (1961) de ‘l’Eglise des pauvres’, c’est pour manifester que le mouvement de Jésus appartient aux pauvres et à ceux qui assumons les options des pauvres dignes, organisés et croyants.
-          L’option prioritaire pour les pauvres répond au message et au témoignage de Jésus pour transformer l’Eglise tout autant que la société dans la ligne du Royaume.
-          Selon l’écrivain français, Georges Bernanos, « j’affirme que le monde sera sauvé par les pauvres » (‘Les enfants humiliés’, Gallimard, 1949).

2.       Le Royaume est un chemin de bonheur individuel, collectif et socio-politique

a)       Bonheur individuel
-          Le Royaume nous centre sur la dignité personnelle : toute personne est unique et sujet de respect et d’amour.
-          Le Royaume est orienté vers la fraternité qui est la clé du bien vivre ensemble.
-          Le Royaume nous promeut à une dimension spirituelle qui nous ouvre à la plénitude.

b)       Harmonie collective
-          Le Royaume est une invitation à vivre en harmonie les uns avec les autres et avec la nature.
-          Le Royaume qui est pour tous, exige d’être les serviteurs les uns des autres pour la croissance heureuse de chacun.
-          Le Royaume n’exclut personne puisqu’il part des plus pauvres.
-          Le Royaume suppose une nouvelle organisation sociale basée sur la personne : l’égalité de chacun (les droits de l’homme), l’équité dans el partage (économie), la participation à tous les niveaux (politique), la liberté d’opinion et d’expression (idéologie), la dimension spirituelle (transcendance).

c)        Paix planétaire
-          Le Royaume est la fraternité sans frontière.
-          La fraternité est source de respect, de justice et de paix
-          Le Royaume est l’utopie de conformer une seule famille humaine et une seule unité avec la nature et le cosmos.

En 1975, le pape Paul VI écrivait : « Seul le Royaume est absolu ; tout le reste est relatif » (Lette encyclique ‘L’annonce de l’Evangile’ 8, 1975). Vivons donc en conséquence à la suite de Jésus de Nazareth.