martes, 1 de septiembre de 2026

Témoignage: 50 ans avec l'Eglise des Pauvres d'Amérique Latine

 

50 ANS AU SERVICE DE L’ÉGLISE DES PAUVRES

Avec les pauvres remettre l’Église et le monde ‘à l’endroit’

Pedro Pierre, août 2026.

CONTENU

1.      La carte du monde de Peters et celle du CCFD

2.      L’Eglise des pauvres en Amérique latine

3.      Mon expérience d’Église des pauvres

4.      Nous continuons la mission de Jésus et des premières Communautés chrétiennes

Conclusion

SE CONVERTIR A JESUS-CHRIST CONSISTE A SE CONVERTIR AUX PAUVRES.

              Mon expérience de 50 ans en Amérique Latine ont changé mon regard sur l’Église et sur le monde car ses peuples construisent de nouvelles formes de vivre l’Eglise et la société.

I. LA CARTE DU MONDE DE PETERS ET CELLE DU CCFD

1.      La carte du monde de Peters est plus juste

-          Arno Peters (+ 2002) est un historien et cartographe allemand. Il propose une nouvelle projection du monde en 1974. Celle-ci sera adoptée par différents organismes, comme des mouvements tiers-mondistes, car elle propose une vision plus juste du monde.

-          La carte Peters, d’une part, respecte la proportion des superficies de chaque pays ; d’autre part, il met la ligne équinoxiale au milieu de la planète.

-           Pour cette raison l’hémisphère nord apparaît 2 fois plus étendu qu’en réalité.

-          La nouveauté vient du fait que Peters mer l’équateur au centre de la carte, alors que généralement il est situé bien plus au sud

2.      La carte du CCFD cherche à remettre le monde ‘à l’endroit’

-          Le CCFD (Comité Catholique contre la faim et le développement) reprend cette carte en mettant le pole sud en haut et l’océan Pacifique au centre.

-          Pour l’hémisphère nord, c’est un peu le monde à l’envers, mais pour l’hémisphère sud c’est le monde à l’endroit : « Notre nord c’est le sud »..

-          Ce changement de regard nous invite à nous ouvrir aux nouveautés qui viennent du Sud. « Changeons notre regard et notre vision du monde » nous dit le CCFD.

II. L’EGLISE DES PAUVRES EN ANÉRIQUE LATINE

1.      L’Eglise des pauvres au Concile Vatican II

-          Le Concile Vatican II (1962-1965) n’a pas prêté beaucoup d’attention aux Eglises du sud : Afrique, Amérique du Sud, Océanie.

-          Ce fut le pape Jean XXIII qui parla le premier de l’Eglise des pauvres. En 1962, peu avant l’ouverture du Concile, le Pape Jean XXIII déclara que : "L’Eglise se présente telle qu’elle est et veut être : l’Eglise de tous et particulièrement l’Eglise des pauvres".

-          Le cardinal italien Carlo Martini insista en disant que ‘le thème du Concile est l’Eglise des pauvres’.

-          Le Document « Lumière des peuples » (Lumen gentium, 26) fait allusion aux Communautés Ecclésiales de Base (CEB) : « Dans ces communautés, si petites et pauvres qu’elles puissent être souvent ou dispersées, le Christ est présent par la vertu duquel se constitue l’Église ».

-          Durant le Concile, les évêques latinoaméricains les plus solidaires des pauvres formèrent un groupe qu’ils appelèrent « l’Eglise des pauvres » pour approfondir les thèmes du Concile. Ils terminèrent le Concile par un pacte dans la Catacombe de Domitila où ils se compromettaient à « vivre pauvrement et à travailler à la libération des pauvres ».

2.      Dans les réunions des évêques latinoaméricains

a)      La réunion de Medellín fut le baptême de l’Eglise des pauvres

-          En 1968, a lieu la 2e réunion des évêques latinoaméricains pour « appliquer le Concile a la réalité de l’Amérique Latine ».

-          Lors de cette réunion, les CEB nées au Brésil en 1955 furent définies comme une Eglise complète, sœur et indépendante de la paroisse. Ce fut la reconnaissance de l’Eglise des pauvres d’Amérique Latine.

-          Les évêques écrivent : « L’expérience de la communion à laquelle il a été appelé, doit la trouver dans sa communauté de base... La communauté chrétienne de base est ainsi le premier et fondamental noyau ecclésial… Elle est donc la cellule initiale de structuration ecclésiale et un foyer de l’évangélisation et actuellement un facteur primordial de promotion humaine et de développement» (15, 10).

b)     Au cours leurs réunions suivante les éveques confirmèrent l’importance des CEB

-          A Puebla au Mexique en 1979 : Les CEB sont « l’expression de l’amour prioritaire de l’Eglise pour le peuple des pauvres » (643).

-          A Saint-Domingue, en République Dominicaine (1992) : « Les CEB sont une cellule vivante de la paroisse, entendue comme communion de communautés » (61).

-          A Aparecida, au Brésil en 2007:  « Les CEB sont la source el la semence de différents services et ministères dans l’Eglise et au service de la société » (179).

-          Lors de l’Assemblée Ecclésiale à Puebla au Mexique en 2021, les évêques invitent à « promouvoir de manière plus décidée les communautés ecclésiales de base (CEB) comme une expérience d'Église synodale… (et à) intégrer les membres des Communautés Ecclésiales de Base dans les processus de décision. »

3.      Les papes François et Léon XIV et l’Eglise des pauvres

-          Lors de sa première exhortation apostolique le 24 novembre 2013, le pape François affirmait :  « Je désire une Eglise pauvre et pour les pauvres ».

-          Le pape León XIV assume la Carte apostolique du pape François « Je t’ai aimé – L’amour pour les pauvres » : Les deux mettent les pauvres au centre de l’Eglise et de la société.

III. MON EXPÉRIENCE D’EGLISE DES PAUVRES

1.      L’Eglise des pauvres en Equateur

-          Dès mon arrivée à Guayaquil en 1976, je me suis intégré à un groupe de 7 paroisses qui travaillaient avec les CEB. Nous nous réunissions tous les mois avec les prêtres de ces paroisses.

-          En 1979 a lieu la 1e Réunion nationale des CEB d’Equateur. Après celle-ci, les prêtres qui accompagnions les CEB au niveau national nous priment l’engagement de nous réunir tous les 3 mois ; nous avions pris le nom d’ « Eglise des pauvres ».

-          A partir de 1980 la 1e Rencontre Continentale des CEB. Celle-ci se répéte tous les 4 ans. En 1984 avait lieu à Cuenca en Equateur la 2e Réunion continentale des CEB.

-          En 2020 cette Réunion continental, la 11e, a eu lieu à Guayaquil avec, en plus des CEB existantes, un groupe de jeunes représentants de 13 pays qui avait conformé les CEB juvéniles.

2.      L’Eglise des pauvres au Nicaragua

-          A partir de 1989 j’ai passé 8 ans dans une paroisse rurale du sud-ouest du Nicaragua face à la mer des Caraïbes.

-          Il y avait environ 130.000 habitants avec 130 chapelles où les gens se réunissaient tous les dimanches pour commenter la Bible en lien avec leur vie et leur réalité. Ils préparaient aussi les sacrements.

-          Je rendais visite à ces chapelles rurales organisées en 11 secteurs une fois par an à dos de mulet, aux chapelles d’une vingtaine de bourg en voiture tous les 3 mois et au centre de 15.000 habitants 2 dimanches par mois.

-          Le travail au centre paroissial était occupé par des réunions de formation pour les 23 ministères différents qui existaient sur la paroisse.

-          J’étais accompagné de 4 diacres mariés et de 5 religieuses, 2 françaises pour les groupes de santé et 3 brésiliennes pour les écoles.

-          Chaque année il y avait une Assemblée paroissiale de 3 jours où se décidait le travail paroissial, les temps de formation pour les ministres et les visites des diacres, des religieuses et du prêtres aux différentes communautés.

-          Toutes les chapelles réunissaient pour les différentes célébrations de la Semaine sainte y compris la dernière cène du jeudi saint.

-          C’était une Eglise aux mains des laïcs : l’Eglise des pauvres.

IV. NOUS CONTINUONS LA MISSION DE JÉSUS ET DES PREMIERES COMMUNAUTÉS CHRÉTIENNES

1.      La mission de Jésus fut d’inaugurer, organiser et faire grandir le Royaume

-          Le pape Paul VI l’a rappelé en 1975 un an avant mon départ en Amérique Latine : « Jésus est venu pour le Royaume… Le Royaume est l’unique absolu ; le reste est relatif » (L’annonce de l’Évangile,  8).

-          Jésus disait : « Le Royaume est l’unique absolu ; le reste viendra de surcroit » (Matthieu 6, 33). -

-          « Heureux les pauvres (Luc 6,20)) y ceux qui ont l’esprit des pauvres (Matthieu 5,5), car le Royaume de Dieu est à eux .» - « Je te bénis, Père : Tu as caché ces choses (du Royaume) aux sages et intelligents et tu les as révélées aux pauvres et aux humbles » (Luc 10,21).

-          Et saint Paul : « Dieu a choisi ce que le monde considère comme une folie pour confondre les sages, et il a choisi ce qui est faible pour couvrir de honte les puissants. Dieu a porté son choix sur ce qui n’a aucune noblesse et que le monde méprise, sur ce qui est considéré comme insignifiant, pour réduire à néant ce que le monde estime important » (1 Corinthiens 1,27-28).

2.      Les premières Communautés chrétiennes continuent la construction du Royaume

-          Les premières Communautés chrétiennes se réunissaient dans les maisons. Celui que présidait la fraction du pain que nous appelons aujourd’hui ‘Eucharistie’ était le maitre ou la maitresse de maison.

-          Les premières Communautés étaient très différentes les unes des autres avec Marie Madeleine et Jacques en Palestine, Paul et Bernabé en Turquie et en Grèce, Pierre et Marc à Rome, et les autres apôtres dans d’autres pays.

-          Il n’y avait pas de prêtres ordonnés. Jésus était un laïc et ses apôtres aussi, qu’on ne voit pas célébrer d’Eucharistie dans le Nouveau Testament. A l’image de Jésus. aujourd’hui le baptême fait des chrétiens des « prophètes, prêtres et rois-pasteurs ».

-          Les CEB réalisent ce retour aux témoignages de Jésus et des premiers chrétiens -la construction du Royaume-, accompagnés de prêtres et d’évêques dans tous les pays latinoaméricains.

3.      L’Église des pauvres suit le chemin de Jesús et des premières Communautés chrétiennes

Les CEB sont l’Eglise des pauvres, mais elles n’en ont pas l’exclusivité de. Il y a aussi les Equipes Enseignantes (chrétiens dans les institutions d’éducation publiques), les Mouvements d’Action Catholique (JOC, JEC, ACO…), Communautés de Vie Chrétienne (CVX)…

1.      Caractéristiques des CEB selon 3 évêques

-          « Les CEB ouvrent un oreille à leur peuple et l’autre à l’Evangile » (Enrique Anglelelli, Argentine, + 1976).

-          « Les CEB cheminent avec leurs 2 pies : celui de la Communauté chrétienne et celui de l’organisation populaire » (Léonidas Proaño, Chimborazo en Equateur, + 1988).

-          « Les CEB sont l’Eglise dans leur quartier et leur quartier dans l’Eglise (Gonzalo López, Amazonie équatorienne, + 2016).

Les CEB unissent la foi et la vie, l’Evangile et la réalité, la religion et l’engagement social et politique.

2.      Méthode de réunion des CEB

Les CEB se réunissent une fois par semaine. Elles suivent l’exemple de Jésus avec les 2 disciples d’Emmaüs avec ses 4 étapes… pour évangéliser les 2 disciples (Luc 24,13-35).

-          Le temps de l’amitié et du dialogue pour partager la vie et ses soucis : C’est le « voir ».

-          Le temps de la parole qui illumine : C’est le « juger » à l’aide la Parole de Dieu et les Documents de l’Eglise.

-          Le temps du partage du pain : C’est « l’agir » individuel et collectif.

-          Le temps de la célébration : C’est le « célébrer » le vécu et le partagé.

CONCLUSION

-          L’Eglise des pauvres est née avec les CEB, ces groupes de chrétiens pauvres de la ville et de la campagne.

-          Elles unissent la foi et la vie, l’Évangile et la réalité, les célébration y les cultures.

-          Leur engagement est à la fois ecclésial, social et politique (Doctrine Sociale de l’Eglise).

-          Les CEB sont « un exemple d’Eglise synodale » pour ses relations d’égalité, ses ministères diversifiés,  leur participation aux responsabilités et décisions ecclésiales, leurs engagements sociaux et politiques.

-          Elles témoignent qu’une nouvelle manière de suivre Jésus en Communautés et en Eglise est possible.

-          Elles ouvrent la possibilité d’une Eglise renouvelée et d’une exemple de société plus égalitaire, participative et créative.

« Je dis que le monde sera sauvé par les pauvres,

ceux que la société moderne élimine parce qu'ils ne peuvent pas s'y adapter

et parce qu'elle est incapable de les intégrer,

jusqu'à ce que son ingénieuse patience, tôt ou tard, l'emportera sur sa férocité.

Je dis que ce sont les pauvres qui sauveront le monde :

Ils accompliront cet exploit colossal. »

Georges Bernanos, écrivain français, 1947.

Mes articles de 2026

ARTÍCULOS DE AGOSTO DE 2026

-          Candidatos para el ecosocialismo… para ubicarnos.

-          Revitalizar el contrato social (1/5)… para resurgir como nación.

-          La economía es nuestra práctica y responsabilidad (2/5) … desde la familia y en la sociedad

-          Proaño 38 años después… más luminoso que nunca.

-          La sabiduría habita en todos (3/5)… Es la madre de las ideologías.

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1.      CANDIDATOS PARA EL ECOSOCIALISMO, Pedro Pierre

Estamos en tiempos de elecciones en un país de los más caóticos… ¿Qué hacen y qué dicen los cristianos? El papa Francisco insistó mucho sobre la dimensión social y política de la fe. El papa León 14 eligió su nombre para referirse a la importancia de la Doctrina Social de la Iglesia. Todo esto nos provoca a profundizar sobre estas temáticas, cristianos y no cristianos, para cada uno fomentar un proceso de elecciones más transparente, más claro, más beneficioso para todos los ecuatorianos. ¿Cómo ser sal, luz y fermento para algo mejor?

Desde Chile -donde nació hace en 1971 la Asociación latinoamericana “Cristianos por el Socialismo”- circula una reflexión sobre “una izquierda cristiana, humanista, post capitalista que tenga la pasión de quien sabe que otro mundo no

"No es que falte pan, sino la voluntad de compartirlo juntos"

 solo es posible, sino ¡urgente!” Nos ayuda a ir a lo esencial, para desde allí sacar tareas concretas, encarnar valores humanas y cristianas y aterrizar proyectos de izquierda humanista.

Primeramente, se nos dice que hay que dejar los grandes e interminables análisis, para ver la realidad cercana: por una parte, qué es lo que nos destruye en el sistema capitalista y, por otra, qué es lo que deseamos más profundamente. Lo que nos destruye no es sólo “la opresión y la explotación, sino la exclusión”: La política y la economía son en primer lugar un sistema de relaciones distorsionadas que nos excluyen. En cuanto a lo que deseamos no es tanto un problema de estructuras que nos dominan, sino la falta de relaciones positivas que nos ayuden a ser más fraternos, más honestos, más participativos. Deseamos tener no tanto un enorme salario, sino más tiempo para descansar y pensar, relacionarnos y vivir en armonía. Deseamos no tanto tenerlo todo, sino conservar comunicación y comunión con la naturaleza. Deseamos no tanto entenderlo todo, sino primero desarrollar nuestras capacidades humanas y espirituales y entender qué significa la vida, el amor y la belleza que nos sobrepasan.

En un segundo tiempo, se nos sugiere criterios sobre la política y la economía que cambien nuestra realidad cotidiana. Se nos dice que “la política es el arte de sumar lo diferente”, más allá de las ideologías y los proyectos utópicos, partiendo de nuestras necesidades básicas: ¿cómo organizar el tiempo de la familia, cómo fortalecer el cuidado mutuo, cómo hacer de la viviendo un espacio donde nos sintamos a gusto, cómo ocupar el ocio de manera creativa? … sin agarrarnos a principios, normas y dogmas que nos oponen y nos dividen. Por eso insistía el papa Francisco en darnos a entender que “la política es más noble que la apariencia, que el marketing, que distintas formas de maquillaje mediático” … porque tenemos que unirnos en torno a “un proyecto común”.

              Es cierto que la economía es importante, el salario justo es vital, el progreso necesario, pero más importante es dejar de creer que el dinero y la abundancia de bienes van a satisfacernos del todo: Somos más que una máquina de producción y un saco bienes materiales. Lo más importante es tomar conciencia de nuestra pertenencia a una clase explotada que ha dejado de ser un conjunto de hermanos solidarios, que ha perdido el sentido comunitario, que se ha olvidado de su dimensión trascendental. La economía individualista ha destruido las relaciones humanas, la convivencia con la naturaleza, la comunión con el cosmos. Eso es ‘el crimen que grita al cielo venganza’: “Hoy tenemos que decir ‘no a una economía de la exclusión y la inequidad’. Esa economía mata”, proclamaba el mismo papa Francisco.

              Al final se nos invita a abrir caminos nuevos que se inspiran en grandes valores encarnados en nosotros mismos. La belleza y el amor tienen que ser nuestras herramientas políticas y el compartir y la equidad nuestros instrumentos económicos… porque hemos dejado de soñar y de luchar por nuestros sueños, hemos dejado de crear y de trabajar por nuestras utopías, hemos dejado de ser compasivos con la casa común donde humanidad y naturaleza caminan a la par. Si no partimos de lo cotidiano no podremos edificar una sociedad nueva; si no partimos de las personas no construiremos un mundo feliz.

                            Se trata de construir un ecosocialismo, o sea, una ecología socializada o un socialismo ecológico, porque hay una sola crisis que es social y ambiental a la vez. Se trata de “ser una izquierda radical que opte por la transformación de las relaciones humanas, política y económicas”, afín de lograr mejores condiciones de vida personal y convivencia social. “La centralidad está en las personas y jamás en el dinero”. En cuanto a los cristianos, no seamos una Iglesia enamorada del rito y olvidada del Evangelio: El Reino es la construcción de personas dignas y fraterno en una sociedad equitativa en comunión con la naturaleza.

              En este momento catastrófico de nuestro país necesitamos unirnos entre todos para lograr “una izquierda cristiana, humanista, post capitalista que tenga la pasión de quien sabe que otro mundo no solo es posible, sino ¡urgente!”

 

Notas

Documento señalado de Fernando Astudillo Becerra.

https://www.reflexionyliberacion.cl/ryl/2026/07/16/por-una-izquierda-cristiana-humanista-post-capitalista-y-propositiva/?fbclid=IwVERTSATGWdpleHRuA2FlbQIxMABzcnRjBmFwcF9pZAwzNTA2ODU1MzE3MjgAAR6-JI5MlHbXad_GbfIJ8tdHtJAyZIjh1rfXPtnZr52n2jsBVBtGXlvDLt-LAQ_aem_kUyqW5MDiT7Wi-Cb3x-0TQ&sfnsn=mo

Leonardo Boff: “Un signo de esperanza nos lo ofrece el ecosocialismo (Michel Löwy), que recoge lo mejor del ideal socialista clásico y lo articula con la ecología.” (Revista Amerindia # 471).

 

2.      REVITALIZAR EL CONTRATO SOCIAL (1/5), Pedro Pierre

Todo grupo y toda sociedad necesitan de acuerdos mínimos para poder existir y vivir en armonía. Estos acuerdos contienen los deberes y los derechos que corresponden a las y los participantes. Por eso en una sociedad la vigencia de estos deberes y derechos conforman el “estado de derechos”. Desde 9 años estamos destruyendo este ‘estado de derecho’ tanto por los deberes que no cumplimos como por los derechos que se nos van quitando desde los gobiernos. Hemos entrado en una dictadura por las actitudes irrespetuosas de nuestros derechos por parte del presidente y porque la gran mayoría de los ecuatorianos nos hacemos cómplices de esta situación. El contrato social que nos organizaba está roto. Vamos a ir de mal en peor hasta que reaccionemos como país hasta revalidarlo. Se trata de revitalizarlo para el bien de nuestro país y de nuestras familias mediante la decisión de cumplirlo, defenderlo y emprender una nueva organización familiar y social. Mientras no lo hagamos, vamos a ir de mal en peor.

Para regresar a una convivencia civilizada debemos confirmar las bases de esta nueva organización social. He aquí un esquema que nos ayuda a entender cuáles son los criterios mínimos de toda organización social, que sea la familia, el barrio o la sociedad. Partiremos de una gráfica que llamamos “el Árbol de la vida”. Los cristianos lo llamamos “el Árbol del Reino”. Veamos.

El punto de partida, lo llamaremos “la Fuente” o Dios, es decir esta “Energía” que está al origen de todo y nos mantiene en existencia. Esta ‘Fuente’ está compuesta de 3 elementos básicos que sustentan y producen todo lo que existe. Los reconocemos con “vida, amor y comunidad” porque son los componentes del universo y de cada uno de nosotros los humanos y de todo lo que existe.

Esta dinámica se transforma en un proyecto de “armonía” que forma el cosmos del cual participamos todas y todos. Podemos llamarla “Ecología” global que debemos respetar, lo que va más allá de “no destruirla”. Se trata de cuidarla y fomentarla de muchas maneras. Todo esto es la “Espiritualidad” que habita el universo y está viva en todos nosotros y nosotras.

Esta dinámica se desarrolla en 3 dimensiones: la naturaleza, la humanidad y la sabiduría. La “Naturaleza” está conformada por el conjunto de los 4 elementos de nuestro planeta (tierra, aire, agua y fuego) de los cuales nacen primero los vegetales y los animales. Son los “Bienes” que necesitamos para vivir y convivir. Esto supone una organización en torno al repartir para la satisfacción de las necesidades que todos. Esto se llama nada menos que la “Economía” que se encarga del compartir equitativo. Cuando falla la ‘economía’ aparece la “acumulación” por parte de pequeños grupos, se destruye la convivencia armoniosa provocando desigualdades y violencias.

El segundo elemento básico de la armonía global es la “Humanidad”, o sea, el conjunto de los humanos que nos necesitamos los unos a los otros para sobrevivir y crecer. Aquí, el proyecto es “cohabitar”, es decir, controlar el poder bajo sus distintas expresiones para desterrar la “dominación”, opresión y represión… Esto es el arte de la “Política” en la que estamos todos implicados. Si nos quedamos indiferentes, colaboramos en la multiplicación de relaciones destructoras.

El tercero elemento básico de esta armonía global es la participación consciente a la ‘Energía’ que nos habita y que se transforma en “Sabiduría”, es decir en el arte de vivir, convivir y “expresarnos” individual, colectiva y creativamente. De ahí surgen ideas, proyectos e “ideologías” para organizar la política, la economía y la espiritualidad. Cuando falla la sabiduría, usamos nuestra capacidad de crear vida y amor para engañarnos, mentir y distorsionar la verdad.

Hemos descubrimos que tenemos 4 objetivos a dinamizar: espiritualidad, sabiduría, economía y política.  La espiritualidad fomenta el respeto a un orden cósmico hecho de vida, amor y comunidad que se encarna en sabiduría. Esta se traduce en un convivir armonioso -la política- en nuestras relaciones humanas. La política orienta el compartir equitativo -la economía- de los bienes y servicios que resuelven nuestras necesidades. De esta manera ejercemos la sabiduría que todos abrigamos, porque todos hemos recibidos sus capacidades espirituales, políticas y económicas. El desorden viene de la destrucción de la vida, del amor y de la comunidad mediante la dominación sobre los demás, la acumulación de bienes, el rechazo a la verdad y el desconocimiento de la espiritualidad íntima de cada uno.

Todo esto es el sueño del cosmos -nuestro sueño-: el impulso de la energía primera, la dinámica de la fuente vital que todo lo mueve… si sabemos a abrirnos a todas nuestras capacidades y posibilidades. “Vida, amor y comunidad”: ese es el llamado que nos acompaña y fortalece siempre, porque eso somos cada una y cada uno de nosotros. La Biblia nos lo describe en sus primeras páginas y nos dice: “Pongo delante de ti la vida y la muerte… Te invito a elegir la vida” (Deuteronomio 30,15-20)

Animémonos los unos a los otros a hacer poco a poco realidad el mensaje de este “Árbol de la vida” para nuestro bien individual y nuestro convivir nacional que tanto lo necesitan. Eso es el contrato social que necesitamos urgentemente.

 

3.      LA ECONOMÍA ES NUESTRA PRÁCTICA Y RESPONSABILIDAD (2/5), Pedro Pierre

Muchas veces pensamos que “la economía” es un asunto de especialistas, cuando la que mejor maneja la economía es nuestra mamá, para que la comida alcance a todos. Pues, en su esencia, la economía es la organización del compartir equitativo, tal como lo logran las amas de casa afín que la comida alcance para todos. También hacemos ‘economía’ todos los que nos toca responsabilizarnos de los bienes materiales que nos pertenecen, pertenecen a nuestra familia o son los bienes comunes a todos los ciudadanos de un país.

La ‘economía’ abarca la producción y extracción de bienes, su transformación, su comercio y su repartición… o acumulación. La economía no es primero el dinero. No hay dinero si no hay producción de bienes que comprar o vender. Y no hay bienes sino hay trabajadores que los producen. Las y los trabajadores son los primeros creadores de la economía. Así que la economía es nuestra práctica primera para poder vivir, comer, construir, producir bienes que luego son comercializados. Es el comercio que necesita y produce el dinero.

Los ricos lo entendieron muy bien porque fueron los que acapararon la tierra, las herramientas, las fábricas, las armas, la propiedad privada, la tecnología… y ahora la inteligencia artificial para controlar la producción y almacenamiento de bienes. Conformaron la clase de los acaparadores de la propiedad y del capital o del conjunto de bienes y propiedades. Así nacieron los no propietarios que pasaron a ser los trabajadores explotados, oprimidos, marginados y desposeídos de los frutos de su trabajo. Luego siguió la explotación de la naturaleza, el saqueo de las materias primas y la destrucción del medio ambiente. Esas son las primeras violencias de la economía concebida como acumulación a costa de los trabajadores.

Por eso el papa Francisco habló de manera particularmente dura en su Carta encíclica “La Alegría del Evangelio: “Hoy tenemos que decir ‘no’ a una economía de exclusión e inequidad. Esa economía mata… ¡No a una economía de la exclusión! (53-54). ¡No a la nueva idolatría del dinero! (55-56). ¡No a un dinero que gobierna en vez de servir! (57-58). ¡No a la inequidad que genera violencia! (59-60)… Hoy todo entra en el juego de la competitividad y de la ley del más fuerte, donde el poderoso se come al más débil”.

A sus inicios el Pueblo de Jesús hizo una experiencia positiva de la economía. Después de dejar la esclavitud de Egipto y emprender la travesía del desierto del Sinaí, experimentó la escasez de comida.  Fue con el “maná’, pequeños granos o ‘pan del desierto’: “Que cada uno recoja solo cuanto necesite para comer él y la gente de su tienda… Ni los que recogieron mucho tenían más, ni los que recogieron poco tenían menos. Cada uno tenía lo necesario para su consumo” (Éxodo 16,14-21. Esta experiencia del compartir equitativo fue la ‘regla de oro’ de su organización económica… En la Biblia, el sabio Sirácides la explicita: “El pan que mendigan es la vida de los pobres; el que se lo quita es un asesino. Mata a su próximo el que le quita los medios para sobrevivir; retener el salario de un trabajador es lo mismo que derramar su sangre” (34,21-22). Y los primeros cristianos también practicaron esta regla de oro : “Se repartían todo cuanto tenían según la necesidad de cada uno. No había entre ellos ningún necesitado” (Hechos 2,44 y 4,34).

Las conclusiones son claras: Por una parte, sí se puede superar las desigualdades entre ricos y pobres y, por otra, tenemos la misión de sustituir el sistema neoliberal multiplica las riquezas a costa del empobrecimiento de millones de personas. ¿Quién es pobre y quién es ricos? Somos pobres cuando compartimos, no explotamos a los demás y actuamos colectivamente. Somos ricos cuando dejamos de compartir y acumulamos bienes y riquezas, quitando a otros lo que le corresponde por derecho (tierra, empleo, fábricas) o por trabajo (los frutos, el dinero).  El gran problema actual es que este acaparamiento está organizado mediante el sistema capitalista neoliberal: Es el “pecado social” que nos divida, nos opone los unos a los otros y nos destruye.  Es más que necesaria la sustitución de este perverso sistema neoliberal. Esta comienza cuando, desde la familia, organizamos el repartir y compartir equitativo entre todos sus miembros. Luego sentiremos la necesidad de tener en común la tierra, el trabajo, las herramientas y los frutos del trabajo. En ese sentido nuestros hermanos indígenas tienen mucho que enseñarnos. Así nos estaremos preparando para diseñar y construir un país donde tengamos en común ‘pan, techo y empleo’, lo suficiente para vivir con dignidad.

El presidente de la Academia Internacional de Líderes Católicos, Mario J. Paredes, acaba de declarar: “Urge una nueva generación de laicos. Una generación que no renuncie a transformar la realidad, armada de la verdad evangélica y de la fuerza de la Doctrina Social de la Iglesia. Acojamos este cambio de época con la audacia de quien sabe que cada crisis es un umbral. Caminando juntos, en un genuino espíritu de sinodalidad, los laicos de hoy estamos llamados a ser los artífices de una nueva primavera para nuestros pueblos. Seamos audaces y valientes en el seguimiento de Cristo y de su doctrina para transformar el mundo”.

Que una economía equitativa sea nuestra práctica y responsabilidad. Dejémonos guiar por las orientaciones del mismo papa Francisco: Nos invita a dar “prioridad a la vida de todos sobre la apropiación de los bienes por parte de algunos”. Propone atacar “las causas estructurales de la inequidad”, renunciar “a la autonomía absoluta de los mercados y de la especulación financiera”. Reivindica la organización popular, la lucha social, la militancia comprometida, el ejercicio de la política orientada hacia la justicia social. Retoma la opción por los pobres e invita a asumir sus causas. Propone cuidar las semillas esparcidas de la solidaridad, recogerlas para que se multipliquen al ponerla al servicio de nuestros pueblos.

Para lograrlo, el pastor Felipe Adolf nos advierte: “Si quieres ir rápido, ve solo; si quieres ir lejos, vayamos juntos”. Tengamos la audacia de seguir a Cristo y a cuantos más para cambiar el mundo.

 

4.      PROAÑO 2026, 38 AÑOS DESPUÉS, Pedro Pierre

“Hay muertos que no mueren” … para que sigan guiándonos. ¿Cuáles son nuestros héroes, nuestros guías, nuestras estrellas, nuestros maestros y nuestras maestras?

              A 38 años de su pascua, miles y miles de personas de todos los continentes van a celebrar a monseñor Leonidas Proaño, para recordar y hacer vida el testimonio luminoso de este ecuatoriano nacido en Imbabura. Pasó su existencia sembrando esperanza, comunidad, compromiso con los más pobres y con la vida. La siembra de monseñor Proaño continúa viva después de su muerte… por eso es que ‘no muere’.

              He aquí un recuerdo de su personalidad a partir de frases de su libro autobiográfico “Creo en el hombre y en la comunidad”.

Un campesino pobre y sencillo

“Soy hijo de familia pobre. La casa en donde nací tenía 3 piezas.

Supe, como todos los pobres hombres, lo que es padecer de necesidad y de hambre.

Aprendí lo que es la sencilla fraternidad entre pobres.

Desde temprana edad, en las vacaciones de verano, aprendí también a tejer sombreros.

“De lo ajeno, ni una aguja”, se repetía mucho en nuestra pequeña familia.

El culto a la verdad engendra la libertad.”

El sacerdote amigo de los jóvenes

“Estaba a punto de terminar la primaria. Mi sueño era ser pintor.

El párroco preguntó a mis padres: ‘¿Qué piensan ustedes hacer con su hijo?’ Luego dijo directamente a mi padre: ‘Tienes que ponerlo en el seminario’.

Al Seminario Mayor, se hizo luz acerca de mi camino en la vida. Vi que debía ser sacerdote.

El movimiento juvenil de la JOC (Juventud Obrera Católica) fue para mí una valiosa experiencia de grupo.

Aprendí el proceso de su método: ‘Ver, Juzgar, Actuar’. Este método se hizo carne en mí.”

El ‘tejedor de cabezas’                                            

“Organizamos las Asambleas Cristianas como un modo de evangelización a domicilio.

Las personas congregadas en la casa reflexionaban alrededor de las preguntas y asimilaban así el Mensaje del Evangelio.

Uno de los resultados fue el conocimiento y el aprecio mutuo entre vecinos.

Los ojos de quienes estaban viviendo en las tinieblas se estaban abriendo.

Empiezan a ser conscientes de sus derechos y a reclamarlos delante de quien quiera.”

Un hombre de su tiempo

“Para la realización del trabajo pastoral partimos del conocimiento de la realidad.

Todo el trabajo pastoral debe tener una finalidad última que es el Reino de Dios.

El Reino de Dios justicia, paz, libertad, gozo… todo lo contrario del reino de este mundo.”

Un pastor valiente

“La misión de Cristo está fundamentalmente orientada a la construcción del Reino de Dios

La Iglesia es continuadora de la misión de Cristo, testimonio de vivencia comunitaria en medio de este mundo dividido.

Es necesario mantener los ojos en el cielo, pero también firmes los pies en la tierra.

Siempre he tratado de ser consecuente con lo que digo, a pesar de muchas dificultades.”

El ‘obispo de los Indios’

“Amo lo que tengo de indio.

La Iglesia de Riobamba empezó a abrir un camino desde los Indígenas.

Está yendo para la liberación, para que haya justicia, unión, amor, respeto

Pasaron de lo económico a lo cultural: Se les estaba robando la vida y las costumbres.

La Palabra de Dios nos está iluminando, despertando a los pobres, abriendo los ojos, haciendo caminar.

Nosotros mismos somos la Iglesia y el Reino de Dios.

La comunidad cristiana es una mano. La organización campesina es otra mano. Ambas son necesarias.

La finalidad es el Reino de Dios con 3 objetivos: la liberación económica, el rescate de la cultura indígena y la búsqueda de una política propia.

Un esfuerzo de este tipo puede contribuir a la redención del mundo occidental y capitalista.”

El maestro de la Inculturación

“Inculturación significa expresar la fe cristiana en los marcos de una cultura determinada, por ejemplo, la cultura indígena. Hasta ahora, expresamos nuestra fe mediante la cultura europea.

“Aparecen los ‘misioneros indígenas’, o sea, unos responsables de llevar la Palabra de Dios.

Aparecen también ‘animadores de Comunidades’ después de las visitas de los misioneros.

Aparecen los ‘catequistas o educadores’ de la fe, tanto de niños como adultos para la recepción de los sacramentos.

Aparecen las ‘misioneras indígenas’ para la formación cristiana de las mujeres…”

El apóstol de la solidaridad

Monseñor Proaño conformó el ‘Frente de solidaridad de Chimborazo con Centroamérica’.

“Dios es solidario con los oprimidos, tal como lo manifestó a Moisés: ‘He visto la humillación de mi pueblo… Te envía a sacar a mi Pueblo de Egipto’.

Para Moisés se trataba de enfrentar y sustituir un sistema de opresión, defendiendo los derechos de su Pueblo.

El profeta de la Iglesia de los Pobres

Monseñor Proaño tenía 3 imágenes de la Iglesia: “Una Iglesia inmovilista: Es un sentido pasivo de pertenencia a la Iglesia. La Iglesia que se moderniza, pero sigue conservadora, superficial, mundana. La Iglesia nuevo Pueblo de Dios en marcha, peregrinante, abierto a la aventura y al riesgo.”

              Que, en nuestra celebración del próximo 31 de agosto, este profeta de la Iglesia de los pobres nos confirme en el camino una fe liberadora, solidaridad eficaz y liberación integral.


LA SABIDURÍA HABITA EN TODOS (3/5), Pedro Pierre

La sabiduría es el arte de vivir de manera armoniosa y feliz tanto a los niveles personal y colectivo como con la naturaleza, el cosmos y el Misterio que nos envuelve. Es la madre de las ideologías. Cada uno de nosotros tenemos sabiduría y estamos llamados a desarrollarla a lo largo de toda nuestra vida; nos enriquecemos los unos a los otros según nuestras culturas. Felizmente en Ecuador tenemos 3 grandes fuentes de sabidurías: la cultura popular, la cultura indígena y la cultura afroecuatoriana.

Estas sabidurías tienen 2 dinamismos fundamentales y complementarios: la comunidad de fe y la convivencia equitativa. Preguntémonos si caminamos con estos ‘2 pies’ …

La sabiduría se enraíza primero en la pertenencia a una comunidad de fe en sentido amplio. La sabiduría crece por la ‘fe en nosotros mismos’: tenemos capacidades infinitas por participar todos y todas de la Energía vital que todo lo crea y lo recrea.

Otra dimensión es ‘la fe en los demás’ porque todos somos iguales, infinitos y creadores. Una tercera dimensión es ‘la fe en la naturaleza y el cosmos’ que son nuestra matriz primera en continuo desarrollo y progreso benéfico.

La fuente última de nuestra sabiduría es ‘la fe en la Energía vital’ que llamamos Dios con sus múltiples nombres, o la Fuente originaria de todo, o la Creatividad en acción permanente. San Pablo lo decía a su manera: “Si Dios (Energía, Fuente y Creatividad) está con nosotros, ¿quién contra nosotros?” ... “Todo lo puedo en Cristo (el hombre total) que me fortalece” (Romanos 8,31 y Filipenses 4,13). Esta fe múltiple vivida en comunidad es el primer dinamismo de todo ser humano.

El segundo dinamismo de nuestra sabiduría es nuestra capacidad de convivir armoniosamente como seres humanos: decidimos individualmente de nuestras opciones de vida, pero es en comunidad que nos desenvolvemos adecuadamente. Descubrimos que todos nos necesitamos porque ser humano es ser hermano. Además, cada uno y entre todos somos una sola unidad con la naturaleza que nos nutre y nos sana, y con el cosmos que nos abriga a todos. Finalmente pertenecemos a esta Energía vital que todo lo engloba y lo dinamiza.

Por todo esto tenemos que ser optimistas: Somos con todo y con todos una sola dinámica de vida en proceso de desarrollo positivo. Lo hemos escuchado alguna vez: “¡Una sola gota de agua cambia el nivel del mar!” – “¡Todo grito de dolor o de felicidad estremece el planeta!” – “¡Somos polvo de estrellas, eternos!” – “¡El Reino no se detiene!”… Nuestro destino es una convivencia armoniosa entre todos y con todo: Eso es el secreto de la felicidad que no falla; el resto son placeres efímeros y pasajeros. Eso es lo esencial.

Tienen nuestras sabidurías varias dimensiones: individual, colectiva, cósmica y espiritual, que nos permiten construirnos plenamente. Mediante nuestras sabidurías  colaboramos, por una parte, a una economía equitativa donde todos damos según nuestras capacidades y donde todos recibimos según nuestras necesidades, y, por otra parte, para una política donde todos participamos en todos los niveles sociales. Sabemos que la democracia es participar todos en lo que interesa a todos, y que nadie es una isla.

Para potenciar nuestras sabidurías existen espacios de los que todos somos parte: la familia, la escuela, la religión, los medios de comunicación, los partidos políticos, la cultura y ahora la inteligencia artificial. La familia es la primera experiencia social que nos marca para toda la vida: Es la escuela de la sabiduría por el testimonio y los consejos de nuestros padres. La educación escolar es para capacitarnos afín de enfrentar los desafíos, las dificultades y la maldad que vamos a encontrar. Las religiones están para humanizarnos plenamente porque lo abarcan todo: lo individual, lo colectivo, lo socioeconómico y político, y lo espiritual. Los partidos políticos son las expresiones de las organizaciones populares para orientar la política y la economía: ponen la política antes que la economía. La cultura es la herencia de siglos de sabidurías milenarias que nos habitan consciente e inconscientemente y que debemos compartir para enriquecernos respetuosa y mutuamente. La inteligencia artificial es el resultado que nuestro desarrollo tecnológico que debe socializarse y ponerse al servicio del desarrollo humano integral, la promoción de la naturaleza, la comunión con el cosmos y la apertura a la dimensión trascendental.

La sabiduría que encontramos en la Biblia integra las sabidurías de las civilizaciones contemporáneas: la de Mesopotamia (o Persa), la de Egipto (en África), la de Grecia y la de los Celtas (ahora Europa central y occidental). Los libros bíblicos de Sabiduría fueron escritos para resistir, desde las sabidurías de los pobres, la violencia de los imperios griegos y romanos. Jesús de Nazaret asume estas sabidurías -allí estaría el sentido de la visita de los magos- para revelar, por una parte, que Dios es cercano, amigo y liberador con nosotros y, por otra, para proponernos la construcción de la fraternidad y la justicia universales a partir del protagonismo de los pobres y de los que tienen el espíritu de los pobres. Llamó Jesús este proyecto el Reino de Dios, el reinado de la vida, del amor y de la felicidad.

Durante 13 años el papa Francisco se ha dedicado a volver al mensaje de un Jesús liberador que aporta alternativas novedosas para sustituir el sistema capitalista perverso y construir desde los pobres organizados la civilización el amor y la justicia, respetuosa de la naturaleza y abierta a la trascendencia del cosmos.

Actualmente los pueblos autóctonos del planeta se rebelan contra los sistemas que quieren seguir colonizándolos y proponen desde sus sabidurías alternativas de sociedad políticamente más participativas, económicamente más equitativas, ideológicamente, por una parte, más respetuosas de las personas, los pueblos y la naturaleza y, por otra, más abierta a la trascendencia del cosmos que nos unifica y nos cobija.

Terminamos repitiendo las afirmaciones contundentes del escritor francés Georges Bernanos, fallecido en 1948:  “Yo digo que el mundo será salvado por los pobres, aquellos a quienes la sociedad moderna elimina porque ya no pueden adaptarse a ella y porque ella es incapaz de asimilarlos, hasta que su ingeniosa paciencia, tarde o temprano, venza su ferocidad. Yo digo que los pobres salvarán al mundo: ellos lograrán esta hazaña colosal». ¿Estaremos entre esta clase de pobres?