viernes, 7 de marzo de 2025

Articles hebdomadaires de février 2025

 ÉLECTIONS : LE TRIOMPHE DE L'INCONSCIENCE, Pierre Pierre

                Le manque de conscience a été plus fort que la lutte pour la dignité, la vie et la souveraineté du peuple équatorien. La perversité d’un système de mort a été plus forte que la construction d’un avenir meilleur pour l’Équateur. La ‘poupée en carton’ dont faisait cadeau le candidat-président (sa propre image plus grande que lui !) a été plus forte que le désir d’un changement nécessaire. La cécité a succombé à une manipulation flagrante…

               Les données, non encore officielles, des élections du dimanche 9 février sont les suivantes. Pour la présidence, Daniel Noboa (parti ADN) a 44% des voix et Luisa González (parti RC) 43%. Pour les membres de l'assemblée législative, la Révolution Citoyenne (de l’ex-président Rafael Correa) en aurait 68, ADN (le parti de l’actuel président Noboa) : 65 ; PC : 9 ; PSC : 5 et 1 : PSP, Accord Citoyen, SUR, Construire et Nous sommes Carchenses. Votes blancs : 2,16% ; votes nuls : 6,8% et n'a pas voté : 17,73%.

Nous pouvons faire plusieurs commentaires. Premièrement, 2 candidats ont recueilli 80% des votes valides et 7 partis sur 16 n'ont eu que 18 députés sur 151. D'autre part, il est à noter que toutes les provinces de la Côte ont voté pour Luisa et que toutes les provinces de la Cordillère des Andes sauf Pichincha (où est la capitale) ont voté pour Noboa ; en Amazonie, 4 provinces ont voté pour Noboa et 2 (Sucumbíos et Orellana) ont voté pour Luisa.

On parle désormais des Alliances pour le 2e tour. Toute la droite va soutenir Noboa. Et qui de la ‘gauche’ va soutenir Luisa ? Les indigènes avec Pachakutik vont consulter leurs bases… Rappelons que ces bases ont rejeté l’Alliance avec la Révolution Citoyenne pour le 1er tour des élections : La Révolution Citoyenne avait offert a Leonidas Iza, candidat de Pachakutik, la vice-présidence du gouvernement et la présidence de l’Assemblée ! … Quelqu’un commentait qu’ ‘il n’y a plus de gauche parce que tout le monde s’est vendu à Moreno ou à Lasso’, les 2 précédents présidents de l’Equateur…

Revenons aux élections du 9 février. Les résultats révèlent un réel manque de conscience : il semble incroyable que Noboa ait plus de voix que Luisa ! J'ai aimé l'explication suivante : « Tous celles et ceux qui rêvent d'augmenter leur richesse financière votent pour Noboa parce qu’ils le considèrent comme symbole de la réussite financière individuelle ou parce qu’elles veulent satisfaire leur ego féminin qui veut ressembler à ladite ‘première dame de l’Equateur’ ... Bien sûr, c'est de l'« inconscience caractérisée » mais avec une motivation bien réelle que peu de personnes veut reconnaître. Cela devrait être un aspect à révéler et à combattre.

               Ce manque de conscience vient principalement de l’éducation scolaire, qui n’apprend pas à vivre ou à coexister, mais plutôt à rivaliser et à gagner à tout prix. Dans les familles, on encourage souvent les enfants à exercer une profession qui leur assurera beaucoup d’argent. Les Églises ont une grande responsabilité dans tout cela car, étant majoritairement conservatrices, elles soutiennent consciemment et inconsciemment la droite. Elles se réfugient dans un faux spiritualisme et un manque de solidarité avec les pauvres, ce qui les rend complices de leurs défaites électorales et de leur appauvrissement. Les évêques latino-américains avaient déjà souligné cette complicité inconsciente lors de leur réunion de Puebla (Mexique, 1979) : « Cette instrumentalisation (de l’Église)… peut venir des chrétiens eux-mêmes et même des prêtres et des religieux, quand ils annoncent un Évangile sans implications économiques, sociales, culturelles et politiques. En pratique, cette mutilation équivaut à une certaine collusion (ou complicité) – bien qu’inconsciente – avec l’ordre établi » (558).

              Reprenons notre bâton des « pèlerins de l’espérance ». Jésus de Nazareth nous dit que le salut vient des pauvres, unis, organisés, conscients, courageux, amoureux de Dieu. C'est ensemble avec ces gens pauvres et dignes que nous pouvons changer notre pays. Pour leur dignité et protagonisme, nous devons travailler et lutter sans relâche. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés ni regarder ailleurs, alors que les trois quarts de notre pays souffrent de la faim et de la pauvreté. Le chômage et l’inconscience sont les deux plus grands ennemis de notre pays… Au cours des 8 dernières années, nous les avons laissés prospérer de manière incontrôlée. Voici les batailles que nous devons mener si nous voulons parvenir à un changement significatif : donner aux pauvres les moyens de prendre leur destin en main. C’est la tâche qui nous attend. Le Parti de la Révolution Citoyenne est plus apte que celui de Noboa à progresser vers ces objectifs.

Tout cela exige de nous un plus grand engagement humain et chrétien dans les domaines sociaux et politiques. Nous devons dénoncer la perversité de la droite avec ses mensonges flagrants et son exploitation criminelle. Nous devons découvrir les motivations cachées et inconscientes qui nous poussent à avoir plus au lieu d’être plus et meilleur. Nous devons examiner les implications du Royaume dans les circonstances actuelles du pays, afin de ne pas devenir complices de malheurs plus pauvres. Nous devons continuer à aider les pauvres à ouvrir les yeux sur les causes structurelles de leur appauvrissement, à réveiller leur dignité endormie, à revendiquer leurs droits et à s’approprier le rôle qui leur revient, car « leur appartient le Royaume de Dieu » qui commence sur la terre.

 

AVEC HOMERO PARIANT EN GRAND, Pedro Pierre 

Mon meilleur ami équatorien, Homero Poveda Muñoz, qui fut mon maître tant dans le domaine ecclésiastique que social, vient de décéder. Il était originaire de Riobamba. Je l'ai rencontré il y a exactement 60 ans lorsqu'il est arrivé au grand séminaire où j'ai étudié pendant 5 ans. C'était dans la capitale de la région montagneuse du centre-sud de la France, l'Auvergne, où je suis né de parents petits paysans qui parlaient l'occitan. Je suis devenu ami de cœur avec Homero. Quelques années après avoir été ordonné prêtre, il m’a invité à aller travailler avec lui à Guayaquil, où je suis arrivé en 1976.

Nous avons rejoint un groupe de 6 paroisses qui travaillaient dans la ligne pastorale de Monseigneur Leonidas Proaño. Le Concile Vatican II avait été pour lui l’occasion d’un grand changement : le service de l’Église des Pauvres en Amérique Latine. Avec Homero, nous avions vécu ce changement dans les dernières années du séminaire. Ensemble, nous approfondissions le Concile qui, sous la conduite du Pape Jean XXIII, a guidé l’Église catholique à revenir à ses sources : Jésus de Nazareth, le Royaume et les premières communautés chrétiennes. Jean 23 voulait que toute l’Église « soit l’Église des pauvres », dépouillée de toute richesse et au service de l’humanisation de toute l’Humanité.

Homero me fit rencontrer et connaître Monseigneur Proaño, qui s'engageait depuis son diocèse de Chimborazo à promouvoir les Communautés Ecclésiales de Base (CEBs) dans tout le pays. Son objectif était que l'Église d'Équateur fasse de l'option pour les pauvres, c'est-à-dire une option pour une pauvreté digne, pour les causes des pauvres et pour la lutte contre la misère. Monseigneur Proaño nous montrait le chemin : « Les CEBs marchent avec leurs deux pieds : celui de la Communauté Chrétienne et celui de l’Organisation Populaire ». En 1979, la première réunion nationale des CEBs urbaines avait lieu à Riobamba et, dans les années suivantes, s’intégraient les CEBs rurales, indiennes et noires. En 1984, la 2e Rencontre Continentale des CEBs avait lieu à Cuenca, en Equateur.

Homero et moi n’avons jamais cessé de nous soutenir mutuellement pour multiplier les CEBs au niveau national et aider les pauvres à sortir de leur misère. Les CEBs se sont développées dans 12 villes du pays et dans les campagnes de 12 provinces, dans les communautés indigènes du pays où elles s'appelant « Églises Vivantes », parmi les noirs d'Esmeraldas et partout où ils ont migré. En 2021, l’Assemblée ecclésiale d’Amérique Latine et des Caraïbes a reconnu que les CEBs sont « une expérience d’Église synodale », modèles pour le renouveau de l’Église entière. Cette année, nous allons célébrer le 50e anniversaire des CEB d'Équateur à Riobamba. Malheureusement, Homero ne sera pas physiquement présent…

Avec Homero nous avons développé l’engagement social de la foi et l’engagement politique des chrétiens. Depuis 1979, avec le retour de la démocratie en Équateur, les CEBs ont découvert l’importance de la politique comme service du bien commun et la coexistence nationale. Nous avons appris à connaître les partis politiques et leurs idéologies, la nouveauté de la vision indigène du Bien Vivre, la nécessité d’être « sel, lumière et levain » pour un Équateur plus fraternel, plus équitable et plus inclusif. Monseigneur Proaño reconnaissait que « les pauvres, avec les peuples indigènes, sont porteur d’un projet alternatif de société. »

Homero lisait beaucoup et connaissait plusieurs langues en plus du français. Il n’a jamais cessé de lire pour connaitre et partager l’actualité ecclésiastique et sociale. Il s'est montré enthousiasmé par la lettre des évêques nicaraguayens de novembre 1979 encourageant les chrétiens à soutenir le socialisme du gouvernement sandiniste :

« Si le socialisme signifie la prééminence des intérêts de la majorité des Nicaraguayens et un modèle d’économie nationale planifiée, solidaire et progressivement participative, nous n’avons aucune objection. Un projet de société qui garantisse le destin commun des biens et des ressources du pays et qui permet, sur cette base de satisfaction des besoins fondamentaux de tous, de progresser la qualité de vie humaine, nous paraît juste.

Si le socialisme implique un pouvoir exercé à partir de la perspective des grandes majorités et de plus en plus partagé par le peuple organisé, de sorte qu’il va vers un véritable transfert du pouvoir aux classes populaires, il ne trouvera à nouveau dans la foi que motivation et soutien.

Si le socialisme conduit à des processus culturels qui éveillent la dignité de nos masses et leur donnent le courage d’assumer leurs responsabilités et de revendiquer leurs droits, c’est une humanisation qui converge avec la dignité humaine proclamée par notre foi.

En ce qui concerne la lutte entre les classes sociales, nous croyons qu’une chose est le fait dynamique de la lutte des classes, qui doit conduire à une juste transformation des structures ; une autre est la haine de classe, qui est dirigée contre les personnes et contredit radicalement le devoir chrétien d’être gouverné par l’amour. »

               Homero nous laisse un grand héritage qui nous éclaire dans les temps actuels pour nous confirmer dans la nécessité de faire nôtres les causes des pauvres, à la fois pour renouveler nos Églises et pour construire un Équateur meilleur. Il éclaire notre engagement envers les pauvres et les peuples autochtones en faveur d’un éco-socialisme du Bien Vivre indien qui restitue à tous, et en particulier à la grande majorité, leur dignité et leurs droits à vivre mieux.

 

“G1, G2, G3 Y G4”, Pedro Pierre

L'expression originale est « G7 », qui désigne le « Groupe des 7 pays les plus industrialisés » de la planète, c'est-à-dire ceux qui décident de la direction de l'économie mondiale… pour leur propre bénéfice. Tout change lorsque Donald Trump devient président des États-Unis lorsqu’il déclare « Amérique du Nord, Première ! », car depuis plusieurs années, l’hégémonie américaine s’effondre dans tous les domaines : politiquement, de plus en plus de pays s’affranchissent de la domination nordaméricaine, économiquement, la Chine est devenue la première puissance commerciale; militairement, la Russie possède les armes les plus sophistiquées et les plus avancées ; et socialement, la situation est de plus en plus chaotique à cause du chômage, de la violence, du racisme, de la perte de valeur du dollar… Trump veut être le « G1 », c’est-à-dire celui tout seul qui rendra l’hégémonie mondiale à l’empire américain…

Les présidents américains précédents voulaient détruire l’économie russe avec le soutien de l’OTAN (Organisation du Traité -militaire- de l’Atlantique Nord) et de l’Europe. C’est pourquoi ils lancent une guerre entre l’Ukraine et la Russie, avec d’un côté l’aide militaire et financière des États-Unis et de l’Europe, et d’un autre avec des sanctions économiques contre la Russie, la destruction de l’oléoduc russe qui amenait le pétrole et le gaz en Europe, etc. … Mais la Russie montre que son économie est toujours en croissance, que les armes américaines et européennes sont le blanc toujours détruit de l’armée russe… et les Ukrainiens paient le prix fort en morts, en destruction et en perte de plusieurs régions pour la folie de leur président nazi… Trump promeut exclusivement le « G2 », c’est-à-dire, le « Groupe des 2 », lui et le président russe Poutine pour parvenir à la fin de la guerre, en humiliant les dirigeants européens qui ne participent pas aux pourparlers de paix (« Le diable paie toujours mal ses fidèles ! »)… Trump veut aussi rouvrir le commerce avec la Russie sur les « terres rares » nécessaires aux appareils technologiques actuels et à d’autres matériaux comme les diamants… et certaines technologies russes.

Quant au « G3 », c’est avec la Chine. La guerre en Ukraine a été programmée pour affaiblir la Russie (et soumettre l’Europe), mais aussi pour obliger Poutine à mettre un terme à son alliance avec la Chine. En réalité, le lien entre la Chine et la Russie a été renforcé, par exemple grâce à l’oléoduc russe de 4 000 km qui transporte du pétrole et du gaz vers la Chine. Après la fin de la guerre en Ukraine, Trump prévoit de rencontrer la Chine pour harmoniser les tarifs douaniers et les échanges commerciaux entre les deux nations. C'est pourquoi Trump tente de déstabiliser leur économie en sa faveur... mais ce n'est pas si facile : jusqu'à présent, « beaucoup de bruit pour bien peu ! » La Chine est actuellement la plus grande puissance commerciale et diplomatique qui parvient à conclure des accords avec de nombreux pays. Le « G3 », USA-Russie-Chine, est plus que nécessaire en ce moment pour les États-Unis.

Et le « G4 » ? Les États-Unis devront faire face à un nouveau groupe commercial et économique composé à l'origine de quatre pays : les « BRICS », conformés par la Chine, la Russie, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud. Ces pays paient déjà leurs échanges en monnaies nationales ou avec le yuan chinois… ce qui élimine le dollar. Une dizaine de pays supplémentaires rejoignent le groupe des « BRICS » (le Venezuela, Cuba... ont demandé leur inclusion). Nous ne sommes plus dans un monde « unipolaire », c’est-à-dire avec un seul pôle, qui serait les États-Unis. Le monde a changé et Trump ne pourra guère inverser la marche en avant d'un monde « multipolaire », c'est-à-dire de plusieurs « pôles », rivaux entre eux : la Chine, la Russie, les BRICS et les USA. Le « G4 » est déjà une réalité.

Les mêmes tendances se dessinent en Équateur. Le « sauveur » d’un « Nouvel Équateur » est le porte-parole de la « minorité prétendument blanche », la plus riche du pays. L'ennemi à éliminer à tout prix est le corréisme, d'où les campagnes de haine, de mensonges, de calomnies, de persécutions, de procès, d'emprisonnements, d'exils... en abusant du pouvoir, des lois, de la Constitution et en achetant la soumission des différentes entités étatiques et des médias commerciaux. Parallèlement, de nouveaux pouvoirs émergent à travers la coordination des mouvements sociaux et populaires, de l’information alternative et de la recherche dans les médias numériques, ainsi que des Églises engagées auprès des secteurs populaires, par exemple l’Église des pauvres de Communautés Ecclésiales de Base et certains secteurs des Églises anglicanes et évangéliques. La droite et l’extrême droite équatoriennes deviennent plus violentes et fascistes à mesure que la résistance et les propositions alternatives pour la société augmentent et les déplacent.

Nous sommes dans un pays en dispute : D’un côté, la domination et l'exploitation des grands riches représentés par Daniel Noboa continuent et s'approfondissent, de l’autre, l’option pour une société alternative où il y a une plus grande distribution des biens et des richesses nationales, où les services sociaux de santé et d'éducation sont renforcés, où les emplois sont multipliés grâce aux investissements étatiques, privés et internationaux, où la corruption et le trafic de drogue sont stoppés en luttant contre le blanchiment d'argent dans les banques et la fuite des dollars vers les paradis fiscaux... comme le propose le plan de gouvernement de la Révolution Citoyenne avec Luisa González et Diego Borja.

Nous, chrétiens, cessons de soutenir ceux que Jésus dénonçait : « Ils se croient chefs des nations et agissent en dictateurs ; ils occupent des positions élevées et abusent de leur autorité. » Cessons de confirmer nos exploiteurs qui se déguisent en « doux moutons » alors qu’ils sont en fait des « loups féroces ». Comme le dit le cardinal évêque de Guayaquil, monseigneur Gerardo Cabrera, lorsque nous irons voter : « Faisons une bonne croix au bon endroit, car ensuite nous devrons la porter ! »

 

CARÊME POUR TOUS, Pierre Pierre

                Le pape François, dans son bref « Message de Carême », pose très justement le défi du moment à toute personne qui cherche un sens à sa vie : « Nous sommes tous des pèlerins dans la vie… (sur) le difficile chemin de l'esclavage à la liberté… Chacun peut se demander : suis-je vraiment en chemin ou un peu paralysé, statique, apeuré et sans espoir ; ou satisfait dans ma zone de confort ? Est-ce que je cherche des chemins de libération des situations de péché et de manque de dignité ? » Le Pape nous pose la question que nous nous sommes tous posés, chrétiens et non-chrétiens, à un moment donné : Que vais-je faire de ma vie ? Si nous ne réagissons pas clairement, d’autres réagiront à notre place afin de nous conduire dans une direction qui leur est bénéfique.

               « Nous sommes de la poussière d'étoiles ! » Durant le temps du Carême, les chrétiens se donnent environ 40 jours par an pour répondre à la question sur le sens de la vie à la lumière de Jésus-Christ. Les musulmans, deuxième religion du monde avec 1,9 milliard de fidèles, prennent un mois de jeune chaque année. En tant que chrétiens, nous centrons notre foi sur la Pâques de Jésus, c'est-à-dire sur son expérience de mort et de résurrection. « Mort et résurrection » sont les deux pôles de toute vie, tant pour les humains que pour la nature et le cosmos. Nous sommes en état de création permanente, un renouvellement constant de notre personne et de notre existence : les cellules meurent pour faire place à de nouvelles. C'est un processus permanent de « mort et de résurrection ». C'est pour la continuité de la vie sur la planète et l'univers, c'est le sens du mot « Pâques ».

               Chez l’homme, ce processus « pascal » s’applique à notre mode de vie : comment renforcer les forces de vie et de résurrection sur les forces de mort et de destruction. Notre défi est d’être « poussières d’étoiles ». D'un côté, nous sommes « poussières », c'est-à-dire faibles, limités, mauvais, mortels... De l'autre, nous sommes « poussières d'étoile », c'est-à-dire partie du processus créatif de l'univers en mouvement constant pour donner naissance à la vie et l'améliorer. C’est à cela que nous sommes appelés. C'est notre vocation ou notre défi : vivre consciemment et collectivement le processus vital de création permanente vers une vie meilleure. C'est « la mort et la résurrection », pour notre bonheur ou notre malheur si nous laissons la « mort » éteindre la « résurrection ».

               « Nous sommes des pèlerins », dit le pape François, « sur le chemin difficile de l’esclavage à la liberté » : « L’esclavage », c’est lorsque nous nous laissons vaincre par les forces du mal et de la mort ; la « liberté », c’est lorsque nous collaborons avec les forces de vie et de résurrection qui nous habitent et qui habitent l’univers. Ce progrès créatif constant est contredit et combattu par les forces du mal en chacun de nous et dans la société. À quoi et à qui donnons-nous la priorité ? Ou bien nous suivons le mode de vie ambient ou bien nous choisissons le processus de la vie et du bonheur ? La réalité est qu’il existe de nombreux courants mauvais : les projets de mort sont très bien implantés en nous, parmi nous, dans la société et dans le monde dans son ensemble. Ce sont des « structures de péché » et des « péchés sociaux » qui nous dominent si nous ne les combattons pas individuellement et collectivement.

               Soit nous choisissons consciemment et collectivement un projet de vie, soit nous nous laissons emporter et nous nous perdons dans des projets de mort dont nous nous faisons complices. Un projet de vie implique de défendre notre dignité d’êtres humains et de renforcer les relations de fraternité et de justice. C’est « l’appel des étoiles », de l’univers pour que la vie naisse et progresse sans cesse… Des appels qui attendent notre réponse, notre décision d’entrer dans cette dynamique de vie, de fraternité et de justice. La vie est une lutte continue pour la préserver et l’améliorer. Celui qui ne lutte pas pour cela a déjà perdu la bataille car il se laisse pousser par les forces et les projets de mort.

C’est pourquoi la vie de beaucoup est « une vie sans vie ! », parce qu’ils ont fait le mauvais choix ou qui permettent que d’autres choisissent peur eux ; ainsi ils restent dans des situations de destruction et de mort. Le christianisme est né d'une lutte pour la liberté, lorsque Moïse et sa masse d'esclaves décidèrent de quitter l'esclavage de l'Égypte et s’organisèrent pour conformer un peuple libre et équitable. Dans cette dynamique, ils ont fait l’expérience d’un Dieu proche, ami et compagnon de leur libération. Jésus de Nazareth a repris cette histoire et l’a confirmée dans son projet du Royaume. Telle était sa mission : construire un monde fraternel et équitable au nom du Dieu trouvé par ses ancêtres et suivi par ses compatriotes. Dans ce processus, Jésus a dû affronter les forces de la mort, tant religieuses juives que militaires romaines... qui ont gagné la bataille en le crucifiant, mais ont « perdu la guerre » parce qu'il est ressuscité dans les premières communautés chrétiennes qui ont continué son projet de Royaume... jusqu'à aujourd'hui.

« Mort et résurrection », tel est le défi actuel : un défi individuel qu’il faut assumer contre les forces du mal qui habitent en nous ainsi qu’un défi collectif, car les forces de mort sont collectivement organisées en structures et systèmes de domination. Le message du pape François est clair : « Chacun peut se demander : suis-je vraiment sur le chemin ou suis-je un peu paralysé, statique, apeuré et sans espoir ? ou satisfait dans ma zone de confort ? Est-ce que je cherche des chemins de libération des situations de péché et de manque de dignité ? »

La foi chrétienne est à la fois spirituelle et temporelle, c’est-à-dire propre au temps dans lequel nous vivons. Elle est aussi individuelle et collective : elle est personnelle et sociale avec une dimension et un impact politique, car la politique est le soin et le renforcement du bien commun d’une nation. Choisissons les forces de la vie, de la fraternité et de l’équité… ainsi nous rencontrerons Dieu qui nous aidera à faire de notre vie un chemin de résurrection permanente.

 

Articles hedomadaires du mois de janvier 2025

SOIT NOUS NOUS SAUVONS ENSEMBLE, SOIT NOUS NOUS PERDONS TOUS, Pedro Pierre

Avec l’année 2025 nous entrons dans 8 années de désastres et de désastres croissants. Avec les élections présidentielles et législatives en février, nous avons la possibilité de changer de cap sur le plan personnel et national ou de nous enfoncer davantage dans de nouvelles calamités. Pour trouver des remèdes à notre situation catastrophique actuelle, nous devons reconnaître les causes et les responsables qui ont produit une telle situation, ceux qui y ont collaboré et ceux qui ont été complices d'une telle tragédie.

               Le pire malheur dont nous souffrons est le manque d’emploi : 3 personnes en âge de travailler sur 4

n’ont pas d’emploi. Ceci est là la cause majeure de la situation actuelle. Le principal responsable de ce chômage est le système capitaliste néolibéral mis en place dans le pays et confirmé par nos votes successifs. C’est nous l’avons appuyé parce que, d'une part, nous avons permis au président Moreno de trahir sa campagne électorale, de trahir le parti politique qui lui a permis d'être élu et de trahir le vote majoritaire des Équatoriens. Nous ne l’avons pas renvoyé chez lui… et nous avons confirmé par un référendum la suppression des garanties qui nous protégeaient en tant que citoyens : le comble de notre aveuglement. Nous avons ensuite élu un banquier puis la plus grande fortune du pays. Nous les avons laissés piller notre pays, tandis qu’ils envoyaient leur argent dans les paradis fiscaux. Nous avons laissé le gouvernement de Moreno conclure des accords avec les responsables du crime organisé. Nous avons permis au gouvernement de Lasso de conclure une alliance avec les mafias internationales de la drogue. Et nous laissons le gouvernement de Noboa faire ce qu'il veut avec la constitution, les différents pouvoirs de l'État et avec les massacres de jeunes et d'enfants. Durant ces 3 derniers gouvernements nous avons aussi permis aux grands médias de nous mentir, de nous manipuler et de nous maltraiter...

               Cela se produit parce que deux Équatoriens sur trois souffrent de pauvreté, tandis qu'un tiers réussit plus mal que bien à s'en sortir. La survie des deux tiers les empêche de connaître la réalité et de lutter contre l’oppression : cette survie détruit leurs corps et leurs esprits. C’est ce tiers qui reste, le principal responsable des malheurs actuels, car nous avons égoïstement appliqué le « chacun pour soi » et nous n’avons pas empêché les 2 tiers des Équatoriens de tomber dans la pire situation qu’une nation puisse souffrir. Il s'agit maintenant de sauver ces 2 tiers, car si nous ne le faisons pas, nous allons continuer de mal en pis. Nous soutenons le 1% qui nous gouverne, ou plutôt qui gouverne pour lui. Tout cela doit nous aider à découvrir que nous sommes responsables de la pauvreté physique et mentale de 2 tiers des Équatoriens, par omission, égoïsme, indifférence, mépris, passivité, conformisme...

               Nous sommes tous la nation même si la majorité d’entre ne s’en rendent pas compte, en particulier parce que nous les avons abandonnés à leur sort et à leur mort. S’ils sont ignorants, c’est parce que nous ne les avons pas aidés à ouvrir les yeux, à aller à l’école et à l’université. S’ils sont ignorants, c’est parce que nous ne les avons pas aidés à comprendre que ceux qui nous gouvernent nous veulent ignorants, malades, au chômage, sans maison, sans droits fondamentaux. C'est cela qu'il faut bannir. Tant que nous ne nous engagerons pas sur la voie d’un Équateur différent, plus inclusif de tous ses citoyens, plus participatif dans les décisions, plus équitable dans la répartition des richesses, nos malheurs augmenteront. Ensemble, nous devons nous responsabiliser avec ce qui nous appartient, c'est-à-dire l'organisation de notre pays.

               Décidons-nous à élire un gouvernement qui redonne leur place à la santé, l'éducation, le logement, l'emploi, mais surtout à l'organisation de notre pays. Il s’agit de l'organisation dans notre famille, entre voisins, avec nos collègues de travail. Ainsi nous apprendrons a partager nos connaissances, notre pouvoir et nos avoirs afin de construire l'Équateur que nous voulons et méritons. Il n'y a pas de temps à perdre : soit nous avançons dans ces voies, soit nous continuerons de nous critiquer et de nous opposer les uns aux autres, jusqu'à disparaître en tant que pays... tout comme ce qui se passe en Haïti. Soit nous travaillons à nous sauver ensemble, soit nous courons tous à notre perte. C'est le défi du moment et des élections à venir.

               Le pape François invite les catholiques et les hommes et femmes de bonne volonté à faire de 2025 une « année d'espérance ». La transformation radicale de l’Équateur est une tâche urgente pour faire naitre l’espoir et la réalité d’une vie meilleure pour tous.

 

L'ESPÉRANCE QUI NE TROMPE PAS, Pedro Pierre

            Avez-vous une espérance qui ne meurt pas ? Cela vaut la peine de réfléchir si nous nous sommes posés une telle question. Quelle est la plus grande certitude dont nous disposons ? La crise mondiale et multiple actuelle qui balaie nombre de nos certitudes, nous impose de disposer de bases solides qui nous soutiennent, nous guident, nous encouragent. Notre époque apparait sans beaucoup d’espérance : c’est tout un « système de péché » qui nous assiège.

               L’agonie du système capitaliste, principal responsable de nos maux, va être longue. Il cherche tous les moyens à sa disposition, notamment les pires, pour survivre. Son hégémonie est partout remise en question : jamais le gouvernement américain n’a eu autant de pays contre lui. Il n’a aucun problème à fomenter des guerres dans n’importe quel pays pour éviter de passer à un monde multipolaire, c’est-à-dire avec plusieurs équipiers, afin de maintenir sa domination sur le commerce mondial. Il déclenche la guerre en Ukraine pour affaiblir la Russie, après avoir soumis et affaibli l’Europe. Contre l’humanité entière, il soutient le génocide à Gaza et au Moyen-Orient pour continuer à contrôler le pétrole et le gaz des pays arabes. Il veut monopoliser le pétrole du Venezuela. Il cherche à perturber l'alliance des « BRICS » : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Il renforce ses bases militaires – quelque 800 – sur toute la planète ; organise des traités avec les pays asiatiques et océaniques pour encercler la Chine. Il revient contrôler les gouvernements d'Amérique latine après une étape progressive : nous le voyons au Pérou et nous le subissons en Équateur.

               Au niveau ecclésial, le pape François dénonce tous les impérialismes : de l'argent, des armes, de la communication, de la culture... qui veulent uniformiser tout le monde à travers une seule pensée résumée dans le projet de Donald Trump : « L'Amérique d'abord ! » Ils sont considérés comme les « États-Unis d'Amérique du Nord » et leur président à la tête dérangée multiplie les affirmations les plus insolites : assumer l'administration du canal de Panama, acheter le Groenland, intégrer le Canada aux États-Unis, faire la guerre à la Chine, expulser des millions de Latino-Américains, occuper Les Galapagos, comme pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l'approbation du président Noboa, bombarder l'Iran...

              Les temps nouveaux exigent une Église renouvelée, mais le Synode sur la Synodalité, au cours d'un processus de trois ans, « a donné naissance à une souris » parce que la dynamique de la majorité du clergé et les réponses des catholiques ont été très faibles et souvent contraires. Face à cette situation plutôt catastrophique, le pape François nous propose de faire de 2025 « l’année de l’espérance ». Il reprend l’expression de saint Paul qui écrivait : « Notre espérance ne déçoit pas ». En outre, il la relie a la réalisation d'une année jubilaire, selon la tradition biblique et le projet de Jésus proclamé par Jésus dans son premier discours programmatique à Nazareth. Le « Jubilé » confirmait « l'espérance » du Peuple de Jésus dans un monde plus juste. Les chrétiens sont-ils déterminés à relever un tel défi ? comme l’écrivait saint Pierre : « Sachez donner raison à votre espérance ».

               Mais de quelle espérance parlons-nous dans une société et une l’Église où règnent beaucoup d’indifférence, d’individualisme, de conformisme, da passivité avec le mal qui en résulte ? Quels sont les groupes chrétiens qui sont des témoignages d’espérance ? Quelles sont les organisations sociales nationales et les institutions internationales qui sont des signes d’espoir ?

               L'enfant de Bethléem est venu nous apporter une Bonne Nouvelle, tout comme les anges l'annonçaient aux bergers. La Bonne Nouvelle de Jésus est l'arrivée du Royaume de Dieu, c'est-à-dire la mise marche avec lui d'un Mouvement qui sera fondé sur l'amour sans frontières, le partage équitable, le respect de la nature, la libération des opprimés... parce que Dieu est père et mère et veut tout rendre nouveau. Jésus incarne la volonté de Dieu qui part des petits, des humbles, des pauvres et de ceux qui choisissent leur cause. C'est le message déposé dans l'Enfant de Bethléem et qu’il a confirmé dans la synagogue de Nazareth quand il avait 30 ans.

Les autorités religieuses et militaires de Palestine n'ont pas pu supporter ce Mouvement pendant plus de 3 ans... alors qu'il était enraciné dans la tradition biblique du Jubilé et dans le cœur humain. Le Jubilée était une grande célébration qui eut lieu, de manière irrégulière, tous les 50 ans selon les lois en vigueur dans « l'Ancien Testament ». Il consistait en 4 actions majeures : Libérer les esclaves, remettre les dettes, laisser la terre reposer pendant un an et, pour ceux qui l'avaient perdue, récupérer leur propriété familial… car, Dieu dit dans la Bible : « Je vous ai sortis de la maison d’esclavage (Égypte) » – « Il ne devrait y avoir aucun pauvre parmi vous » – « La terre ne peut être achetée ni vendue parce qu’elle est à moi » – « N’ayez pas peur et ne soyez pas consternés, car l’Éternel, votre Dieu, est avec vous " …

C’est le projet que Jésus a commencé à concrétiser. Plusieurs groupes de ses compatriotes dans les 3 provinces de Palestine, menés par une douzaine de ses apôtres et plusieurs centaines de ses disciples, ont cru en lui et ont eu confiance dans la capacité de ce projet de Royaume biblique à réussir. Ils ont décidé de s'unir en Communautés pour témoigner de Jésus et mettre en pratique son projet du Royaume : c'était leur espérance la plus sûrs. Alors ils se sont répandus dans tout l'Empire romain. Les chrétiens d’Amérique Latine sommes les héritiers de ce projet triplement millénaire. Est-ce toujours notre plus grande espérance ? Ou l’avons-nous ignoré, rejeté, reporté ? Le Pape François frappe une fois de plus aux portes de nos cœurs, de nos familles, de nos groupes et de nos Églises. « C'est l'espérance qui ne déçoit pas », nous dit-il... Ou sommes-nous occupés à autre chose, désillusionnés par les grandes causes de l'humanité et par nos propres vies ? Réveillons en nous « l'espérance qui ne déçoit pas » ; Vivons pour le Royaume, ce projet de société dont nous avons tant besoin. Bonne année 2025 pleine d'espérance !

 

CHRÉTIENS POUR UN MEILLEUR ÉQUATEUR, Pierre-Pierre

                En Amérique Latine, la théologie de la libération a assumé les options d'une Église née des Communautés Ecclésiales de Base (CEBs), l'Église des Pauvres, rêvée par le Pape du Concile, Jean 23. Les CEBs représentent une plus grande fidélité au projet de Jésus de Nazareth, continué par les premières communautés chrétiennes : construire le Royaume de Dieu -c’est-à-dire la fraternité universelle- à partir des pauvres et de ceux d'entre nous qui choisissent de faire siennes les causes des pauvres. En 2021, l’Assemblée ecclésiale de l’Amérique latine et des Caraïbes, réunie au Mexique, a reconnu les CEBs comme « un exemple d’Église synodale », c’est-à-dire plus conforme à la parole, au témoignage de Jésus et a l’Evangile du Royaume.

               Depuis leurs débuts il y a 70 ans au Brésil, les CEBs témoignent de leur option pour les pauvres, du bien-fondé de la pauvreté lorsqu’elle est digne et de leur lutte contre la misère. C’est pour cette raison qu’à l’occasion des élections nationales, les CEBs se sont toujours identifiés aux mouvements sociaux et aux partis politiques opposés au néolibéralisme qui appauvrit et saigne notre peuple. Face aux prochaines élections présidentielles et législatives, la CEB « Abel Tacuri » de Guayaquil vient de publier une « Communication » pour faire connaître son point de vue et son option de vote. Voici le texte de ladite « Communication ».

« Nos salutations cordiales et solidaires à ceux qui rêvent et travaillent pour un Équateur meilleur.

NOUS NE POUVONS PAS CONTINUER COMME NOUS SOMMES AUJOURD’HUI

Nous nous trouvons dans une situation de plus en plus catastrophique en raison du néolibéralisme appliqué par les 3 derniers gouvernements. Pour construire un Équateur différent, nous nous unissons à ceux qui se reconnaissent comme humanistes, militants sociaux, chrétiens engagés pour la cause des pauvres, hommes et femmes de bonne volonté.

Nous accusons le néolibéralisme d’être la principale cause de nos malheurs. Sur les 16 partis qui présentent des candidats, seuls 3 ne sont pas basés sur le néolibéralisme : la Révolution citoyenne (5), Pachakutik (18) et le Parti socialiste équatorien (17).

Avec l'assassinat, l’an dernier, du candidat Fernando Villavicencio, nous savons que les néolibéraux sont capables de tout pour gagner à nouveau.

UN SEUL PARTI EST CAPABLE DE VAINCRE LE NÉOLIBÉRALISME

Le seul parti capable de vaincre Daniel Noboa à l’heure actuelle est la « Révolution Citoyenne ».

Si le parti du président gagne, il approfondira le chemin qu'il a suivi depuis un an : plus de pauvreté, plus de violence, plus de chômage, plus de non-respect des lois et de la Constitution, plus de mensonges, plus de promesses trompeuses, plus de migration, plus de mépris envers les femmes, davantage de capitulation du pays face aux sociétés transnationales, davantage de disparitions, davantage de répression et davantage de morts.

Les évêques brésiliens du « Dialogue pour le Royaume », lors des dernières élections, ont invité les  brésiliens à voter pour Lula da Silva. Ils ont écrit : ‘Nous sommes confrontés à « deux projets au Brésil, l'un démocratique et l'autre autoritaire ; l'un engagé dans la défense de la vie, à partir des pauvres, l'autre engagé dans « l'économie qui tue » (Pape François) ; un qui s'occupe de l'éducation, de la santé, du travail, de l'alimentation, de la culture, un autre qui méprise les politiques publiques, parce qu'il méprise les pauvres. Nous devons choisir consciemment et sereinement, car il n’y a pas de place pour la neutralité.’

IL N’Y A QU’UNE SEULE VOIE CONTRE LE FASCISME

Que Dieu nous éclaire pour que nous votions pour notre dignité personnelle, la grandeur de notre Peuple et la souveraineté nationale afin de bannir le système de mort qui nous tue lentement et violemment. »

En Équateur, au cours de 50 ans de marche en tant que CEBs et Église des pauvres, nous nous sentons confirmés par nos évêques, le Pape François et Jésus lui-même. Saint Paul écrivait aux chrétiens de Corinthe : « Dieu a choisi ce que le monde considère comme insensé pour confondre les sages, et il a pris ce qui est faible dans ce monde pour confondre ce qui est fort. Dieu a choisi ce qui est commun et méprisé dans ce monde, ce qui n’est rien, pour réduire à néant ce qui est ».

En manifestant la dimension politique de la foi chrétienne, nous concrétisons ce que nos évêques latino-américains ont dit à Puebla (Mexique, 1979) : « Nous invitons chacun, sans distinction de classe, à accepter et à prendre en charge la cause des pauvres, comme s’il acceptait et reprenait sa propre cause, qui est la cause même du même Jésus-Christ ». Le Pape François a confirmé une telle option : « Nous devons nous impliquer dans la politique parce que la politique est l'une des formes les plus élevées de la charité, parce qu'elle recherche le bien commun. Les laïcs chrétiens doivent travailler en politique ».

 

UNE GRANDE PERSONNALITE SUDAMERICAINE SE RETIRE, Pierre-Pierre

Il s’agit de l’ex-président uruguayen José Mujica dont la mort a été faussement annoncée il y a quelques jours. Il est vrai qu'à 89 ans, il souffre d'un cancer qui s'est aggravé ces derniers mois. En outre, il a lui-même indiqué qu'il se retirait de la vie publique et qu'il ne pouvait plus donner d'interviews. Voici ce qu’il a récemment communiqués :

"La vie m'a donné de nombreuses récompenses.  La principale est que je suis à quatre mois d'avoir 90 ans. Regardez la vie que j'ai eue."

"La vie est une belle aventure et un miracle. Nous sommes trop concentrés sur la richesse et non sur le bonheur. Nous nous concentrons uniquement sur les choses et, quand vous voulez vous en souvenir, votre vie est allée en enfer."

"Je vais mourir ici. Il y a un gros séquoia là-bas. Manuela [sa chienne] est enterrée à ses pieds. Je fais des démarches pour qu'on puisse m'enterrer là-bas aussi."

"Mes admirateurs doivent comprendre que le temps est inexorable et qu'il y a un moment où il faut ouvrir la porte aux autres générations et ne pas gêner. Ma seule préoccupation est qu'ils aient une attitude de renouveau permanent, car ce qui vient est très différent de ce qu'il y avait hier."

"Ce que je veux, c'est dire au revoir à mes compatriotes. Je veux leur laisser un feu nouveau. Il est facile d'avoir du respect pour ceux qui pensent comme vous, mais il faut apprendre que le fondement de la démocratie est le respect de ceux qui pensent différemment de vous. La première catégorie est constituée de mes compatriotes et je leur dis à tous au revoir. »

Face à la fausse nouvelle de sa mort, Gustavo Petro, président de la Colombie, et Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, ont exprimé leurs sentiments de gratitude qui révèlent le caractère extraordinaire de José Mujica. Ils ont dit respectivement : "Au revoir, ami Pepe, et toujours jusqu'à la victoire". Et "Merci pour ta simplicité, ta modestie, ta sagesse, tes réflexions. Merci également de représenter un symbole pour toute l'Amérique latine et, je crois, pour le monde entier".

La vie politique de Pepe Mujica a commencé au début des années 1960 lorsqu'il a fondé « l'Union populaire » avec d'autres collègues, ainsi que le ‘Parti socialiste d'Uruguay’ et le groupe ‘Nouvelles Bases’. Il avait alors environ 30 ans. Au cours de cette décennie, il entra dans le « Mouvement de libération nationale (MLN)-Tupamaros ». Ayant participé à des opérations de guérilla, il passa à la clandestinité. Blessé, il fut arrêté et incarcéré à la prison de Punta Carretas. Evadé à plusieurs reprises, il retourna dans cette prison ou il resta 15 ans.

Libéré en 1985 il a créé avec des membres du MLN et des partis de gauche, le « Mouvement de participation populaire » (MPP), au sein du ‘Front de gauche’. Aux élections de 1994, il fut élu député de Montevideo et aux élections de 1999, sénateur. En 2005, il est nommé ministre de l'Élevage, de l'Agriculture et de la Pêche par le Président de la République, Tabaré Vásquez, ministère qu’il quitte en 2008.

C'est en 2005 qu'il épouse Lucía Topolansky, leader historique du ‘Mouvement de participation populaire’, qui sera vice-présidente de l'Uruguay entre 2017 et 2020. Ils vivent ensemble dans une ferme de la région de Rincón del Cerro dans des conditions modestes, 45 mètres carrés construits, et ils se consacrent à la culture des fleurs pour gagner leur vie.

En 2008, après avoir été élu président de la République jusqu'en 2015, Pepe et son épouse décident de rester chez eux. Il voyageait toujours en deuxième classe lors de ses transferts officiels. Sa fortune personnelle en 2010, lorsqu'il a pris ses fonctions, était une voiture Volkswagen de 1987 évalué à 1 800 dollars. Il faisait don de 90% de son salaire de président. Il a lui-même commenté : « Je ne suis pas pauvre, je suis sobre, léger de bagages. Je vis avec juste ce qu'il faut pour que mes biens ne me volent pas ma liberté ».

En 2013, le journal nord-américain The Economist a déclaré l'Uruguay « pays de l'année » et a qualifié d'admirables les réformes libérales adoptées cette année-là par le gouvernement du président José Mujica : le mariage homosexuel, la légalisation et réglementation de la production, la vente et la consommation de marijuana.
               José Mujica fait partie de ces grands présidents des 2 premières décennies du nouveau millénaire aux côtés de Lula da Silva du Brésil, Manuel Zelaya du Honduras, Hugo Chávez et Nicolás Maduro du Venezuela, Evo Morales de Bolivie, Rafael Correa de l'Équateur… qui ont transformé leur pays et réalisé de grands progrès sociaux, réduisant dans leurs pays la pauvreté de 20 % en moyenne. Ils ont réussi à initier l’intégration latino-américaine avec l’ALBA (Alliance bolivarienne des Amériques), la CELAC (Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes) et d’autres projets financiers et de sécurité communs. Au fil des années, seul le Venezuela a maintenu cette ligne de progrès pour la grande majorité, malgré le blocus nord-américain. Sa croissance nationale en 2024 était de 9 % et elle exporte des produits alimentaires. La violence et le trafic de drogue n'ont pas envahi le pays comme c'est le cas en Équateur avec la complicité des 3 derniers gouvernements.

               Espérons que les prochaines élections marqueront un retour sur la voie ouverte par José Mujica et Rafael Correa !

 

NOUS SOMMES TROMPHANTS ! Pierre-Pierre

               "Triomphants! Telle est la situation dans laquelle se trouvent les candidats de la Révolution Citoyenne (parti politique de Rafael Correa, ancien président) en ce moment, à 10 jours des élections nationales : Nous triomphons ! Les sondages du parti de Luisa González et Diego Borja et des sondeurs équatoriens fiables reconnaissent que Luisa et Diego ont une moyenne de 47% d'intention de vote tandis que le candidat-présidentielle actuel ne dépasse pas 32%. Cela signifie que la Révolution citoyenne remporte les élections du 9 février le premier tour. Les médias gouvernementaux veulent nous faire croire le contraire tandis que président- candidat dépense des millions en publicité... avec l’argent des contribuables équatoriens.

               Telle était la réalité lors des élections de l'année dernière, lorsque le candidat présidentiel Fernando Villavicencio a été assassiné. Le binôme de la Revolution Citoyenne, comme aujourd’hui, s’imposait dès le premier tour. Mais les assassinats de Villavicencio et de 10 de ses tueurs en prison, étaient imputés a Rafael Correa comme auteur intellectuel, alors que la candidature de Villavicencio ne représentait pas un danger pour le binôme de la Révolution Citoyenne. Ce mensonge grossier a fait chuter le nombre d'électeurs en sa faveur, permettant ainsi au président actuel de l'emporter. C'est la « fraude émotionnelle » dont a profité Daniel Noboa. C'est pourquoi il est un président illégitime. De plus, si en un an il a détruit le pays, que serons-nous s’il reste encore 4 ans ?

               Dans la situation présente, la candidate qui enlève des points au président-candidat est Andrea González. C'est pourquoi elle subit des pressions pour se retirer et reçoit des menaces de mort, comme cela vient de se produire Machala où elle a dû quitter une caravane dans laquelle elle faisait la promotion de sa candidature. Que vont faire les assesseurs de Noboa pour le faire gagner a nouveau, vu que l'année dernière ils ont fait tuer 11 personnes pour atteindre leur objectif ?... Mais les gens sont préparés pour ne pas se laisser tromper par une nouvelle surprise. D’un autre côté, le procureur n’enquête sur personne pour ces crimes horribles. Qui est-il en train de protéger ?

               Rosita, une voisine, est très claire sur la campagne électorale en cours : « Arrêtons de parler de Correa 8 ans après son départ pour la Belgique ! Arrêtons de parler contre le Venezuela, car ils sont bien mieux lotis que nous ! Notre problème est le désastre que nous subissons à cause des 3 derniers chefs d’Etat : traîtres, voleurs, menteurs et trafiquants de drogue. Je ne suis pas Correísta, mais je vais voter pour Luisa et pour la liste 5, car je ne veux pas perdre ma voix ni permettre au président actuel de continuer à détruire le pays. Il n’y a pas d’autre alternative pour remettre l’Équateur sur la voie du progrès. Il faut passer d’un vote émotionnel à un vote utile pour le pays. »

               Ouvrons la réflexion : « Les partis d'extrême droite ne peuvent pas être élus par les chrétiens. Le nationalisme ethnique est incompatible avec les valeurs fondamentales du christianisme", ont écrit les évêques allemands lors de leur dernière élection présidentielle. Le coq ne chante pas plus clairement ! En Équateur, le « nationalisme ethnique » est le fascisme dictatorial actuel du gouvernement qui ne respecte ni la loi, ni la Constitution, ni sa propre parole, mais les ‘valeurs fondamentales du christianisme’ qui sont le respect des personnes et le service de la convivialité citoyenne. En ce mois de janvier en Equateur, nous avons dépassé tous les niveaux de violence, de chômage, d’assassinats à gages, d’extorsion, de récession économique, de désastre en matière de santé et d’éducation. Où vont finir les 30 000 migrants équatoriens qui sont expulsés des États-Unis et qui ont commencé à arriver dans notre pays ?

               Personnellement, je fais confiance à la sagesse du peuple équatorien... Il subit de nombreux abus, mais il ne se laisse pas submerger. Il l'a démontré au début du siècle en défenestrant 3 présidents et en ne laissant pas approuver l'Accord de Libre-Echange favorable aux États-Unis. Il a confirmé Rafael Correa lors de plus de 10 élections. Il l'a également démontré l'année dernière en faisant pression sur l'Assemblée pour qu'elle poursuive le président Lasso qui a préféré quitter le palais présidentiel. Il l'a démontré l’an dernier lors de la Consultation populaire en votant ‘non’ sur deux questions qui allaient nuire à la majorité des Équatoriens. Il le démontre actuellement dans les sondages actuels en donnant un avantage de 15 points à Luisa González et Diego Borja. Il le confirme également en prévoyant de voter pour les membres de l'Assemblée de la liste 5.

               Restons confiants qu’un avenir meilleur s’offre à nous, où la peur et la tromperie ne seront plus que de mauvais souvenirs. Continuons à être conscients que nous gagnons ces élections en luttons contre l'ignorance qui nous rend stupides. C'est ce que veulent la plupart des candidats : un peuple ignorant et stupide qu'ils peuvent manipuler à leur guise. Confirmons le chemin qui construit un Équateur meilleur auquel nous participerons et collaborerons pour qu'il nous apporte des jours meilleurs et une vie plus heureuse. D’autres pays – y compris les chrétiens – rejettent le fascisme néolibéral et vivent bien mieux que nous. Nous reprenons le chemin que nous méritons parce que ‘nous sommes triomphants’.

 

lunes, 3 de febrero de 2025

Opción por los pobres - Roma, 1989.


UNIVERSIDAD PONTIFICAL GREGORIANA

 Facultad de Teología


‘LA OPCION POR LOS POBRES A PARTIR DEL 

DOCUMENTO DE PUEBLA’

 P. Pierre RIOUFFRAIT

Tesina de Licencia en Teología Dogmática

Profesor: P. Félix PASTOR

"Nos inclinamos con silencioso respeto ante los marginales de América Latina".

Cardenal Stephen KIM.

Cardenal Stephen KIM, "Los efectos de la teología de la liberación en Asia",

Páginas 93 (1988) 45. Es arzobispo de Seúl y primado de Corea.


Í N D I C E


Introducción

Primera parte:

SIGNIFICADO DE LA EXPRESION                                                                                                 

1.     Antecedentes inmediatos a la opción por los pobres

2.     Sentido de la expresión 'opción por los pobres'.

Segunda parte: FUNDAMENTOS BIBLICOS

1.     Las citas bíblicas sobre la opción por los pobres

2.     La centralidad de Jesucristo y de su opción por los pobres

Tercera parte: LA DIMENSION TEOLOGICA

1.     La irrupción de los pobres como 'signos de los tiempos'

2.     Los pobres como sacramento del reino

3.     El reinado de Dios es el reinado de los pobres

4.     Los pobres meta de la conversión cristiana

Cuarta parte: DIMENSION PASTORAL

1.     La opción por los pobres ha sido una constante en la iglesia

2.     Un nuevo modo de leer, pensar y vivir el evangelio

Conclusión: UN RETO A LA ESPERANZA

Índice detallado

Escritor francés Georges Bernanos (1888-1948) :

“Yo digo que el mundo será salvado por los pobres,

aquellos que la sociedad moderna va eliminando sin destruirlos,

porque no son más capaces de adaptarse a ella que ella de asimilarlos,

hasta que su ingeniosa paciencia, tarde o temprano, venza su ferocidad...

Entonces tal vez se cumpla la palabra de Dios, ‘los mansos simplemente poseerán la tierra’,

porque no habrán perdido el hábito de la esperanza en un mundo de desesperados. »

‘Les enfants humiliés’ (Los niños humillados), Ed. Gallimard, 1949.

LA OPCION POR LOS POBRES A PARTIRDEL DOCUMENTO DE PUEBLA

INRODUCCION

El nombre de 'Puebla', ciudad de México, evoca el lugar donde tuvo lugar la tercera Conferencia General del Episcopado Latinoamericano, en 1979. Luego, paso a significar el 'Documento' que recogió las conclusiones de dicha reunión (1). Este Documento fue el origen de la expresión 'Opción por los pobres', como lo precisa diciendo: "la opción preferencial por los pobres", a partir del capítulo dedicado a este tema.

La reunión de Puebla fue organizada por el Consejo Episcopal Latinoamericano (CELAM) cuyo presidente era el Cardenal Aloisio Lorscheider, igualmente presidente en este entonces de la Conferencia Nacional de los Obispos de Brasil. El tema fue: "La evangelización en el presente y el futuro de América Latina". La preparación de esta reunión comenzó dos años antes con consultas y respuestas de las diferentes Conferencias Episcopales del continente. El resultado fue recogido en un documento dicho 'de consulta' que sirvió de base para las discusiones y comisiones del encuentro.

Fue el Papa Juan Pablo II quien convocó a los obispos latinoamericanos y a otros participantes, como por ejemplo responsables en el Vaticano. El mismo fue presente para la inauguración en la que pronunció un importante discurso (2). Luego, el mismo aprobó las conclusiones de los trabajos de la asamblea (3), formando estas el 'Documento de Puebla'.

El objetivo principal de la reunión fue "tratar aspectos de mayor incidencia en la Evangelización" (4), precisando los obispos que volvían a considerar temas anteriormente debatidos y asumir nuevos compromisos bajo la inspiración del Evangelio de Jesucristo" (5). Los dos polos principales y complementarios del Documento son "la comunión y la participación a imagen de la Trinidad: comunión con Dios, comunión eclesial y comunión humana; participación y coparticipación en la Iglesia, en la sociedad y en las naciones latinoamericanas" (6). Además, "aunque la Conferencia de Puebla desemboque en este Documento, es ante todo un espíritu: él de una Iglesia que se proyecta con renovado vigor al servicio de nuestros pueblos" (7).

Al leer el Documento de Puebla, uno se da cuenta en seguida del puesto preponderante que ocupa 'la opción por los pobres': Resulta ser una de las principales claves de lectura. Una mera contabilidad hacer ver la importancia de tal tema. Tiene por sí sólo un capítulo propio (n° 1134 al 1165). En vista a la acción pastoral de la Iglesia latinoamericana, es la primera opción preferencial (n° 1133). Si se mira el Documento en general, se la encuentra citada, fuera de capítulo que tiene en propio, en 62 números, lo que representa globalmente una vez cada 14 números o cada 4 páginas. Se nota también la utilización de muchos sinónimos o expresiones equivalentes como 'predilección, empeño, solicitud, identificación, compromiso, preocupación, solidaridad, conversión, apertura, servicio, amor, prioridad, atención, promoción…' siempre en relación con los pobres o los más pobres. Generalmente tiene los calificativos siguientes: 'preferencial, prioritaria, privilegiada, clara, profética, solidaria...'. La importancia de la opción por los pobres resalta igualmente por el hecho que se refiere a todos los sectores de la Iglesia para los cuales es presentada como una exigencia, del Papa -"tenéis derecho a mis particulares desvelos" (n° 1143) a los seglares, como también para las instituciones y la vida consagrada....

Nuestro estudio buscará estudiar la novedad y la importancia oficial de esta característica fundamental de la Iglesia latinoamericana: Viene a ser un hilo conductor para toda su acción. El Documento de Puebla aparece como la carta magna de su labor pastoral.

En una primera parte veremos qué significan los términos de la expresión: de qué pobres se trata y qué se entiende por opción. Luego explicitaremos su contenido en relación con las referencias que el Documento hace a partir de la Biblia. Una tercera parte tratará de su dimensión teológica y, en fin, se verá sus implicaciones pastorales, notando su lazo con la espiritualidad, la vida eclesial y las consecuencias sociopolíticas. El Documento de Puebla será nuestra referencia básica. Además, se ha buscado la ayuda de teólogos, con una preferencia por los que se identifican con la corriente de la teología de la liberación. Humildemente recordaré mi experiencia personal en América Latina (8).

Dedico este trabajo a los pobres de este continente, en fidelidad y agradecimiento a su opción de fe liberadora: Hacen de América Latina el "continente de la esperanza" (9) tanto para la Iglesia como para la humanidad.

Notas

1. El Documento de Puebla, además de las conclusiones de la reunión de los obispos, contiene cuatro discursos del Papa, una 'Presentación' y un 'Mensaje a los pueblos de América Latina'. Para el texto de dicho Documento, nos referiremos a la segunda edición de la B.A.C.: Puebla: la evangelización en el presente y en el futuro de América Latina (Madrid 1985). Al citar el texto del Documento, indicaremos entre paréntesis el número (no…) correspondiente.

2. La parte más destacada fue cuando el Papa dijo a los obispos que su "deber principal es ser Maestros de la Verdad. No de una verdad humana y racional, sino de la Verdad que viene de Dios", sobre Jesucristo, sobre la misión de la Iglesia y sobre el hombre, "verdad que es la única en ofrecer una base sólida para una praxis adecuada" (Discurso inaugural, § 1).

3. Dicho Documento recibió la aprobación de los obispos latinoamericanos presentes con 179 votos favorables y un voto blanco (datos en la 'Presentación', pág. 55).

4. Presentación, pág. 53-54.

5. Mensaje, § 1.

6. Presentación, pág. 55.

7. Ibid., pág.54.

8. Sacerdote 'Fidei donum', he tenido la gracia de servir la Iglesia latinoamericana durante 12 años en el Ecuador, en parroquias populares y con las comunidades Eclesiales de base del país.

9. Mensaje, §

Primera parte: SIGNIFICADO DE LA EXPRESION

La expresión 'opción por los pobres' ha nacido en América Latina. Su contenido tenía antecedentes en la práctica y los textos oficiales de la Iglesia. Por venir de un continente que quiere salir de la miseria, esta expresión tiene sus connotaciones propias. Pasa a ser un 'signo de los tiempos' en este continente y para toda la Iglesia.

I. ANTECEDENTES IMEDIATOS DE LA OPCION POR LOS POBRES

Ante todo, es importante notar que 'los pobres' y “la opción por los pobres” no son dos realidades nuevas en la Iglesia. A lo largo de su historia, muchas órdenes y asociaciones caritativas se constituyeron en torno a los pobres (1). Si estos temas han tomado tal relieve en estas últimas décadas, es por el carácter escandaloso y urgente de la situación que padecen los pobres y la extensión y gravedad de su miseria generalizada. Esta pasa a ser uno de los mayores desafíos de la conciencia humana y cristiana.

A. LA PROCUPACION DEL PAPA JUAN XXIII POR LOS POBRES

El Papa Juan XXIII es sobre todo conocido por haber convocado el Cond lio Vaticano II. Pero en América Latina, se resalta su preocupación por los pobres Esta se nota particularmente en sus discursos en el Concilio. Por ejemplo, en un pronunciado un mes antes, dice: “Frente a los países subdesarrollados, la Iglesia se presenta tal como es y cómo quiere ser como la Iglesia de todos y particularmente como la Iglesia de los pobres” (2). Esta expresión será retomada durante el Concilio como nombre que se dieron un grupo de obispos latinoamericanos particularmente sensibles a este aspecto de la pobreza en la Iglesia y de los pobres según la intención del Papa (3). La misma expresión tendrá mucho eco en la Iglesia latinoamericana y la teología de la liberación.

B. EL PAPA PABLO VI CONTINUARÁ CON ESTA PREOCUPACIÓN

En su discurso inaugural de la secunda sesión del Concilio, el Papa Pablo VI dijo: "El Concilio mira con particular interés a varias categorías de personas. Mira a los pobres, a los indigentes, a los desgraciados, a los que sufren hambre, a los enfermos, a los desnudos... a toda la humanidad que sufre y llora. Esta concierne a la Iglesia por derecho evangélico" (4).

Luego, el mismo Papa explicará las exigencias de este 'derecho evangélico' para la Iglesia en su carta encíclica 'Evangelii nuntiandi': "La Iglesia... tiene el deber de anunciar la liberación de millones de seres humanos... el deber de ayudar a que nazca esta liberación, de dar testimonio de la misma, de hacer que sea total. Todo esto no es extraño a la evangelización" (5).

Al inaugurar la IIª Conferencia General del Episcopado Latinoamericano en Medellín (Colombia), el Papa dirá: "Nos invade, como una ola desbordante, la inquietud característica de nuestro tiempo, especialmente de estos países... Los pastores de la Iglesia hacen suyas las ansias de los pueblos en esta fase de la historia... Hablad, hablad, predicad, escribid, tomad posición acerca de los dramas de la civilización contemporánea" (6). Los obispos latinoamericanos escucharon la invitación del Papa: la Conferencia del Medellín es un ejemplo patente de esto.

C. EL IMPULSO DEL CONCILIO VATICANO II.

Los dos mayores textos del Concilio Vaticano II, 'Gaudium et spes' y 'Lumen gentium', retoman, aunque brevemente, los temas sugeridos por los Papás Juan XXIII y Pablo VI. A este propósito, una intervención del Cardinal Lercaro, arzobispo de Boloña (Italia), fue particularmente importante sobre este tema: "El misterio de Cristo en la Iglesia es siempre, pero sobre todo hoy, el misterio de Cristo en los pobres y su evangelización... El tema de este Concilio es, ciertamente, la Iglesia en tanto que es, sobre todo, la Iglesia de los pobres" (7).

Dos textos del Concilio son particularmente relevantes: Van a la raíz del tema de los pobres y de la pobreza. Serán el punto de partida y de referencia de todo un movimiento eclesial latinoamericano en torno a estas dos realidades:

"Mientras muchedumbres inmensas carecen de lo estrictamente necesario, algunos, aún en los países menos desarrollados, viven en la opulencia y malgastan sin consideración. Y mientras unos pocos disponen de un poder amplísimo de decisión, muchos carecen de toda iniciativa y de toda responsabilidad, viviendo con frecuencia en condiciones de vida y de trabajo indignas de la persona humana".

"Como Cristo realizó la obra de redención en pobreza y persecución, de igual modo la Iglesia está destinada a recorrer el mismo camino a fin de comunicar los frutos de la salvación a los hombres. Cristo Jesús, existiendo en forma de Dios... se anonadó así mismo, tomando la forma de siervo (Flp. 2,6-7) y por nosotros, se hizo pobre siendo rico (2 Cor. 8,9). Así también la Iglesia, aunque necesite de medios humanos para cumplir su misión, no fue instituida para buscar la gloria terrestre, sino para proclamar la humildad y la abnegación, también con su propio ejemplo. Cristo fue enviado por el Padre a evangelizar a los pobres y levantar a los oprimidos (Lc. 4,18), para buscar y salvar lo que estaba perdido (Lc. 19,10); así también la Iglesia abraza con amor a todos los afligidos por la debilidad humana; más aún, reconoce en los pobres y en los que sufren la imagen de su Fundador pobre y paciente, se esfuerza en remediar sus necesidades y procura servir en ellos a Cristo" (8).

Los obispos de América Latina que habían estado en el Concilio iban a ser los grandes beneficiados de este evento eclesial en torno al tema de los pobres y de la pobreza. Ya antes del Concilio se habían constituido en Conferencia General del Episcopado Latinoamericano (en 1955, Rio de Janeiro, Brasil), siendo el impulsor y primer presidente Monseñor Manuel Larraín, obispo de Talca (Chile). Ya germinaba lo que iba a ser dos grandes acontecimientos para la Iglesia latinoamericana y todo el continente: las Conferencias Generales de Medellín en 1968 y de Puebla en 1979 (9).

D. EL APORTE DE LA ASAMBLEA DE MEDELLIN

Tres años después del Concilio, los obispos latinoamericanos se reúnen en Medellín. El Papa pablo VI abre personalmente la reunión y luego aprueba enseguida sus 'Conclusiones' que pasan a formar 'El Documento de Medellín'. En la presentación del Documento, Monseñor Eduardo Pironio, entonces secretario general del Consejo Episcopal Latinoamericano escribe que en esta reunión “se vivió un auténtico Pentecostés para la Iglesia de América Latina... Es la hora de la esperanza" (10).

El contenido de Medellín que abarca 16 temas, aparece en el título de sus secciones: 'Promoción humana. Evangelización y crecimiento de la fe. La Iglesia visible y sus estructuras'. Monseñor Alfonso López que fue secretario y presidente del CELAM, reconoce en el Documento de Medellín tres "grandes opciones: opción por el hombre y por nuestros pueblos, amor de preferencia por los pobres, opción por la liberación integral" (11). Este resultado se debe sobre todo al esfuerzo pastoral y teológico que desencadenó el Concilio. Las Comunidades Eclesiales de base, nacidas en Brasil unos 10 años antes, se desarrollaban en los distintos países de América Latina, y el Padre Gustavo Gutiérrez daba una conferencia sobre el tema "Hacia una teología de la liberación" (12) en el mismo año 1968.

En cuanto a su relación con el Concilio Vaticano II, se puede notar en el Documento de Medellín una referencia constante. Se cita partes más o menos amplias de casi todos los documentos conciliares (13). Tienen un especial relieve las tres constituciones 'Gaudium et spes' (42 veces), 'Sacrosanctum concilium' (42 veces) y 'Lumen gentium' (35 veces). Hay también numerosas referencias a las cartas encíclicas de aquella época, como por ejemplo la carta encíclica 'Populorum progresio' de 1967 del  papa Pablo VI. (14).

En relación con el Concilio, el Documento de Medellín tiene a la vez una cierta relación y una cierta originalidad. Esta última proviene de la situación de fe y miseria propias al continente latinoamericano. El Documento de Medellín se ha realizado "desde la perspectiva del pobre", nota Gustavo Gutiérrez; "esta inversión metodológica comunica a Medellín su originalidad y carácter propios, marca un nuevo estilo y abre nuevos caminos a la vida de la Iglesia y a la reflexión teológica en América Latina" (15).

Esta metodología se inspira de la que utilizan los movimientos de acción católica, de la práctica de las Comunidades Eclesiales de base y de la reflexión teológica propia a América Latina. "Creemos que estamos en una nueva era histórica. Ella exige claridad para ver, lucidez para diagnosticar y solidaridad para actuar" (16). A causa de la realidad latinoamericana donde coexisten fe y miseria, las pautas esbozadas en el Concilio sobre la pobreza y los pobres se hacen más patentes y exigentes, más llamativas y urgentes. "Entre los documentos de Medellín, el referente a 'la pobreza en la Iglesia' ocupa un lugar central" (17). El primer número de éste dice que "las tremendas injusticias sociales... mantienen a la mayoría de nuestros pueblos en una dolorosa pobreza cercana en muchísimos casos a la inhumana miseria" (18),"situación que... linda con la esclavitud, no sólo física, sino profesional, cultural, cívica y espiritual" (19). Además, se señala claramente las causas de tal situación: "los sistemas e instituciones económicas injustos, estructuras de dependencia, imperialismo internacional del dinero, violencia institucionalizada... (29). Esto es nuevo, pero en la línea del Concilio.

Frente a esta situación, los obispos sienten como formando parte de su misión la necesidad de "denunciar con firmeza aquellas realidades de América Latina: constituyen una afrenta al espíritu del Evangelio; esta miseria como hecho colectivo es una injusticia que clama al cielo" (21). Y los obispos llegan a calificarla como "situación de pecado" (22). "En todos estos ambientes, la evangelización debe estar en relación con 'los signos de los tiempos' que constituyen un lugar teólogo e interpelaciones de Dios" (23). A la luz de la Palabra de Dios, se afirma que "toda liberación es ya un anticipo de la plena redención en Cristo" (24). La opción por los pobres surge de esta situación y del desafío que pone a los obispos. Ellos se dan cuenta que no pueden quedarse al margen de todo un movimiento de renovación y de cambio, pues, "no basta mayor clarividencia y hablar; es menester obrar.... La hora de la palabra se ha tornado con dramática urgencia la hora de la acción" (25). Todavía, la expresión como tal no existe en el Documento de Medellín; el contenido, sí, en el tema de 'La pobreza de la Iglesia' donde se habla de ‘preferencia y solidaridad’: "Que la Iglesia en América Latina sea evangelizadora de los pobres y solidaria con ellos, que dé preferencia efectiva a los sectores más pobres y necesitados. Es el particular mandato del Señor de 'evangelizar a los pobres'... La solidaridad significa hacer nuestros sus problemas y sus luchas, hablar por ellos" (26). Esta misma insistencia se encuentra en otras partes del Documento: la Iglesia quiere ser una "Iglesia pobre" para poder defender los derechos de los pobres, favorecer los esfuerzos del pueblo por desarrollar y crear sus propias organizaciones de base", siendo "los marginados... autores de su propio progreso" (27). Por esto, el compromiso de los laicos consiste en ratificar "la solidaridad en que todo hombre se halla inmerso, asumiendo tarea de promoción humana en la línea de un determinado proyecto social... compromiso marcado por un signo de liberación, humanización, desarrollo.... No tendremos un continente nuevo sin nuevas y renovadas estructuras; sobre todo, no habrá continente nuevo sin hombres nuevos. Percibimos aquí los prenuncios en la dolorosa gestación de una nueva civilización" (28).

Diez años más tarde en Puebla (México), los obispos latinoamericanos, encaminados por Medellín y las practicas evangélicas de sus Iglesias, especialmente de los sectores cristianos populares, expresarán la intuición del compromiso cristiano por la expresión ahora famosa de 'opción preferencial por los pobres', signo fundamental para su futuro labor pastoral.

B. SENTIDO DE LA EXPRESION 'OPCION POR LOS POBRES'

El Documento de Puebla de fin una relación y un compromiso mayor de la Iglesia latinoamericana con los pobres: su opción hacia ellos pasa a ser preferencial. Esto demuestra el camino recorrido desde el Concilio Vaticano II y la Conferencia de Medellín: es la misma línea que se va profundizando. Los mismos obispos notan que desde su última reunión general "se abrió en el seno de la Iglesia latinoamericana un nuevo período de su vida" (29). Desde entonces, la opción por los pobres es su característica renovadora.

A. ¿DE QUE 'POBRES' SE TRATA?                                          

En el capítulo del Documento de Puebla dedicado a la opción preferencial por los pobres, se habla en su introducción de quienes los obispos quieren hacer referencia: “la inmensa mayoría de nuestros hermanos vive en una situación de pobreza y aún de miseria que se ha agravado” (n° 1135). Y la nota correspondiente a este número va explicitando de quiénes se trata:

"A esto nos hemos referido en los números 15 y siguientes, pero recordamos que carecen de los más elementales bienes materiales en contraste con la acumulación de riqueza en manos de una minoría, frecuentemente a costa de la pobreza de muchos. Los pobres no sólo carecen de bienes materiales, sino también, en el plano de la dignidad humana, carecen de una plena participación social y política. En esta categoría se encuentran principalmente nuestros indígenas, campesinos, obreros, marginados de la ciudad y, muy en especial, la mujer de estos sectores sociales, por su condición doblemente oprimida y marginada".

Es claro que los obispos sitúan a los pobres en una situación material indigna del ser humano, punto característico de su condición. Esta pobreza se expresa también por su marginación de la vida social y cultural. Más tarde veremos en qué sentido el Documento de Puebla habla de 'pobreza' en un sentido positivo, como de "virtud" (° 165), "apertura a Dios" (n° 1149), "ideal evangélico" (n° 489 y 1148), "potencial evangelizador" (n° 1147), "protagonismo de una nueva sociedad" (n° 1129).

Los sinónimos utilizados en el Documento de Puebla permiten clarificar y calificar las situaciones de pobreza; hay que notar también que esta pobreza está considerada no solamente como un estado individual, sino sobre todo como una situación colectiva y global al aspecto masivo. Se encuentra detallada en la primera parte del Documento de Puebla: 'Visión pastoral de la realidad latinoamericana', en los números 15 al 71.

Por un lado, se considera a los pobres como 'carentes' cuando se los llama "necesitados, sufridos, débiles, desamparados, desubicados, agobiados, afligidos...". Además, "de Medellín por acá, la situación se ha agravado en la mayoría de nuestros países" (n° 487). Por otra parte, se los presenta como 'empobrecidos', siendo su situación el resultado de un proceso que causa su pobreza: "desposeídos, postergados, marginados, olvidados, anónimos sociales, excluidos, silenciados...". Son "masas, sectores, mayorías, pueblos, naciones". Forman "grupos flotantes de la humanidad, la muchedumbre de los desamparados, millones de latinoamericanos", en estado de "pauperización, miseria creciente, pobreza extrema, generalizada..." (30). Los obispos repiten la advertencia señalada ya en Medellín: "Un sordo clamor brota de millones de hombres pidiendo a sus pastores una liberación que no les llega de ninguna parte"; pero ahora notan que "está subiendo al cielo... cada vez más tumultuosa e impresionante. Es el grito de un pueblo que sufre y demanda justicia, libertad, respeto.... Ahora es claro, creciente, impetuoso y, en ciertas ocasiones, amenazante" (n° 88 y 89).

La descripción de esta pobreza-miseria está completada por la búsqueda de las causas que la originan, la mantienen y la aumentan (no 63 al 70). Unas de estas causas son personales: "individualismo, hedonismo, afán de tener más..." (n° 55 y 328). Otras provienen de la organización interna de cada país, marcada por "la corrupción, la concentración de la propiedad y del poder, la carrera armamentista..." (n° 65 y 1263). Existen también razones continentales como "la desunión, la división, los conflictos..." (n° 55). Al nivel mundial, se trata de "los mecanismos programados de dominio supranacional que actúan por encima de la soberanía nacional... las multinacionales que se adueñan los recursos nacionales, de la dependencia norte-sur, de la ideología de la seguridad nacional…" (n° 1264 y n° 1267). "Finalmente, vemos que en lo profundo de ellas (las causas) existe un misterio del pecado cuando la persona humana... impregna los mecanismos de la sociedad de valores materialistas" (n° 70).

Como se ve, esta pobreza "no es una etapa casual, sino el producto de situaciones y estructuras económicas, sociales y políticas... mecanismos que producen ricos cada vez más ricos a costa de pobres cada vez más pobres" (n° 30). Como en su reunión de Medellín, los obispos califican este estado de cosa como "situación penosa, contraste cruel, insulto, violencia institucionalizada, realidad escandalosa..." (n° 1154, 28, 509). La enjuician como "una injusticia institucionalizada, un pecado contra la dignidad humana, en contradicción con el Evangelio, una estructura o situación de pecado social, una perversión del poder y de criterios, profanación constante del hombre, permanente violación de la persona humana..." (31).

Esta situación contraria a la voluntad de Dios es un gran desafío para la misión de la Iglesia y un reto para la Evangelización (n° 90). La opción por los pobres es una respuesta preferencial a esta necesidad por parte de la Iglesia latinoamericana.

B. LO QUE SE ENTIENDE POR 'OPCION'

La palabra 'opción' indica de por sí una atención particular y un empeño activo en favor de algo o de alguien, en nuestro caso, de los pobres. Podríamos decir que hay como tres tiempos: por una parte, una toma de conciencia frente a una interpelación, por otra, una decisión de comportamiento consecuente y, en fin, una actividad conforma a lo elegido.

En el tema que nos toca, se ve que la 'opción por los pobres' puede situarse, en un primer tiempo, al nivel de una justa reacción humana: la miseria es un escándalo para toda conciencia; no hace falta ser cristiano para hacer la opción por los pobres. Podemos situarnos también en el plano ético-moral. En este caso, la miseria es una injusticia: se quita o no se da a alguien lo que le corresponde por derecho. Igualmente, a este nivel, la razón humana empuja personas y grupos a combatir esta situación deshumanizante. El contacto con la miseria hace surgir una reacción de condena natural: Estamos frente a una realidad injusta, escandalosa, injusta. Sintiéndonos forjadores juntos de la historia, se presenta como una necesidad el hecho de hacer retroceder esta injusticia que cobra tantos muertos inocentes, -verdadero genocidio permanente-, a fin de no sentirnos cómplices de tal realidad contraria a la naturaleza de la única familia humana.

Cuando nos situamos al nivel de la fe cristiana, nos alegramos de tal opción humanitaria y nos sentimos urgidos a aportar nuestra colaboración decidida y nuestra especificidad. Además, la práctica de esta opción nos permite descubrir nuevos aspectos de nuestra identidad y de nuestra misión como cristianos y come comunidad eclesial. El Concilio lo recordaba: nada humano es extraño a la Iglesia. "Los gozos y las esperanzas, las tristezas y las angustias de los hombres de nuestro tiempo, sobre todo de los pobres... son a la vez gozos y esperanzas, tristezas y angustias de los discípulos de Cristo" (32). Por eso los obispos, en Puebla. sintetizaron en una frase densa el deber esencial de la Iglesia de hacer suya esta opción de confraternidad: "Volvemos a tomar la posición de la IIª Conferencia General que hizo una clara y profética opción preferencial y solidaria por los pobres... Afirmamos la necesidad de conversión de toda la Iglesia para una opción preferencial por los pobres con miras a su liberación integral" (n° 1134).

Desde entonces, se puede decir que este llamado ha sido escuchado al nivel de la Iglesia universal. A este propósito, citaremos tres confirmaciones de esto hecho el discurso del Papa Juan Pablo II en 1981 a Bacolod (Filipinas), el reporte final del Sínodo de 1985 por el cardenal Daneels y la carta encíclica del mismo Papa 'Sollicitudo rei socialis' publicada en febrero de 1988:

“Sí, la preferencia por los pobres es una preferencia cristiana. Es una preferencia que expresa la solicitud que expresa la solicitud de Cristo venido a proclamar un mensaje de salvación para los pobres; pues los pobres son claramente amados por Dios y es Dios que garantiza sus derechos. La Iglesia proclama su preferencia por los pobres al interior mismo de la totalidad de su misión de evangelización” (33).

“Después de Vaticano II, la Iglesia se ha hecho más consciente de su misión al servicio de los pobres, de los oprimidos, de los marginados. Sobre esta opción preferencial…brilla el verdadero espíritu evangélico” (34).

"No será, pues, superfluo examinar de nuevo y profundizar... los temas y las orientaciones características por el Magisterio en estos años. Entre dichos temas quiero señalar aquí la opción o el amor preferencial por los pobres. Esta es una opción o forma especial de primacía en el ejercicio de la caridad cristiana" (35).

C. LOS COMPROMISOS DE LA OPCION POR LOS POBRES

Al confirmarse la Iglesia latinoamericana en la opción por los pobres y al comprometerse más con ella, los obispos se dan cuenta de la ardua tarea que están proponiendo: "Afirmamos la necesidad de conversión de toda la Iglesia para una opción preferencial por los pobres, con miras a su liberación integral" (n° 1134). El servicio de los pobres "exige en efecto una conversión y purificación constante, en todos los cristianos, para el logro de una identificación cada día más plena con Cristo y con los pobres" (n° 1144). De hecho, la opción por los pobres implica un triple compromiso: una solidaridad con los pobres, una ruptura con un cierto modelo de vida cómoda y una búsqueda de eficacia en la tarea de combatir la miseria.

1. La opción por los pobres implica un optar con ellos

El primer paso de la opción por los pobres es un acercarse a ellos, para conocerlos, igual que la realidad en que viven. Un segundo paso es aquel de la identificación con Cristo que Cristo Jesús, siendo rico, se hizo pobre por ustedes para que su pobreza les hiciera ricos” (2 Corintios 8,9). Esta identificación conduce a vivir en medio de ellos, es decir, no solamente visitarlos de vez en cuando, sino estar con ellos, insertándose en su medio de vida para sentir en carne propia lo que viven y sufren a diario. Pero todavía la solidaridad con los pobres exige un paso más, como nos lo señalan los mismos obispos: "Invitamos a todos, sin distinción de clases, a aceptar y asumir la causa de los pobres, como si estuviesen aceptando y asumiendo su propia causa, la causa de Cristo" (36). Se trata de una verdadera conversión, es decir de un cambio de forma de pensar y de vivir: Se pasa así de una opción 'por' los pobres a la opción 'de' los pobres; no solamente uno está 'con' los pobres, sino que piensa y actúa 'desde' ellos. Se busca, en esta conversión, no solamente "de conocer la realidad con los ojos de los pobres" (37), sino sobre todo realizar “la defensa de la fe y la promoción de la justicia... mirando a Dios y al mundo desde el punto de vista de ellos, dejándonos inspirar por ellos y poniéndonos a su servicio en el esfuerzo solidario de todos y de la gracia de Dios” (38). En la opción por los pobres, si se quiere verdaderamente respetarlos y tomar como suya la causa de ellos, se trata de asumir que “los pobres (son) el centro y el motor de nuestra acción y de nuestro pensar (39). El cambio de lugar conduce a una nueva visión, una nueva forma de pensar y un nuevo modo de actuar, ahora desde la perspectiva de los pobres.

2. La opción por los pobres implica un optar por la pobreza

Aquí tomamos la palabra 'pobreza' en su sentido positivo, no de miseria, sino de modo de vivir sencillo y despojado: una pobreza elegida y digna. En este caso, optar por los pobres es también optar, como ellos, contra la miseria, para la dignidad, la fraternidad y la igualdad. Se comprende entonces que, al cambiar de lugar social y de residencia para estar entre los pobres, uno no puede vivir ya como rico: sería contraproducente e irrespetuoso. Por eso, en Puebla como en Medellín, los obispos pidieron que seamos "una Iglesia pobre" (40): "Esta conversión lleva consigo la exigencia de un estilo austero de vida.... Así (la Iglesia) presentará una imagen auténticamente pobre" (n° 1158). Además, "el testimonio de una Iglesia pobre puede evangelizar a los ricos" (n° 1156). De hecho, sólo una Iglesia pobre puede hacer de verdad una opción "clara, profética, preferencial y solidaria" (n° 1134).

3. La opción por los pobres implica un optar por la liberación

La óptica en que se sitúan los obispos es clara: "Optamos por una Iglesia que se comprometa por la liberación de todo el hombre y de todos los hombres" (n° 1304). Hay que notar que "antes que cristiano, el movimiento de la liberación de los pobres (es) una reacción normal contra la injusticia escandalosa que... desfigura todavía hoy el rostro de aquella sociedad latinoamericana. Este movimiento es un signo de los tiempos" (41). Frente a esta 'situación de pecado', como la califican los obispos, el compromiso eclesial busca alcanzar una liberación 'integral', o sea que abarca toda la vida humana: «liberación personal, comunitaria y transcendental" (42). En este empeño, la tarea es no solamente individual, sino también colectiva. Además, ésta no puede ser sólo reformista o paternalista, por las consecuencias de mantener la situación o agravarla a veces, sino 'revolucionaria', es decir estructural: hay que sustituir la "estructuras de pecado" (43) de la organización social. La razón es que "el precio ligado a los modelos de desarrollo… es la marginación creciente de amplios sectores de la población y la represión de todas las formas particulares de participación: la mentira se escondería dentro de las teorías del desarrollo… La teoría del desarrollo prepara el camino a los sistemas de ‘seguridad nacional’ destinados a proteger las empresas de los tecnócratas et se conoce lo abusos (44).

Con la fe que los pobres son capaces de cambiar su situación e ir creando un modelo alternativo de sociedad, la opción por los pobres es la manera de participar efectiva y eficazmente al advenimiento de un mundo más humano; lo mismo, esta opción anticipa parcialmente, pero realmente, el Reino de Dios. Es por ta razón que la labor de evangelización considera al pueblo "como heredero de un pasado, como protagonista del presente, como gestor de un futuro, como peregrino hacia el Reino" (n° 3).

D. EL VOCABULARIO EN TORNO A LA 'OPCION POR LOS POBRES'

La expresión 'opción por los pobres' está casi siempre acompañada con distintos calificativos que buscan precisar y matizar su sentido. El capítulo de Puebla dedicado a este tema recuerda que Medellín hizo "una clara y profética opción preferencial y solidaria por los pobres" (nº 1134). En los números siguientes añade que ésta no debe ser ni "excluyente" (n° 1145) ni "exclusiva" (nº 1165). Por otra parte, en su encíclica 'Sollicitudo rei socialis', el Papa emplea la expresión "opción de amor preferencial por los pobres" (45). Se trata de entender bien esta opción para no pasar sin más “de una exigencia pastoral a una actitud espiritualista” (46).

1. Una opción preferencial

A primera vista las dos palabras unidas parecen formar una redundancia. Sabemos que, en Medellín, los obispos no utilizaron la expresión, hablando solamente de 'preferencia' y 'solidaridad'. Julio Lois, en su análisis sobre el carácter preferencial de la opción por los pobres, reporta varias opiniones de teólogos de la liberación (47). Por ejemplo, Clodovis Boff califica el término 'preferencial' de "extremamente ambiguo y confuso: se trataría de amar a todos, pero más a los pobres"; tampoco considera aceptable hablar de "opción exclusiva" que conduciría a una visión sectaria no-evangélica; prefiere hablar de opción por los pobres, sin más. Para Gustavo Gutiérrez y Leonardo Boff, el calificativo de 'preferencial' equivale a decir "opción desde los pobres y abierta a todos... Se pretende quitar todo sectarismo, salvaguardar la universalidad del mensaje cristiano y establecer la perspectiva desde la que se ve la realidad y se organizan las prioridades" (48). El Documento de Puebla precisa  y confirma esta misma perspectiva: "Asumir la causa de los pobres, como si estuviesen asumiendo su propia causa, la causa misma de Cristo" (49); la evangelización de la Iglesia tiene esta misma finalidad: "Una Iglesia pobre puede evangelizar a los ricos que tienen su corazón apegado a las riquezas convirtiéndolos y liberándolos de esta esclavitud y de su egoísmo" (n° 1156).

2. Una opción 'ni exclusiva ni 'excluyente'

Dos adjetivos son utilizados negativamente: la opción por los pobres no debe ser 'ni exclusive ni excluyente'. Quieren precisar que la preferencia por los pobres queda siempre abierta. Por una parte, no es exclusiva de otras formas de orientación pastoral: de hecho, en el Documento de Puebla, las opciones son dos, la de los pobres y la de los jóvenes (n° 1133). Por otra parte, no es excluyente de los no pobres. Bien entendida, es más bien "incluyente" (50): A imitación de Cristo, “la opción por los pobres... constituye el eje sobre el cual gira una nueva manera de ser cristiano en América Latina” (51). Toma en serio a los pobres: Desde ellos, lo orienta todo y abarca a todos. La opción por los pobres es clara: ‘Desde los pobres, hacia todos’.

Así, el 'amor preferencial' de Dios toma cuerpo en la opción preferencial de la Iglesia: "La opción por los pobres es la respuesta al amor primero de Dios. Es la traducción concreta de la caridad en la situación real de América Latina marcada por la pobreza inhumana e injusta" (52).

Notas

1. Recientemente, en Francia, por ejemplo, l'abbé Pierre fundó en 1949 el movimiento 'Les chiffoniers d'Emmaüs' cuyo lema es: 'Servir premiers les plus souffrants: toute paix est là' (‘Servir en premier a los más golpeados’). En los años 1953 el Padre Joseph Wrésinski fundó la asociación 'Aide à toute détresse (A.T.D.) Quart-Monde' cuyo lema es: 'Sans priorité aux plus défavorisés, il n'y a pas de justice possible' (‘Sin prioridad a los más desprotegidos, no hay justicia posible’).

2. Radiomensaje del 11 de septiembre de 1962 (AAS.54 (1962) 682). El mensaje del Concilio 'Ad omnes' retoma una parte del discurso del mismo Papa: "Ante todo debemos volver nuestra alma hacia los más humildes e, imitando a Cristo, hemos de compadecernos de las turbas oprimidas por el hambre, la miseria, la ignorancia, poniendo constantemente ante nuestros ojos a quienes, por falta de medios necesarios, no han alcanzado una vida digna del hombre".

3. Señalado por José LOIS, Teología de la liberación: opción por los pobres (Madrid 1986) 15. Igualmente, en la nota 19 pág. 324.

4. Discurso del 29 de septiembre de 1963.

5. Texto citado en el Doc. de Puebla no 26.

6. Doc. de Medellín: Conclusiones (Lima 1973) 10, 14. Nos referiremos siempre a esta edición en el estudio presente.

7. Citado por Julio LOIS, ibid., 14.

8.'Caudium et spes', 63,3 y 'Lumen gentium', 83.

9. Los temas de estas dos Conferencias Generales fueron, para Medellín: 'La presencia de la Iglesia en la actual transformación de América latina a la luz del Concilio y para Puebla: 'La evangelización en el presente y el futuro de América Latina'. Para los obispos latinoamericanos, el Concilio fue la base de estas dos reuniones.

10. Doc. de Medellín, 10 y 14.

11. Monseñor Alfonso LOPEZ, "Medellín, una mirada global", in Secretariado del CELAM, ed., Medellín: reflexiones en el CELAM (Madrid 1977) 16.

12. Citado por Julio LOIS, Ibid., 34.

13. Los únicos textos no citados en Medellín son los decretos las Iglesias orientales' y 'el Ecumenismo". El decreto más citado es 'Presbiteros ordinis': 33 veces. Como se sabe, esta trata del ministerio y de la vida de los sacerdotes.

14. Del Papa Juan XXIII se cita sobre todo las encíclicas Mater et magistra' y 'Pacem in terris'; del Papa Pablo VI 'Eclesiam suam' y 'Sacerdotalis coelibatus'.

15. Julio LOIS, ibid., 36.

16. Doc. de Medellín, Mensaje § 3.

17. Aloisio LORSCHEIDER, "Documento XIV: La pobreza de la Iglesia", in Secretariado del CELAM, en Medellín, reflexiones en el CLAM (Madrid 1977) 181.

18. Doc. de Medellín, 'Catequesis' no 7 donde parla de "situaciones de necesidad e injusticia'. El 'Me saje a los pueblos de A.L." n° 2 dice: "Sus angustiosos problemas marcan esa misma realidad con señales que hieren a la consciencia cristiana. A. L. vive bajo el signo trágico del desarrollo".

19. Doc. de Medellín, Justicia, II.

20. Ibid., Justicia, II; Catequesis, 7; La paz, 9 y 16.

21. Ibid., Mensaje § 4; Justicia, 1.

22. Ibid., La paz, 1.

23. lbid., pastoral de élites, 13.

24. Ibid., Educación, 9 donde Cristo es presentado como "imagen del Dios invisible", para que "alcancemos todos la estatura del hombre perfecto: "todo crecimiento en humanidad' (Populorum progresio) nos acerca a reproducir la imagen del Hijo para que Él sea el primogénito".

25. Ibid., Introducción, 4 4.

26. Ibid., La pobreza de la Iglesia, 8 al 11.

27. Ibid., 5; Justicia,22: y 27; Educación, 3.

28. Ibid., Movimientos de laicos, 9; Justicia, 3; Introducción,4.

30. Doc. de Puebla, no 1289, 29, 1207, 1209, 1300, 31. 
31. Doc. de Puebla, no 46, 330, 1157, 1159, 28, 482,975, 41, 298.
32. Gaudium et spes, 1.
33. D.C. del 15 de marzo de 1981, 278. Notamos que el Papa pronunció este discurso exactamente dos años despuesde la Conferencia de Puebla.
34. D.C. del 15 de enero de 1986, 42.
35. 'Sollicitudo rei socialis', 2. (Città del Vaticano 1988), 42. El mismo tema está tratado también en los números 46 y 47.

36. Doc. de Puebla, Mensaje § 3m.

37. Francisco MORENO, "La teología moral en A.L. a partir de Medellín", Páginas 92 (1988)

38. Peter Hans KLOVENBAC, "La visite du général des jésuites", DIAL 1298 (1988) 3 9. Doc. de Puebla, Mensaje § 1.

39. Joseph WRESISKI, "Grâce aux familles, je suis allé jusqu'au bout", Feuille de Route 176 (1988) 3. Se trata de la revista mensual del movimiento 'ATD-Quart Monde'.

40. Doc. de Medellín, La pobreza de la Iglesia, 5; Juventud, 15 donde se puede leer: "Se presenta cada vez más nítido en Latinoamérica el rostro de una Iglesia auténticamente pobre, misionera, y pascual, desligada de todo poder temporal y audazmente comprometida en la liberación de todo el hombre y de todos los hombres".

41. Jesús ESPEJA, Espiritualidad y liberación (Madrid 1986) 20.

42. lbid.. 139.

43. 'Sollicitudo rei socialis', 36.

44. René MARLE, Introduction à la théologie de la libération (Paris 1988) 22-23.

45. 'Sollicitudo rei socialis', 42.

46. Charles ANTOINE, "A propos d'une traduction", Journal La Croix du 5 juin 1987.

47. Julio LOIS, Teología de la liberación: opción por los pobres (Madrid 1986) 73.

48. Ibid., 73: nota 251.

49. Doc. de Puebla. Mensaje § 3.

50. Jorge PIXLEY Clodovis BOFF, Opción por los pobres (Madrid 1986) 150.

51. Julio LOIS, ibid., 49.

52. Francisco MORENO, "La teología moral en América Latina", Páginas 92 (1988) 37

Secunda parte: FUNDAMENTOS BIBLICOS.

El Documento de Puebla tiene una reflexión bíblica importante, especialmente en la segunda parte que trata de los 'Designios de Dios sobre la realidad de América Latina’. Siendo la opción por los pobres el tema que marca más profundamente el Documento, sus fundamentos bíblicos son bastante ricos, tanto a partir del Antiguo como del Nuevo Testamento. La persona de Cristo unifica esta reflexión y le da su valor ejemplar: gracias a Él, la pobreza pasa a ser el camino de acercamiento de Dios hacia los hombres y de los hombres hacia Dios.

I. LAS CITAS BIBLICAS SOBRE LA OPCION POR LOS POBRES

Al detener nuestra atención sobre el Documento de Puebla, las citas bíblicas referentes a la opción por los pobres, los pobres y la pobreza dan una visión bastante abierta sobre estos temas. Los obispos han querido iluminar con la Palabra de Dios tanto la realidad del continente como los compromisos pastorales que proponen, además de los 'designios de Dios' donde parte la reflexión principal. Esto revela la importancia que ha cobrado la Palabra de Dios en el continente desde Medellín, o sea en los diez años anteriores a Puebla.

En relación con el tema que nos ocupa, más de sesenta citas se refieren directamente a él. Las dos terceras partes provienen del Nuevo Testamento. En él, los dos textos más citados son el relativo a la misión de Jesús en la sinagoga de Nazaret (Lc 4,18-22) y él de su identificación con los pobres y necesitados de la parábola del juicio final (Mt 25,31-46). La figura de María, especialmente por su canto del Magnificat, toma bastante relieve. En el Antiguo Testamento, los dos textos que vuelven con más frecuencia son él de la creación del hombre (Gn 26-28) y él de las profecías del Siervo de Yavé en Isaías (1). Los obispos quieren también resaltar la importancia de la pobreza evangélica por dedicarle ocho referencias (n° 1148 y 1149).

Esta simple enumeración demuestra el papel que juega la Palabra de Dios en la Iglesia latinoamericana. Por esto, los obispos afirman que "la Escritura de ser el alma de la evangelización" (n° 372) en un continente que ha descubierto, comparte y vive la Biblia cada día más intensamente, especialmente en los sectores populares.

II. LA CENTRALIDAD DE JESUCRISTO Y DE SU OPCION POR LOS POBRES

Al comenzar su 'Mensaje a los pueblos de América Latina', los obispos dan el tono de todo el Documento de Puebla: "En Puebla de los Ángeles, se ha reunido la IIª Conferencia del Episcopado Latinoamericano para volver a considerar temas anteriormente debatidos y asumir nuevos compromisos bajo la inspiración del Evangelio de Jesucristo". Será, de hecho, la persona, la vida y el mensaje de Jesucristo que servirá de hilo conductor en la reunión. En esta línea los obispos van a presentar la 'verdad sobre Jesucristo' "al hombre que lucha, sufre y, a veces desespera... y que quiere vivir el sentido pleno de su fijación divina":

"Como Pedro... os decimos al considerar la magnitud de los desafíos estructurales de nuestra realidad: No tenemos oro ni plata para daros, pero os damos lo que tenemos: en nombre de Jesús de Nazaret, levantaos y andad (Hec 3,6) ... Aquí la pobreza de Pedro se hace riqueza y la riqueza de Pedro se llama Jesús de Nazaret, muerto y resucitado, siempre presente".

Los obispos terminan su Mensaje con esta profesión de fe: "Proclamamos: Dios está presente, vivo, por Jesucristo liberador, en el corazón de América Latina" (2). La persona de Jesucristo viene a unificar toda la Biblia, confirmando el Antiguo estamento y siendo para nosotros modelo, junto a María, y maestro nuestro.

 A. JESUS CONFIRMA EL ANTIGUO TESTAMENTO

Por una parte, Jesús confirma el Antiguo Testamento llevándolo a su plenitud y cumplimiento (n° 184). El retoma por su cuenta la gesta de Dios en la creación, su iniciativa para liberar a los hebreos de Egipto y hacer con Moisés alianza en el Sinaí; conforme a la tradición profética y sapiencial, recalca de una manera definitiva la dignidad, los derechos y la vocación de todos los hombres, especialmente de los más marginados, según el plan de Dios.

1. Jesús confirma la dignidad original del hombre

Refiriéndose al primer libro de la Biblia, los obispos declaran que "Jesucristo ha restaurado la dignidad original de los hombres que habían recibido al ser creados por Dios a su imagen (Gn 1,26)" (n° 331). "Él nos hace tomar conciencia del pecado contra la dignidad humana (n° 330) ... conculcada tantas veces en forma extrema" (n° 316). "Hechos a la imagen y semejanza de Dios para ser sus hijos, esta imagen es ensombrecida y encarnecida" (n° 1142). Esto es tanto más grave porque "todo aquello que afecta a la dignidad del hombre, hiere de algún modo al mismo Dios: 'Todo es vuestro; vosotros sois de Cristo y Cristo es de Dios' (1 Cor 3,21-23)" (3). Esta dignidad humana aparece tan gravemente pisoteada y al mismo tiempo tan irreductible porque "el misterio del hombre sólo se mina perfectamente por la fe en Jesucristo" (n° 319).

2. Jesús confirma la vocación del hombre

Jesús se insertó en la historia de su pueblo en el plano social como en el religioso: "En Él culminó la sabiduría enseñada por Dios en Israel" (n° 276). Jesús nos encamina a vivir en alianza con Dios, en fraternidad con todos y en armonía con la creación, revelando la totalidad del plan de Dios: "Todos fundamentalmente iguales y miembros de la misma estirpe... tenemos por vocación común un único destino (Gn 2,18-25)" (n° 334). Por este destino común a toda la humanidad, "tiene que volver a resonar esa palabra que viene recogiendo ya tiempo atrás un excelso ideal de nuestros pueblos: libertad. Libertad que no se alcanza de veras sin liberación integral" (n° 321), y que ha de plasmarse en nuevas relaciones, señales de la presencia del Reino, para que el hombre aparezca y sea "con el mundo señor, con las personas hermano y con Dios hijo" (n° 322). Este designio, Dios lo tenía escondido (Ef 1,9), hasta revelarlo en Jesucristo a fin que realizara "la unidad del universo" (n° 183). Para esto, Jesús se ha insertado en la larga línea de "los colaboradores" de Dios: Abrahán, Moisés, David, los profetas y los sabios. Ellos "nos muestran la mano poderosa de Dios que anuncia, promete, empieza a realizar la liberación de todos los hombres del pecado y de sus consecuencias" (n° 187). La misma mujer "doblemente oprimida y marginada" (n° 1134) integra esta historia y la modela al ejemplo de otras figuras femeninas "relevantes en el Pueblo de Dios, como Myriama la hermana de Moisés, Ana, las profetizas Débora y Julda (2 Re 22,14), Rut, Judith y otras" (n° 842).

3. Jesús confirma los derechos del hombre

"Todo hombre y toda mujer, por más insignificantes que parezcan, tienen en sí una nobleza que ellos mismos y los demás deben respetar y hacer respetar sin condiciones" (n° 317). Estos derechos corresponden fundamentalmente a poder conservar la vida y gozar de ella como de los bienes y del justo trato que se merece cada ser humano. La encarnación de Jesucristo nos hace descubrir que "toda vida humana merece por sí misma, en cualquiera circunstancia, su dignificación" (n° 317). Nos recuerdan los obispos que Jesús ha venido para que tengamos "vida y vida en abundancia (Jn 10,11)" (n° 321). Además "los bienes y riquezas del mundo, por su origen y su naturaleza, según la voluntad de Dios, son para servir efectivamente a todos... Todos los demás derechos, también él de propiedad y libre comercio, le están subordinados" (n° 492).

Si con Adán se inició 'la vieja historia', con Jesús se confirma sus grandes líneas y se comienza, enraizada en ella, 'la historia nueva'. No hay oposición entre las dos, sino más bien continuidad: Dios sigue fiel y ayuda a su Pueblo, pecador y rebelde, a responder a su alianza con la conversión, la fe y el amor. Su vocación, su dignidad y sus derechos toman con Jesús un aspecto renovado: salen fortalecidos y ennoblecidos.

B. JESUS ES MODELO, JUNTO A MARIA, DEL 'HOMBRE NUEVO'

"En Jesucristo, hemos descubierto la imagen del 'hombre nuevo' (Col 3, 10)" (n° 333). Y, hacen notar los obispos, "ante Cristo y María deben revalorizarse la verdadera imagen del hombre y de la mujer" (n° 330). Siguiendo el Documento de Puebla vamos a resaltar los rasgos de este 'hombre nuevo', relacionándolo con la opción por los pobres, así como nos lo sugieren los obispos: "La opción preferencial por los pobres tiene como objetivo el anuncio de Cristo Salvador que los iluminará sobre su dignidad, los ayudará en sus esfuerzos de liberación en todas sus carencias y los llevará a la comunión con el Padre y los hermanos mediante la vivencia de la pobreza evangélica" (n° 1153). En cuanto a María, "ella es una mujer fuerte que conoció la pobreza y el sufrimiento, la huida y el exilio: situaciones estas que no pueden escapar a la atención de quien quiere segundar con esperanzas evangélicas las energías liberadoras del hombre y de la sociedad (Mt 2,13-23)" (n° 302).

1. El ejemplo que Jesús nos da del 'hombre nuevo'

El Documento de Puebla desarrolla lo que Medellín resumió en pocas palabras, y luego lo aplica a los distintos campos de la evangelización. “Cristo, nuestro Salvador, no sólo amó a los pobres, sino que 'siendo rico se hozo pobre', vivó en la pobreza, centró su misión en el anuncio a los pobres de su liberación y fundó su Iglesia como signo de esta pobreza entre los hombres” (4). Refiriéndose al famoso himno de San Pablo a los Filipenses (2,5-12), los obispos recalcan la triple identificación de Jesús con los hombres, los pobres y los crucificados:

“El compromiso de la Iglesia... debe ser como él de Cristo, un compromiso con los más necesitados (cf. Lc 4,18-21). La Iglesia debe mirar, por consiguiente, a Cristo cuando se pregunta cuál ha de ser su acción evangelizadora. El Hijo de Dios demostró la grandeza de ese compromiso al hacerse hombre, pues se identificó con los hombres haciéndose uno de ellos, solidario de ellos y asumiendo la situación en que se encuentran en su nacimiento, en su vida y, sobre todo, en su pasión, donde llegó a su máxima expresión de su pobreza” (n° 1141).

a). Pobreza de Jesús en su nacimiento y existencia

El nombre de Jesús es ya todo un programa (no 190): según su significado 'salvará al pueblo de sus pecados' (Mt 1,21). Los obispos explicitan como se realizará esta misión: "Cristo, al nacer, asumió la condición de los niños: nació pobre y sometido a sus padres" (n° 584); vivió en medio de su pueblo Israel" (n° 190). En Jesús "culminó la sabiduría de Israel... (que) había encontrado Dios en medio de su historia. Dios lo invitó a forjarla en alianza, juntos. Su actitud de total confianza y de máxima corresponsabilidad" (n° 276). Estos textos nos describen cómo Jesús asumió la pobreza real y la pobreza bíblica. Involucró "su propio ser (amando) como aquel que vino no a ser servido, sino a servir" (n° 684), compartiendo las angustias de su pueblo” (n° 176). Jesús fue "pobre entre los pobres" para la liberación integral de todos (n° 612).

b). Jesús lleva la Buena Nueva del Reino a los pobres

“La  predicación de Jesús en los sinópticos gira en torno a tres temas: el Reino de Dios, los pobres y la Buena Nueva” (5). Por su parte, los obispos hacen notar que "los pobres son los primeros destinatarios de la misión (Lc 4,18-21) y su evangelización es por excelencia señal y prueba de la misión de Jesús" (n° 1142), como lo demuestra su respuesta a los enviados de Juan Bautista (Lc 7.21-23). Con su predicación, Jesús "nos ha entregado en la Bienaventuranzas y el Sermón de la Montaña (Mt 5,1-12) la gran proclamación de la nueva ley del Reino de Dios" (n° 190). A partir de ahí, la práctica del "amor fraterno, entendido con toda la amplitud que le ha dado el Evangelio" (n° 324), "debe volverse principalmente obra de justicia para los oprimidos, esfuerzos de liberación para quienes lo necesitan" (n° 327). El Reino de Dios no admite ídolos: "No podéis servir a Dios y al dinero" (Lc 16,13), ni el poder (n° 500), ni el saber (n° 405), porque, de hecho "los bienes de la tierra se convierten en ídolos y en serio obstáculo ara el Reino cuando el hombre concentra toda su atención en tenerlos o aún codiciarlos. Se vuelven entonces absolutos" (n° 493). Explican los obispos que este Reino ya ha comenzado: tiene necesariamente una "dimensión temporal" (n° 87), y, pasando "por realizaciones históricas, no se agota ni se identifica con ellas"(n° 193).

Este Reino "ya presente" (n° 191), Jesús lo traduce en parábolas: Consiste en nuevas relaciones con Dios y entre los hombres, con una especial atención los más pobres: “Jesús predica el Reino de Dios, es decir, el tipo de poder que debe organizar la sociedad: Nueva concepción tanto de lo político como de lo religioso, y de sus relaciones” (6). En relación con los pobres, "el modelo de la atención a todas las necesidades humanas" (n° 1254) es el personaje del Buen Samaritano (Lc 10,29). A través de la parábola del juicio final (Mt 25,1-46), Jesús "ha querido identificarse con ternura especial con los más débiles y pobres" (n° 196); y la actitud con ellos servirá de "criterio y medida con que Cristo ha de juzgar incluso a quienes no lo hayan conocido" (n° 339).

c). La pobreza de Jesús en su muerte

Es en su muerte donde Jesús se identifica más con "el Siervo de Yahvé" (n° 192) que representa todos los desdichados de este mundo. "El portador de la libertad y del gozo del Reino quiso ser la víctima decisiva de la injusticia y del mal de este mundo" (n° 194), "pues, se identificó con los hombres haciéndose uno de ellos" (n° 1141); más todavía: "no vaciló en tomar la forma de esclavo... ni rechazó vivir junto a los postergados para hacerle partícipes de su exaltación (n° 327). Y sabemos que este camino se identificación pasó por la muerte violenta en la cruz, el suplicio de los últimos.

d). La riqueza de la glorificación

Los obispos nos resumen cómo el camino de la pobreza fue para Jesús el camino a la plenitud humana y divina: "El dolor de la creación es asumido por el Crucificado... que encierra el clamor de liberación" (n° 194). "Por eso el Padre resucita a su Hijo, lo exalta gloriosamente" (n° 195), confundiendo en un mismo acto este "misterio del anonadamiento y de la exaltación pascual (Flp 2,3-11)" (n° 743). Es un ejemplo y una certeza para nosotros: Cristo nos ha liberado (Gal 5,1) a fin de que tengamos vida... como 'hijos de Dios y coherederos con el mismo Cristo' (Rm 8,17)" (n° 321). La pobreza de Jesús nos conduce a una riqueza inestimable: "Siendo pobre, nos hace ricos" (2 Cor 8,9).

2 El testimonio de María, mujer pobre y creyente

El Documento de Puebla insiste en presentar también a María como modelo para los cristianos de América Latina, especialmente en su relación con los pobres. Se llama la atención sobre su apelación de "Sierva del Señor" (n° 300) y sobre su canto del Magníficat, en el cual "logra su culminación la espiritualidad de los pobres de Yahvé y el profetismo de la Antigua Alianza" (n° 297).

a). María encarna la espiritualidad de los pobres de Yahvé

Aquí se hace referencia a Isaías que habla de la ternura de Dios en favor de los humildes: "En quién fijo realmente mis ojos es en el pobre y el corazón arrepentido, que se estremece por mi palabra" (66,2). El profeta Sofonías ve en ellos el resto siempre fiel: "Dejaré subsistir dentro de ti a un pueblo humilde y pobre que buscará sólo refugio en Dios" (3,12). Este pueblo está conformado por los "pobres del país que cumplan sus mandatos, practiquen la justicia y sean humildes" (2,3) (n° 1148). "San Pablo concretó esta enseñanza" (n° 1149) invitando, por una parte, a conformarse con lo que se tiene (1 Tm 6,6) y, por otra, a compartir "los bienes materiales y espirituales, para que la abundancia de unos remedie la necesidad de los otros (2 Cor 8,1-15)" (n° 1150). "Este modelo de vida pobre incluyendo el consejo de no amontonar (Mt 6,19-34) se exige en el Evangelio a todos los creyentes en Cristo" (n° 297). María está presentada, de esta manera, como la mayor representante de la espiritualidad de los 'pobres de Yavé', heredera de todo el pasado creyente de su pueblo.

b). María encarna el profetismo del Antiguo Testamento

Para los obispos, el Magnificat (Lc 1,44-55) "es el cántico que anuncia el nuevo Evangelio de Cristo; es el preludio del Sermón de la Montaña. Allí María se nos manifiesta como el modelo de quienes no aceptan pasivamente la circunstancia de la vida personal y social... sino que proclaman con Ella que 'Dios ensalza a los humildes y, si es el caso, ‘derriba a los potentados de sus tronos’" (n° 297). María proclama que “la salvación de Dios tiene que ver con la justicia hacia los pobres" y que es fuente del "compromiso auténtico especialmente por los más pobres y necesitados y por la necesaria transformación de la sociedad" (n° 1144). Así, junto a Cristo María es presentada no solamente como aquella que ampara a los pobres, sino la que vive como ellos una fe enraizada en Dios y los empuja a construir en este mundo un Reino de fraternidad y de justicia.

C. JESUS ES NUESTRO MAESTRO EN LA POBREZA Y EL SERVICIO

La centralidad de Jesucristo en el Documento de Puebla aparece también en todos los compromisos y opciones tanto personales como eclesiales: "El carisma del diacono, signo sacramental de 'Cristo Siervo', tiene una gran eficacia para la realización de una Iglesia pobre y servidora que ejerce su función en orden a la liberación del hombre" (n° 697). Al decir esto, los obispos se hacen el eco de lo que escribían diez años antes, en Medellín, insistiendo para que se presente "en América Latina el rostro de una Iglesia auténticamente pobre, misionera y pascual, desligada de todo poder y audazmente comprometida en la liberación" (7). Veamos ahora como, a partir de Jesucristo, nuestro Maestro, el Documento de Puebla nos orienta, a nosotros sus discípulos actuales, en nuestra diaconía del Reino frente a los pobres y a la pobreza evangélica y efectiva.

1. Discípulos con espíritu y vida de pobres

La invitación más clara del Documento de Puebla a vivir la pobreza está dirigida a los religiosos; pero el consejo vale para todos los cristianos en sentido amplio: "Viviendo pobremente como el Señor y, sabiendo que el único Absoluto es Dios, comparten sus bienes, inauguran la nueva justicia; con su testimonio son una denuncia evangélica de quienes sirven el dinero y el poder" (n° 747). "Llamados por el Señor, se comprometen a seguirlo radicalmente, identificándose con El desde las Bienaventuranzas" (n °742). Esta identificación comporta siempre una parte de inseguridad y riesgo, haciendo alusión a la experiencia martirial de América Latina, "pero caminamos seguros de que el Señor sabrá convertir el dolor, la sangre y la muerte que en el camino de la historia van dejando nuestros pueblos, en semilla de resurrección para América Latina" (n° 266). El servicio de los obreros en la mies del continente pasa por una pobreza que se inspira del ejemplo de Jesús: efectiva y abierta a Dios como a su fuente.

2. Discípulos de Jesús en el servicio a los pobres

La invitación a vivir la pobreza implica un servicio en una doble dimensión: individual y colectivamente. Es la tares de toda la Iglesia: "Optamos por... una Iglesia servidora que prolonga a través de los tiempos a Cristo Siervo de Yavé" (n° 1303); "el compromiso de la Iglesia... debe ser como el de Cristo, un compromiso con los más necesitados" (n° 1141). Y aplicándose las palabras de Jesús en la sinagoga de Nazaret, dicen: "La Iglesia, en cada uno de sus miembros, es consagrada en Cristo por el Espíritu, enviada a predicar la Buena Nueva a los pobres y salvar lo que estaba perdido (Lc 19,10)" (n° 361).

Individualmente, el servicio de los pobres toma, al ejemplo de Cristo, diversas formas que van de la solidaridad y la denuncia hacia el anuncio explícito de Cristo mismo. El Documento de Puebla afirma que "el servicio a los pobres es la medida privilegiada, aunque no excluyente, de nuestro seguimiento de Cristo" (n °1145). Ellos "merecen una atención especial cualquiera sea la situación moral o personal en que se encuentren" (n° 1142).

Los mismos obispos se sienten llamados "colegialmente... (a) interpretar el paso del Señor por América Latina" (n 2°68). Confirman así la expresión de Monseñor Helder Cámara quien daba a la Iglesia "como función profética ser la voz de los que no tienen voz" (n° 268), o según el Papa Juan Pablo II, "ser la voz de quien es silenciado" (n° 24), "aún con el riesgo que ello implica" (n° 1094). "Es grave obligación nuestra... reivindicar la dignidad tantas veces conculcada, (según) la revelación contenida en el mensaje y la persona de Jesucristo" (n° 316).

Además, se trata de ser coherente en nuestro servicio en favor de los pobres; no se puede amarlos solamente en palabra:

“El amor de Dios... debe volverse obra de justicia para los oprimidos, esfuerzos de liberación para quienes la necesitan... El Evangelio nos debe enseñar que no se puede, hoy en América Latina, amar de veras al hermano y, por lo tanto, a Dios, sin comprometerse a nivel personal y, en muchos casos incluso, a nivel de estructuras, con el servicio y la promoción de grupos humanos y los estratos más desposeídos y humillados, con todas las consecuencias que se siguen en el plano de esas realizaciones temporales” (n° 327).

Este servicio debe ir a la raíz de los males: pues, se trata de "suprimir las causas y no sólo los efectos de los males, y organizar los auxilios de tal manera que quienes los reciben, se sienten liberando de la dependencia externa y (bastándose) por sí mismos" (n° 1146).

En fin, no se puede olvidar que, como Iglesia, "el mejor servicio al hermano es la evangelización" sabiendo que una actitud auténtica de la evangelización es "el amor preferencial por los pobres y necesitados" (n° 382). Urge "una evangelización liberadora" (n° 486) que "dispone a realizarse como hijo de Dios, libera de la injusticia, y… promueve integralmente" (n° 1145). Los que viven tal solidaridad con los pobres, "compartiendo su muerte, resucitan gozosamente con ellos y, haciéndose todo para todos, tienen como privilegiados a los pobres, predilectos del Señor" (n° 743).

Este conjunto de datos bíblicos sacados del Documento de Puebla puede aparecer como una pequeña cristología reveladora del tesoro a disposición de la Iglesia en la Palabra de Dios. El despertar de los pobres permite una fidelidad creadora en relación a la lectura de la Biblia, conforme a los desafíos de nuestra época. Esta cristología conduce a una eclesiología encarnada en la realidad latinoamericana. La Iglesia se deja empujar por el Espíritu Santo para seguir la voluntad del Padre : “La opción por los pobres es la respuesta humana a la apuesta de Dios” (8), cuyo misterio “ es asequible sólo a qui se acerca a los pobres” (9).

Para alcanzar esta meta, Cristo es 'el camino' obligado. En Él la Iglesia tiene su Maestro y su modelo. Es con esta proclamación final que los obispos terminan el Documento de Puebla: "El Evangelio vivido y proclamado, a imitación de Él, lleva a la auténtica y total liberación de la humanidad: 'Ninguno otro nombre fue dado a los hombres en el cual pueden ser salvados' (Hec 4,12). Es la plenitud de todo ser. Sólo en Cristo el hombre encuentra su alegría perfecta" (n° 1309 y 1310).

Notas

1. La citación de Lc 4,18-22 aparece 5 veces en el Doc. de Puebla (no 190, 327, 382, 1141 y 1142). La de Mt 25,31-46 igualmente 5 veces si se toma en cuenta el discurso inaugural del Papa (Discurso § 3,2; Mensaje § 3; no 196, 339 y 1254). La de Gn 1,26 tres veces (no 316, 331 y 1242). Las de Isaías se refieren a los tres primeros cantos del Siervo de Yavé (no 191, 1148 y 1303) y la cuarta parla de la pobreza bíblica (no 1148).

2. Mensaje y 3.                                                                                      

3. Mensaje § 3, 9 y Puebla no 166.

4. Doc. de Medellín, La pobreza de la Iglesia, 6.

5. René MARLE, Introduction à la théologie de la libération, (Paris 1988) 93.

6. Ibid., 80.

7. Doc. de Medellín, Juventud, 15.

8. René MARLE, Introduction à la théologie de la libération (Paris 1988) 79 citando a Jon Sobrino.

9. Christian DUQUOC, Libération et progressisme (Paris 1988) 69.

Tercera parte: LA DIMENSION TEOLOGICA

Un texto de Medellín servirá de introducción a esta parte ya que se refiere directamente a nuestro tema y que Puebla continúa en la misma línea. La "evangelización debe estar en relación con los 'signos de los tiempos'. No puede ser ni atemporal ni ahistórica. Los 'signos de los tiempos' que en nuestro continente se expresan sobre todo en el orden social, constituyen 'lugar teológico' e interpelaciones de Dios. (1). Esta apreciación nos ayudará para llegar a descubrir cómo este 'lugar teológico' que representan los pobres en América Latina, son 'sacramento de Dios' y de su salvación hoy en día. Veremos también cómo el protagonismo de los pobres y la opción preferencial por ellos se iluminan y se vivifican mutuamente en esta dimensión teológica actualmente revalorizada.

I. LA IRRUPCION DE LOS POBRES COMO 'SIGNO DE LOS TIEMPOS'

La historia más reciente de América Latina está marcada por "la irrupción de los pobres en el escenario de la sociedad... Eran los oprimidos que surgían como nuevos bárbaros, es decir como aquellos que presionaban sobre el imperio, portadores de una nueva bandera social" (2). Frente a esta situación, la Iglesia latinoamericana ve en esta situación un nuevo desafío urgente: "Los seglares comprometidos... ayudarán a los responsables de la Iglesia (la jerarquía) a comprender la nueva misión histórico-social del cristianismo en favor de los oprimidos, que encontró su formulación en la conocida opción preferencial por los pobres" (3). Antes de llegar a la significación teológica de esta opción, veamos cómo se ha podido llegar a esta opción mediante el 'discernimiento de los signos de los tiempos expresión del Concilio Vaticano II y a su aplicación a América

Latina.

A. LOS 'SIGNOS DE LOS TIEMPOS'

Al hablar de "los signos de los tiempos", el Documento de Medellín trataba de comprender lo que pasaba en América Latina a la luz del Vaticano II (4). “La eclesiología preconciliar se ha construido sobre una concepción individualista, espiritual, fuera del mundo et de la historia de la salvación … La eclesiología del Vaticamo  II, al inverso, se apoya en una conciencia de la salvación que acentúa los aspectos de la comunidad, la integridad, la mondernidad y la historia” (5). Sobre todo, gracias a la 'Gaudium et spes', se empieza a mirar el mundo con ojos nuevos y no solamente en el sentido negativo según san Juan: "El Pueblo de Dios movido por la fe procura discernir en los acontecimientos, exigencias y deseos, los signos verdaderos de la presencia de Dios" (6). La expresión 'signos de los tiempos' desde entonces pasa a ser característica de esta época conciliar.

B. PUEBLA Y LOS SIGNOS DE LOS TIEMPOS

En América Latina "sobre todo a partir de Medellín se escruta los signos de los tiempos", afirman los obispos al comienzo del Documento de Puebla (n° 12). Esta preocupación los llevará a retomar el método de trabajo que utilizaron en su reunión de Medellín. Comenzaron por "la visión pastoral de la realidad latinoamericana" (7), afín de "discernir las interpelaciones de Dios en los signos de los tiempos" (n° 15), "para poder consolidar los valores y derrocar los ídolos que alientan este proceso histórico" (n° 420). En su Documento, los obispos volverán sobre este tema en ocho ocasiones, reconociendo que es una tares particular de cada uno de ellos, junto "con su pueblo" (n° 653) que "el Señor impulsa" (n° 1128) para hacer tal discernimiento (8).

La razón de esta atención a los signos de los tiempos proviene de la propia realidad, especialmente la latinoamericana, que no es un lugar neutral: en ella hay 'valores e ídolos', es decir que en ella está presente el Reino y el anti reino, o sea el pecado. "La iluminación que permite ahondar hasta la raíz de la realidad proviene de la fe... Por esto, no sólo se habla de injusticia, sino de pecado" (9). Es de notar también que este 'discernir los signos de los tiempos' lleva la Iglesia latinoamericana a hacer la opción de comunicar "con esperanza y fortaleza el mensaje de salvación del Evangelio a los hombres, preferencialmente a los más pobres y olvidados" (nº 12). En este número, los obispos hacen una relación directa entre la opción por los pobres y su tarea de evangelización, señal de que están tomando en serio 'los signos de los tiempos'.

C. LAS NOVEDADES PRODUCIDAS POR LOS POBRES

La irrupción de los pobres en el escenario latinoamericano se manifiesta especialmente en los dos niveles de lo social y lo religioso. "La significación profunda de lo que está ocurriendo en estos años en América Latina es que, más allá de las vicisitudes y anécdotas, los hasta ahora 'ausentes' de la historia se hacen presentes en ella. Los pobres pasan al centro de la escena en la sociedad y en la Iglesia latinoamericana" (10). Esta novedad visibiliza a los que se conforman 'el movimiento popular' y 'la Iglesia de los pobres': el despertar de los pobres no deja a nadie indiferente, pues, un nuevo actor -el pueblo de los pobres- empieza a ser protagonista de la historia. El mismo Documento de Puebla hace alusión a esta situación, presentando a los pueblos de continente "empeñados con todas sus energías en el esfuerzo y la lucha por superar todo aquello que los condena a quedar al margen de la historia" (n° 26). Es un movimiento fuerte porque "las esperanzas y las expectativas de nuestro pueblo nacen de su profundo sentido religioso y de su riqueza humana" (n° 73).

1. Al nivel social está el 'movimiento popular'

En nuestro tema hablamos principalmente de la opción 'por' los pobres. Aquí vamos a hablar a tratar de la opción 'de' los pobres. De hecho, son ellos que nos provocan a optar por ellos. Hay que añadir que la opción de los pobres es también 'por ellos', es decir, según ellos, con su originalidad propia, buscando conservar sus valores de pobres.

a). La conciencia de su injusta situación y de su dignidad

En su libro 'La fuerza histórica de los pobres', Gustavo Gutiérrez tiene un capítulo titulado "Los pobres existen" (II), donde analiza la realidad y el despertar de ellos. Hace notar que "esta conciencia popular se hizo fuerte y se expresó en las luchas populares por la liberación en los años sesenta" (12). A esta toma de conciencia colaboró mucho el famoso sociólogo brasileño Paolo Freire. Desde esta época en toda América Latina los pobres se van uniendo y reuniendo para hablar de su realidad, profundizar sus causas y alzarse en contra de su situación de injusticia y a favor de los derechos enraizados en su propia dignidad. El Documento de Puebla recoge este esfuerzo de conciencia y movimiento popular, hablando de "un clamor cada vez más tumultuoso e impresionante. Es el grito de un pueblo que sufre y demanda justicia, libertad, respeto a los derechos fundamentales del hombre y de los pueblos" (nº 87), en contra de una "violencia" e "injusticia" que llaman con una palabra novedosa en ese entonces: "institucionalizadas " (n° 46 y 509).

b). La creación de organizaciones populares

La organización que consiguieron los pobres fue el paso siguiente. La decisión nació de su misma conciencia y necesidad de protegerse y progresar: siendo llamados peyorativamente ‘pobrecitos’, no podían contar con sus dominadores para salvarlos de su situación. Y se fue tejiendo poco a poco toda una red de organizaciones barriales o rural para buscar la satisfacción de sus más elementales necesidades: la casa, la educación, la salud, los transportes, la tierra... De ahí creció "un movimiento popular oprimido y reprimido, pero resistente a la aniquilación y que recrea constantemente sus organizaciones y dirigencias, y, en forma inusitada, vuelve a ponerse de pie" (13). En este sentido, nota el Documento de Puebla: "El hombre latinoamericano ha tomado mayor conciencia de su dignidad, de su deseo de participación social y política... Han proliferado las organizaciones comunitarias, como movimientos cooperativistas, etc.… sobre todo en los sectores populares" (n° 18).

c). Portadores de un proyecto social alternativo

En este esfuerzo siempre reempezado de organizarse, algo nuevo está naciendo. "Como todo avance histórico, su precio es el martirio, el error, la impericia; su resultado es también el triunfo y el aprendizaje de las masas por experiencia propia. Proceso en el cual las clases populares han ido asentando su proyecto y su alternativa... Los pobres son y serán definitivamente los que hacen la historia" (14). Ya en Medellín se percibía la importancia de una "transformación que, además de producirse con una rapidez extraordinaria, llega a tocar y conmover todos los niveles del hombre, desde lo económico hasta lo religioso... Percibimos aquí los anuncios, en la dolorosa gestación, de una nueva civilización" (15). En Puebla se confirma esta visión de Medellín: "Queremos escrutar sus aspiraciones (del pueblo latino-americano), tanto las que expresa claramente como las que apenas balbucea" (n° 131); y enumeran los obispos una serie de exigencias y de realizaciones: "Calidad de vida (n° 132), distribución justa de los bienes (n° 133), convivencia social fraterna, cambios de estructuras (n° 134), responsable y sujeto de la historia (n° 135) ... En una palabra, nuestro pueblo desea una liberación integral... que comienza a realizarse, aunque imperfectamente" (n° 141). Por eso América Latina aparece como el "continente de la esperanza" (n° 10).

2. Al nivel religioso está la 'Iglesia de los pobres'

La opción de la Iglesia por los pobres se ha forjado primero en estos ambientes populares. Antes de ser escrita y presentada como línea pastoral preferencial, ha sido vivido en las bases por los innumerables cristianos que participan en el movimiento popular y luego en las Comunidades Eclesiales de base. Gracias a esta inserción popular de los cristianos, los obispos pudieron escuchar el clamor de los pobres, ya en Medellín y después en Puebla. Con las Comunidades Eclesiales de base, la Iglesia se está ubicando entre los pobres y recibe por lo mismo una apariencia distinta: Empieza a tener un rostro nuevo, su reflexión teológica se hace original y su trabajo pastoral está marcado por medios más pobres. Se vuelve 'Iglesia de los pobres'.

a). La espiritualidad de las Comunidades Eclesiales de base

El movimiento popular refleja la situación del pueblo de los pobres en su doble característica de opresión y de fe: en él, los cristianos no perdieron su identidad; más bien revitalizaron su fe y compromiso. Fue el lugar natural para practicarla a diario. Este empeño dio frutos: Al contacto de la realidad, la oración, la lectura de la Palabra de Dios, la participación en la Eucaristía fueron revalorizadas. Su religiosidad popular era el motor de una experiencia original: Sin darse cuenta, expresaban una nueva espiritualidad, la espiritualidad de los pobres. “Es el encuentro con Dios en medio del sufrimiento no merecido” dice René Marlé (16), haciendo alusión al libro de Gustavo Gutiérrez: "Hablar de Dios desde el sufrimiento del inocente", el cual demuestra cómo surgió "lo inesperado" (17). Los cristianos estaban encontrando un lugar propio para reconocer a Dios y seguir a Jesús: "Para los latinoamericanos, su 'propio pozo', aquel de dónde deben beber, está situado en el proceso de liberación con él que están comprometidos. Allí es donde reciben el agua de la vida que proviene del Espíritu, les purifica y les proporciona energías al mismo tiempo para las nuevas tareas" (18). Las Comunidades Eclesiales de base fueron el crisol de esta experiencia espiritual original, fuente inesperada de renovación eclesial y de transformación social. Por esta razón, los obispos en su Documento de Puebla, les dedican un capítulo propio (n° 617 al 657). Las ven como "esperanza' de la Iglesia (n° 629), (capaces) de conducir su propia experiencia espiritual y humana (n° 641), importante hecho eclesial particularmente nuestro (nº 629), ofreciendo un valioso punto de partida en la construcción de una nueva sociedad, la 'civilización del amor" (n° 642).

b). El renacimiento de la Iglesia de los pobres

Los cristianos de América Latina han ido creando su propio espacio en el seno de la gran Iglesia. “Las Comunidades Eclesiales de Base son Iglesia del pueblo”, escribe Christian Duquoc (19). Por su encarnación en la pobreza y su testimonio evangélico, se puede decir que ayudan a la Iglesia a "poder ser verdaderamente la Iglesia de los pobres", según la expresión de Juan Pablo II (20). Gustavo Gutiérrez explica lo que representa en América Latina 'la Iglesia de los pobres': "Ella significa propiamente una Iglesia pobre al servicio de todos, desde la atención preferente a los insignificantes de este mundo... Las Comunidades Eclesiales de base son una manifestación de la presencia de la Iglesia de los pobres en América Latina" (21). "El Espíritu de Dios está en los pobres y desde ellos recrea la totalidad de la Iglesia" (22). De alguna manera los obispos en Puebla se inscriben en esta corriente renovadora de la Iglesia y transformadora de la sociedad: "Con su amor preferencial, pero no exclusivo, por los pobres, la Iglesia presente en Medellín... fue una llamada a la esperanza hacia metas más cristianas y más humana" (n° 1165). Con la fuerza de los pobres guiados por el Espíritu, la Iglesia latinoamericana en su conjunto está mostrándose cada vez más con el rostro deseado por el Concilio: 'servidora y pobre'.

c). La teología de la liberación

Al nivel de la reflexión, hay una relación de crecimiento y expresión entre las Comunidades Eclesiales de base y la teología de la liberación. La opción por los pobres ha confirmado la labor de las Comunidades Eclesiales de base, y éstas han hecho posible y viva la reflexión de la teología de la liberación. "Si se da la opción, se ha encontrado el lugar para vivir, pensar y anunciar la fe" (23). Estos tres tiempos - 'vivir, pensar y anunciar' - se van purificando y fortaleciendo mutuamente. Con la teología de la liberación, según lo afirma Leonardo Boff, se "representa por primera vez en la historia eclesiástica, el grito articulado de los oprimidos que desde la periferia claman hacia el centro. El centro de diversas Iglesias ha escuchado ese clamor" (24). El mismo autor desarrolla el aporte de este 'grito articulado', mostrando su originalidad en relación con la teología en general:

"La teología de la liberación ha tenido el mérito de situar a los pobres, su sufrimiento y su causa como centro de la reflexión... Esta teología ha recuperado el carácter revolucionario del cristianismo: ha arrebatado al marxismo el monopolio de la idea de transformación social... Esta teología ha situado la praxis concreta, las cuestiones económicas, políticas, sociales e ideológicas del pueblo como objeto de reflexión teológica... Ha definido otro lugar de elaboración teológica, menos académico y más comunitario y al servicio directo de la comunidad... Rescata lo evangelizador que toda reflexión cristiana debe tener... Es una teología perseguida" (25).

d). La opción por la pobreza

La práctica de los cristianos de los sectores populares de América Latina ha ayudado a los cristianos no-pobres o menos pobres a responder más verdaderamente al llamado de Jesús, el Pobre por excelencia. Pues, seguir a Jesús es seguirlo en la pobreza. Los mismos cristianos pobres han a confirmar continuar su propia opción por la pobreza. Ya Medellín había precisado esta forma de seguimiento de Jesús y de qué se trataba cuando se quería elegir la pobreza como forma de compromiso eclesial (26). El Documento de Puebla retoma esta misma visión y la amplifica: "La pobreza como carencia de los bienes de este mundo, en cuanto tal es un mal. Los profetas la denuncian como contraria a la voluntad del Señor y las más de las veces como fruto de la injusticia y el pecado de los hombres". En Puebla, los obispos la condenan "como antievangélica" (n° 1159) y alientan los "esfuerzos a los hombres de buena voluntad para desarraigarla" (n° 1161). "La pobreza espiritual es el tema de los pobres de Yavé. La pobreza espiritual es la activa apertura a Dios, la disponibilidad de quien todo lo espera del Señor". En Puebla, los obispos la llaman "evangélica" (n° 1149) y se alegran al ver en muchos fieles "la vivencia concreta de esta pobreza cristiana" (n° 1151)

Precisan que es el carisma propio a los religiosos que "viven en forma propia esta pobreza exigida a todos los cristianos" (n° 1148). "La pobreza como compromiso que asume, voluntariamente y por amor, la condición de los necesitados... para testimoniar el mal que ella representa y la libertad frente a los bienes, sigue en esto el ejemplo de Cristo". En Puebla, los obispos la califican "como solidaridad con el pobre y como rechazo de la situación en que vive la mayoría del continente" (n° 1156) y hacen inmediatamente referencia, como diez años antes en Medellín (27), a "una Iglesia pobre" cuyo "testimonio puede evangelizar a los ricos".

 Esta reflexión nos hace ver cuánto están ligadas entre sí la opción de los pobres y la opción por los pobres. Nos permiten también entender que "en ellos se hace presente de un modo insustituible el Dios cristiano, el destino de la humanidad y el camino de la conversión" (28).

II. LOS POBRES COMO SACRAMENTO DEL REINO

La opción por los pobres no es solamente generosidad, protesta, seguimiento de Jesús, acercamiento a Dios. Por ser cristiano, el pueblo de los pobres se abre a una sacramentalidad propia de Dios, de la Iglesia, del Reino. El Papa Pablo VI expresó esta realidad al inaugurar la Conferencia de Medellín: "La tradición de la Iglesia reconoce en los pobres el sacramento de Cristo... Cristo mismo lo dice en una solemne página del Evangelio donde proclama que cada persona que sufre, con hambre, enfermo, desafortunado... es Èl" (29). Diez años más tarde, los obispos no retomaron esta noción de sacramento, pero la importancia que dieron a la opción por los pobres y sus aplicaciones demuestran de alguna manera la verdad y la vitalidad de la sacramentalidad de los pobres.

A. ENFOQUE DEL TEMA EN PUEBLA

Al ejemplo de Pablo VI, los obispos hacen referencia a la misma página del Evangelio y escriben: "Jesucristo, exaltado, no se ha apartado de nosotros; vive en medio de su Iglesia... y ha querido identificarse con ternura especial con los más débiles y pobres" (n° 196). A partir del Documento de Puebla, vamos a precisar esta noción de sacramentalidad y su relación, especialmente por medio de las Comunidades Eclesiales de base, con la presencia del Reino.

1. La sacramentalidad de los pobres a partir de Puebla

Hablando de liturgia, los obispos afirman que "toda la creación es, en cierto modo, un sacramento de Dios porque nos lo revela" (n° 920): "Cristo es el sacramento primordial y radical del Padre" (no 931); "la Iglesia a su vez es sacramento de Cristo. Los sacramentos concretan y actualizan esta realidad sacramental" (n° 922). También aplican a la diócesis esta misma noción, deseando "que sea luz y fermento de la sociedad, sacramento de unidad y liberación integral" (n° 467). Luego abren la perspectiva en el sentido que Cristo "por su solidaridad con nosotros, nos hace capaces... de ser protagonistas con El de la construcción de la convivencia y las dinámicas humanas que reflejan el mismo misterio de Dios y constituyen su gloria viviente" (n° 213).

Lo que podemos notar de esta reflexión de los obispos sobre la sacramentalidad es su aplicación a la diócesis y la calificación de 'reflejo divino' a las dinámicas humanas. Una comunidad cristiana amplia y activa puede ser 'sacramento de unidad y de liberación'.

2. Las Comunidades Eclesiales de base como 'pequeña Iglesia'

En Puebla, los obispos explicaron lo que eran las Comunidades Eclesiales de base; desmenuzando cada palabra ‘Comunidad, Eclesial, de Base’-, terminan diciendo: "Es de base por estar constituida por pocos miembros, en forma permanente y a manera de célula de la gran comunidad" (nª 641). Según esta apreciación, les Comunidades Eclesiales de Base se diferencian de la Iglesia diocesana y de la Iglesia universal, pero, al mismo tiempo participan de la misma identidad y sacramentalidad. "No es sólo una comunidad sociológica, sino teológica" (30). Inauguran un nuevo modo de ser Iglesia, participando de la sacramentalidad que Cristo atribuye a ella. Como la diócesis, pueden ser sacramentos 'de unidad y de liberación integral'; por ellas el Reino de Dios se hace presente y vivo (31).

"Felices los pobres porque de ellos es el Reino de Dios" (Lc 6,20). Notan los obispos entre las aspiraciones del pueblo latinoamericano "su calidad de vida más humana, sobre todo su irrenunciable dimensión religiosa, su búsqueda del Reino que Cristo nos trajo, a veces confusamente intuido por los más pobres con fuerza privilegiada" (n° 132). Este Reino "se da en cierto modo por dondequiera que Dios esté reinando mediante su gracia y su amor" (n° 226). La Iglesia de América Latina se siente fuerte de la presencia de los pobres en su seno: son su riqueza. Gracias a ellos es portadora de una novedad "es una Buena Nueva" (n° 229) para la Iglesia universal e incluso para la humanidad. "Debemos dar de nuestra pobreza... Nuestras Iglesias pueden ofrecer algo original e importante: su sentido de salvación y liberación, la riqueza de su religiosidad popular, la expresión genuina de las Comunidades Eclesiales de base, la floración de sus ministerios, su esperanza y la alegría de su fe" (nº 368).

Aquí podemos notar la desproporción entre los dones o sea las riquezas de los pobres y la timidez de sus calificaciones anteriores. De todo modo, la opción preferencial por los pobres es opción por el Reino: "Miren hermanos, ¿acaso Dios no escogió a los pobres para hacerlos ricos en la fe? ¿No será para ellos el Reino que prometió a quienes lo aman?" (Stgo 2,5). ¡Felices los pobres…!

B. EL REINADO DE DIOS ES EL REINADO DE LOS POBRES

'Reino intuido', 'Iglesia de los pobres', 'sacramentalidad amplia': con estos temas, los obispos en Puebla confirman las orientaciones de Medellín: "una liberación integral desde los pobres como lugar teológico" (32). Ven en las Comunidades Eclesiales de base "focos de evangelización y motor de liberación y desarrollo" (n° 96); en Medellín decían que eran 'signos de la presencia de Dios" (33). Aprueban implícitamente la teología de la liberación que el papa Juan Pablo II reconocerá como "no solo oportuna, sino útil y necesaria" (34). La centralidad de la opción por os pobres revela la novedad que los pobres han desencadenado. Su actuación cristiana dirige la atención y la actividad de la Iglesia sobre su misión: "la construcción del Reino como su vocación cristiana específica" (nº 854). Así, los pobres pasan ser el lugar de encuentro del Dios y la revelación del Reino de Dios, como también los obreros privilegiados de su extensión.

1. Los pobres como encuentro del Dios del Reino

Los teólogos de la liberación, de modo particular, insisten mucho sobre la dimensión teológica de los pobres. Son "el lugar teofánico privilegiado" (Víctor Ayala), "epifanía real de la Palabra de Dios" (Enrique Dussel), "revelación de Dios" (Gustavo Gutiérrez), "la última mediación de Dios" (Jon Sobrino), "el sacramento de Dios por excelencia" (Leonardo Boff) ... (35). Esta constancia en la calificación demuestra, de alguna manera, el aporte específico de la teología latinoamericana. A través de los pobres nos vamos acercando mejor al misterio de Dios; es la gracia que Él nos hace en este tiempo: redescubrirlo en uno de sus aspectos fundamentales, como "el Dios de los pobres. El verdadero Dios es el Dios que hace Suya la causa de los pobres" (36). La encarnación de Jesús confirma esta perspectiva: en Jesús, Dios elige hacerse visible en la persona y la pobreza de los pobres. Desde ellos, Jesús predica la Buena Nueva del Reino. Todo esto "es un rasgo de la revelación cristiana.... El Dios cristiano es un Dios pobre, es un pobre: Jesús de Nazaret" (37). En nuestra fe, no se puede disociar Dios, Jesús y los pobres: entre ellos hay "la inmediatez de la relación: lo que se hace al pobre se le hace a Cristo. El pobre es la mediación viva del Señor, su expresión real y no so lamente su intermediario" (38). Con los pobres llegamos directamente a Dios, porque así lo ha querido Dios. Además, busca realizar el Reino desde ellos.

2. Los pobres como revelación del Reino de Dios

Al revelar quién es Dios y significar cómo Jesús eligió la pobreza, los pobres nos enseñan también el contenido de su proyecto: un Reino de pobres. Ellos lo encarnan negativamente porque representan en carne viva la destrucción de este Reino de Dios. "La pobreza es como el sacramento del pecado del mundo" (39) pues, “el resultado perceptible del pecado es el pobre, el oprimido” (40), es decir, el anti-Reino. Pero, representan también positivamente el Reino de Dios porque, a través de los pobres dignos, se manifiesta su triunfo, o sea, su realización actual; nos revelan la fuerza del misterio pascual que se traduce concretamente en ellos: Son el ejemplo vivo "del parto en que gime y sufre el universo" (Rm 8,22). "Dios está en los pobres no sólo sufriendo misteriosamente con ellos, sino también negando activamente su presente doloroso y anunciando, reclamando, suscitando un futuro nuevo" (41). De una manera muy real, los pobres anticipan el Reino de Dios, en un proceso nunca acabado: "El Reinado de Dios es el reinado de los pobres y, cuando éste llega, se acaba el reino de las marginaciones que vienen de la pobreza" (42).

3. Los pobres como protagonistas privilegiados del Reino

Defendidos por Dios en el Antiguo Testamento y elegidos por Jesús como los primeros destinatarios de su mensaje, les pobres "son, en definitiva, los naturales portadores de la utopía del Reino" (43). En Puebla, los obispos confirmaron esta dinámica del Reino impulsada por los pobres: "El compromiso por los pobres y los oprimidos y el surgimiento de las Comunidades de base han ayudado a la Iglesia a descubrir el potencial evangelizador de los pobres, en cuanto la interpelan constantemente, llamándola a la conversión y por cuanto muchos de ellos realizan en su vida los valores evangélicos de solidaridad, servicio, sencillez y disponibilidad para acoger el don de Dios" (n° 1147).

El protagonismo de los pobres en la construcción del Reino de Dios se puede notar en su religiosidad popular. Siguiendo las huellas de Medellín, los obispos insisten mucho en el respeto que se le debe tener: verdadero "tesoro" (n° 905), "memoria cristiana de nuestro pueblo" (nº 457), "sabiduría popular" (nº 413), "clamor por una verdadera liberación" (n° 452). "En la segunda parte del Documento de Puebla... el eje de la evangelización es la cultura, y el punto de arranque es la religiosidad popular" (44). Por eso, aquella "necesita ser estudiada con criterios teológicos y pastorales para descubrir su potencial evangelizador" (n° 910). Con la ayuda de la Palabra de Dios, esta religiosidad se transforma en “compromiso por la llegada del Reino de Dios en esta tierra, por la liberación y la transformación del mundo” (45).

En la actualidad, los pobres son un lugar teológico de primera importancia: son sacramento del Reino en construcción. Por su protagonismo y sacramentalidad, son el camino de Dios hacia el hombre, el camino del hombre hacia Dios y el camino de la humanidad hacia el Reino:

“Los pobres de nuestro tiempo nos llaman al cambio y anuncian un mundo nuevo, el del ‘Reino y su justicia’… Los invitamos a la experiencia de dar a los pobres la preferencia, no sólo en los programas de ayudad, sino también en una verdadera evangelización, aprendiendo de ellos. Esta Iglesia el la Iglesia de Cristo a la cual queremos ser fieles” (46).

C. LOS POBRES, META DE LA CONVERSION CRISTAINA

Este llamado del Consejo Ecuménico de las Iglesias nos invita a profundizar las formas que debe tomar nuestra conversión cristiana en fidelidad a la opción por los pobres. A lo largo del Documento de Puebla, los obispos hacen de la conversión como un refrán que ritma sus distintas partes. Par comprender más correctamente el sentido de esta conversión, veamos primero la visión del hombre, la meta como ser humano que nos presentan. De hecho, "la opción preferencial por los pobres es el punto de partida que me parece fundamental para expresar la verdad sobre Dios y la verdad sobre el hombre" (47). Los obispos nos invitan a dejarnos guiar por esta última.

1. Puebla y la verdad sobre el hombre

Correlativamente a una verdad sobre Dios y su Reino, la Iglesia de América Latina tiene también sus aportes propios en cuanto a una verdad sobre el hombre. Su presentación es una invitación a dejarnos interpelar por aquella. Al aclararnos, desde América Latina, la identidad del hombre y de su vocación, nos ayuda a orientar el proceso de conversión personal, eclesial y social.

a). La dignidad absoluta de todo ser humano

Los obispos afirman claramente que "todo hombre y toda mujer, por más insignificantes que parezcan, tienen en sí una nobleza inviolable" (n °317). Esta dignidad les viene de su semejanza con Dios y de la encarnación de Jesucristo que "no vaciló en tomar la forma de esclavo (Flp 2,7)" (n° 316). De ahí surgen "sus derechos inalienables" (n° 318), tanto personales como colectivos: el hombre y la mujer están llamados no solamente a tener más, sino sobre todo a "ser más" (n° 339), para poder alcanzar una libertad cada vez mayor, la cual es "don y tarea" (n° 321).

b). El pecado superado en Jesucristo

El ser humano es radicalmente limitado: Entra a formar parte de un mundo marcado por el pecado y colabora al desorden con sus propios pecados. El pecado "envilece al hombre", genera "injusticia, dominación, violencia" y establece "situaciones de pecado" (n° 328). Pero "Jesucristo, viviente en su Iglesia sobre todo entre los pobres, quiere hoy enaltecer esta semejanza de Dios en su pueblo... De Él nos viene el vigor para liberarnos y liberar a otros del misterio de iniquidad" (n° 330). "En Jesucristo, hemos descubierto la imagen del 'hombre nuevo' (Col 3,10) ... En María, hemos encontrado la figura concreta en que culmina toda liberación" (n° 333). Esta visión cristiana sobre el pecado y su superación en Cristo y María nos señala metas siempre nuevas y transformaciones siempre posibles.

c). Su vocación comunitaria y transcendental

Los obispos no se quedan en una visión meramente personal. Llaman a "la realización cada vez más fraterna de la común dignidad" (n° 317). El ser humano está destinado a convivir con otros sin arbitraria limitación ni cualquiera "degradación de (su) convivencia" (n° 318). Todavía más: Somos llamados a "realizarnos en el plano transcendental" (n° 325). Nuestra medida es, en definitiva, la del Reino de Dios. Nuestra misión es "someter este mundo a través del trabajo y de la sabiduría, y humanizarlo de acuerdo con el designo del Creador" (n° 323).

Esta visión del hombre nos empuja hacia la utopía de "la liberación integral que es la realización individual de todo el hombre y colectiva de todos los hombres. Nuestra vocación culminará en ser "señores" del mundo, "hermanos" de todos e "hijos" del Padre (n° 322). En este esfuerzo los pobres nos acompañan y nos enseñan el camino de la conversión para alcanzar ser el ‘hombre nuevo’ y el ‘pueblo nuevo’ según el corazón de Dios.

2. La conversión de la Iglesia a los pobres

La conversión a los pobres es no sólo personal, debe abarcar también la misma Iglesia. El "potencial evangelizar de los pobres" vale para toda la comunidad eclesial: ellos "la interpelan constantemente, llamándola a la conversión" (n° 1147). Esta conversión tiene un aspecto interno que interpela las personas, su quehacer pastoral, sus estructuras, y un aspecto transeclesial: hacer suya la causa de los pobres, transformándose en Iglesia de los pobres.

a). Conversión al interior de la Iglesia

Al interno de la Iglesia, la conversión interesa primeramente las personas. El obispo ha de hacerse "el Buen Pastor" que va delante las ovejas, las conoce y a la vida por ellas (n° 681). El sacerdote "anuncia el Reino de Dios" mediante una entrega radical" (n° 692), encontrando fuerza en su "experiencia del Dios vivo" (n° 693). Los religiosos tienen que ocupar "los puestos de vanguardia evangélica" (n° 771). Los laicos son invitados a ser 'puentes': "Hombres de la Iglesia en el corazón del mundo y hombres del mundo en el corazón de la Iglesia" (n° 786). Para llevar a cabo esta gran renovación de las personas, “una conversión a los pobres que sacuden nuestras costumbres y nuestros juicios, aparece como indispensable” (48).

Un segundo nivel de conversión eclesial toca el uso de los medios para tarea evangelizadora. "Esta conversión lleva consigo la exigencia de un austero estilo de vida y una total confianza en el Señor... (contando) más con el ser y el poder de Dios y su gracia que con el 'tener más' y el poder secular. Así... los pobres tienen capacidad real de participación y son reconocidos en su valor" (n° 1158). Se trata de "saber valorar los medios pobres, humildes, populares e incluso artesanales, para comunicar el Mensaje" (n° 1235).

Finalmente, "la Iglesia debe revisar sus estructuras con miras a una conversión efectiva" (n° 1157). Esta revisión portará sobre "nuestra comunión y participación con los pobres, los sencillos. Será por tanto necesario escucharlos, acoger lo más profundo de sus aspiraciones... dejando que el Señor nos guíe para hacer efectiva con ellos la unidad en un solo cuerpo y un mismo espíritu" (n° 974). Los desafíos son grandes, pero "el Espíritu de Jesús Resucitado habita en su Iglesia... Impulsados por Él, deseamos ser servidores del hombre" (n° 1294-1295).
b). Conversión transeclesial: volverse Iglesia de los pobres

La última invitación que hacen los obispos es que toda la Iglesia llegue a tener rostro, un rostro de pobre. No se trata solamente de un acercamiento a los pobres, sino de una solidaridad que nos permita recuperar más auténticamente nuestra manera de ser Iglesia de Cristo. Nuestra conversión eclesial debe llevarnos a presentarnos como Iglesia con "una auténtica imagen pobre... donde los pobres tienen capacidad de participación" (n° 1158). En definitiva, toda la Iglesia tenemos que ser Iglesia de los pobres. Los pasos de esta conversión solidaria van de la inserción a la identificación y hasta la configuración.

La inserción supone un cambio de lugar social para estar efectivamente en medio de los pobres. Por una parte, es cierto que "la Iglesia, a través de innumerables sacerdotes, religiosas, misioneros y laicos, ha estado presente entre lo más pobres y necesitados" (no 965). Sin embargo, como lo anotan los obispos en el número siguiente, todavía falta: la inserción debe ser mayor.

El nuevo lugar se vida de la Iglesia la encamina hacia una "identificación cada día más plena... con los pobres" (n° 1140). Una solidaridad más real ha de conducir a apoyar "las aspiraciones de los obreros y campesinos" (n° 1162) y la creación de "organizaciones propias para defender y promover sus intereses" (n° 1163). Al hacer suya la causa de los pobres, esta solidaridad se vuelve conflictiva. Pero, la Iglesia latinoamericana tiene ya esta experiencia y puede ir adelante: las denuncias "de las graves injusticias de mecanismos opresores... le han traído. en no pocas ocasiones, persecuciones" (n° 1137-11328). "El discípulo no es más que su Maestro" (Mt 10,24). El seguimiento de Jesús pasa por la identificación con los pobres de hoy.

De esta manera, la Iglesia está dando los pasos necesarios para configurarse en Iglesia de los pobres. Al estar con ellos, aprende a ser por ellos y, así, nace más evangélicamente desde ellos a su verdadera identidad, por la fuerza del Espíritu Santo. Entonces, plenamente convertida a los pobres, al ejemplo de Jesús, la Iglesia no se preocupará tanto como ahora de la 'comunión y participación' de los pobres en su seno, sino que, en ella, las decisiones serán de los mismos pobres como "dueños de casa" (49).

Tal vez sea esto seguir y convertirse a Jesucristo: Convertirse a los pobres, personal y eclesialmente. Para conseguirlo, los pobres son nuestros 'maestros', tanto en la transformación interna como en la renovación de su identidad. Pero debemos saber que “el empeño real y concreto por los pobres debe producir la conversión interior… Es esta segunda  dimensión que debe guiar la primera” (50). Una vez más se nota la absoluta necesidad de la opción por los pobres como motor de renovación eclesial: Ellos son el centro de la Iglesia y la fuente de su vida nueva. Es una consecuencia de la encarnación del Hijo de Dios en Jesús el pobre.

3. Conversión de la sociedad a los pobres

El Documento de Puebla invita igualmente la sociedad a realizar su propia opción por los pobres: convertirse a ellos. De esta manera, hechas a partir de la realidad de los pobres, las críticas y las denuncias orientan ya hacia los remedios posibles. Para los obispos, la referencia a los pobres y la opción preferencial por ellos los ha conducido a pedir la conversión y de las ideologías principales y de los sistemas que engendran.

a). La conversión de las ideologías

Antes de criticar las ideologías, los obispos afirman que "aparecen necesarias para el quehacer social" (nª 534), pero han de corregirse en cuanto dan del hombre una visión demasiado incompleta, conduciendo por esta razón a actitudes desordenadas. El Documento de Puebla especifica unos ejemplos donde debe haber cambios:

-        En la visión determinista" (n° 308), que conduce a una actitud fatalista dando de Dios una imagen mágica; en vez de ayudar al hombre, se lo vuelve totalmente pasivo.

-        "En la visión sociológica" (n° 310), que presenta a la persona como víctima de sus instintos sobre todo sexual; es el caso por el machismo que impide las personas a ser dueña de sí misma y respetuosa de su pareja.

-        "En la visión economicista" (n° 314), que idolatra el dinero, perjudicando así la búsqueda del bien común.

-        "En la visión estadística" (n° 315), donde la voluntad del estado se confunde con la de la nación, reduciendo así los ciudadanos a meros objetos.

-        "En la visión cientista" (n° 316), que presenta como verdad exclusiva los progresos de la ciencia para satisfacer todas las aspiraciones humanas, ignorando las dimensiones religiosas y transcendentales.

Hacen notar los obispos que "toda ideología es parcial" (n° 535) y que lleva "en sí misma la tendencia a absolutizar los intereses que defiende, la visión que propone y la estrategia que promueve (n° 536). Por eso invitan a una actitud crítica de "anuncio fiel y denuncia profética" (n° 338), sin reducir el Reino a meras alianzas estratégicas (n° 560-561).

b). La conversión radical de los sistemas

El Documento de Puebla se detiene especialmente en el análisis de tres sistemas: el capitalismo liberal, el colectivismo marxista y las dictaduras nacidas de la 'doctrina de la seguridad nacional' (n °542-550). Varios de los puntos de vistas están retomados y amplificados por el Papa Juan Pablo II en su encíclica 'Sollicitudo rei socialis' (51). Actualmente, los imperialismos, encerrados en el círculo del dinero y de la violencia, son incapaces de conseguir una convivencia mundial digna de las personas, especialmente de los pobres. Se necesita entonces sustituirlos por una novedosa organización de la solidaridad internacional. Es necesaria la puesta en marcha de un justo orden político, financiero y comercial que se inspire de la opción preferencial por los pobres, afín de llegar a una verdadera liberación integral.

Por su parte, el Documento de Puebla invita a no olvidar que no se puede tener un duradero cambio de las estructuras "si no va acompañado por el cambio de mentalidad personal y colectiva respecto al ideal de vida humana digna y feliz que, a su vez, dispone a la conversión" (n° 1155). La dimensión política de "la fe exige de los miembros de la Iglesia un urgente y profundo compromiso social: Unos y otros, unidos a Cristo en la oración y la abnegación, se comprometerán sin odios ni violencias hasta las últimas consecuencias, en el logro de una sociedad más justa, libre y pacífica, anhelo de los pueblos de América Latina y fruto indispensable de una evangelización liberadora" (n° 562).

En esta grandiosa e inmensa tarea de conversión, los pobres han de jugar un papel primordial y absolutamente necesario: Es el reto de la hora presente. "Las inmensas mayorías (de América Latina) ... al mismo tiempo están abiertas no sólo a la Bienaventuranzas y a la predilección del Padre, sino a la posibilidad de ser los verdaderos protagonistas de su propio desarrollo" (n° 1129). Por su irrupción providencial, los pobres se presentan no solamente como un signo de los tiempos sino sobre todo como el 'sacramento del Reino": Manifiestan ya lo que debe ser la sociedad toda. Su testimonio ha recaído, por una parte, en la Iglesia que ha tomado preferente y universalmente opción por ellos, creando nuevos surcos de renovación fructífera en su propio seno. Por otra parte, está recayendo también en la sociedad, obligándola a repensar y corregir sus modelos de convivialidad a partir de los mismos pobres. Estos son capaces de abrir "las puertas a soluciones alternativas" (n° 1152). De un lado como del otro, "los pobres nos están llevando a la médula de la verdad que libera" (52).

"Estoy convencido, dice el cardenal Kim, que los pobres de este mundo, liberados, nos liberarán a todos los demás, que ellos serán el sacramento de nuestra salvación" (53), y, según Pixley y Boff, "el único sacramento absolutamente necesario... y universal de la salvación" (54).

Notas

1. Doc. de Medellín, Pastoral de élites, 13.

2. Leonardo BOFF, ¿"Qué son las teologías del Tercer Mundo?", Concilium 219 (1988) 185. 3. Ibid., 187.

4. Doc. de Medellín, Pastoral de élites, 13; Catequesis, 12; Movimientos de laicos, 13; Formación del clero, 26.

5. Luis GALLO, Evangelizzare i poveri (Roma 1983) 23.

6. Gaudium et spes, II.

7. Tal es el título de la primera parte del Doc. de Puebla.

8. Los demás n del Doc. de Puebla que hablan de los signos de los tiempos' son: 473, 847, 1115.

9. Francisco MORENO, "La teología moral en América Latina a partir de Medellín", Páginas 92 (1988) 34 citando a R. Oliveiros.

10. Gustavo GUTIERREZ, La fuerza histórica de los pobres (Lima 1979) 133.

11. Ibid., 250.
12. Ibid., 135. 13. Ibid., 132.
14. Ibid., 132-133.
15. Doc. de Medellín, Introducción, 4. Puebla no 1152.
16. René MARLE, Introduction à la théologie de la libération (Paris 1988) 126.
17. Gustavo GUTIERREZ, Hablar de Dios desde el sufrimiento del inocente (Lima 1986). Sobre Job.
18. Robert MCAFEE BROWN, "Espiritualidad y liberación: en favor de Gustavo Gutiérrez" Páginas 6566 (1984) 4 Separata. Comentario del libro de G. Gutiérrez 'Beber en su propio pozo'.
19. Christian DUGUOC, Libération et progressisme (Paris 1987) 129.
20. Juan Pablo II, 'Laboram exercens', 81.
21. Gustavo GUTIERREZ, "Mirar lejos", Páginas 93 (1980) 92. Este artículo sirve de introducción a la nueva edición inglesa de su libro 'Teología de la liberación', publicado por primera vez hace 20 años.

22. Jesús ESPEJA, Espiritualidad y liberación (Lima 1986) 78.

23. Julio LOIS, Teología de la liberación: opción por los pobres (Madrid 1986) 5.

24. Leonardo BOFF, "Qué son las teologías del Tercer Mundo", Concilium 219 (1988) 194. 25. Ibid., 192-193

26. Doc. de Medellín, La pobreza de la Iglesia, 4. El comienzo de los párrafos siguientes cita las distintas formas de pobreza enumeradas en este número de Medellín.

27. Ibid., 5. Más abajo, este mismo número precisa: "Una Iglesia pobre denuncia la carencia injusta, predica y vive la pobreza espiritual, se compromete ella misma en la pobreza material".

28. Julio LOIS, ibid., 167.

29. En Bogotá, Colombia, el 23 de agosto de 1968. Citado por Aloisio LORSCHEIDER, "Documento XIV: La pobreza de la Iglesia", in Equipe SELADOC; ed., MEELLIN: Reflexiones en el CELAM (Madrid 1977) 188.

30. José MARINS, "Las Comunidades Eclesiales de base", in Equipo SELADOC, ed., Puebla V (Salamanca 1981) 212.

31. El Doc. de Medellín, en 'Pastoral de conjunto', parla de las CEB como "el primero y fundamental núcleo eclesial.... Ella es, pues, célula inicial de estructuración eclesial" (n° 10). Y comenta José Marins, ibid., 209: "En A. L., cuando decimos CEB, significamos la única Iglesia de Jesús, a su nivel nuclear y celular. El lugar donde se da la emergencia de la Iglesia universal".

32. Doc. de Medellín, "Pastoral de élites", 13.

33. Ibid., "Pastoral de conjunto", 11.

34. "Mensaje a los obispos brasileños", Páginas, 78 (1986) 41. DIAL, III5 (1986) 5.

Julio LOIS, Teología de la liberación: opción por los pobres (Madrid 1986) 151.

35. Beltrán VILLEGAS, "Opción preferencial por los pobres en Puebla", in Equipo SELADOC, Puebla V (Salamanca 1981) 428.

37. Jorge PIXLEY - Clodovis BOFF, Opción por los pobres (Madrid 1986) 129.

38. Ibid., 132.

39. Beltrán VILLEGAS, ibid., 426.

40. Christian DUGUOC, Libération et progressisme (Paris 1987) 93.

41. Julio LOIS, ibid., 155.

42. Beltrán VILLEGAS, ibid., 433.

43. Julio LOIS, ibid., 151 (nota 161) Citando a Leonardo Boff.

44. Joaquín ALLIENDE, "Religiosidad popular en Puebla", in Equipo SELADOC, Puebla V 482.

45. Document de la 7e Conférence internationale de l'Association Œcuménique des théologiens du Tiers Monde, in Foi et Développement, 166-167 (1988) 8 § 73. Usaremos ahora la sigla 'EATWOT'.

46. Philippe LAURENT, L'Eglise et les pauvres (Paris 1984) 142-143.

47. Jesús ESPEJA, Espiritualidad y liberación (Lima 1986) 210.

48. Philippe LAURENT, ibid., 110.

49. Beltrán VILLEGAS, "Opción preferencial por los pobres en Puebla", ibid., 434.

50. Luis GALLO, Evangelizzare i poveri (Roma 1983) 108.

51. "Sollicitudo rei socialis", no 36, 42, 46.

52. Cardinal Paolo ARNS, "El evangelizador de los pobres", Páginas 93 (1988) 48.

53. Cardenal Stephen KIM, "Los efectos de la teología de la liberación en Asia", Páginas 93 01988)

54. Jorge PIXLEY-Leonardo BOFF, Opción por los pobres (Madrid 1988) 132-133. Dicen también: cane de Dios pasa necesariamente por todos, sin excepción por el camino del hombre, del hombre necesitado, sea cual fuera su necesidad: de pan a de palabra. Se pude leer también sobre punto a Víctor CODINA, De la modernidad a la solidaridad (Lima 1984) Al ss.

Cuarta parte: LA DIMENSION PASTORAL

La irrupción de los pobres de América Latina en la sociedad y en la Iglesia conduce a una conversión radical. En estos años, la atención general se ha vuelto sobre este Continente: cada vez más se debe contar con los pobres; el futuro depende mucho de ellos. Esta novedad ha cuestionado la misma Iglesia Y decididamente, en 1979, la Iglesia latinoamericana ha hecho opción preferencial por ellos. Esto le permite hacer revivir y actualizar su tradición en favor de los pobres, su manera de leer la Biblia, su reflexión teológica y su compromiso pastoral. Todo este movimiento que viene de la 'periferia', no va sin dificultades, excesos y conflictos: éstos hacen parte de toda renovación y de todo crecimiento; nos permiten purificarnos mutuamente en la fidelidad al único Señor y asegurar juntos un futuro mejor. Frente a los retos que representa la situación de miseria del continente, el camino recorrido es halagador y las esperanzas levantadas prometedoras de frutos abundantes.

En Puebla, los obispos han centrado la misión de la Iglesia latinoamericana en la evangelización. Para que sea liberadora, han querido apoyarse sobre la opción por los pobres. Esto les ha exigido a ordenar sus acciones pastorales: "Queremos tomar conciencia de lo que la Iglesia latinoamericana ha hecho o dejado de hacer por los pobres después de Medellín, como punto de partida de pistas eficaces en nuestra acción evangelizadora, en el presente y el futuro de América Latina" (n° 1135). Los campos tratados son muy amplios y hacen parte de una larga historia eclesial.

1. LA OPCION POR LOS POBRES HA SIDO UNA CONSTANTE EN LA IGLESIA

Cuando se reúnen en Puebla, los obispos empiezan por mirar la realidad de su continente. Hacen primero una retrospectiva que comienza con la primera evangelización, en tiempos de la colonización española. Descubren que esta historia hace parte de la gran tradición de la Iglesia, con sus propias características. Hay a la vez continuidad y complementariedad, errores y aciertos; y ya la opción por los pobres ha existido, de una manera o de otra, desde el principio. Por su parte, los teólogos de la liberación se reclaman de esta corriente que ve en la opción por los pobres la fuente de un respeto al hombre y a la mujer latinoamericanos, por haberlos tomado en cuenta desde siempre. Sitúan esta originalidad en el conjunto de la historia de la Iglesia y ven en ella una riqueza que no se puede perder.

A. VIVENCIA HISTORICA DE TAL OPCION EN AMERICA LATINA

1. Las 'luces y sombras' según el Documento de Puebla

Al describir los comienzos de la evangelización, los obispos reconocen que ésta ha tenido sus sombras. En esa época, la evangelización fue "sometida las vicisitudes históricas... acicateada por las contradicciones y desgarramientos en medio de un gigantesco proceso de dominaciones y culturas aún no concluido". Añaden también que aquella época "dramática" está "envuelta de luces" (n° 6).

Estas luces provienen de "la labor de nuestros santos (n° 7), de intrépidos luchadores por la justicia, evangelizadores de la paz... que defendieron a los indios, incluso hasta la muerte" (n° 8). Entre ellos, "la mujer tuvo un papel esencial". No se trata solamente de "las incontables iniciativas de caridad... Tal capacidad pastoral está ligada a un momento de gran reflexión teológica". Todo esto es "remota, pero fecunda fuente de los actuales movimientos comunitarios en la Iglesia de América Latina" (n° 9). El presente es rico del pasado.

2. Las raíces genuinas de la teología de la liberación

Hoy, en Latinoamérica, la teología de la liberación es uno de los frutos más patente del testimonio de estos 'santos y luchadores', una muestra que se origina en 'ese momento de gran reflexión teológica'. Los teólogos de la liberación se reclaman de estas fuentes. "En Bartolomé de Las Casas y en los que, como él, se dejaron interpelar por el indio, la teología de la liberación reconocerá a quienes abrieron el camino que ella intenta recorrer" (1). Fray Bartolomé de las Casas, que los obispos nombran entre los 'intrépidos luchadores', aparece como el más relevante predecesor de la ahora llamada 'opción por los pobres'. Gustavo Gutiérrez, uno de los 'padres' de la corriente latinoamericana de la teología de la liberación, explica la intuición, la novedad y el alcance de tal pensamiento teológico y hace la relación con los primeros evangelizadores del continente: "En Bartolomé de Las Casas tocamos aquí el fondo: Cristo interpela desde los oprimidos, denuncia un régimen de explotación impuesto por los que se dicen cristianos y llama a evangelizar con una mayor fidelidad a su Evangelio... Bartolomé de Las Casas y los que toman el partido del indio son testigos de la confrontación de la cristiandad medieval con el "otro" del mundo desconocido hasta entonces. Formados en la teología tradicional, personas de su época encuentran sin embargo nuevas pistas para leer el Evangelio desde 'los Cristos azotados de las Indias'... La línea de compromiso y de reflexión que se inicia con Bartolomé de Las Casas tendrá continuadores durante toda la colonia, pero sin la amplitud y la agresividad que tenía en el siglo XVI" (2).

Esta breve reseña histórica con sus frutos actuales hace parte ahora del patrimonio de la Iglesia. Hoy, con un rostro nuevo, continúa la gran tradición de la preferencia evangélica por los pobres: América Latina es uno de sus lugares más efectivos. Desde siempre, 'luces y sombras' aparecen dentro de la comunidad eclesial. Esta herencia es "para nosotros, los cristianos de hoy, un desafío a fin de que sepamos estar a la altura de lo mejor de nuestra historia y seamos capaces de responder con fidelidad creadora a los retos de nuestros tiempos latinoamericanos" (n° 10).

B. UNA CONTINUIDAD EN LA TRADICION DE LA IGLESIA

La opción por los pobres "no es nueva. Como se puede ver en la historia, la Iglesia estuvo siempre, o quiso estar, volteada hacia los pobres. Esta fue siempre una intención, un principio nunca renegado como tal" (3).

1. La Iglesia y los pobres en la Edad Media

Junto con otros autores, un capítulo del libro de Jorge Pixley y Clodovis Boff nos facilitará una breve presentación de la historia de la opción por los pobres en la Iglesia (4). Esto nos ayudará a captar mejor la continuidad y el significado de la 'novedad' de tal opción en América Latina.

En el Medio Oriente de los primeros siglos, la pobreza es sobre todo urbana. La Iglesia construye leproserías en Constantinopla. Dos principios condensan su 'doctrina social': 'lo superfluo del rico es lo necesario del pobre' (San Agustín) y 'el hombre es sólo administrador de los bienes que tiene, no su propietario' (San Basilio).

Los siglos siguientes en el Occidente, la pobreza es más bien rural y marcada por grandes catástrofes naturales (pestes, terremotos...). La Iglesia recoge a los niños abandonados. El obispo se presenta como el 'protector de los pobres'. Los monasterios con S. Benedicto y S. Bernardo tienen centros de asistencia y sirven de modelos para la agricultura.

Alrededor del siglo X, los ermitaños ayudan a cambiar la perspectiva sobre el pobre considerado casi exclusivamente como 'objeto de caridad'. Eran generalmente de familias ricas: desarrollan el tema 'El Reino de Dios es de los pobres'. Numerosos concilios dichos 'económicos' toman la defensa de los pobres. Los teólogos retoman la tradición de los ‘padres de la Iglesia’ y prolongan su reflexión: 'El superfluo es de los pobres por derecho; la posesión es administración en favor de todos; Cristo está en el pobre; la limosna obtiene el perdón de los pecados... San Francisco y Santo Domingo fueron los grandes portavoces de este mensaje.

La situación de los pobres se agrava en los siglos siguientes. Hay pestes, hambrunas y sublevaciones gigantescas. En el siglo XV, más de la tercera parte de Europa está constituida por indigentes. En la Iglesia a partir del siglo XIII se observa una multiplicación de instituciones asistenciales: es la ‘revolución de la caridad’ con hospitales, colectas parroquiales, cofradías, montepíos, etc. Con la aparición de las primeras manufacturas textiles se debilitan las asociaciones de artesanos. Los predicadores difunden la enseñanza oficial: la Iglesia está al servicio de los pobres. Con su ayuda, éstos se organizan sobre todo en Italia gracias a San Bernardino de Siena: 'La necesidad de los pobres impone una obligación absoluta'.

2. La defensa de los pobres en la Época Moderna

Con el iluminismo comienza un ordenamiento social distinto. Cada vez más los gobiernos se hacen cargo de la ayuda a los pobres. Empiezan los grandes movimientos comerciales y las primeras industrias. Con la revolución francesa la transformación económica de Europa se acelera: las máquinas sustituyen las herramientas y a los trabajadores, aparecen nuevas fuentes de energías y materias primas.... El poder económico se concentra en manos de los propietarios; nace también el proletariado industrial por las difíciles condiciones de vida y los bajos salarios, en particular para las mujeres y los niños.

"A las Iglesias se les presentaba una situación nueva: el privilegio evangélico de los pobres no se satisfacía con obras de caridad, sino que exigiría una opción por los pobres como grupo social, opción que sí bien no excluía a los ricos, se oponía a sus intereses" (5). La respuesta de la Iglesia católica romana se expresó de una serie de encíclicas sociales, empezando por la 'Rerum novarum' en 1891, hasta 'Sollicitudo rei socialis' en 1987. La respuesta de las Iglesias protestantes fue 'el Evangelio social' que fomentó sobre todo la ayuda a los obreros. En nombre del Evangelio, las Iglesias toman la defensa de los derechos humanos y abogan por la justicia social. En 1975, la encíclica 'Evangelii nuntiandi' confirma la dimensión liberadora de toda evangelización (6).

C. LOS PUEBLOS POBRES SURGEN COMO PROTAGONISTAS

La ascensión de los pobres en el escenario de cada nación o continente, especialmente en América Latina, permite de comprender los cambios que se están produciendo en relación con los siglos anteriores, la importancia de la opción por los pobres en la Iglesia y la natura de muchos conflictos en torno a ellos.

1. Los pobres se presentan como 'pueblos'

La gran novedad de la época contemporánea es la presencia cada vez más importante de los pobres como sujetos de su propia liberación y portadores de un proyecto alternativo de convivencia social. "La Edad Media no percibió, no podía percibir que la pobreza era un problema estructural. Y no lo podía porque estaba presa de la idea de la sociedad como sistema estático en él que uno podía cambiar de lugar social, pero no podría cambiar el conjunto de los lugares, el sistema social" (7).

Ahora los pobres se identifican como sujeto colectivo capaz de hacer historia: tienen conciencia de su dignidad y sus derechos y empiezan a promoverlos organizadamente. Por su actuación como pueblo, crean un cambio cualitativo en relación con el pasado. Esto determina una nueva posición de las Iglesias frente a los pobres y a su manera de enfrentar la pobreza. El paso, de parte de los pobres. a una situación de pueblo protagonista lleva, por parte de las Iglesias, a sustituir la 'caridad asistencialista' por una caridad solidaria con el proceso de liberación iniciado por los pobres. Ahí está la matriz de la opción por los pobres.

2. La 'novedad' eclesial de la opción por los pobres

"La historia acredita que la preocupación por los pobres ha sido una constante en la vida de la Iglesia. ¿Por qué entonces se habla de forma distinta o con discursos nuevos al referirse a la opción por los pobres? Sencillamente porque la pobreza es ahora captada como un problema estructural y, en consecuencia, la opción por los pobres implica solidarizarse con los pobres y sus luchas, asociarse a ellos en cuanto sujetos activos de la transformación de la historia" (8).

En la Iglesia, se pasa de la concepción del 'Lázaro' individual y abandonado que pide caridad a la del 'Lázaro' colectivo y explotado que reclama justicia: se trata de un nuevo "modelo histórico" (9). Se va a cambiar la limosna que no modifica la situación a veces la fortalece y el paternalismo que puede obtener para Lázaro "algo más de comida, pero quedándose en el lugar que tiene junto a los perros... sin que se siente a la mesa del Epulón" (10), de igual a igual. La opción por 'la causa de los pobres' apoya la conformación de un modelo de sociedad cuyos autores principales sean los pobres mismos. Se ve en 'el buen samaritano' y otras parábolas del evangelio el ejemplo de "un amor social o caridad política", siguiendo así la invitación del Papa Juan Pablo II que decía en la ONU: “Urge traducir la parábola del rico malvado en términos económicos y políticos, en términos de derechos humanos, de relación entre el primer, el secundo y el tercer mundo” (11). Estamos aquí en la veta de la gran tradición profética de la Iglesia; "a nadie extrañará que este profetismo fuese conflictivo" (12).

3. La integración de los conflictos

Los conflictos hacen parte de la historia y de la vida de cada persona e institución; hacen parte de la existencia, como ayer y siempre, de todos los discípulos de Jesús. Surgen del 'dominar la tierra' del Génesis y del necesario progreso de la convivencia humana. Son el precio de un futuro nuevo. Siendo la Iglesia parte de este movimiento, se repercuten normalmente al interior de ella.

a). Desde los dinamismos sociales...

Por una parte, los conflictos manifiestan los dinamismos sociales que actúan en la sociedad: “Mediante los enfrentamientos aseguran el equilibrio de nuestra sociedad y la impiden esclerosarse” (13). Son el fruto de la "dialéctica de lo particular-universal, de lo antiguo y de lo nuevo", incluyendo "la fuerza transformadora de lo sagrado" (14). El problema surge cuando grupos, clases, razas, países y hasta continentes enteros se encuentran excluidos de esta lucha dinámica y desposeídos de sus bienes necesarios a su sobrevivencia y dignidad.

América Latina conoce el sabor amargo y el precio en sangre de esta situación secular, pero no pierde la esperanza de un futuro mejor, frutos de sus propios esfuerzos (15). Frente a los imperios que organizan su dominación (16), América Central es actualmente el caso ejemplar y simbólico de estas tensiones y novedades: “América Central es una profecía del Dios de los pobres… un ‘kairos’, un tiempo de gracia y de salvación… Los pueblos son nuestro prójimo… Hagan la opción por los pobres que se rebelan” (17).

b). … hasta las confrontaciones intraeclesiales

La misma Iglesia tiene tensiones y conflictos; además, muchas veces, en ella, se repercuten los que existen al exterior. Son ocasiones de purificaciones y exigencias de mayor fidelidad a su fundador, cuya existencia fue llena de conflictos. Para Jesús, la razón principal por la que tuvo enfrentarse con muchas dificultades proviene del hecho que “se traslada en el terreno mismo donde la vida está más amenazada… Ha sido ejecutado porque el camino de Dios que abría, parecía confrontar fundamentalmente todo un sistema religioso-político en el que no cuentan los pobres y los pequeños, los excluidos y las pecadores” (18). Ahora, la Iglesia, al querer actualizar el ejemplo de Jesús, sufre persecuciones y vejaciones: los mártires de ayer y de hoy son sus testigos definitivos.

En estos últimos años, las tensiones al interior de la Iglesia han sido bastante fuertes, especialmente en relación con América Latina. La confrontación tuvo su punto culminante en los años de la publicación de las dos instrucciones de la Congregación para la Doctrina de la Fe sobre la teología de la liberación (19). Levantaron un debate animado a todos los niveles, agudizado por los sectores políticos que se benefician del empobrecimiento de América Latina y, al interior de la Iglesia, por los sectores opuestos a la teología de la liberación (20). La tensión bajo después del encuentro con el papa Juan Pablo II en Roma de los más altos representantes de la Iglesia del Brasil. Poco después, el mismo Papa enviaba a la conferencia episcopal del Brasil un documento que ponía oficialmente el punto final a las controversias:

"Uds. y sus colaboradores natos en el servicio pastoral, a los ojos de la Iglesia universal y del mundo, dan el testimonio de ser pastores extraordinariamente cercanos a su gente, solidarios en la alegría y en el dolor, listos a infundir esperanza.... Estamos convencidos, nosotros y uste des, de que la teología de la liberación es no sólo oportuna, sino útil y necesaria. Ella debe constituir una nueva etapa de aquella reflexión teológica iniciada con la tradición apostólica" (21).

Dinamismos, tensiones, conflictos... hacen parte de la vida de los hombres y de los pueblos. Los obispos hablan positivamente de esta situación para la sociedad y ha de ser instructiva para la vida eclesial. Reconocen el "valor constructivo de las tensiones sociales, dentro de las exigencias de la justicia, que contribuyen a garantizar la libertad y los derechos, especialmente de los más débiles (nº 1228). El testimonio de los pobres y la opción por ellos nos exigen y nos ayuda crecer en sabiduría y verdad para superar las dificultades y responder a los desafíos actuales.

II. UN NUEVO MODO DE LEER, PENSAR Y VIVIR EL EVANGELIO.

La opción por los pobres no puede quedarse en una mera admiración pasiva. El ejemplo de Jesús es elocuente: Eligiendo el camino de los pobres y de la pobreza, inauguró desde allí una nueva manera de encontrar a Dios y de anunciarlo. Su seguimiento fiel nos pide hacernos pobres con los pobres de hoy. Nuestra solidaridad efectiva con ellos nos lleva a conocer el Evangelio con ojos nuevos, comprender a Dios con corazón renovado y dar testimonio de El según un nuevo espíritu. Se trata de un volcamiento, de un cambio radical, a imagen de la expresión del Jesús: "Los últimos serán los primeros" (Mt 20,16). Es entrar en el mundo del otro, o sea, se su "historia subversiva... lugar de una nueva experiencia de fe, de una nueva espiritualidad y de un nuevo anuncio del Evangelio" (22). Intentemos ahora este recorrido sin idealizar a los pobres ni absolutizar sus intuiciones, por sí sabiendo que "Dios ha elegido lo que el mundo tiene por necio con el fin de avergonzar a los sabios" (1 Cor 1,27) y ha "ocultado estas cosas a los sabios e inteligentes y las (ha) revelado a los pequeñitos" (Lc 10,21).

A. "UNA LECTURA ACTIVA Y MILITANTE DE LA BIBLIA" (23)

Uno de los frutos del Concilio es de haber despertado una sed de la Palabra de Dios. Los pobres son ciertamente los que se han beneficiado más de la posibilidad de leer la Biblia, especialmente de manera colectiva. La novedad ha sido que no solamente han leído la Biblia, sino que de alguna manera se la han apropiado: “En América Latina, cristianos, exegetas, teólogos hacen la experiencia de una reapropiación de la Biblia por los pobres. Ellos se identifican espontáneamente en los rasgos y la historia del pueblo de Israel que lucha por su liberación; leen la Biblia en su veracidad, mejor que el exegeta y el biblista el más erudito, incluso si es una espiritual; los pobres logran una lectura muy ligada al contexto social, humano y religioso en que los textos han nacido; pues estos textos eran una palabra de esperanza de los pobres… Hacen de ellos una experiencia concreta y los transforman en orientación para la acción” (24). Esta lectura de la Biblia es el pan cotidiano de las Comunidades Eclesiales de base: "Formidable surgimiento de sabia en un cuerpo ya antiguo, las Comunidades Eclesiales de Base revelan el rostro actual del Evangelio” (25).

Por esta renovación en la manera de entender la Biblia, ciertos de sus libros toman un relieve particular como el Éxodo y los Evangelios. La razón es que "toda la Biblia, desde el relato de Caín y Abel, está marcada por el amor de predilección de Dios por los débiles y los maltratos de la historia" (26).

1. El Éxodo como gesta del Dios de los pobres

Entre los libros del Antiguo testamento, seguramente el Éxodo tiene un puesto primordial. Los acontecimientos que recuerda, lo eran igualmente para el mismo pueblo de Israel: “El acontecimiento el éxodo no es una anécdota particular sino la fundación de una nación; encierra un sentido universal, ya que designa la estrategia de Dios en la historia de opresión. Los pueblos oprimidos de América Latina que leen este episodio lo relacionan con su destino: Descubren que Dios trabaja para su liberación, oponiéndose a sus opresores” (27). Por otra parte también, hay que notar que "el Éxodo, la alianza, la Ley, la voz de los profetas y la espiritualidad de los pobres de Yahvé alcanzan su pleno sentido solamente en Cristo" (28).

2. Jesucristo es el Señor.

Es cierto que en Puebla los obispos ponen en guardia contra las "relecturas" (n° 179) del Evangelio: "Debemos presentar a Jesús de Nazaret compartiendo la vida, las esperanzas y las angustias de su pueblo y que Él es el Cristo creído, proclamado y celebrado por la Iglesia" (n° 176). Puede haber excesos, pero se trata de acentos que los pobres descubren al confrontar su propio contexto latinoamericano con la vida y el mensaje de Jesús. “Desde la situación de los pobres, el mensaje de Cristo se lee con acentos que no tiene una lectura hecha desde otro lugar social. Solamente cuando se asume su situación podemos entender estos acentos. Allí, la Iglesia latinoamericana, con las orientaciones (del Documento) de Medellín, ha hecho un ‘éxodo’ hacia los pobres, lo que significa releer el Evangelio de siempre” (29).

Ya pocos años después de la muerte de Jesús, ocurría la misma actuación: "Los mismos cuatro evangelios son cuatro lecturas de Jesús. Y así a lo largo de su historia, la comunidad cristiana ha releído continuamente a su Maestro" (30). Nos vamos a detener ahora sobre tres aspectos de esta relectura latinoamericana de la vida de Jesús: su persona, su predicación y su muerte y resurrección.

a). Jesús de Nazaret es el Liberador

Es bajo esta apelación de 'liberador' que los obispos hicieron su profesión de fe al concluir su 'Mensaje a los Pueblos de América Latina': "Proclamamos: Dios está presente, vivo, por Jesucristo liberador, en el corazón de América Latina" (31). Los cristianos pobres del continente son particularmente sensibles a este aspecto de Jesús, lo que se repercuta en las cristologías latinoamericanas: “La insistencia sobre la referencia al ‘Jesús de la historia’ es un rasgo común de todas las cristologías o a todos los ensayos cristológicos producidos al interior del movimiento de la teología de la liberación… Este Jesús es el iniciador de una nueva historia… La tarea es volver a encontrar las huellas de Jesús mediante la crítica y en relación con nuestra situación, en el interior de nuestra propia historia” (32). La necesidad y las luchas de liberación ponen el acento sobre el Jesús liberador para iluminaras y purificarlas.

b). El Reino y el pecado contra el Reino

El tema del Reino es muy presente en el Documento de Puebla cuando los obispos se hacen el eco de las preocupaciones de sus Iglesias: "El Reino está ya presente... Es el signo eficaz de la nueva presencia de Dios en la historia. Es portador del poder transformador de Dios. Su presencia desenmascara el maligno. El amor de Dios redime el mundo y alborea ya un hombre nuevo y un mundo nuevo" (n° 191). "Si el Reino pasa por realizaciones históricas, no se agota ni se identifica con ellas" (n° 193). "El mensaje de Jesús tiene su centro en la proclamación del Reino" (n° 226) ...

Esta insistencia de los obispos permite también denunciar el pecado con una radicalidad propia, a partir de la realidad de miseria: “Sin perder su dimensión personal e interior, el pecado adquiere una dimensión social y estructural” (33). La idolatría y la injusticia son el anti-Reino. Y eso se relaciona claramente con la experiencia bíblica del Pueblo de Dios: "En la Escritura, el rechazo de Dios no es el ateísmo sino la idolatría. Lo que constituye la negación del Dios de la Biblia es el falso dios.... Jesús pone frente a frente Dios y mamón que quiere decir riqueza con poder, y exige a sus discípulos una opción exclusiva y excluyente (Mt 6, 24) ... La idolatría trae la muerte del pobre, el dinero victima a los desposeídos" (34).

En cuanto a la injusticia, Gustavo Gutiérrez recuerda el texto bíblico (Sirácides 34,18-21) que marca para Bartolomé de Las Casas el comienzo de su conversión y "el inicio de una larga lucha por los pobres: Violar los derechos de los pobres, arrebatarle el sustento, negarle el salario es bíblicamente derramar sangre, más aún, 'asesinar hijo delante del padre'.... Y es un hecho cierto en nuestra realidad, que es por hambre que muchos pobres son asesinados: negación del Dios de la vida, de la voluntad de Dios, rechazo de la ética del Reino" (35). Esta visión se universaliza en la Iglesia con la encíclica 'Sollicitudo rei socialis': "No son solamente los individuos que pueden ser víctimas…, pueden serlo también la Naciones y los bloques.... Se describiría que bajo ciertas decisiones se ocultan verdaderas formas de idolatría: dinero, clases sociales y tecnología" (36).

c). La pascua de Jesús: 'esperando contra toda esperanza'

Al poner en relieve a Jesús como liberador y presentar el Reino como superación del pecado, los pobres nos revelan la actualidad de la cruz y de la resurrección: "El Mesías y el Siervo del Antiguo Testamento apuntan al Nuevo Testamento y encuentran su plena realización en Cristo, solidario con toda miseria humana" (37). Al mismo tiempo, al identificarse ellos con el Siervo sufriente, los pobres anuncian y denuncian en carne propia el motivo de la muerte de Jesús: “Jesús no ha predicado sólo a Dios, sino el Reino de Dios y, con el Reino, el tipo de poder que debe organizar la sociedad según Dios. Tal es la razón por la que no ha sido condenado a ser apedreado como blasfemador, sino a la crucifixión como agitador religioso” (38).

Además, el abandono de Jesús en la cruz por Dios no es para los pobres un escándalo; es más bien un signo de su máxima solidaridad: "En la cruz de Jesús. la transcendencia de Dios se reformula en la categoría de poder, sufrimiento y amor" (39). En el actual silencio de Dios frente a la miseria y a la muerte de millones de pobres, éstos encuentran en Jesús crucificado la solidaridad amorosa del Padre hacia ellos como ayer lo hizo con el torturado y crucificado del Golgota, porque saben que este silencio es solamente aparente. Al haber liberado a Jesús de la cruz, la suerte de los pobres hoy sería sin sentido ni significado. Como consecuencia, la resurrección está percibida con una intensidad nueva: “Ella manifiesta el poder del amor de Dios que anidaba en Jesús y que lo condujo a la muerte y a la resurrección. Cruz y resurrección deben pensarse juntas: sin la resurrección el amor no sería un verdadero poder; sin la cruz el poder no sería el del amor” (40). Además, la perspectiva queda abierta para hoy, porque hoy como ayer "la cruz no es la última palabra sobre Jesús. Pues, Dios lo resucitó de entre los muertos; pero tampoco la resurrección es la última palabra sobre la historia, pues, Dios no es todavía 'todo en todos (41). Por esta razón se puede afirmar que “las luchas de liberación buscan expresar la acción del Dios de la vida contra la muerte en las situaciones concretas de la existencia. Revelan que Dios atiende a los crucificados de la historia” (42).

Hoy, los pobres y los que han hecho opción por ellos ‘completan lo que falta a la resurrección’ para que crezca el Reino definitivo, victoria sobre el pecado en todas sus dimensiones, fruto de los esfuerzos liberadores de los hombres y, a la vez, don gratuito de Dios. El "Señor de la historia" (n° 178) es Jesús de Nazaret en el Cristo resucitado: así lo proclaman los pobres con su vida, su muerte y su esperanza audaz y renovadora. Se trata muy bien de “una lectura actualizada de la Biblia" (43), en un presente activo, colectivo y liberador.

B. LA TEOLOGIA POPULAR Y PASTORAL DE LA LIBERACION

La secunda instrucción de la Congregación para la doctrina de la fe resume así las características de la teología de la liberación: "Es una noble tarea que atañe el teólogo, ayudar a que la fe del pueblo de los pobres se exprese con claridad y se traduzca en la vida mediante la meditación en profundidad del plan de la salvación, tal como se desarrolla con la Virgen del Magnificat. De esta manera una teología de la libertad y de la liberación, como eco fiel del Magnificat de María, constituye una exigencia de nuestro tiempo" (44).

De hecho, la teología de la liberación en América Latina quiere ser la reflexión teológica de los cristianos pobres, en la que la mujer tiene un papel protagónico; quiere también servir el compromiso de los mismos pobres en toda su existencia.

1. Una palabra desde el 'reverso de la historia'

La teología de la liberación parte de la experiencia y reflexión cristiana de los pobres. De hecho, marca un nuevo rumbo en la historia de la teología en el seno de la Iglesia, es una novedad: "¿De Nazaret podría salir algo bueno?... Por un momento la historia pareció detenerse y, efectivamente, modificó su rumbo. Se oyó el grito de rebeldía y esperanza que hablaba en nombre de los condenados de la tierra" (45). La teología de la liberación busca ser la voz teológica de los pobres, especialmente de las Comunidades Eclesiales de base: “Hay una comprensión espiritual y mística de la realidad antes de la reflexión intelectual y el análisis. Es así como la entienden los pequeños, las masas alejadas de todo pensamiento sofisticado” (46). "El interlocutor de la teología de la liberación es el 'no-persona', es decir, aquellos que no son considerados como seres humanos por el actual orden social: clases explotadas, razas marginadas, culturas despreciadas" (47), cuya voz pronuncia el nombre de Dios con acentos nuevos.

En este movimiento teológico que "surge, por una parte, del dolor y la humillación causados por la pobreza y, por otra, del ansia de dignidad de los pueblos y de su resistencia a la opresión" (48), la mujer tiene un papel relevante. “Un mérito especial de Puebla fue aquello de haber tomado expresamente en consideración la mujer cristiana dedicándole una atención especial en los números 834-849 de su Documento. Ahí la mujer, sobre todo la mujer laica o seglar, viene presentada como un especialmente laborioso en la evangelización liberadora de América Latina, por su condición de doble marginación, como sujeto activo de tal evangelización, cuyo modelo supremo es María (n° 844)” (49). Por esa razón, cada vez más, se debe hablar del protagonismo de la mujer en la elaboración teológica en la línea feminista de la liberación (50).

2. Una teología "al servicio de la Comunidad" (51)

Una de las características de la teología de la liberación es de ser no solamente una "teología del pueblo" (52), sino también una teología 'para' el pueblo de los pobres: "La teología de la liberación es eminentemente pastoral" (53). Por utilizar una metodología ascendente, o sea, que parte de la realidad, integra más fácilmente y necesariamente las ciencias sociales: "Las ciencias sociales tienen una gran importancia para la teología de la liberación. Estas ciencias no son la norma para la teología, ya que ella se basa en el mensaje de Jesucristo, en el Evangelio y en la enseñanza de la Iglesia católica. Pero hoy no se puede hacer teología sin tener en cuenta las ciencias profanas" (54).

El Papa Juan Pablo II precisaba esta relación en su viaje al Brasil en 1979: “La Iglesia de los pobres habla el lenguage del Evangelio que explica a la luz del progreso de las ciencias humanas, sin introducir elementos extranjeros o heterodoxos contrarios a su espíritu” (55). En todo esto, la teología de la liberación busca ser fiel a la intuición de los pobres: más que una verdad-doctrina, es una verdad-acción: "No es posible conocer y enunciar la verdad independiente de su realización en la vida. Dios es verdadero porque hace lo que promete... Estamos convencidos de que sería inútil centrarnos en la formulación de unas 'verdades' y al mismo tiempo no hacer casi nada por mejorar el mundo" (56).

Hoy, la teología de la liberación tiene fuerza; su futuro parece muy abierto: los pobres continúen su proceso de liberación y evangelización. “Caminamos hacia una teología de natura espiritual que incluirá al mismo tiempo el cosmos, los pueblos, el Cristo y Dios mismo; integrará la naturaleza y la historia, la palabra y el silencio, la mística y la razón; superará las contradicciones entre cielo y tierra, doctrinas y devociones, entre la Iglesia docente y la Iglesia alumna” (57).

Para limitarnos a América Latina, nos unimos al cardenal Eduardo Pironio para desear "que la Iglesia de América Latina siga dando razón de su esperanza; que no se canse de gritar al mundo, desde la pasión gloriosa de sus pueblos, la fecundidad de su cruz pascual" (58). Paralelamente, la opción por los pobres seguirá llamándonos a una conversión constante, tanto en la Iglesia como en la sociedad porque hoy más que nunca, los pobres hacen “aparecer el revés de la historia como el lugar de su sentido ya que está abierto a un nuevo porvenir” (59).

C. VIVIR LA OPCION POR LOS POBRES EN LA IGLESIA Y LA SOCIEDAD

1. Una Iglesia servidora

En Puebla, los obispos recuerdan, al final del capítulo sobre la opción por los pobres, los dos ejes que esta opción debe vitalizar: "La 3ª Conferencia Episcopal de Puebla quiere mantener viva esta llama la esperanza hacia metas más cristianas y humanas y abrir nuevos horizontes a la esperanza" (n° 1165). La llamada invita a una renovación en la Iglesia y la sociedad. Para esta tarea, las Comunidades Eclesiales de base han de ser una fuerza potente, ya que, “con sus profundas raíces eclesiales constituyen un modelo particular de vivir el Evangelio de Jesucristo” (60) en uno y otro lugar. De alguna manera, se está abriendo como "una nueva era en la historia de la Iglesia" (61) y del mundo. “La Iglesia quiere ser en el mundo entero la Iglesia de los pobres" (62). América Latina es la cuna de estas dos expresiones ‘opción por los pobres’ y ‘Iglesia de los pobres’, por ser el crisol en que se han expresado con más claridad, tanto en la vivencia eclesial como en la reflexión teológica” (63). Ahora son parte integra del patrimonio de la Iglesia a través del magisterio oficial del Papa Juan Pablo II, más particularmente en sus encíclicas "Laborem exercens" (n° 8) y "Sollicitudo rei socialis" (n° 42). Ayudan a toda la Iglesia a precisar mejor su identidad, su misión y su tarea ecuménica.

a). Una Iglesia pobre

La opción por los pobres recuerda a la Iglesia su necesidad de ser el sacramento de Jesucristo en el misterio de su triple pobreza: en su vida (n° 1156), en su ser dependencia constante del Padre (n° 1149) y en su acción (n° 1235). “Es el misterio de la pobreza de la cruz y de su eficacia inesperada… La pobreza suprema se convierte en exaltación y proclamación” (64). Se cumple lo que escibía San Pablo: "Me alabaré de mis debilidades para que habite en mí la fuerza de Cristo... Cuando me siento débil, entonces soy fuerte" (2 Cor. 12,9-10).

b). Una Iglesia al servicio de la liberación

Ya al concluir el Concilio Vaticano II, el Papa Pablo VI declaraba: “La Iglesia se declara sirvienta de la humanidad” (65), y explicaba, después, en la 'Evangelii nuntiando', en 1975, la relación que debe haber entre evangelización y liberación. Por eso, en Puebla, los obispos parlan de la liberación integral como tarea eclesial, o sea, el empeño efectivo por una liberación que abarque a los tres niveles: socioeconómico, colectivo y religioso (n° 321-329). "Una evangelización liberadora en plenitud" (n° 487) “consiste en un proceso que incluye los aspectos de anuncio (la palabra), de vida (el testimonio), de acción (la transformación) y de celebración litúrgica (n° 930). “La esencia misma de la Iglesia es identificarse con su misión: La Iglesia es servicio al mundo” (66). En este servicio eclesial, la opción por los pobres adquiere toda su importancia: "Lejos de ser un signo de particularismo, manifiesta la universalidad del ser y de la misión de la Iglesia" (67).

c). Una tarea ecuménica

El Documento de Puebla deja abierta la posibilidad de un trabajo ecuménico al nivel de la opción por los pobres, aunque no lo desarrolla de una manera extensa por la acción desorganizadora de las sectas (n° 419). "La actividad ecuménica expresada en el diálogo y los esfuerzos conjuntos por la persona humana, se inscribe en el camino hacia la unidad anhelada" (nº 108, 1107-1108). En esta línea de compromiso con los pobres "según el programa del mismo Jesús en la sinagoga de Nazaret (Lc 4,18-19)", el Papa Juan Pablo II invita vivamente las Iglesias "a dar un testimonio común sobre la dignidad del hombre" (68).

Haciendo una retrospectiva, se puede notar que "los seglares comprometidos en la transformación social... ayudaron a los responsables de las Iglesias a comprender la nueva misión histórico-social del cristianismo en favor de los oprimidos, que encontró su mejor formulación en la conocida opción preferencial por los pobres" (69). Así aparece nuevamente el 'potencial evangelizador' de los pobres en beneficio de las Iglesias. “Una Iglesia que hace la opción por los pobres… experimentará al interior de ella misma una vitalidad nueva basada en valores y criterios que son la fuente de purificación continua al sustituir las falsas seguridades humanas y los privilegios engañadores de este mundo por la solidez que viene de arriba” (70).

2. La transformación de la sociedad desde la opción por los pobres

Las invitaciones a un cambio social, en el Documento de Puebla, son claras, como las posibilidades que ofrece la opción por los pobres en este campo: "La pobreza evangélica... abre las puertas a soluciones alternativas a la sociedad de consumo" (n° 1152). Frente a la violencia e injusticia "institucionalizadas" (nº 509, 1259), la opción por los pobres conduce "al cambio necesario de estructuras sociales" (nº 1155). Se trata de construir "una sociedad para el pueblo y con el pueblo" (nº 1220) y de "estimular la elaboración de alternativas viables" (nº 1231), con miras a "abrir un camino hacia un tipo más humano de sociedad" (nº 273) y establecer "la civilización del amor" (nº 1188).

Muchas Iglesias particulares de América Latina que han hecho ya desde años la opción por los pobres, tienen vivencias proféticas, o sea, ejemplares para toda la Iglesia. "Esta profecía de las Iglesias pobres" (71) representa un camino difícil que se está trazando poco a poco. Y si han surgido y surgen incomprensiones, persecuciones y oposiciones, son el precio de la complementariedad y del enriquecimiento mutuo entre las Iglesias. Ahora parece cada vez más cierto que "desde los pobres y los olvidados debemos recuperar la historia y crear el nuevo futuro" (72). La tarea es urgente y ardua, en un proceso de logros y retrocesos, conflictos y esperanza segura. Miremos ahora los pasos conseguidos en el tratar de traducir la fe en un compromiso político, en las luchas partidarias, en metas a corto y largo plazo y en estructuras más conformes al bien común. El amor colectivo de los pobres es capaz de sustituir situaciones de miseria e inhumanidad por estructuras de fraternidad e igualdad. Esta fuerza y capacidad les viene del Evangelio: “El ideal de Jesús no es una sociedad opulenta ni una sociedad de empobrecidos, sino de justicia y de fraternidad” (73).

a). Opción por los pobres y opción política partidista

En el Documento de Puebla, los obispos afirman que "la política... es una forma de dar culto a Dios" (n° 521). E insisten en ser conscientes que el anuncio de "un Evangelio sin incidencias económicas, sociales, culturales y políticas" resulta en la práctica "una mutilación (que) equivale a una cierta colusión, aunque inconsciente, con el orden establecido" (n° 558). Por otra parte, se dan cuenta que “es indispensable el compromiso de los cristianos en la elaboración de proyectos históricos conformes a la necesidad de cada momento y de cada cultura" (n° 553). En cuanto a los ministros de la Iglesia, la militancia partidista no es su papel ordinario (n° 327-328). La Iglesia como tal actúa prioritariamente para la "conversión del corazón", separando esta tarea del compromiso necesario de sus miembros para "un cambio de las estructuras injustas" (74).

Frente a los destrozos del sistema capitalista en América Latina, las últimas décadas han sido marcadas por la búsqueda de un proyecto alternativo de carácter socialista. Recientes tomas de posición al nivel del Tercer Mundo parecen resumir toda una línea de orientación en este sentido: "Debe darse el compromiso con una forma viable y humana de socialismo" (75). “Un debate profundo se está haciendo camino para clarificar nuestra opción socialista dejando de hablar en términos vagos de una 3ª vía” (76). "La opción por los pobres pasa por la defensa de hechos de los cuales Nicaragua es el mejor símbolo hoy" (77).

Esta nueva actualidad de la cuestión no está sin recordar el llamado he cho en 1967 por quince obispos del Tercer Mundo, invitando a los cristianos a mostrar “que el verdadero socialismo es el cristianismo integralmente vivido en el compartir de los bienes y la igualdad fundamental” (78). El Documento de Puebla guarda el silencio "respecto al socialismo como alternativa para esa sociedad capitalista inhumana", a pesar de que, en su época, existían "documentos de obispo de nuestro continente que propugnaban abiertamente una alternativa socialista" como en Brasil, por ejemplo (79). En esta misma línea, el mismo año de Puebla, los obispos nicaragüenses escribían, unos meses después de la revolución sandinista de 1979: "Creemos que el actual momento revolucionario es una ocasión propicia para hacer real la opción eclesial por los pobres". Luego expresan su parecer sobre "e socialismo", primeramente, bajo sus aspectos incompatibles con la fe cristiana, luego bajo lo aceptable:

“Si socialismo significa, como debe significar, preeminencia de los intereses de la mayoría de los nicaragüenses y un modelo de economía planificada solidaria y progresivamente participativa, nada tenemos que objetar.

Un proyecto social que garantice el destino común de los bienes y recursos del país y permita que, sobre esta base de satisfacción de las necesidades fundamentales de todos, vaya progresando la calidad humana de la vida, nos parece justo.

Si socialismo implica una creciente disminución de las injusticias y tradicionales desigualdades entre las ciudades y el campo, entre la retribución del trabajo intelectual y manual; si significa participación del trabajador en los productos de su trabajo, superando la lineación económica, nada hay en el cristianismo que implique contradicción con este proceso…

Si socialismo supone poder ejercido desde las perspectivas de las grandes mayorías y compartido crecientemente por el pueblo organizado, de modo que vaya hacia una verdadera transferencia de poder hacia las clases populares, de nuevo no encontrará en la fe sino motivación y apoyo.

Si socialismo lleva a procesos culturales que despierten la dignidad de nuestras masas y les comunique el coraje para asumir responsabilidades y exigir derechos, se trata de una humanización convergente con la dignidad humana que proclama nuestra fe" (80).

Por otra parte, "es rigurosamente cierto que la opción socialista no se deduce de la fe; pero, desde la fe, se pueden señalar afinidades o divergencias mayores o menores"; y se puede afirmar que en América Latina existe "la convicción generalizada entre las masas empobrecidas... que el capitalismo no ofrece salida liberadora" (81). En cuanto al uso de los términos, "la opción por el socialismo... puede llamarse 'partidaria' (partidaria de una concepción socialista y excluyente de la capitalista); no debe llamarse propiamente partidista", por los riesgos de su absolutización. De todo modo, "las polémicas teóricas... se resuelven en una encarnación determinada y parcial" (82), En comunión con toda la Iglesia, la opción por los pobres ilumina el camino y nos confirma que los pobres son los tesoros de la Iglesia y portadores de esperanza para el mundo de hoy.

b). Opción por los pobres y análisis marxista

En su reflexión sobre "Evangelización, ideologías y política" (n° 507-562), los obispos hacen una diferencia entre 'marxismo' y 'análisis marxista'. Por una parte, pronuncian cuatro condenaciones: sobre el capitalismo (n° 495 y 542), el colectivismo marxista (n° 543), las violencias terrorista y guerrillera (n° 532) y la doctrina de seguridad nacional (n° 547-549). Por otra parte, “Puebla recuerda la advertencia del Papa Pablo VI (Octogesima adveniens, 34) en el sentido que no hay que olvidar el 'lazo íntimo' que une la teoría marxista con su ideología mateterialista. Pero no cierra la posibilidad de una utilización del marxismo al título de 'metodología de análisis” (n° 545). Recuerdan los obispos que “es una empresa arriesgada” (83).

La opción por los pobres exige un amor inteligente, un respeto a la verdad y una eficacia para la acción que conduzcan a un conocimiento e interpretación de la realidad. Pues solamente a partir de estas bases se puede establecer proyectos y métodos de acción que no desvíen de la meta que se desea alcanzar. En este proceso, la fe no puede perder su autonomía e identidad propia: ella interviene en un campo más amplio y la liberación que propugna es no solamente socio-económica, sino también antropológica y religiosa. A la diferencia del marxismo, tiene un horizonte transcendental: la gratuidad del proyecto del Reino, la necesidad de la gracia y del perdón para alcanzar el 'hombre nuevo', el espíritu de la Bienaventuranzas, la práctica de la contemplación en la acción... en una palabra, necesita de la fuerza de Dios en la pobreza humana.

La opción por los pobres conduce a la utilización del análisis marxista para un proyecto que lo supera y la pone a su servicio cuando lo necesita. De ninguna manera se vende al marxismo porque el proyecto de los pobres tiene una dimensión transcendental. En un esfuerzo de solidaridad liberadora, la opción por los pobres se presenta “como una respuesta del hombre a la parcialidad de Dios” (84) por los pobres. El análisis marxista sirve de "mediación instrumental... (con) un carácter derivado y secundario... y de recepción crítica" (85). Al nivel de las intuiciones profundas, “la sabiduría popular aparece como una guía mucho más segura” (86).

c). Opción por los pobres y opción de clase

La opción por los pobres implica de una manera lógica una opción por la clase de los pobres. Un comentario evangélico del Papa Juan Pablo II nos ayuda a comprender el sentido de tal opción. "En un mundo que parece una versión gigantesca de la parábola del rico epulón y del pobre Lázaro, la Iglesia, como el mismo Cristo, se coloca del lado de la dignidad humana, del lado de los pobres" (87). Mirando desde este punto de vista, se puede afirmar que “los pobres sont la clase universal, por definición” (88). De hecho, la noción de 'pueblo' o 'pueblo de los pobres', muy utilizada en América Latina, expresa mejor la noción de 'clase', porque incluye "el factor étnico, cultural, racial, sexual" (89). "Se trata en realidad de un verdadero universo en el que el aspecto socio-económico, con ser fundamental, no es el único... 'Pueblos dominados, clases sociales explotadas, razas despreciadas y culturas marginadas' es una fórmula frecuente, a la que se suma una permanente referencia a la discriminación de la mujer" (90). La opción de clase permite a la opción por los pobres concretarse y no quedar en discursos y buenas intenciones.

d). Opción por los pobres y luchas violentas y no-violentas

En Puebla, los obispos recuerdan la regla de oro proclamada en la ONU por el Papa Pablo VI y repetida por el mismo en la apertura de la Conferencia de Medellín: "La violencia no es ni cristiana ni evangélica" (n° 534). Al mismo tiempo, los obispos van precisando que existen dos clases de violencia y dejan el espacio para "la noble lucha por la verdad y la justicia, a la luz de las Bienaventuranzas" (91).

Por una parte, los obispos notan que hay una "violencia... generada y fomentada por la injusticia, y que puede llamarse institucionalizada en diversos sistemas sociales, políticos y económicos" (n° 509). En este caso se trata de “la violencia del desorden establecido… una violencia más destructora que las rebeliones que suscita” (92). El opresor es "el mismo sistema" (93) "que se estructura a partir de la fuerza de la mentira y de la esclavitud" (94). En términos generales, la violencia en este caso parte primero de 'arriba': "Existe una poderosa minoría, y existe también una mayoría sin poder, y hay una 'lucha' entre ellas porque los pocos que poseen la mayor parte de los bienes rehúsan compartirlos" (95).

Del lado de los de 'abajo', la reacción se sitúa a distintos niveles: “Buscamos evitar la lucha de los poderosos contra los pobres indefensos y no aconsejamos jamás método de acción y reacción” (96) La comunidad cristiana que hace suya la voz de los pobres, proclama el amor universal en "aquel que, en solidaridad con los oprimidos, busca también liberar a los opresores de su propio poder, de su ambición y de sus egoísmos" (92). En esta parte, los obispos de Nicaragua nos aportan nuevamente posiciones esclarecedoras: "En cuanto a la lucha de clases, pensamos que una cosa es el hecho dinámico de las luchas de clases que debe llevar a una justa transformación de las estructuras, y otra el odio de clase que se dirige contra las personas y contradice radicalmente el deber cristiano de regirse por el amor" (98).

En ciertos casos la violencia subversiva de los grupos armados puede llamarse terrorista. Los obispos en Puebla la condenan (n° 532), igual que la violencia militar y policial: "Con profunda pena comprobamos que se ha agravado la situación de violencia que se puede llamar institucionaliza en la que se atropella la dignidad de la persona humana en sus derechos más fundamentales" (n° 1259 y 531). No se trata aquí de la 'violencia armada legítima' conocida con el nombre de 'insurrección popular', en la línea de 'legítima defensa'. Con referencia a este caso, los obispos de Nicaragua declararon, el 2 de junio de 1979, "el derecho del pueblo nicaragüense a la insurrección revolucionaria" (99), porque se trataba del "último recurso para poner fin a una tiranía evidente y prolongada que (atentaba) gravemente a los derechos fundamentales de las personas y (perjudicaba) peligrosamente al bien común del país" (100).

Además, y como alternativa a toda violencia, se hace cada vez más fuerte el ideal y la práctica de una lucha no violenta, activa y colectiva entre los pobres. En Puebla, ya los obispos llamaron a los cristianos a "promover los medios no violentos para restablecer la justicia en las relaciones socio-políticas y económicas" (n° 533 y 486). Esto aparece más necesario que nunca ahora frente a "la persistencia y a veces el alargamiento del abismo entre las áreas del llamado Norte desarrollado y la del Sur en vías de desarrollo", como lo dice el Papa en su encíclica 'Sollicitudo rei socialis'. En ella, denuncia "unos mecanismos económicos, financieros y sociales... maniobrados por los países más desarrollados" y que los favorecen, "aunque terminan por sofocar o condicionar las economías de los países menos desarrollados" (101). Al pedir "reformas necesarias", el Papa llama a una "campaña pacífica... para conseguir el desarrollo en la paz" (102). En esta lucha pacífica, se hace presente la figura de Cristo, el 'pobre' por excelencia, que "nos ha liberado por medio de su amor no violento, se ha manifestado como 'la Verdad'. Él nos ha revelado que el objetivo de la liberación... es fraternidad, veracidad y no violencia" (103), valores que anidan en el corazón de los pobres.

En este inmenso y, a la vez, muy noble empeño por vivir la fe en América Latina, "la opción por los pobres es el nuevo rostro del amor: amor de ojos abiertos y de manos activas; amor fermento en la historia y semilla de una 'civilización alternativa' que es precisamente la Civilización del Amor" (104). Ignacio Ellacuría de la Universidad Centro Americana de San Salvador llama esta nueva civilización "la civilización de la pobreza... en que esté garantizada la satisfacción de las necesidades elementales, la libertad de las opciones personales y un ámbito de creatividad personal y comunitaria que permita la aparición de nuevas formas de vida y cultura, nuevas relaciones con la naturaleza, con los demás hombres, consigo mismo y con Dios... Una civilización de la pobreza digna, de la riqueza interior, de la solidaridad; una civilización sustentada más en el dar que en el recibir, en el ser que en el tener" (105).

Su realización está en las manos de los pobres y de los que optan por sus causas. "Es éste, pues, un momento de gracia y de misión. El Espíritu mantiene a la Iglesia fiel a su único Señor y a lo primero después de lo único: el pobre" (106). Los pobres nos llaman a una audacia creativa en nuestra iglesia y en nuestro mundo de hoy. Ellos mismos nos llevan por el camino que están trazando como los primeros.

Notas

1. Gustavo GUTIERREZ, La fuerza histórica de los pobres (Lima 1979) 362.

2. Ibid., 361-362. El mismo tema se puede encontrar en Páginas 38 (1981) 6ss (Separata).

3. Jorge PIXLEY-Clodovis BOFF, Opción por los pobres (Madrid 1986) 212.

4. Ibid., 185-213. Víctor CODINA, De la modernidad a la solidaridad, (Lima 1984) 254-323. Pablo RICHARD, La Iglesia en el Pueblo, (Lima 1983) 85-96. Philippe LAURENT, L'Eglise et les pauvres, (Paris 1983) 49-87.

5. Ibid., 216 ss, donde los autores presentan las respuestas de las Iglesias protestantes.

6. En Puebla, los obispos invitan a "promover el diálogo" ecuménico y "un compromiso común decidido en la defensa y promoción de los derechos fundamentales de todo el hombre y de todos los hombres, especialmente los más necesitados, colaborando en la edificación de una nueva sociedad más justa y más libre" (no 1119).

7. Leonardo BOFF, citado por Julio LOIS, Teología de la liberación: opción por los pobres, Madrid 1986) 180 nota 252. Se trata del libro San Francisco de Asís: ternura y vigor (Santander 1981).

8. Ibid., 180.

9. Jorge PIXLEY - Clodovis BOFF, ibid., 23. En Puebla, los obispos, parlando de los jóvenes, dicen: "No les deseamos la ausencia pecaminosa de la mesa de la vida" (Mensaje § 6).

10. Julio LO15, ibid., 180 nota 252.

11. Jorge PIXLEY - Clodovis BOFF, ibid., 138-139.

12. Víctor CODINA, De la modernidad a la solidaridad (Lima 1984) 278.

13. Jena Marie ALBETINI, "La lutte contre la pauvreté", Lumière et vie 85 (1967) 45.

14. Luis Alberto GOMEZ DE SOUZA, "La utopía no estaría siguiendo entre nosotros?" Páginas 94 (1988) 30.

15. El semanario francés TEMOIGNAGE CHRETIEN n° 2326 del 6 al 12 de febrero de 1988 acaba de publicar un 'dossier' sobre "La stratégie secrète de Bush: La bataille politique contre la théologie de la libération. Le bras théologique des forces armées américaines se sustenta en el documento de Santa Fe II" y recuerda otros antecedentes: "Document Rockefeller, 1969 Document Santa Fe I, 1980Document secretsur la thólogie de la libération, 1988..." Por su parte, DIAL, 1369 (1988). Documento de Santa Fe II: "Une stratégie envers l'Amérique Latine pour les années 90".

16. DIAL, 1287 (1988) : "Amérique Centrale : Les évêques nord-américains et la politique de Reagan" donde "(ils) jugent sévèrement la stratégie du gouvernement de leur pays dans l'isthme centroaméricain". Igualmente DIAL, 1303 (1987) 2-3: "Amérique Centrale: rapport œcuménique", el cual denuncia la presencia nordamericana en esta región: "Ce sont eux qui la dominent depuis le début du siècle.... Le gouvernement a fait de cette région la terrain d'essai de sa manière forte en matière de politique étrangère".

17. "Kairos centro-américain : un défi aux Eglises et au monde", DIAL, 1316 (1988) 10, 14, 15, 17.
18. Joseph DORÉ, "Foi en Dieu et justice des hommes", Spiritus III (1988) 192.

19. "Algunos aspectos de la teología de la liberación" (1984), "Libertad cristiana y liberación" (1986).

20. Haremos aquí tres anotaciones: la primera es la apreciación del cardenal Daneels, arzobispo de Malines-Bruxelles (Bélgica) sobre la primera instrucción: "Au fond, cette Instruction romaine nous présente une théologie de la libération qui n'existe pas", citado por René MARLÉ, Introduction à la théologie de la libération (Paris 1988) 143. La secunda se refiere al resultado de los debates suscitados por la primera instrucción: "Si la querelle s'est essouflée, apparament sans vainqueur ni vaincu, c'est que l'objet du litige était mal choisi": Christian DOQUOC, Libération et progressisme (Paris 1987) 61. La tercera quiere hacer notar la relación que se hizo entre las críticas de la Congregación para la doctrina de la fe y su utilización por parte de grupos interesados: "On voit quel profit tout totalitarisme politique peut tirer de ce contre-Evangile (les positions fondamentalistes en général), aligné sur le maintien du statu quo le plus inhumain soit-il" : Georges CASALIS, "Fondamentalisme", La vie spirituelle 661 (1984) 495. En la misma línea, Petre HABLETHWAITE, Concilium 219 (1988) 322: refiriéndose a Fernando Cardenal, ministro nicaragüense, señala que, "en Nicaragua, están preocupados por el nexo que puede haber entre la condena de la teología de la liberación formulada por el cardenal Ratzinger y el discurso pronunciado por el presidente Reagan contra la teología de la liberación, de modo que la religión y la política aparecen ahora codo a codo".

21. Semanario español VIDA NUEVA, (1986) 941-945. En francés: DIAL, I15 (1986) 3 § 5.

22. Gustavo GUTIERREZ, La fuerza histórica de los pobres (Lima 1979) 371.

23. Paolo Evaristo ARNS, "El evangelizador de los pobres", Páginas 93 (1988) 49. La frase completa es: 'Es preciso, por consiguiente, hacer una lectura activa y militante. de la Biblia'.

24. Philippe LAURENT, L'Eglise et les pauvres (Paris 1983) 143. En la pág. 141 se puede leer una apreciación más o menos parecida: "Ils ont une sorte de connaturalité avec la Bonne Nouvelle de l'Evangile, pour la comprendre et pour in vivre; ils sont nos maîtres, ils évangélisent alors l'Eglise elle-même, ferments de renouvellement et de fidélité aux intentions de l'Eglise naissante, signes de l'espérance chrétienne".

25. Jean-Claude THOMAS, "Les communautés de base", La vie spirituelle, 661 (1984) 469.

26. Gustavo GUTIERREZ, "Mirar lejos", Páginas 93 (1988) 75. Más abajo, recuerda el autor que "esa preferencia manifiesta precisamente el amor gratuito de Dios".

27. Christian DUQUOC, Libération et progressisme (Paris 1986) 78.

28. Congregación para la doctrina de al fe, Libertad cristiana y liberación (Madrid 1986) 41 no 49.

29. Luis GALLO, Evangelizzare i poveri (Roma1983) 32.

30. João Baptista LIBANIO, "El documento final de Puebla: sus líneas generales", in Equipo SELADOC, ed., Panorama de la teología latinoamericana: Puebla V (Salamanca 1981) 64-65

31. Mensaje a los Pueblos de América Latina, § 9.

32. René MARLE, Ibid., 64-65.

33. Luis CALLO, ibid., 56.

34. Gustavo GUTIERREZ, "E Dios de la vida", Páginas 40 (1981) 12, 13, 14.

35. Ibid., 19.

36. 'Sollicitudo rei socialis' no 37.

37. Manuel DIAZ, El Disque libera (Lima 1985) 45.

38. René MARLE, ibid., 80.

39. Jon SOBRINO, Cristología desde América Latina (México 1977) 164.

40. René MARLE, ibid., 82.

41. Jon SOBRINO, ibid., 171.

42. Doc. de los teólogos del Tercer Mundo (EATWOT), in Foi et Développement, 166-167 (1988) 9 76.

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44. Libertad cristiana y liberación', 98.

45. Sergio TORRES, "Dar-es-Salaam 1976", Concilium 219 (1988) 296.

46. Doc. EATWOT, §75.

47. Gustavo GUTIERREZ, La fuerza histórica de los pobres (Lima 1979) 353-354.

48. Samuel RAYAN, "Teología del Tercer Mundo", Concilium 219 (1988) 313.

49. Luis GALLO, Evangelizzare i poveri (Roma 1983) 158. Una larga reflexión sobre 'María, madre y modelo de la Iglesia' se encuentra en Puebla no 202-303.

50. He aquí unos ejemplos: Guillermo MUJICA, "Trayectoria de la teología de la liberación", Páginas 74 (1985) 5 ('Teología feminista'); el autor indica una síntesis de este empeño teológica por par te de la mujer en: Concilium 154 (1980). Leonardo BOFF, El rostro materno de Dios (Madrid 1981). Equipo DEI. El rostro femenino de la teología (S. José de Costa Rica 1980). Carmen LORA, "Mujer latinoamericana: historia de una rebeldía", Páginas 88 (1987) 6-13. Consuelo del PRADO, "Yo siento a Dios de otro modo", Páginas 75 (1986) 1-7. En diciembre de 1986 ha tenido lugar en México la primera Conferencia intercontinental reuniendo 23 teólogas sobre el tema 'Realizar un trabajo teológico a partir de los problemas vividos por las mujeres del Tercer Mundo', in EATWOT, ibid., § 3, 65-69, 77.

51. Leonardo BOFF, "¿Qué son las teologías del Tercer Mundo?", Concilium 219 (1988) 193.

52. Robert MCAFEE BROWN, "El futuro de la teología de la liberación", Páginas 91 (1988) 24.

53. Aloisio LORSCHEIDER, "La teología de la liberación es eminentemente pastoral", Páginas 65-66 (1984) 32.

54. Karl RAHNER, "La teología de Gustavo Gutiérrez", In PROMOCION POPULAR CRISTIANA, ed., Algunos aspectos de la teología de la liberación (Madrid 1984) 82. El mismo Gustavo GUTIERREZ explica su punto de vista en "Teología y ciencias sociales", Páginas 63-64 (1984) 4-15.

55. Citado por Philippe LAURENT, L'Eglise et les pauvres (Paris 1983) 144.

56. Samuel RAYAN; "Hacia dónde nos dirigimos a partir de ahora?", Concilium 219 (1988) 319.

57. Doc. EATWOT, ibid., 579.

58. Eduardo PIRONIO, "¿Qué se espera de América Latina en el Sínodo sobre los laicos?", Páginas 77 (1986) 8 Separata.

59. Christian DUQUOC, Libération et progressisme (Paris 1987) 64.

60. Luis GALLO, ibid., 148.

61. "Algunos aspectos de la teología de la liberación", 5 XI 5.

62. "La opción preferencial por los pobres es mencionada antes de Puebla en el texto de los obispos peruanos y esta indicación se debe en gran manera a la elaboración teórica de Gustavo Gutiérrez publicada en 'La fuerza histórica de los pobres' (Lima 1979) 185-235)". Así lo explica Luis Alberto de SOUZA, "La fuerza histórica de la reflexión de Gustavo Gutiérrez", Páginas 93 (1988) 13 nota 16. En cuanto a la expresión 'Iglesia de los pobres' fue utilizada por el cardenal Maurice Feltin, de Paris, en la 'carta pastoral' de 1959, por Juan XXIII el 11 de septiembre de 1962, Pablo VI (el 8-11-64 y el 31-3-66), Juan Pablo II (Laborem exercens, 8; Dives en misericordia, 3): así consta en Julio LOIS, Teología de la liberación: opción por los pobres (Madrid 1986) 324 nota 14.

64. Philippe LAURENT, ibid., 28, 34.

65. Luis GALLO, ibid., 61.

66. 'Libertad cristiana y liberación', § 68.

67. Luis GALLO, ibid., 100.

68. 'Sollicitudo rei socialis', § 47 1, 9.

69. Leonardo BOFF, "¿Qué son las teologías del Tercer Mundo?", Concilium 219 (1988) 187.

70. Yvo LORSCHLITER, "Une Eglise qui fait l'option pour les pauvres", Spiritus III (1988) 121.

71. Johann B. METZ, "Hacia una Iglesia universal culturalmente pluricéntrica", Páginas 92 (1988) 43.

72. Ana GISPERT-SAUCH, "Brasil: la cuestión negra y la Iglesia", Páginas 92 (1988) 89. He aquí unas afirmaciones más sobre esta perpectiva: "Esta nueva sociedad ha deconstruirse desde abajo, desde los pobres y torturados, desde los oprimidos de la tierra": José ALDUNATE, "Nuestra acción en Chile por los derechos humanos", Páginas 91 (1988) 85. "Todos los carismas de la Iglesia... irán marcados por esto preocupación: liberar a todos desde los pobres": Jesús ESPEJA, Espiritualidad y liberación (Lima 1986) 194. Dios da su Espíritu a los pobres "afin qu'ils se lèvent pour transformer en histoire fraternelle l'histoire de violence.... Ce sont eux seuls qui peuvent orienter l'accumulation des sciences et des techniques vers un sens positif" : Christian DUQUOC, Libération et progressisme (Paris 1987) 84, 98. "En la área de la política, los pobres tratan de crear algo nuevo con menos policía y cárcel, y con un mayor espacio paraque todos puedan participar": Samuel RAYAN, ¿"Hacia dónde nos dirigimos a partir de ahora?", Concilium 219 (1988) 317. "C'est en partant précisément de cette situation d'impuissance que nous osons rêver et courir le risque d'une création vraiment nouvelle" : Doc. CATWOT, ibid., 105 96.

73. Leonardo Boff, "Jésus-Christ libérateur", in Jacques VAN NIEUWENHOVE, ed., Jésus et la libération en Amérique Latine (Paris 1986) 218.

74. "Libertad cristiana y liberación', §75.

75. Samuel RAYAN, ibid., 325.

76. Doc. CATWOT, ibid., 10 89.

77. Jorge PIXLEY - Clodovis BOFF, Opción por los pobres (Madrid 1986) 279.

78. "Doc.: Quinze évêques du Tiers Mande", Lumière et Vie 85 (1967) 97. Los firmantes hacen notar que retoman una frase del patriarca Máximos IV en su intervención en el Concilio Vaticano el 28 de septiembre de 1965, y añaden: "Bien loin de le bouder (le socialisme), sachons y adhérer avec joie, comme forme de vie sociale mieux adaptée à notre temps et plus conforme à l'esprit de l'Evangile".

79. João Baptista LIBANIO, "El documento final de Puebla: sus líneas generales", in SELADOC, ed. PUEBLA V, (Salamanca 1981) 118-119. Los documentos aludidos por el autor son 'He oído el clamor de mi pueblo' (Obispos y superiores religiosos del nordeste del Brasil) y 'Marginación de un pueblo' (Obispos del centro-oeste del Brasil). Hace notar también el autor que el Documento de consulta de Puebla tenía un número (el 772) lleno de inspiraciones y que (abría) para los cristianos una posibilidad de diálogo con amplios sectores de la sociedad latinoamericana... que aspiran a una sociedad socialista alternativa".

80. Carta Pastoral del 17 de noviembre de 1979: "Por una Nicaragua libre", 19 parte By C. En Irancés: "Nicaragua: déclaration des évêques sur la révolution", DIAL 589 (1980).

81. Julio LOIS, ibid., 286 nota 361 (citando a Leonardo Boff) y nota 362.

82. Ibid., 287.

83. Clodovis BOFF, "Evangelización, ideologías y política: logros y problemas", Equipo SELADOC, ed., Puebla V (Salamanca 1981) 466-467.El autor añade el paréntesis: "(aunque también podían haber recordado, dentro del mejor paralelismo, el riesgo que constituye igualmente hacer una teología utilizando el análisis liberal)". Y se conoce también la intervención del padre Pedro ARRUPE, "Sobre el marxismo", Páginas 38 (1981) 18-21.

84. Christian DUQUOC, Libération et progressisme (Paris 1987) 58.

85. Julio LOIS, ibid., 266.

86. Doc. CATWOT, ibid., 5 § 35.

87. Ronaldo MUÑOZ, La Iglesia en el pueblo (Lima 1983) 219.

88. Christian DUQUOC, ibid., 58.

89. José LOIS, ibid., 268. El autor cita a Edmond MOUNIER: "Los hombres se dividen según hayan hecho o no acto de presencia ante la miseria del mundo de hoy" (pág. 95).

90. Gustavo CUTICRREZ, "Mirar lejos", Páginas 93 (1988) 68.

91. Algunos aspectos de la teología de la liberación', § XI 1.

92. Edmond BLANC, "La béatitudes des pauvres et le combat contre la pauvreté", Lumière et vie 81 (1967) 69.

93. Robert MCAFEE BROWN, "El futuro de la teología de la liberación", Páginas 93 (1988) 33.

94. Paolo Evaristo ARNS, "El evangelizador de los pobres", Páginas 93 (1988) 48.

95. Robert MCAFEE BROWN, ibid., 28.

96. Yvo LDRSCHEITER, "Une Eglise qui fait option pour les pauvres", Spiritus III (1988) 119.

97. Jesús ESPEJA, Espiritualidad y liberación (Lima 1986) 61.

98. Carta pastoral 'Compromiso por una Nicaragua libre', § 1, C, g.

99. Ibid., § 11, introducción.

100. 'Libertad cristiana y liberación', §79.

101. 'Sollicitudo rei socialis', § 14a, 16c. Trata de la deuda externa en el 5 19a.

102. Ibid., § 43a, 47d.

103. Bernhard HARING, "Liberación y curación", Páginas 70 (1905) II.

104. Jorge PIXLEY - Clodovis BOFF, Opción por los pobres (1986) 137.

105. Julio LOIS, Teología de la liberación: opción por los pobres (Madrid 1986) 137-138.

106. Monseñor Moacyr GRECHI, del prólogo del libro de Jorge PIXLEY - Clodovis BOFF, ibid., 15. Los autores del libro tienen un capítulo titulado "El futuro de la humanidad pasa por la opción por los pobres", pág. 273-279.

CONCLUSIÓN: UN RETO A LA ESPERANZA

Nacida en Medellín, la opción por los pobres tiene su mayoría de edad y ha alcanzado una dimensión eclesial universal. Es uno de los mayores aportes de la Iglesia latinoamericana, el regalo de los cristianos pobres a toda la Iglesia y a la humanidad. Estos han abierto un camino de dignidad para todos, de compromiso cristiano con la liberación y de renovación eclesial original. Por ellos, el futuro tiene alternativas a pesar de la miseria, de las guerras y de la deuda externa. Los pobres se han levantado y su movimiento posee la fuerza de su mística, de su religiosidad, de su fe cristiana y de la Palabra de Dios que los están animando hasta ofrendar su propia vida: los 'huesos secos vuelven a la vida' y muchos con ellos. Por medio de los pobres, una ola irresistible de humanización avanza, fuerte de la sabiduría de la pobreza entendida como solidaridad e igualdad; se extiende en una civilización del amor, hecha de respeto mutuo, participación fraternal, alegría compartida y transcendencia viva.

¿Quién no se dejará interpelar por esta voz y esta llama? Una brecha estrecha está abierta en la desesperanza de la miseria, rompiendo su fatalidad y perversidad; un portón deja aparecer, desde el seno del pueblo de los pobres, la vitalidad del Resucitado. La utopía del Reino está tomando cuerpo en los silenciados de la historia. Un futuro está ya creciendo: desde tiempo, los pobres están pagando el precio alto. Las viejas Iglesias sienten un vigor olvidado recorrer sus venas y un fuego nuevo arder en su corazón. ¡Cuántos grupos de compartir solidario y de espiritualidad activa están naciendo en el antiguo y el nuevo mundo, guiados por esta estrella salida del reverso del planeta!

Es la hora de los desafíos y de la esperanza: dejémonos llevar por estas dos riendas que los pobres han agarrado con ardor. Un nuevo amanecer luce por el número de sus mártires. El pasado se hace presente como un eco que repercuta en todas partes: "No temas, estoy contigo"; por los pobres, Dios grita su alianza. El presente está cargado de la vida crecida en el vientre de la pobreza; por los pobres, el 'hombre nuevo' surge del parto inaugurado por Jesucristo. El futuro nos llama porque se prepara la mesa del festín del Reino; en el dolor y la fe, los pobres nacen, y nosotros con ellos, a una 'nueva humanidad'. Gracias a ellos, ha comenzado ya ‘¡la fiesta que vendrá!’

Es muy cierto: la opción por los pobres es un formidable reto a la esperanza, primicias de la liberación certera, Dios mismo la asegura: "Mira cómo te tengo grabada en la palma de mis manos" (Is 49,16). Con su bandera, los pobres van por delante. El valor de los obispos latinoamericanos es de haber identificado la opción por ellos con la de Cristo y de su causa. Los pobres son nuestros maestros y el Reino de Dios anida en su convivialidad.

San Luigi dei Francesi. Roma. El 8 de marzo de 1989.

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I N D I C E   D E T A L L A D O

INTRODUCCIÓN

Primera parte: SIGNIFICADO DE LA EXPRESION                                                                                                 

I. Antecedentes inmediatos a la opción por los pobres                                                        

a. La preocupación del papa Juan XXIII por los pobres                                                                    

b. El papa pablo vi continuara con esta preocupación                                                        

c. El impulso del concilio vaticano II                                                                                               

d. El aporte de la asamblea de Medellín

II. Sentido de la expresión 'opción por los pobres'.

a. ¿de qué pobres se trata?

b. Lo que se entiende por opción

c. Los compromisos de la opción por los pobres

1. La opción por los pobres implica un optar por ellos

2. La opción por los pobres implica un optar por la pobreza

3, La opción por los pobres implica un optar por la liberación

d. El vocabulario en torno a la 'opción por los pobres'

1. Una opción preferencial

2. Una opción 'ni exclusiva ni excluyente'

Segunda parte: FUNDAMENTOS BIBLICOS

I. Las citas bíblicas sobre la opción por los pobres

II. La centralidad de Jesucristo y de su opción por los pobres

a. Jesús confirma el antiguo testamento

1. Jesús confirma la dignidad del hombre

2. Jesús confirma la vocación del hombre

3. Jesús confirma los derechos del hombre

b. Jesús es modelo, junto a María, del 'hombre nuevo'

1. El ejemplo que nos da Jesús del 'hombre nuevo'

- Pobreza de Jesús en su nacimiento y existencia

- Jesús lleva la buena nueva del reino a los pobres

- La pobreza de Jesús en su muerte

- La riqueza de la glorificación

2 El testimonio de maría, mujer pobre y creyente

- María encarna la espiritualidad de los pobres de Yahvé

- María encara el profetismo del antiguo testamento

c. Jesús es nuestro maestro en la pobreza y el servicio

1. Discípulos con espíritu y vida de pobres

2. Discípulos de Jesús en el servicio a los pobres

Tercera parte: LA DIMENSION TEOLOGICA

I. La irrupción de los pobres como 'signos de los tiempos'

A. Los 'signos de los tiempos'

B puebla y los signos de los tiempos

C. Las novedades producidas por los pobres

1. En el nivel social está el 'movimiento popular'

a). La toma de conciencia de su injusta situación y de su dignidad

b). La creación de organizaciones populares

c). Portadores de un proyecto social alternativo

2. En el nivel religioso está la 'iglesia de los pobres'

a). La espiritualidad de las CEBs

b). El renacimiento de la iglesia de los pobres

c). La teología de la liberación

d). La opción por la pobreza

II. Los pobres como sacramento del reino

Enfoque del tema en Puebla

1 La sacramentalidad de los pobres a partir de puebla

2 Las CEBs como 'pequeña iglesia'

3 ¡Felices los pobres porque de ellos es el reino de Dios!'

III. El reinado de dios es el reinado de los pobres

1 los pobres como encuentro del dios del reino

2 los pobres como revelación del reino de dios

3 los pobres como protagonistas privilegiados del reino

IV. Los pobres meta de la conversión cristiana

1. Puebla y la verdad sobre el hombre

a). La dignidad absoluta de todo ser humano

b). El pecado superado en Jesucristo

c). Su vacación comunitaria y transcendental

2. La conversión de la iglesia a los pobres

a). Conversión al interior de la iglesia

b). Conversión transeclesial: volverse iglesia de los pobres

3. Conversión de la sociedad a los pobres

a). La conversión de las ideologías

b). La conversión radical de los sistemas

Cuarta parte: DIMENSION PASTORAL

I. La opción por los pobres ha sido una constante en la iglesia

A. Vivencia de tal opción en América Latina

1. Las 'luces y sombras' según el documento de puebla

2. Las raíces genuinas de la teología de la liberación

B. Una continuidad en la tradición de la iglesia

1. La iglesia y los pobres en la edad media

2. La defensa de los pobres en la época moderna

C. Los pueblos pobres surgen como protagonistas

1. Los pobres se presentan como 'pueblos'

2. La 'novedad' eclesial de la opción por los pobres

3. La integración de los conflictos

a). Desde los dinamismos sociales...

b). ... Hasta las confrontaciones intraeclesiales.

II. Un nuevo modo de leer, pensar y vivir el evangelio

A. 'Una lectura activa y militante de la biblia'

1. El éxodo como gesta del dios de los pobres.

2. Jesucristo es el señor.

a) Jesús de Nazaret es el liberador.

b). El reino y el pecado contra el reino.

c). La pascua de Jesús: 'esperando contra toda esperanza'.

B. La teología popular y pastoral de la liberación.

1. Una palabra desde el 'reverso de la historia'

2. Una teología 'al servicio de la comunidad'

C. Vivir la opción por los pobres en la iglesia y la sociedad

1. La iglesia quiere ser en el mundo entero la iglesia de los pobres'

a), Una iglesia pobre

b). Una iglesia al servicio de la liberación

c). Una tarea ecuménica

2. La transformación de la sociedad desde la opción por los pobres

a) Opción por los pobres y opción política partidaria

b). Opción por los pobres y análisis marxista

c). Opción por los pobres y opción de clase

d). Opción por los pobres y luchas violentas y no violentas

CONCLUSIÓN: UN RETO A LA ESPERANZA